Le numéro 5 à lire avec ou sans gilet…

Lire, c’est résister. Pas de trêve des confiseurs !

 La Mauvaise Herbe repousse ! La revue de la cnt éducation,

Communiqué
Face à l’avalanche d’injonctions hiérarchiques, nous nous sommes penchées sur les évaluations à tous les étages, sur la sélection renforcée. Contre les dispositifs divers, nous relatons la réalité du terrain, la réalité des luttes de la classe à la rue. Nous relatons les différents luttes d’ici et de là-bas qui se vivent au quotidien. Mais là, pas de sélection, pas d’évaluation, le plaisir de faire ensemble, de lutter sans hiérarchie. De réfléchir sans injonction des unes et des uns envers les autres, mais de l’écoute des unes et des uns envers les autres dans une école de la « confiance » (?).
Mais pas une confiance imposée. Une confiance qui se construit avec des outils coopératifs, qui se construit en partageant les savoirs, les cultures, qui se construit en luttant ensemble.

Le numéro est à 3€. L’abonnement pour 4 numéros est à 10 €.
Pour acheter le dernier numéro ou s’abonner adressez-vous au syndicat CNT local ou au Secrétariat fédéral : fede-educ@cnt-f.org

Au sommaire :
– Dossier : Évaluation, sélection ;
– Refus de l’entretien de carrière : mode d’emploi ;
– Les joies de l’inspection ;
– Les profs ne sont pas des DRH ;
– Le piège à Jean-Mi. ;
– Sélectionner des révolté·es, possible ?
– Couvrez cet algorithme ;
– Strasbourg contre la sélection et son monde ;
– Lycée professionnel : danger de mort ;
– CP 100% de réussite… managériale ?
– L’Amap de la destruction de l’école ;
– Évaluer autrement ;
– Affelnet : le Parcoursup du collège ;
– Vers une classe coopérative ?
– Notre-Dame-des-Luttes ;
– Attaques contre la liberté pédagogique ;
– Chronique de l’éducagogue à la retraite ;
– L’extrême droite vers la baston sociale ;
 International : 
Grandes grèves dans l’éducation aux États-Unis.
En Allemagne, se syndiquer, c’est pas aisé.
– Notes de lecture et théâtre :
En avant la zizique : Cecil Taylor, le sorcier libertaire du jazz.
Réseaux et liberté : le corps en questions.
Cinéastes de la révolte : Haïlé Gerima, l’insurgé du cinéma afro-américain.
– Le sifflet enroué
– Palmes académiques

 

     Le Numéro 4

On peut se procurer Les Mauvaises Herbes aux permanences de la CNT : les lundis et mercredis à partir de 18h au 33 rue des Vignoles 75020 Paris, métro Buzenval …

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Retrouvez les 3 premiers numéros en lectures libres sur le site de la confédération CNT : http://www.cnt-f.org/-la-mauvaise-herbe-.html

La Mauvaise Herbe est disponible auprès des syndicats de la CNT.

En vente dans les très bonnes librairies au prix de 3 euros le numéro.

On peut aussi s’abonner : 4 n° = 10 euros !

Chèque à l’ordre de la CNT-FTE.

A adresser à : CNT-FTE STP67, c/o Lucha y fiesta, BP 30017,

67027 Strasbourg cedex 1

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Une nouvelle revue pour quoi faire ?

En avril 20125, réunis en congrès extraordinaire à Paris, les syndicats CNT de l’éducation ont voté à une très large majorité l’autonomie de la revue N’Autre École. Depuis treize années, N’Autre École était la revue de la fédération. À ce titre, les membres du comité de rédaction étaient mandaté-e-s en congrès. Le comité de rédaction de N’Autre École était composé de mandaté-e-s de la CNT mais aussi, depuis 2004, de camarades d’autres horizons. Ils et elles ont voulu s’émanciper de la CNT. C’est fait.

Pour autant, nous avons voulu poursuivre l’aventure. Nos exigences sont les mêmes : un espace dédié à nos idées et à nos pratiques. Contre la parole experte et pour le partage du pouvoir de l’écrit.

