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Le projet éducatif du Medef (version intégrale)

mercredi 17 avril 2013, par Greg

Par  Jean-Yves Mas, professeur de SES au lycée Jean-Jaurès de Montreuil (93)

À l’occasion de l’appel à contribution « pour la refondation » de l’école lancé par Vincent Peillon,
le Medef, au même titre que d’autres syndicats ou associations, a publié un document reprenant
l’ensemble de ses analyses sur l’école. Ce document constitue un excellent témoignage sur l’approche
néolibérale de la question éducative. Il illustre de façon remarquable les analyses prémonitoires
du néolibéralisme formulées dès la fin des années 1970 par Michel Foucault et les mutations
« éthiques » du système capitaliste analysées par Luc Boltanski dans Le Nouvel Esprit du capitalisme.

Le projet éducatif du MEDEF

L’appel à contribution « pour la refondation » de l’école lancé par Vincent Peillon cet été, aura eu au moins le mérite de relancer le débat sur la question éducative en France et d’inciter l’ensemble des partenaires du système éducatif (associations de parents d’élève, mouvements pédagogiques, syndicats enseignants....) à rédiger leur profession de foi en matière éducative. A cette occasion le MEDEF, au même titre que d’autres syndicats ou associations, a publié un document reprenant l’ensemble de ses analyses sur l’école. Ce document constitue un excellent témoignage sur l’approche néolibérale de la question éducative. Il illustre de façon remarquable les analyses prémonitoires du néolibéralisme formulées dès la fin des années 70 par Michel Foucault et les mutations « éthiques » du système capitaliste analysées par Luc Boltanski dans « le Nouvel esprit du capitalisme ». Ces deux références majeures nous servirons de guide afin d’analyser le projet éducatif du MEDEF.

En première lecture, ce projet surprend paradoxalement par son manque d’originalité. Il ne comporte aucune proposition remettant en cause le statut des enseignants, ni de mesures visant à renforcer le pouvoir des chefs d’établissements, pas non plus de déclaration en faveur de la privatisation des systèmes éducatifs, ni même d’allusion au chèque éducation pourtant si en vogue dans les milieux libéraux. Le MEDEF se contente dans un premier temps de reprendre l’ensemble des analyses sur la crise de l’école et sur l’inefficacité du système scolaire français jugé à la fois injuste et inefficace. Diagnostic essentiellement tiré des résultats des enquêtes Pisa partagés et repris par l’ensemble des analyses de droite comme de gauche qu’elles viennent des médias ou des spécialistes de la question éducative ( sociologues, philosophes, chercheurs en sciences de l’éducation). Mais une analyse plus fine de ce document montre comment le MEDEF cherche à subordonner totalement le système scolaire aux intérêts patronaux. En effet, pour l’organisation patronale, l’ école doit avant tout former une main d’œuvre qualifiée calibrée aux besoins des entreprises et participer à la diffusion de l’esprit d’entreprise afin de légitimer dès l’enfance l’idéologie néolibérale comme le montrent les cinq principes du projet proposés par le MEDEF :

« Sans prétendre proposer une contribution embrassant l’ensemble du sujet de la refondation de l’École, le Mouvement des entreprises de France estime que cette refondation s’exposera à l’échec si elle ne s’appuie pas au moins sur les 5 principes suivants :

I/ la formation initiale doit garantir à chaque élève l’acquisition du socle commun de connaissances : la République est en droit de formuler une obligation de résultats dans ce domaine ;

II/ la formation initiale en entreprise, qu’elle s’accomplisse par la voie scolaire ou par l’alternance, doit être développée car elle ouvre aux mêmes perspectives professionnelles et est d’égale dignité avec la formation exclusivement académique ;

III/ la formation initiale doit prendre en compte les évolutions de l’offre d’emplois au niveau national comme au niveau mondial ;

IV/ la formation initiale doit développer, par une démarche expérimentale, la créativité, la capacité d’initiative et l’esprit d’entreprendre ;

V/ les capacités d’initiative des équipes éducatives doivent être libérées et valorisées ». 1

Le premier principe n’a rien de très original : on le retrouve de façon récurrente dans toutes les analyses récentes sur le système scolaire français ; les principes deux et trois ne sont là non plus pas nouveaux puisqu’ils visent à modifier le contenu des savoirs enseignés afin de les mettre davantage en phase avec les besoins des entreprises. Par contre les deux derniers objectifs nous semblent révélateur des mutations des rapports entre l’entreprise et l’école mais doivent être replacés dans une analyse plus globale des liens entre le néolibéralisme et la question éducative.

