dimanche, 15 mai 2011|

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L’Anarchisme à Cuba, la revue de presse

- Le Combat syndicaliste, n°290, novembre 2004, p.18.

Trabajo sí, samba no !

Bien qu’on sache souvent que, dans nombre de pays d’Amérique latine, les premières organisations ouvrières furent d’inspiration anarchiste, la prédominance, jusqu’à une époque encore récente, du marxisme-léninisme a rejeté dans un oubli à peu près total l’existence de ces mouvements ouvriers libertaires présents dans tous les pays latino-américains, de l’Argentine à Cuba. C’est pour tenter de remédier en partie à l’injustice faite à la mémoire de plusieurs générations de militants et de propagandistes que nous avons décidé de publier la version française du livre de Frank Fernandez sur l’histoire de l’anarchisme cubain. Dans le seul ouvrage consacré entièrement à ce sujet, les lecteurs pourront découvrir les noms de ses principaux porte-parole, depuis Enrique Roig San Martin, mort en 1889, jusqu’à Marcelo Salinas (disparu en 1987) et ses amis du MLCE, le Mouvement libertaire cubain en exil, en passant par l’anarchosyndicaliste Alfredo Lopez, assassiné en 1926 par les séides de Gerardo Machado, un des nombreux dictateurs qui ont sévi et continuent de sévir) sur l’Ile. Et, lisant le présent ouvrage, signé par un opposant de longue date au régime actuel, les lecteurs sauront ce que fut la contribution des libertaires cubains au combat pour une société de gens libres et égaux, depuis l’époque coloniale jusqu’à l’instauration du régime autoritaire de Fidel Castro.

Nous avons souhaité compléter l’ouvrage de Frank Fernandez par le témoignage livré par l’anarchosyndicaliste allemand Augustin Souchy au terme d’une enquête menée, dès 1960 et à la demande même des nouvelles autorités, sur le sens des premières réalisations et des projets du régime castriste. Cette enquête, mise au pilon par le régime, n’avait jamais été publiée en entier dans notre pays. Elle permettra à coup sûr de mieux comprendre l’attitude du mouvement libertaire cubain devant une « révolution » qui enthousiasma longtemps les progressistes du monde entier, y compris dans le camp libertaire.

Frank Fernandez est né vers le milieu des années 30 à La Havane. Choisissant l’exil quelques années après l’établissement du régime castriste, il part s’installer à New York puis à Miami. Fin 1968, il adhère au MLCE et, de 1980 à 1992, participe à l’animation de la revue Guángara Libertaria. Il publie en 1994 l’ouvrage La sangre de Santa Igueda, consacré à l’exécution de Cánovas del Castillo par l’anarchiste Michele Angiolillo. Le présent livre, El Anarquismo en Cuba, a paru en langue espagnole en l’an 2.000. Traduit déjà en anglais et en italien, il sera disponible en allemand et en portugais dans le cours de l’année 2006.

- Sur le site Anarlivre

Enfin un ouvrage sur l’anarchisme à Cuba, le premier en français si l’on met de côté « Anarchisme et indépendance nationale à Cuba à la fin du XIXe siècle », étude de Carlos Serrano beaucoup plus limitée dans le temps. En effet, Frank Fernández, s’attache, lui, à présenter un panorama global qui démarre dans les années 1880 pour s’achever presque cent ans plus tard. La première période, jusqu’à la chute du dictateur Machado en 1933, est marquée par la constitution d’un mouvement anarcho-syndicaliste en lutte contre le colonialisme espagnol, l’ingérence nord-américaine et les magnats de l’industrie du tabac et du sucre. De 1934 à 1958, après une courte période de gouvernement républicain, c’est de nouveau un dictateur, Batista, qui s’installe pour veiller aux intérêts nord-américains et de la bourgeoisie locale. Batista renversé, la longue nuit castriste s’installe. En 1961, les militants qui ne sont pas emprisonnés et torturés doivent se résigner à l’exil. Poursuivis par la propagande castriste, relayée par le mouvement communiste international, ils affronteront trop souvent l’incompréhension ou le refus de dénoncer. Pour les gogos d’alors, Cuba, Castro, Che Guevara, c’est la révolution, même s’il ne s’agit que de nationalisation et pas de collectivisation, d’asservissement d’un peuple aux intérêts d’une clique… D’où la mauvaise conscience de toute une génération et l’oubli trop longtemps entretenu que ce livre vient utilement combattre.

 
A propos de éditions CNT-RP
Michel Bakounine, présentation de Frank Mintz, 2006, 72 pages. Ce court livre, le second de la collection « Classiques » des Éditions CNT, rassemble deux textes essentiels de Bakounine, « La politique de l’Internationale » (paru en 1868 dans L’Égalité) et « Organisation de l’Internationale » (publié (...)
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