Plus que jamais, nous voulons une revue qui affirme ces choix. Qu’elle soit un outil de propagande pour les pratiques émancipatrices et égalitaires. Un outil pour penser collectivement nos réalités partagées.

Le dire et le faire dans un même élan. En essayant de rester au plus près de nos utopies, y compris dans leurs aspects les moins visibles pour les lectrices et les lecteurs. Les mandats tournent à la CNT. Il n’y a pas de permanent-e-s, de détaché-e-s, de spécialistes, d’expert-e-s en quoi que ce soit. Ce n’est pas toujours facile à faire vivre, à assumer collectivement et ce d’une manière autogestionnaire. Mais ce sont nos choix politiques : toutes capables, tous susceptibles d’assurer une tâche. Nous voulons prendre le temps nécessaire pour que chacun-e puisse trouver sa place.

Cette revue sera un complément à nos tracts, bulletins locaux, site, Classes en lutte (notre mensuel électronique). Si elle est un lieu d’expression privilégié pour les adhérent-e-s et les syndicats de la fédération des travailleuses et travailleurs de l’éducation, nous souhaitons aussi ouvrir ses pages aux écrits des syndicats d’autres branches professionnelles, ainsi qu’à des contributions extérieures à la CNT.

Nous ne souhaitons pas nous aliéner aux contraintes éditoriales : rythme de parution, pagination. Un, deux, trois numéros par an. Évidemment, nous tiendrons compte de ces éléments pour nos abonné-e-s.

Dans un paysage syndical totalement englouti dans la concurrence et la co-gestion, dans l’expertise et le métier de délégué-e-s, nous avons à cœur de faire vivre un autre syndicalisme, sans expert-e ni leader. Sans spécialiste ni porte-parole. Pour un partage le plus large des richesses de la pensée, de l’écrit et des pratiques.

Contre un système éducatif basé sur l’autoritarisme, la hiérarchisation des savoirs et des rapports sociaux, la soumission des individus, changeons l’école, changeons le monde ! Partageons le pouvoir pour ne pas le prendre ni le laisser à d’autres !

Ce premier numéro tout beau, tout neuf que vous tenez entre les mains aborde différents sujets qui nous tiennent à cœur. Dans leur diversité, ils relèvent tous de notre combat pour une éducation plus juste, plus libre et plus respectueuse des enfants, comme des travailleuses et des travailleurs. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du système éducatif, les voies de cette lutte sont multiples. La mauvaise graine de la contestation de l’ordre injuste et dominateur s’insinue partout. Nous nous en faisons l’écho ici

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La Mauvaise herbe n°1 : le sommaire

  • Une nouvelle revue pour quoi faire ?
  • REP+, en grève contre la grande arnaque
  • Politique libérale et éducation réactionnaire : la réforme des rythmes scolaires, un cas d’école
  • L’école au rapport
  • Le collège de mes rêves, premier épisode
  • Affiche détachable réforme des collèges
  • Petit hommage à Alexandre Grothendieck
  • École Bric-à-brac : appel à soutien !
  • Aperçu des rencontres de pédagogie féministe en non-mixité
  • Le sifflet enroué : Sport, jeu ou activité physique ?
  • En avant la zizique : achronique punke
  • Chronique de l’éducagogue : lecture paresseuse de Zio Aldo
  • Notes de lecture / Films
  • Les titres auxquels vous avez échappé
  • Palmes académiques

Le numéro 2 est paru au premier semestre 2016.

A lire ci-dessous l’édito puis le sommaire

 

Semons la rébellion

Nos libertés sont réprimées : liberté d’expression, de circulation, de manifester, de se réunir. Nous avons décidé d’y consacrer notre dossier.

État policier

Les attentats furent l’occasion pour les gouvernements de renforcer l’arsenal autoritaire : ceux de janvier 2015, le prétexte à la loi sur le renseignement, ceux de novembre, à l’instauration de l’état d’urgence. Les fascistes, les nationalistes, les religieux, s’entendent à merveille avec les politiciens pour enfermer nos vies dans un carcan réactionnaire, obscurantiste et rétrograde. Nous ne voyons pas la fin de leurs dérives sécuritaires.