Formation initiale en entreprise et offre de travail

Tout en reconnaissant de façon très formelle le rôle citoyen de l’école et son rôle dans la cohésion sociale, Le MEDEF souligne l’importance de la formation initiale dans l’employabilité, d’où la nécessité absolue pour les futurs salariés, même pour un niveau de qualification relativement faible, de maîtriser les objectifs du socle commun car « contrairement à celui des trente glorieuses qui était relativement accueillant pour les jeunes peu qualifiés, le marché du travail d’aujourd’hui n’offre plus d’accès aux jeunes qui ne maitrisent pas le socle commun de connaissances et de compétences (…) Sans compter les coûts cumulés de ces échecs supportés par la collectivité et par les familles, la mise en œuvre d’un système de formation initiale performant conditionne l’employabilité immédiate du jeune mais aussi la mise en œuvre du processus ultérieur d’apprentissage tout au long de la vie »2.

L’école selon le MEDEF a le devoir de permettre aux élèves d’atteindre les objectifs du socle commun afin de leur faire obtenir une qualification qui conditionne leur future employabilité. Dans ce but, le MEDEF estime que l’école de la république doit être soumise à une obligation de résultat et qu’elle doit rendre des comptes. Soulignant l’importance du nombre d’élèves qui quittent le système scolaire sans diplôme, le MEDEF rappelle le rôle actif joué par les entreprises en matière de formation professionnelle et propose de prendre davantage en charge la formation initiale et professionnelle des élèves. Cette revendication n’est pas nouvelle : il s’agit pour le MEDEF de mieux connecter la formation initiale aux évolutions de l’offre de travail afin de trouver une main d’œuvre mieux formée. Mais le MEDEF souligne aussi les compétences « pédagogiques » des entreprises en matière de formation : « En s’adaptant à la diversité des profils, même les plus difficiles, l’entreprise réussit souvent là où l’école a échoué. En ce sens, elle est légitime à tenir un discours sur le fonctionnement et les lacunes de l’école : elle a des choses à transmettre, à apprendre à l’ ’école »3 .

Cette revendication s’inscrit dans le procès récurrent fait au système scolaire français de n’avoir jamais su reconnaître qu’un seul type d’excellence, celle liée à la maîtrise des savoirs « académiques », et de ne pas suffisamment valoriser l’enseignement professionnel, parent pauvre du système, vers lesquels sont reléguer les élèves en difficultés. Le MEDEF estime qu’il faut désormais revaloriser l’enseignement professionnel de façon à encourager l’orientation des meilleurs élèves vers cet enseignement et participer ainsi à la diversification des filières d’excellence : « Pour des raisons historiques fortes, la sélection des élites et la hiérarchisation des diplômes repose principalement en France sur la culture scolaire : c’est largement la capacité à réussir des concours mesurant des connaissances et des techniques scolaires qui détermine le niveau de diplôme,et par voie de conséquence, le niveau d’entrée sur le marché du travail. Cette tradition française a au moins deux effets profondément négatifs :d’abord, elle dissuade des élèves de s’engager dans une voie professionnelle où ils pourraient s’épanouir et réussir leur entrée durable sur le marché du travail ; ensuite, elle freine, si ce n’est interdit, le développement de filières permettant d’acquérir des diplômes de haut niveau par la voie professionnelle »4. Le MEDEF souhaite faire émerger une École de la diversité des voies de réussite. Celle-ci reposerait sur une rénovation des voies professionnelles, dont la première condition est un changement d’image. Il propose, pour se faire de débaptiser les lycées professionnels pour désormais les appeler les lycées de l’entrepreneur.

