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Ouvrir l’école

mardi 16 avril 2013, par Greg

« Pour une école sans murs, au cœur de la cité,

pour qu’au lieu de la réfléchir,

elle y réfléchisse, l’infléchisse et la transforme...

Pour une école éclose plus que close. »

Paul Vincensini

Disons-le immédiatement : ouvrir l’école sur le monde extérieur, ce n’est pas l’ouvrir aux entreprises ! Ouvrir l’école, c’est autoriser les élèves à exister au présent de leur âge en tant qu’enfant citoyen de leur village, de leur ville, de leur pays et du monde. C’est une démarche qui ne se contente pas d’informer les enfants sur leurs futurs devoirs d’adultes au travers de leçons d’éducation civique apprises par cœur dans des livres, c’est, au contraire, le moyen de leur permettre de s’instruire en se construisant en même temps une identité d’élève conscient d’appartenir à une communauté dans laquelle ils ont un rôle à jouer.

Ouvrir l’école, c’est donner aux savoirs acquis à l’école une fonction sociale. C’est refuser d’enfermer les connaissances dans des disciplines séparées pour intéresser les élèves à l’univers qui les entoure et leur donner l’envie d’agir et de le transformer.

[…] Ouvrir l’école, c’est donc tendre vers la réunification du temps socialement divisé entre les instants réservés aux activités de loisirs et ceux qui sont ordinairement affectés au travail. Les parents ne les aidaient pas à faire des « devoirs obligatoires », qui sont d’ailleurs interdits depuis plus de quinze ans, ils participaient à leurs travaux personnels et à leurs exposés parce que ceux-ci représentaient un véritable projet de vie pour leur enfant.

Enfin, ouvrir l’école, c’est autoriser l’échange de savoirs et d’expériences avec des personnes extérieures. C’est l’ouvrir aux artisans, aux créateurs qui ont des compétences spécifiques qu’un pédagogue n’a pas forcément. C’est donc savoir abandonner son statut de « maître détenteur de toute la connaissance » au profit d’apprentissages plus horizontaux et reconnaître aux enfants le droit d’apprendre beaucoup plus de choses et beaucoup plus rapidement qu’ils ne le feraient avec un seul enseignant.

Extrait d’Une société sans exclusion : l’école, Martine Auzou, p. 71 à 73.

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