Ces politiques fabriquent du malheur, de la misère et de l’injustice. Précaires, étrangers fuyant la guerre, l’oppression ou la faim, en sont les premières victimes.

Ici et maintenant un autre futur se dessine

En soutien à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes et à toutes les luttes de territoires, nous avons choisi d’illustrer l’ensemble de ce numéro avec des photos prises lors de la manifestation du 27 février.

Autre raison d’espérer, le mouvement social contre la loi « Travaille ! »  qui, à l’heure où nous écrivons, redonne déjà de belles couleurs au mouvement ouvrier.

Semons la rébellion !

À l’image du film Merci Patron !, finissons-en avec tous les Bernard Arnault de la Terre. Ne nous couchons plus jamais !

La Mauvaise herbe n°2 : le sommaire

  • Édito
  • Victoire pour une AVS
  • Un collectif pour ouvrir les frontières
  • Le numérique à l’école
  • Dossier : La liberté d’expression à l’école
  • Enseigner la liberté d’expression ? Oui, mais comment ?
  • Enseigner à Béziers
  • L’État était Charlie… donc pas moi
  • Pluralisme démocratique ou confusion ?
  • Patriotisme à l’école
  • Contre nous de la pyramide…
  • De quoi cette « laïcité » est-elle le nom ?
  • Liberté d’expression, jusqu’où ?
  • Zad partout !
  • Une librairie itinérante et autogérée
  • Philosophie et cinéma, un amour compliqué
  • Enseigner leur histoire aux enfants d’immigrés
  • Le collège de mes rêves, épisode 2
  • « C’est quoi ton genre ? » Un cahier de coloriage pour les enfants
  • À l’origine du cahier. Entretien avec Coco
  • Meurtre sexiste et média : un cas d’école
  • Israël-Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
  • Le sifflet enroué : La pratique du « sport » à l’école
  • La domination sportive
  • En avant la zizique : Joe Hill, indomptable militant anarcho-syndicaliste
  • Notes de lecture
  • Films
  • Palmes académiques

 

Classes En Lutte : les derniers numéros à lire ou à relire…

Classes En Lutte est la lettre mensuelle électronique de la CNT éducation. Elle est adressée à plusieurs milliers d’abonné.e.s.

Retrouvez ci-dessous en un clic les derniers numéros :

Cel / janvier 2019

Cel hebdo du lundi 17 décembre 2018

Cel / décembre 2018

Cel / novembre 2018

Cel / octobre 2018

Cel / septembre 2018

Cel / été 2018

Cel / juin 2018

Cel / mai 2018

Cel / Avril 2018

Cel / hors série, sup à mars 2018

Cel / mars 2018

Cel / février 2018

Cel / janvier 2018

Cel / décembre 2017

cel / novembre 2017

Cel / octobre 2017

cel / septembre 2017

cel / Juillet – Août 2017

cel / juin 2017

cel / mai 2017

Cel / avril 2017

Cel / mars 2017

Cel / février 2017   + Le casier scolaire

cel / janvier 2017

cel/ novembre-décembre 2016

cel/octobre 2016

cel/septembre-2016

cel/ été 2016

« La révolte sociale persiste face à la politique antisociale et autoritaire du gouvernement »*…

      … Pas de trêve des confiseurs
L'Union locale de la CNT de Saint-Étienne tient à dénoncer la violence de la police et
l'acharnement de la justice contre les manifestant.es et les lycén.nes, et a exprimer sa
solidarité envers toutes les victimes de la répression et de l’État et de la justice
sociale. Le communiqué de l'UL-CNT 42

En régions, à Paris, la semaine passée, lycéennes et lycéens ont bloqué leur bahut pour combattre les réformes Blanquer et Parcoursup. Plusieurs facs ont été bloquées et des partiels annulés pour dénoncer l’augmentation des frais d’inscription pour les étrangers. Vendredi 14 décembre, plusieurs milliers de manifestant.e.s ont défilé à Paris (15000), Grenoble (2000), Lyon (3000)… L’interfédérale* de l’éducation réunie à l’issue des manifs appelait à « se joindre aux actions » prévues par les syndicats lycéens du 17 au 22 décembre.