Cet objectif s’accompagne d’une certaines défiance envers les savoirs disciplinaires, ou académiques, toujours suspects d’être des « savoirs savants » et donc quelque part inutiles car non productifs. L’université, voir les grandes écoles, sont accusées en filigrane de former des têtes bien pleines mais pas toujours bien faites, et surtout de proposer des formations et des qualifications peu porteuses sur le marché du travail. Derrière cet objectif, se cache aussi une critique de la démocratisation sous la rhétorique classique de l’effet pervers : en voulant assurer la démocratisation du système scolaire l’école de la république force les élèves a rester trop longtemps à l’école, ce qui crée frustration et ressentiment chez les élèves en échec. L’école est donc à la fois trop égalitariste et pas assez égalitaire : en voulant démocratiser l’accès au savoir et à la culture, elle fait de ces derniers les seules critères de l’excellence et de la réussite. Voilà pourquoi le MEDEF estime que « Le collège unique, tel qu’il a été conçu et tel qu’il fonctionne en France, a montré ses limites et il convient de mener une réflexion sur son évolution et la diversité des voies qui permettent l’acquisition du socle commun. L’ Éducation nationale ne doit pas maintenir en échec scolaire des jeunes (précédemment en difficulté à l’école primaire) tout au long des 4 années de collèges pour, in-fine, les laisser quitter le système sans aucune solution. Les pédagogies utilisées doivent être différenciées pour gérer l’hétérogénéité des élèves si l’on ne veut pas laisser de jeunes talents au bord de la route, ni laisser certains jeunes débuter leur vie par un sentiment d’échec ou de mise à l’écart »5. Pour le MEDEF L’école « fabrique » ainsi de l’exclusion et de l’inégalité en abandonnant les élèves qui ne parviennent pas à une maîtrise suffisante de ces savoirs. Le patronat souligne alors les vertus pédagogiques de l’apprentissage qui permet l’intégration et la qualification de jeunes pourtant souvent jugés en difficulté par l’institution scolaire. Parce que les savoirs et les compétences transmis par l’entreprise sont souvent moins abstraits et plus concrets que les savoirs académiques de l’enseignement secondaire ou supérieur et qu’ils ne nécessitent pas la détention d’un capital culturel extra-scolaire, la formation professionnelle en entreprise séduit certains jeunes, non dénués de talent mais incapables de se soumettre à la rigidité de l’ordre scolaire. Le patronat a toujours contesté le monopole de l’école publique sur la formation professionnelle et toujours revendiqué un rôle actif dans la formation de la main d’œuvre afin de mieux articuler offre d’emploi et formation. Il se pose désormais, conformément à une tradition paternaliste, en « sauveur » des victimes de l’élitisme scolaire. A travers son rôle dans la formation des jeunes, l’ entreprise serait la seule institution capable de protéger les jeunes en difficultés de l’exclusion et du chômage. Ce faisant, le patronat rend l’enseignement secondaire et universitaire, notamment en raison de leur définition trop exclusivement « académique », et pas assez pratique, de l’excellence, responsable de l’échec scolaire mais aussi indirectement du chômage des jeunes. Il se dédouane ainsi de sa propre responsabilité dans la situation de précarité et de sous-emplois dont souffre une partie de plus en plus nombreuse de la jeunesse. Face à l’échec de l’école, l’orientation précoce vers la voie active semble être la solution privilégiée par l’organisation patronale.

Le développement de l’esprit d’entreprise

Le développement de l’esprit d’entreprendre est l’autre objectif majeur que le MEDEF fixe à l’école, objectif qui devrait être inscrit dans le code de l’éducation : « L’article L. 121-4 du code de l’ éducation pourrait ainsi être rédigé :« [Les enseignements scolaires et universitaires ont pour objet de dispenser les connaissances de base et les éléments d’une culture générale incluant les données scientifiques et techniques, de préparer à une qualification et de concourir à son perfectionnement et à son adaptation au cours de la vie professionnelle.] Ils s’attachent à développer l’esprit d’entreprendre auprès de tous les élèves. »6

Cet objectif doit être replacé dans un projet plus global que le MEDEF s’est fixé depuis une dizaine d’années et qui vise à promouvoir l’image et les valeurs de l’entreprise. En effet, selon Michel Pébereau : « Dans un pays comme le nôtre, où l’image des entreprises et celle de l’économie de marché restent encore trop souvent déformées par un prisme idéologique, cette reconnaissance n’est jamais entièrement acquise. C’est pourquoi promouvoir l’entreprise, faire reconnaître ses succès et diffuser ses valeurs doit être un combat quotidien pour les dirigeants d’entreprise »7.

Alors que l’image de l’économie de marché et de l’entreprise serait très positive à l’étranger, elle souffrirait en France, pays encore marqué par l’idéologie anti-capitaliste des années 70, d’un déficit de légitimité. La réhabilitation de l’image de l’entreprise et la reconnaissance de son utilité doit devenir un objectif primordial pour le MEDEF. Cet objectif passe par le rappel des nombreuses réussites économiques des firmes françaises , mais comme le souligne M. Pébereau, ce rappel risque de s’avérer insuffisant si il ne s’accompagne pas de la diffusion des valeurs liées à l’esprit d’entreprise. Car « La réussite matérielle, seule, n’est pas suffisante pour réunir l’adhésion à l’entreprise, même si elle en constitue l’une des conditions. D’autre part, parce qu’abandonner le terrain des valeurs impliquait de couper l’entreprise de la société, de considérer l’une comme une réalité disjointe de l’autre. Et comme les attentes de la société envers l’entreprise n’ont fait que grandir, cela impliquait en retour de réintroduire la question de l’éthique et des valeurs dans l’entreprise, mais cette fois-ci de manière plaquée, et exogène. Au cours des dernières années, ce sont ainsi multipliées les contraintes de toutes sortes sur les entreprises, de manière uniforme, au risque de porter atteinte à leur principe constitutif, qui est celui de la liberté. A cette évolution nous voulons opposer, à l’Institut de l’Entreprise, notre propre conception de l’éthique et de la citoyenneté de l’entreprise8. Le projet éducatif du MEDEF est aussi un projet éthique.

