Secrétariat international de la CNT

Burkina Faso : 18 ème anniversaire de l’assassinat de DABO Boukary

Publié le jeudi 22 mai 2008

MESSAGE DU COMITE EXECUTIF DE L'UGEB A L'OCCASION DU 18ème ANNIVERSAIRE DE L'ASSASSINAT DU CAMARADE DABO BOUKARY

Union Générale des Etudiants Burkinabè
UGEB

Militantes et militants de l'UGEB,

Camarades étudiantes et étudiants,

Voici aujourd'hui 18 ans que notre camarade DABO Boukary a perdu la vie sous la torture assassine des soldats du tristement célèbre Conseil de l'Entente. DABO Boukary était un vaillant et courageux militant de l'ANEB, il était en 7ème année de médecine quand la machine à torturer du capitaine Blaise COMPAORE lui ôtait la vie. Il avait à peine 30 ans et il
ne voulait pas mourir, il voulait vivre comme on le veut bien à 30 ans et
continuer de se battre pour le pain et la liberté, mais la folie
répressive et meurtrière du pouvoir COMPAORE ne lui en a pas laissé le
temps.

Camarades,

En mai 1990, à l'université de Ouagadougou, les étudiants de l'Institut
des Sciences Naturelles/Institut du Développement Rural (ISN/IDR)
s'étaient mobilisés au sein de leur corporation ANEB pour exiger de
meilleures conditions d'études. Mais en réaction, les autorités
universitaires et ministérielles d'alors, en l'occurrence le Pr Alfred
TRAORE de sinistre mémoire (Directeur de l'ISN/IDR), le Pr. Alain NIDAOUA
SAWADOGO (Recteur de l'Université de Ouagadougou) et le Pr. Mouhoussine NACRO (Ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique), feront abattre sur eux, une terrible répression qui s'étendra sur l'ensemble de l'université.

Le 15 mai 1990, des soldats du Conseil de l'Entente curieusement dirigés
par le sieur Salif DIALLO (ancien Ministre d'Etat, Ministre de
l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources Halieutiques)
assiégèrent le campus de l'U.O et entreprirent des enlèvements ciblés sur les militants de l'ANEB. Le Comité Exécutif de l'ANEB/Ouaga et plusieurs militants furent exclus de l'UO et d'autres furent contraints à la
clandestinité pendant que des dizaines d'autres étaient détenus au Conseil de l'Entente pour y être torturés. DABO quant à lui fut enlevé hors du campus et conduit au conseil où il perdra la vie des suites de tortures.

Son seul tort, s'il en a eu, a donc été d'avoir osé se battre pour de
meilleures conditions de vie et d'études. Eh bien ! Qu'ils nous
assassinent tous, parce que non seulement nous allons poursuivre de plus belle la lutte de DABO mais aussi nous nous battrons pour que ceux qui l'ont tué soient punis.

Camarades,

Ces assassins et les commanditaires de DABO Boukary jouissent toujours d'une impunité totale sous la protection du clan COMPAORE mais tôt ou tard ils rendront compte ; tous mobilisés nous veillerons à cela.

A cet effet, depuis 1990, les étudiants burkinabè n'ont plus jamais
marchandé leur engagement et leur détermination à exiger vérité et justice pour notre camarade, et le 19 mai est désormais une date réservée à la commémoration de la mémoire de DABO. En plus les étudiants se sont mobilisés de façon constante au sein du Collectif contre l'Impunité des crimes économiques et de sang, n'en déplaisent aux thuriféraires du régime criminel de Blaise COMPAORE.

