Secrétariat international de la CNT

Campagne "AREVA ne fera pas la loi au Niger !!!"

Publié le mardi 13 mai 2008

Campagne soutenue par :

% Attac
CEDETIM, centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale
Collectif Tchinaghen, Paix Solidarité Nord-Niger
CNT (confédération nationale du travail)
Noël Mamère
Les Verts
LCR, Ligue communiste révolutionnaire
Réseau "Sortir du nucléaire"
Sud Energie
Survie France
Via Campesina, Mouvement paysan international

Communiqué unitaire du 23 mars 2008

Une région pillée, un peuple sacrifié !

Depuis 40 ans, la société française AREVA, leader mondial du nucléaire
civil, tire près de 40% de sa production d'uranium du Nord Niger, pays
encore classé à ce jour parmi les 3 plus pauvres de la planète. En 2007,
Areva perd son monopole et l'Etat nigérien reçoit des demandes de permis de sociétés nord-américaines, australiennes, asiatiques et sud-africaines.

Bien qu'Azelik, future grande exploitation, ait été accordé aux Chinois
via la société Sino-U (CNUC), Areva a tout de même récemment obtenu
l'autorisation d'exploiter l'énorme site d'Imouraren avec lequel le Niger
devrait devenir le 2ème producteur mondial.

Les 40 années d'exploitation minière de Cogema/Areva, à Arlit et Akokan, ont eu pour premières conséquences :

- La spoliation des terres agro-pastorales autour des deux sites, situés
dans la région d'Agadez.

- Des bénéfices énormes réalisés par Areva sans retombées pour les
populations : un véritable partenariat « gagnant-perdant » !

- La destruction de la faune et de la flore aux alentours des mines.

- La contamination de l'air par des poussières et des gaz radioactifs.

- La contamination radiologique des ressources en eau.

- L'épuisement d'une des deux grandes nappes fossiles (Tarat), à hauteur de 2/3 de ses réserves et, à moyen terme, le tarissement irréversible de la seconde nappe, avec le dénoyage de la partie ouest de l'aquifère (grès d'Agadez) en 40 ans.

- Des pollutions annexes innombrables, essentiellement dues aux activités périphériques.

La très forte demande en énergie des pays émergents a considérablement favorisé l'intérêt nouveau pour le nucléaire, énergie dite « propre », ce qui a eu pour conséquence une fulgurante ascension du prix de ce minerai.

Une manne inespérée... les autorités nigériennes annoncent dès 2007 le
triplement de la production pour les années à venir.

139 permis de recherche et d'exploitation ont été vendus en moins d'un an et de nombreux permis en demande seront bientôt accordés. Ces permis, qui englobent la majeure partie des territoires des populations de la région d'Agadez (plus de 85.000 km²) sont octroyés dans l'opacité et sans aucune concertation préalable.%%

A ce jour, les autorités nigériennes se refusent toujours à tout dialogue
avec les populations autochtones, et ce malgré l'émergence récente d'un
nouveau mouvement de rébellion condamnant sans détours cet état de fait.

Interdisant tout acte de résistance, le Niger – tacitement soutenu par
l'Etat français, au travers de sa « filiale » Areva organise, une vaste
campagne de discrimination avec l'objectif à peine voilé de vider la
région de ses habitants, facilitant ainsi l'aboutissement de ses relations
commerciales.

Les pleins pouvoirs sont ainsi donnés à l'armée nigérienne, l'état
d'exception est décrété pour la région d'Agadez :

- Exécutions sommaires ciblées et arrestations arbitraires

- Destruction des moyens de subsistance des nomades (cheptel abattu,
activités agricoles rendues impossibles, approvisionnements restreints,
etc.)

- Populations déplacées

- ONG interdites, radios et presse muselés.

À l'heure même où la notion de développement durable, admise par tant
d'occidentaux, est plus que jamais d'actualité, il serait souhaitable que
les grands groupes industriels du Nord qui sans cesse communiquent sur le bien-fondé des énergies « propres » aient la décence de reconnaitre que l'énergie nucléaire n'est pas si propre que cela.

Que le développement durable est à considérer dans sa globalité et non
dans sa finalité.

Qu'il est absolument hypocrite de nous vendre, à nous Occidentaux, une
énergie prétendue sans taches, sans effets, sans conséquences, alors que loin de nous des populations, aux conditions de vie déjà très précaires, souffrent et meurent d'un environnement vicié, d'une spoliation de leurs territoires d'attache ?

Le collectif « Areva ne fera pas la loi au Niger »

Conscient de la catastrophe annoncée, le collectif « Areva ne fera pas la
loi au Niger » mène une campagne visant à mettre la société Areva, la
France, l'Union européenne et la communauté internationale face à leurs
responsabilités.

Il s'agit de dénoncer les conséquences désastreuses de nos choix
énergétiques ici et de soutenir ceux qui en paient le prix là-bas.

Réseau de solidarité et d'action, le collectif soutient, au travers de
leurs représentants réfugiés en France, les populations concernées dans
leur lutte pour la reconnaissance de leurs droits, de leur dignité et de
leurs libertés fondamentales.

Le collectif dénonce la complicité de la communauté internationale et
particulièrement de la France qui, de connivence avec le Président Tandja
 :

Passent sous silence la réalité et la gravité du conflit.
Cautionnent le comportement irresponsable et irrespectueux des sociétés
minières.
Affament et tuent en vertu de la concurrence et du profit.
C'est tout un peuple, chassé de ses terres, privé de ses activités
traditionnelles, de ses ressources en eau, qui est menacé de disparaitre
face aux enjeux géostratégiques et politiques mondiaux.


Site du collectif : http://areva.niger.free.fr/index.php


Confédération nationale du travail
Secrétariat international - groupe Afrique
33, rue des Vignoles, 75020 Paris, France
africa cnt-f.org

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