Ce combat pour la réhabilitation et la reconnaissance de l’entreprise passe notamment par l’enseignement (…) « Mais la diffusion de la culture de l’entreprise ne peut se limiter au seul public des « jeunes leaders » issus de la sphère publique et de la société civile. Elle passe aussi, à une plus large échelle, par le vecteur de l’enseignement. Vous le savez, c’est un domaine qui me tient particulièrement à cœur »9. Il ne s’agit donc pas seulement, comme le reconnaît explicitement Michel Pébereau d’associer davantage l’entreprise à la formation professionnelle, mais bien d’agir directement sur les valeurs et les représentations transmises par l’école afin de développer l’esprit d’entreprise. C’est donc sur la double mission d’instruction et d’éducation que le MEDEF entend peser afin à la fois de mieux former et de mieux formater les futurs salariés.

Le projet éducatif du MEDEF et l’idéologie néolibérale

Cet objectif fixé à l’école républicaine est tout a fait conforme à l’idéologie du néolibéralisme analysée par Michel Foucault dès la fin des années 70. Pour ce dernier, le néolibéralisme n’a pas seulement pour objectif la restauration des valeurs du libéralisme classique mises à mal par le contexte keynésien et social démocrate de l’après guerre, mais il vise l’instauration d’un nouveau type de libéralisme. En effet le néolibéralisme infléchit le libéralisme classique sur trois plans. A l’inverse de ce dernier, ce n’est plus l’échange marchand, mais l’ entreprise et la concurrence qui deviennent les formes sociales de référence car « L’essentiel du marché n’est plus dans l’échange marchand, l’homo économicus que le néolibéralisme souhaite former n’est plus l’homme de l’échange qui cherche à maximiser son utilité par le travail et l’échange , mais l’homme de l’entreprise et de la concurrence » . D’autre part ce déplacement des principes néolibéraux de l’échange à la concurrence ne touche pas uniquement le domaine économique mais l’ensemble des valeurs et des représentations des individus, autrement dit c’est à l’édification d’une véritable société de concurrence et non seulement à la construction d’une simple économie de marché qu’œuvre le projet néo-libéral et « c’est cette démultiplication de la forme « entreprise » à l’intérieur du corps social qui constitue l’enjeu de la politique néolibérale, il s’agit de faire du marché, de la concurrence et par conséquence de l’entreprise la puissance informante de la société »10. Enfin à l’inverse du libéralisme classique qui souhaitait limiter l’intervention de l’État dans l’économie voir dans la société, le néolibéralisme entend faire jouer un rôle actif à la puissance publique qui devient le vecteur privilégié de diffusion de l’idéologie néo-libérale. Le gouvernement n’a donc pas à intervenir, comme dans le libéralisme classique, pour pallier les insuffisances du marché « mais il a à intervenir sur la société elle même dans sa trame et dans son épaisseur (…) pour que les mécanisme concurrentiels à chaque instant et en chaque point de l’épaisseur sociale puissent jouer le rôle de régulateur (…) le gouvernement néolibéral n’est pas un gouvernement économique mais un gouvernement de société »11. L’école à ce titre doit participer à la mise en place de la nouvelle raison du monde car « Si le marché est un processus d’apprentissage, si le fait même d’apprendre est même un facteur essentiel du processus subjectif de marché, le travail d’éducation réalisé par des économistes peut et doit contribuer à l’auto-formation du sujet. La culture d’entreprise et l’esprit d’entreprise peuvent s’apprendre dès l’école, de même que les avantages du capitalisme sur tout autre organisation économique. Le combat idéologique fait partie du bon fonctionnement de la machine »12 . Ce que reconnaît explicitement le projet éducatif du MEDEF : « L’esprit d’entreprendre n’est pas inné ou donné, mais se construit. Il combine des représentations identitaires, mais aussi des attitudes et des compétences sur lesquelles l’éducation et la formation peuvent agir. Parce qu’il libère les potentiels individuels y compris des enseignants, l’esprit d’entreprendre permet, dès le plus jeune âge, de développer la capacité à imaginer et produire une grande quantité de solutions, d’idées ou de concepts permettant de réaliser de façon efficace puis efficiente avec le renfort des connaissances et de la maturité. En somme, il s’agit de favoriser en chacun la créativité »13. Si l’esprit d’entreprendre n’a rien d’inné14, le rôle de l’école va être de favoriser son développement, et cela dès le plus jeune age. Il faut donc s’emparer des consciences des enfants dès l’école primaire afin d’en faire les salariés modèles de l ’entreprise du futur. Le développement du potentiel créatif de l’individu ne doit avoir comme unique finalité que de permettre son employabilité. Il s’agit d’assujettir les subjectivités individuelles aux objectifs de l’entreprise et de former des salariés entreprenants qui considèrent comme légitime de n’employer leur faculté créatrice et leur capacité d’initiative qu’au service de leur futur employeur. Mais si le projet éducatif du MEDEF semble parfaitement conforme aux principes de l’idéologie néo-libérale, son appréhension nécessite de revenir sur les mutations à la fois techniques et éthiques qu’à connu l’organisation du travail depuis les années 7O.