Camarades,

Cette année le 19 mai intervient dans un contexte marqué par :

Ø La multitude de difficultés que les étudiants rencontrent sur les
différents campus en rapport avec les questions sociales telles que
l'aide, la bourse, la restauration, le logement, etc. contre lesquelles
des luttes sont développées dans nos différentes universités.
Ø Les tentatives de liquidation de nos sections telles que c'est le
cas avec le Directeur du Centre Régional des Œuvres Universitaires de
Bobo-dioulasso, le sieur Daouda DRA ME ;
Ø Le renchérissement continu du coût de la vie ;
Ø La création de la Coalition nationale de lutte Contre la Vie Chère,
l'impunité et pour les libertés intervenue le 12 mars 2008 l'évènement
majeur au plan national. Cette organisation coalise les structures
syndicales nationales, les mouvements et associations afin de conduire la lutte du peuple Contre la Vie Chère. C'est un élan salvateur contre
l'impunité et pour les libertés. L'UGEB est membre fondatrice de cette
coalition et salue sa naissance. Elle appelle l'ensemble des étudiants de
toutes les universités à se mobiliser et à se tenir prêts pour répondre
aux différents mots d'ordre de cette coalition dont la lutte
s'intensifiera dans les tous prochains jours.

La poursuite de la lutte pour de meilleures conditions de vie et d'études
et pour plus de liberté est le meilleur hommage que nous puissions rendre à notre camarade afin que son sacrifice ne soit pas été vain. C'est aussi le meilleur camouflé que nous puissions faire aux auteurs et aux
commanditaires de l'assassinat de notre camarade en leur prouvant que ni son assassinat, ni les répressions qui s'en sont suivies après, ni celles
à venir, n'arriveront à bout ni de notre soif de justice, ni de notre
détermination constante à nous battre pour une université publique de
qualité au service de notre peuple.

Camarades,

Le CE de l'UGEB vous exhorte à vous mobiliser pour faire de cette 18ème
journée de l'étudiant burkinabè un succès éclatant en participant
massivement aux différentes activités programmées par les sections.

Vérité et justice pour le camarade DABO Boukary !

Pour de meilleures conditions de vie et d'études et pour plus de liberté,
en avant !

Plein succès à la Journée de l'Etudiant Burkinabé !

Pain et Liberté pour le Peuple !

Fait à Ouagadougou le 17 mai 2008



Association des Etudiants Burkinabé en France (AEBF)

Voilà 18 ans que Dabo Boukary, étudiant burkinabé en 7ème année de
médecine a été assassiné par des militaires de la garde présidentielle du
Burkina Faso. Depuis, pas de tombe, pas de jugement, pas de vérité, pas de justice sur cet assassinat.

En souvenir de ce martyr et dans un contexte de luttes au Burkina contre
l'impunité, contre la vie chère…

L'AEBF vous invite à participer aux activités qu'elle organise :


Jeudi 22 /05/2008 à 19 heures :

Conférence débat avec Survie : « Les luttes étudiantes du Burkina Faso aujourd'hui ».

LIEU : Paris. Ministère de la crise du Logement – 2 rue de la banque. Métro Bourse.


Samedi 24/05/2008 à 15 heures :

Discussions autour d'un panel sur les luttes contre l'impunité, la vie
chère, la faim au Burkina Faso et en Afrique avec :

- Sirima Ardiouma, Membre du MBDHP/SF , Président du COFANZO

- Raymond Ayivi, Référent Principal de La Plateforme Panafricaine ; Elu de
Bezons (Val d'Oise) (Délégué à la Solidarité Internationale et à
l'Economie Solidaire)

- Souleymane Kologo, ancien président de l'UGEB, militant de l'AEBF

LIEU : Paris, Maison des initiatives étudiantes, 50 rue des Tournelles.
Métro Chemin Vert ou Bastille (sortie boulevard Beaumarchais côté n°
impairs)

— 
Confédération nationale du travail
Secrétariat international - groupe Afrique
33, rue des Vignoles, 75020 Paris, France
africa cnt-f.org
www.cnt-f.org - www.cnt-f.org/international

août 2020 :

Rien pour ce mois

juillet 2020 | septembre 2020

S'abonner à notre lettre d'information :