Secrétariat international de la CNT

Soutien aux grèvistes de la canne à sucre en Colombie

Publié le lundi 17 novembre 2008

Depuis plusieurs semaines, en Colombie, les luttes sociales reprennent le devant de
la scène et questionnent à nouveau en profondeur le modèle de développement imposé
par le gouvernement autoritaire et néolibéral d'Alvaro Uribe. Une grève de deux mois
des magistrats opposés à la toute puissance présidentielle ; le scandale des « 
exécutions extrajudiciaires » (aboutissant à la destitution de 27 militaires de haut
rang et à la démission du chef de l'armée) dévoilant des centaines d'assassinats de
paysan-ne-s, jeunes de quartiers pauvres ou militant-e-s des mouvements de base
déguisés par l'armée en victoires contre la guérilla ; le soulèvement depuis le 12
octobre des indigènes contre le saccage des ressources naturelles de leurs
territoires par les entreprises multinationales et contre l'agression constante par
l'armée colombienne de leurs communautés ; et enfin le blocage quasi total, depuis
deux mois, des
fabriques de sucre par les coupeurs de canne en lutte contre la précarité de leurs
conditions de travail… Autant de combats opposant une réponse cinglante au
gouvernement colombien après l'opération de propagande internationale qu'a
représenté la libération d'Ingrid Bétancourt.

Le soulèvement des coupeurs de canne est peut-être le plus surprenant. Réduits à des
conditions de travail proche de l'esclavage, ne comptant aucune organisation de base
et sans qu'existe aucune tradition de lutte syndicale dans ce secteur, ces 19'000
paysans majoritairement afrodescendants mènent une grève sans précédent. Après avoir
présenté une liste de revendications unifiées pour tous les travailleurs des
plantations, ils paralysent ainsi toute la production de sucre (alimentaire et
agrocarburant) du pays.

Les ami-e-s du syndicat de l'agroalimentaire Sinaltrainal, membre de Via Campesina,
connu pour ses dénonciations sans relâche des pratiques criminelles de Nestlé et
Coca-Cola en Colombie, s'est solidarisé depuis le début ce mouvement de grève. Une
telle résistance a pourtant un coût : les grévistes ne reçoivent plus un centime
depuis le 1er jour de blocage, puisqu'ils sont habituellement payés par tonne de
canne coupée. Dans toute la région, une vague de solidarité leur permet de se
nourrir et de maintenir les campements et blocages depuis le 14 septembre : les
femmes récoltent des vivres dans les villages, les organisations sociales organisent
des collectes, les rappeur/euse-s de Cali clament leur solidarité avec les « 
corteros » devant les foules…

Pour pouvoir continuer cette lutte, mener à terme les négociations en cours et,
demain, renforcer le processus collectif engagé par ces travailleurs, un soutien
international est urgent et indispensable. Le syndicat Sinaltrainal et les coupeurs
de canne appellent à la solidarité avec le mouvement. Toute contribution, même
modeste, est plus que bienvenue :

Envoyez vos contributions par Western Union a Edgar Alberto Paez Melo, document
d'identité No 11.427.130
ou sur le compte Banco de Colombia No 039277631-08
par l'intermédiaire de la Deutsche Bank
code IBAN : (internacional bank) DE 89500700100951331800
code SWIFT : DEUTDEFF


SUBVERTION AUX CHAMPS AU NORD COMME AU SUD !

Pour plus d'infos : www.sinaltrainal.org

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