La créativité comme facteur de compétitivité

L’entreprise traditionnelle « fordiste » avait besoin de salariés obéissants, travailleurs et capables de se satisfaire d’un travail monotone et répétitif. L’organisation taylorienne du travail s’emparait surtout des corps, notamment dans les secteurs industriels, ou le travailleur pouvait toujours tenter de s’évader par l’esprit, comme le charlot des temps modernes, du moment qu’il se montrait capable de respecter physiquement les cadences et les normes de productivité imposées par le bureau des méthodes. Si la division technique du travail a été critiquée dès les débuts de la révolution industrielle, c’est surtout à partir des années 60 que cette critique commence à réellement être entendue par le patronat qui va prendre peu à peu conscience des effets pervers d’une organisation du travail aliénante et des limites d’un mode de management directif qui fait du respect du principe hiérarchique, conformément au modèle militaire, la qualité première de la main d’œuvre. Ce type de management entre en contradiction avec l’esprit du temps marqué par la contestation de l’autorité et la critique des institutions traditionnelles Pour les gourous du management, le management autoritaire à montré son inefficacité car il provoque au sein des entreprises des pratiques de résistances formelles et informelles qui mettent en péril la rentabilité même des entreprises15. Il s’agit non de renoncer à toute forme d’autorité dans l’entreprise mais d’obtenir de façon « spontanée » la participation du salarié au procès de travail. A cette fin, il faut que celui-ci estime légitime les valeurs de l’entreprise. Le patronat, dans son projet de « remise au travail » de la main d’œuvre, va se donner pour objectif de réconcilier les salariés avec leur entreprise et de les persuader que leurs intérêts sont les mêmes que ceux de leur employeur.

L’entreprise ne doit plus être perçue comme un lieu de conflit et de luttes, mais à l’inverse comme l’institution sociétale de référence et comme un espace au sein duquel le salarié doit pouvoir réaliser pleinement son potentiel créatif.

Dans le même temps les critères de compétitivité ont changé. A l’entreprise fordiste dont la compétitivité reposait essentiellement sur les économies d’échelle permises par la production de masse de produits homogènes, a succéder l’entreprise post-fordiste dont le succès est désormais conditionné par sa capacité à innover et à différencier les produits. La compétitivité est devenue « hors coût », la recherche de la qualité a remplacé la recherche de la quantité, l’accent est désormais mis sur la R et D, le SAV, la fiabilité de produits dont il faut assurer le renouvellement périodique. Dans ce contexte la créativité devient un facteur majeur de la compétitivité, comme le rappellent E. Combes et J.L. Muchielli « Pour miser sur la créativité dans tous les secteurs de notre économie, encore faut-il que nous sortions d’une vision étroite de l’innovation, trop souvent centrée sur la RD et sur la figure de l’ingénieur (…) en réalité la créativité permet de repousser continuellement les besoins : tous les produits sont susceptibles d’être repensés, relookés, pour susciter chez le consommateur le désir d’achat et de renouvellement. Il n’y a pas à vrai dire de secteurs dépassés mais simplement des produits et des technologies obsolètes ».16 

Dans le même temps les qualités du salariés modèles ont évolué : à l’ouvrier taylorien spécialisé, auquel on avait retiré toute capacité d’initiative a succédé l’opérateur sur ligne, polyvalent, flexible et capable d’intervenir en cas de panne. Le management de directif devient participatif. Exit , dans les textes, l’autorité et la contrainte directe, l’heure est à la culture et aux projets d’entreprise, aux cercles de qualité et à l’enrichissement des tâches.

Ces mutations économiques et organisationnelles ont entraîné une croissance de la demande de travail qualifié, mais au final , alors que le MEDEF avait clairement revendiqué une croissance du niveau de formation initiale dans les années 8017 et s’était montré favorable à la démocratisation de l’enseignement secondaire, il semble désormais se contenter de salariés moyennement qualifiés dont les qualités sont avant tout comportementales. L’accent est mis sur les compétences beaucoup moins que sur les connaissances. Sur les savoir-être que sur les savoirs. La maîtrise des compétences du socle commun apparaît désormais comme largement suffisante à l’employabilité de la main d’œuvre. Le combat s’est déplacé sur le terrain éthique. Il s’agit « à la fois » de s’emparer des esprits pour légitimer l’esprit d’entreprise mais aussi de favoriser la créativité et l’innovation car ces derniers sont devenus des critères-clés de la compétitivité. Autrement dit le projet éducatif du MEDEF vise à la fois à légitimer le capitalisme et à améliorer l’efficacité des futurs salariés en jouant sur leur formation initiale et sur leurs représentations.