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Il n’y a pas de légitimité à humilier, frapper ou mutiler

Jeudi 6 décembre, 152 jeunes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) ont été interpellé.e.s aux abords du lycée Saint-Exupéry. Ils et elles sont restées deux heures à genoux les mains sur la tête ; certains face à un mur, mains menottées dans le dos…Une vidéo terrible produite par un policier, laisse entendre des propos sidérants : « On tourne pas la tête. On regarde droit devant ! »… «  Voilà une classe qui se tient sage. On va faire voir à leurs profs. » S’en suivront 36 heures de gardes à vue qui n’ont conduit à aucune poursuite, le but étant donc uniquement d’humilier.

Des jeunes devant leur établissement sont aussi la cible de tirs de LBD, arme mutilante. Mardi 4 décembre une lycéenne de 16 ans a été touchée à la tête par un tir à Grenoble (Isère) : sa mâchoire détruite a nécessité 4h d’opération. Mercredi 5 décembre deux lycéens ont été gravement blessés l’un à Saint-Jean-de-Braye (Loiret), l’autre à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Vendredi 7, se sont encore cinq lycéens qui ont été blessés dans l’Essonne et le Val-de-Marne.

Il y a l’attitude condamnable des forces de police, « on ne tape pas sur des gamins » comme le dénonce Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, mais aussi les directions d’établissements, qui trop souvent, font intervenir les policiers lors des blocages.

Nous dénonçons vigoureusement ces violences policières et demandons l’interdiction des armes utilisées.

Nous soutenons la plainte déposée par le syndicat lycéen UNL dénonçant les « actes de barbarie sur mineurs par personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion » et  « diffusion illégale d’images de personnes identifiables mises en cause dans une procédure pénale » concernant les jeunes de Mantes-la-Jolie.

Ce qui est vrai pour l’ensemble du mouvement social est vrai pour le mouvement lycéen.

On ne répond pas aux préoccupations sociales et éducatives de la jeunesse en terrorisant et en humiliant les élèves qui s’engagent. Le mépris et la brutalité sont les formes privilégiées par ce gouvernement en guise de dialogue social. Ripostons par la grève, avec les lycéen.ne.s, les étudiant.e.s, et l’ensemble du mouvement social (des travailleur.se.s ?), dans la rue.

CNT-FTE

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Les syndicats de l’éducation appellent à la grève vendredi 14 décembre. Le communiqué : tract Interfédéral

Fonctionnaires, profs,  lycéens, étudiantes,  salarié.e.s du privé…, Ils et elles étaient plusieurs milliers à manifester vendredi 14  pour dénoncer les réformes Blanquer et réclamer des hausses de salaires.

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Mardi 11, plusieurs centaines de lycées bloqués. Manifs à Paris, Rennes, Lyon…

Dans les facs, c’est aussi contre l’augmentation des frais d’inscriptions que ça bouge. En région parisienne, Paris-Luttes. Infos notait pour ce lundi 10 :

« Plusieurs facs ont été bloquées ou fermées administrativement ce lundi : Tolbiac, Censier, Nanterre ainsi que le site historique de la Sorbonne. À Nanterre une immense assemblée générale a rassemblé près de 3000 personnes ! Le blocage a été reconduit à une écrasante majorité et le report des partiels voté, comme cela a déjà été décidé à Censier. 
Le mouvement continue donc à s’étendre dans les facs, y compris dans des universités habituellement peu mobilisées comme Paris-Sud où une AG est organisée ce vendredi ! »

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Forte mobilisation vendredi 7 à Lyon, près de 3000 manifestant.e.s et 500 lycén.n.e.s et profs en AG… Manif régionale à Paris à Stalingrad… Plusieurs lycées bloqués dans de nombreuses villes. Facs fermées comme à Tolbiac…

La CNT sollicite les autres fédérations syndicales de l’éducation pour dénoncer les violences policières. Un communiqué est en cours de rédaction : « Mobilisation lycéenne… il n’y a aucune légitimité à humilier, frapper et punir ».

