On est tou-te-s dans le même bateau ?

> Billet d’humeur

Vendredi 14 juillet 2017 – Syndicat du Bâtiment et des Travaux publics de la Gironde

Les patrons savent crier haut et fort qu’ils prennent (tous) les risques, que la réussite de l’entreprise est due à leur bonne gérance, que lorsqu’un chantier se passe bien c’est grâce à eux, qu’ils tiennent leur entreprise à bout de bras.

Faut-il leur rappeler que leurs salarié-e-s travaillent, produisent et donc génèrent les bénéfices ? Et parfois aussi, ils/elles en meurent. Ne serait-ce pas ça, le plus gros risque ?



Vendredi 07 Juillet 2017, suite à la chute d’un outil sur sa tête, un ouvrier décède sur le chantier des quais de la Dordogne (Libourne)1. Le lundi suivant, à Queyrac (Médoc), un maçon meurt enseveli sous des gravats après l’effondrement du mur sur lequel il travaillait.2

Le premier était intérimaire pour EOL Intérim, le deuxième n’avait que 21 ans. Nous sommes nous mêmes des travailleur-se-s du BTP et nous savons que la précarité et la jeunesse sont deux critères qui font de nous des salarié-e-s particulièrement exposé-e-s aux risques. Par manque de formation ou parce qu’on n’est pas en situation de pouvoir faire respecter nos droits.

Une fois l’accident survenu, il est trop tard.

Nous, membres du syndicat du BTP, souhaitons témoigner une nouvelle fois que nous sommes attristé-es par ces décès car ils sont irréparables. Mais nous refusons de nous résigner !


En France, en 2015, dans le seul secteur du BTP, 130 morts ont été recensés (soit un mort tous les 2 jours ouvrables). Nous savons que dans nos métiers, le risque zéro n’existe pas, mais nous savons aussi que nombre de ces morts pourraient être évitées.

Les conditions liées à l’exercice de nos métiers nous mettent en situation de danger. C’est pourquoi nous considérons que les patrons portent une lourde responsabilité dans ces drames.



Évidemment, nous savons que des salarié-e-s refusent eux-mêmes certaines sécurités, comme si le danger devait faire partie du métier… Et il n’en faut pas plus pour que les employeurs osent rejeter la faute sur les salarié-e-s : « Je lui avait dit de faire attention… ».

Comme si, le patron, qui sait se faire obéir pour que les ouvriers arrivent à l’heure, qui sait se faire obéir lorsqu’il faut exécuter une tâche, qui sait se faire obéir lorsqu’il faut faire une heure sup, … Ne sait pas se faire obéir lorsqu’il demande de travailler en toute sécurité. En réalité, les employeurs considèrent que la sécurité coûte de l’argent et ralentit les cadences. Ils estiment que les formations sur ce sujet ne sont pas nécessaires.

Serait-ce trop demander que de pouvoir exercer nos métiers dans des conditions sécurisées et décentes ? D’ailleurs, à ce titre, nous rappelons qu’il existe encore un « droit de retrait » face aux situations de dangers.


Les patrons mettent des euros en face de la sécurité. Nous, chaque jour, nous mettons notre vie.

Accidents du travail : terrorisme patronal!


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