Créativité et critique artiste

La révolution culturelle qu’a traversé le monde de l’entreprise et du management à partir des années 80 a été notamment analysée par Luc Boltanski. Selon celui-ci, le système capitaliste doit faire face à deux grandes critiques. Pour la première, celle que Luc Boltanski désigne par le terme de « critique artiste », « le capitalisme est une source de désenchantement et d’inauthenticité des objets, des personnes, des sentiments et des genres de vie qui lui sont associés, mais le capitalisme est aussi une source d’oppression en tant qu’il s’oppose à la liberté, à l’autonomie et à la créativité des êtres humains soumis à la domination du marché et aux formes de subordination de la condition salariale. Quant à la seconde, la critique sociale, elle dénonce surtout « la misère et l’inégalité que produit le système capitaliste mais condamne aussi le capitalisme d’un point de vue moral, puisqu’il encourage l’opportunisme et l’égoïsme notamment lorsqu’il fait de la recherche du profit son but premier »18. Autrement dit la critique artiste insiste surtout sur l’aliénation, la dépossession et la perte de sens que produit le capitalisme alors que la critique sociale insiste elle surtout sur l’exploitation dont sont victimes les salariés. Pendant les 30 glorieuses, le capitalisme notamment dans sa forme fordiste, en indexant la croissance des salaires sur les gains de productivité, a permis une relative croissance du niveau de vie des salariés et favorisé leur accès à la consommation de masse. Le mode de régulation fordiste répondait ainsi aux revendications de la critique sociale en acceptant un partage de la Valeur Ajoutée un peu plus favorable aux salariés que par le passé, mais au prix d’un renforcement de la division technique du travail conformément aux principes tayloriens.

Inversement, depuis les années 70 / 80 le nouvel esprit du capitaliste s’inspire de la critique artiste et cherche à montrer que loin d’être un lieu d’exploitation et surtout un lieu d’aliénation, l’entreprise doit permettre l’épanouissement du salarié. Le nouvel esprit du capitalisme s’inspire fortement des critiques de la division du travail. Rappelons que les effets déshumanisants et aliénants de la division du travail sont analysés dès les débuts de la révolution industrielle par Adam Smith, qui considérait malgré tout la division du travail comme un déterminant majeur de la croissance économique. Mais, alors que la division technique du travail n’est pour Smith que le prolongement de la division sociale du travail, Marx , tout en reconnaissant le caractère « naturel » de la division sociale du travail, montre quant à lui que la division technique du travail n’a rien de naturel mais qu’elle est propre au mode de production capitaliste. En effet grâce au développement de la division technique du travail, le prolétaire subit un triple phénomène de prolétarisation, puisqu’il n’est dépossédé de son outil de travail, d’exploitation, puisque il ne maitrise plus le produit de son travail et d’aliénation puisque loin d’exercer son pouvoir créatif, son travail n’a plus de sens pour lui. Pour Marx, la division technique du travail est dés-humanisante, dans le sens ou elle nie « l’humanité de l’homme » qui réside selon lui dans ses facultés laborieuses et créatives et c’est cette négation du pouvoir créateur du travail humain qui va nourrir en grande partie ce que Luc Boltanski désigne par la « critique artiste ». Critique à laquelle tente désormais de répondre le nouvel esprit du capitalisme qui « s’exprime » dans la projet éducatif du MEDEF.

L’enjeu de ce dernier est de présenter l’esprit d’entreprise comme une des composantes universelles du processus éducatif : « Dès l’école primaire, l’esprit d’initiative trouve à se mettre en œuvre notamment à travers des exercices faisant appel aux habiletés manuelles et aux activités de découverte et d’investigation (ex : Dispositif « main à la pâte » pour l’enseignement des sciences et de la technologie au primaire). Au collège et au lycée, l’esprit d’entreprendre trouve déjà quelques applications à travers les itinéraires de découvertes (IDD), les travaux personnels encadrés (TPE) ou les travaux d’initiative personnelle encadrés (TIPE) en CPGE. Dans l’enseignement, il laisse donc une large place aux pédagogies actives et inductives fondées sur une approche expérimentale (« learning by doing ») et par projets »19. Ce texte « naturalise » l’acte d’entreprendre, il fait de ce dernier le fondement de l’humanité de l’homme puisque le fait d’entreprendre ou l’esprit d’initiative est mis sur le même plan que l’apprentissage des premiers gestes psychomoteurs élémentaires. Ainsi pour le MEDEF découvrir, faire des projets, prendre des initiatives, résoudre des problèmes, est mis sur le même plan sémantique qu’entreprendre. La frontière entre l’entrepreneur et le salarié est même anthropologiquement abolit puisqu’il partage le même « esprit créatif ». Ainsi un élève qui « entreprend » un exposé, montre qu’il a « l’esprit d’entreprise ». Mais cet esprit d’entreprise étant loin d’être inné comme le reconnaît de façon pour le moins paradoxal le MEDEF, il faut donc que l’ensemble des institutions de socialisation relaient cette opération de légitimité. L’éducation devient alors une des cibles privilégiées de l’offensive néolibérale.

Critique artiste et critique pédagogique

Notons enfin que l’approche néo-libérale de la question éducative recoupe sur de nombreux points la critique pédagogique de l’école : méfiance envers les savoirs « académiques », éloge des compétences, critique de la rigidité et du conformisme du système scolaire, éloge des méthodes actives, appel à la mobilisation des équipes pédagogiques20. De même que le nouvel esprit du capitalisme entend substituer, dans l’organisation du travail, l’incitation à la coercition, les pédagogies alternatives ont toujours cherché à « faire l’économie de la contrainte » en matière d’éducation. L’insistance mis par les partisans des pédagogies nouvelles sur l’intérêt, sur la participation, sur l’ activité de l’élève rejoigne le soucis des partisans du management participatif de rompre avec un mode de gestion trop directif, et de jouer sur les relations humaines pour obtenir l’implication spontanée des salariés dans le projet de l’entreprise. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’obtenir la participation du sujet à un processus organisationnel en faisant le moins possible appel à la contrainte ou à l’autorité. L’élève à l’école, comme le salarié dans l’entreprise, doit être « acteur » et « créateur ». Le soucis de favoriser, à l’école comme dans l’entreprise, la créativité du sujet se retrouve, pratiquement dans les mêmes termes, dans la littérature pédagogique et dans la littérature manageriale21, comme le montrent les deux textes suivants extraits des « cahiers pédagogiques » :« Développer une école de la créativité
 . Le Monde Education, qui sort en kiosques mardi 15 septembre (2009), consacre son dossier à L’imagination au pouvoir et affirme “L’urgence à développer une école innovante“
. Le dossier développe surtout deux notions pédagogiques complémentaires : la créativité et l’interdisciplinarité. La créativité ne se limite pas en effet à la seule dimension artistique. Comme le rappelle Le Monde, la créativité, c’est une capacité à inventer d’autres chemins. C’est un processus mental qui implique la génération de nouvelles idées ou concepts, ou de nouvelles associations entre des idées et des concepts préexistants. On retrouve là, cette pensée complexe que défend le sociologue Edgar Morin. Cette manière d’envisager les connaissances au dessus des cloisonnements traditionnels entre les disciplines académiques, afin de comprendre le monde complexe qui nous entoure »22.
 Francois Tadéi23, auteur d’un rapport sur l’école en France, se montre lui aussi préoccupé par le développement de la créativité dans le système scolaire. « Comment dans un système comme le nôtre encourager la créativité ? : On ne peut qu’être frappé des connotations péjoratives de termes comme « versatile », perçu comme signe de frivolité alors qu’en anglais, la même origine latine valorise la polyvalence, la capacité à résoudre des problèmes nouveaux, ou « créatifs », qu’on utilisera plus volontiers pour un publicitaire que pour un scientifique ou un enseignant, alors que nous avons besoin de créativité dans tous les domaines pour faire face aux défis du temps présent.
De ce point de vue, en France il faut faire preuve de pédagogie et expliquer pourquoi on a besoin de gens polyvalents capables de s’adapter à un monde qui change et ce qu’est la créativité. Cette dernière doit être désacralisée, elle ne doit pas être vue comme la visite d’une muse ou un trait de génie, réservé à une élite seule autorisée à créer, mais comme une capacité dans tous les domaines à proposer de nouvelles solutions, de nouvelles visions pertinentes des choses.
La créativité est un processus ouvert, interactif, exigeant et rigoureux, où il ne suffit pas de proposer n’importe quoi. S’il faut bien créer de nouvelles pistes, il faut ensuite sélectionner les plus prometteuses, les approfondir et utiliser l’intelligence collective pour aller plus loin. Pour favoriser cette créativité, développer une culture de la critique constructive — qui permet de faire avancer les choses — est une condition nécessaire24. Dans la société à venir, l’individu passif, avide de stabilité et de sécurité, n’aura plus sa place, le salarié devra être actif, créatif et compétitif. Voilà pourquoi la formation du sujet néo-libéral, doit commencer dès l’école primaire afin que demain les enfants soient tous créateurs et ...entrepreneurs25 !

Contrepoint…

Parce que ce texte ouvre de nombreuses pistes de réflexion, nous tenions à le proposer à nos lecteurs, même si sa conclusion ne fait pas consensus au sein du comité de rédaction. Ainsi, « L’insistance mise par les partisans des pédagogies nouvelles sur l’intérêt, sur la participation, sur l’activité de l’élève rejoint le souci du management participatif d’obtenir l’implication spontanée des salariés dans le projet de l’entreprise » doit-elle pour autant nous conduire à abandonner toute ambition de travailler « l’intérêt, la participation, l’activité de l’élève » ?

Au-delà des formules communes – et de leur récupération –, il ne s’agit pas du même projet. Et on ne voit pas que le dogme transmissif lié au capitalisme « d’avant » (et encore bien présent !) soit préférable pour les élèves.

Débat récurrent que nous vous invitons à poursuivre sur le site de la revue et pourquoi pas dans un futur numéro.

1. « Pour une école personnalisée et créative » http://www.medef.com/fileadmin/www.medef.fr/documents/Ecole/PropositionsMEDEF-Ecole.pdf

2. Ibid.

3. Ibid.

4. Ibid.

5. Ibid.

6. « Pour une école personnalisée et créative » http://www.medef.com/fileadmin/www.medef.fr/documents/Ecole/PropositionsMEDEF-Ecole.pdf

7. Discours de départ de Michel Pebereau de l’Institut de l’Entreprise (IDE).
« Une grande partie des particularismes de la société française, comme son rapport à la mondialisation ou aux mécanismes de marché, trouve en effet, à mon avis, son origine dans la manière dont est enseignée l’économie. Il importait d’agir. Nous avons commencé, à travers un dispositif d’ensemble destiné aux professeurs de ce que l’on appelle les Sciences économiques et sociales au lycée. Faire évoluer les esprits, en ce domaine, est un travail de longue haleine. Les résultats se mesurent à l’échelle d’une génération. Mais l’enjeu en vaut la peine : ce sont les générations des entrepreneurs de demain que nous éduquons ».
http://www.institut-entreprise.fr/fileadmin/Docs_PDF/Manifestations/discours_MP_AG2011.pdf

8. Éthique qui repose selon Michel Pébereau sur 3 principes :
L’entreprise ne crée pas nécessairement ex-nihilo ces valeurs ; elle les trouve dans le « terreau » moral de la société qui lui donne naissance. Mais ces valeurs – goût du travail, sens de l’effort, esprit d’équipe, recherche de la compétition, visée de l’excellence, elle leur donne corps, et contribue à les développer dans toutes ses équipes, chez tous ses collaborateurs. Elle y contribue d’autant plus qu’elle est aujourd’hui l’une des seules institutions où ces vertus peuvent prendre corps, quand les institutions traditionnelles traversent doutes et crises. A la liberté économique, l’entreprise conjugue donc un système de valeurs. (...)

9. Ibid.

10. Michel Foucault, « Naissance de la bio-politique » cours au collège de France 1978-79, Hautes études, Gallimard, Seuil, oct 2004, p. 154

11. Ibid p. 151

12. Pierre Dardot et Christian Laval, « La nouvelle raison du monde, essai sur la société néolibérale », Édition de La Découverte, Paris, 2009, p. 237. Voir aussi « La nouvelle école capitaliste » de C. Laval, G. Dreux et P. Clément. La découverte, 2010.

13. « Pour une école personnalisée et créative » http://www.medef.com/fileadmin/www.medef.fr/documents/Ecole/PropositionsMEDEF-Ecole.pdf

14. On peut reconnaitre au projet néolibéral, le mérite de ne pas s’encombrer d’hypothèses anthropologiques discutables d’abandonner toute naturalisation de l’esprit d’entreprise à l’inverse du libéralisme économique classique qui considérait que la propension à l’échange était naturelle chez l’homme

15. Notons l’introduction NFOT (nouvelles formes d’organisation du travail) vont aussi s’accompagner d’un partage de la VA nettement plus favorable au capital. Comme si le capitalisme avait à partir des années 30 du répondre avant tout à une demande de justice sociale visant à un meilleur partage des gains de productivité mais à partir des années 80 l’inversion du rapport de force sur le marché du travail et la plus grand « reconnaissance « du facteur humain dans l’entreprise va aller de pair avec la modération du coût du travail et la remise en cause de nombre d’acquis sociaux . L’accent mis sur la reconnaissance permettant de reprendre d’une main ce qu’on avait accorder de l’autre.

16. Note pour la FONDAPOL http://www.scribd.com/fullscreen/70215506?access_key=key-2746mejhydpcnvb3m1yi

17. Notamment en raison de la difficulté à reconvertir la main d’œuvre taylorienne et très peu qualifiée touchée par les restructurations industrielles des années 80.

18. Luc Boltanski, « Le nouvel esprit du capitalisme », NRF essai Gallimard, 1999, p. 82.

19. « Pour une école personnalisée et créative » http://www.medef.com/fileadmin/www.medef.fr/documents/Ecole/PropositionsMEDEF-Ecole.pdf

20. Notons toutefois qu’il existe une différence forte sur la question de l’orientation précoce entre les mouvements pédagogiques et le projet éducatif du MEDEF.

21. et le même soucis de « démocratiser » la créativité et d’en élargir le sens.

22. Extrait d’une revue de presse de Philippe Watrelot, http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6401

23. Scientifique, auteur d’un rapport sur l’éducation en France. « Training creative and collaborative knowledge-builders » – On pourra lire une traduction de ses recommandations sur le blog de Bruno Devauchelle : [http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=327]

24. http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6602

25. Ou selon la belle formule de Michel Foucault « entrepreneur de soi-même ».

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