La CNT répond au message du ministre et dénonce les violences policières à l’encontre des lycéennes et lycéens

La lettre au ministre : avec toute notre défiance

La CNT-FTE s’insurge contre le message envoyé ce jour par M Blanquer, ministre de l’éducation nationale aux professeurs. Celui-ci joue sur la peur pour tenter d’éteindre le mouvement légitime des lycéens …Communiqué

Classses-En-Lutte, décembre 2018 : Réformes Blanquer : 1OO% de colères

Lycées, lycées pro., facs : pourquoi ça bloque !

            Sète, le 4 décembre                            Les premiers blocages lycéens ont débuté vendredi 30 novembre pour toucher plus d’une centaine d’établissements lundi 3 décembre. A l’appel de l’UNL, lycéennes et lycéens dénoncent les réformes du lycée général, professionnelle (lire la rubrique dédiée) et le Service  militaire nouvelle version.

Mardi, l’UNL dénombrait 300 lycées bloqués.

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Contre la répression…

Lundi 3 décembre, 2 collègues portant la parole des enseignant.e.s en
colère du 93 qui, en mars 2018, avaient occupé la cour du lycée de jeunes
filles de la légion d’honneur à Saint Denis, pendant 1h, passent en procès pour « intrusion en réunion dans un établissement avec pour but de troubler l’ordre public ».
Sud et la cnt appellent à la grève ce jour-là et à un rassemblement devant
le tribunal de grande instance de Bobigny :
https://paris-luttes.info/3-dec-greve-en-soutien-aux-profs-11121
https://paris.demosphere.net/rv/65689

Ils ont également mis en ligne une cagnotte pour les aider à couvrir
leurs frais d’avocats :
https://morning.com/c/TWyYW/Frais-davocat-des-camarades

Une amende de 6OO euros avec sursis est requise. Délibéré le 7 janvier 2019

Journée internationale des MigrantEs à Paris : La plus grosse manifestation depuis au moins 10 ans !

Le 18 décembre avait lieu une manifestation pour la journée internationale des migrants. Avec des mots d’ordres clairs comme la fermeture des centres de rétention et la liberté de circulation elle a regroupé plus de 10 000 personnes. Un succès.

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Sur Paris c’est effectivement la plus grosse manifestation de sans-papiers et en solidarité avec les migrantEs depuis au moins 10 ans. Au même moment des manifestations ont lieu dans près de 60 villes sur tout le territoire. Ces manifestations ont été précédées samedi par deux marches vers les frontières à Menton (frontière avec l’Italie) et au Perthus (frontière avec la Catalogne).

À Paris nous sommes 10 000 dont des milliers de sans-papiers organisés dans des collectifs, des syndicats ou hors collectifs (cf la photo jointe, prise boulevard St Martin en milieu de cortège) . Et l’ambiance est de feu.

Quand la tête du cortège arrive à Strasbourg St Denis, au fond, le ballon de la FSU s’engage sur le boulevard St Martin à la sortie de la place de la République.

La banderole de tête illustre ce qui a permis cette réussite avec des sans-papiers de tous les collectifs et aussi des syndicats, de la CGT, de la CNT, de Solidaires, de la FSU, avec Ramata Dieng du collectif Vies Volées pour la Marche des Solidarités, Assa Traoré du comité Adama, Omar Slaouti du collectif Rosa Parks et des représentants des associations de l’immigration et des quartiers.

Et à Gare de l’est cette banderole s’embrase aux cris de «Liberté» à la lumière rouge des fumigènes.

A l’arrivée à Gare du Nord, Anzoumane Sissoko (CSP75) conclut la manifestation au nom de tous les collectifs de sans-papiers et de tous les signataires : «c’est l’unité qui a permis ce succès et il faut continuer». Et il appelle à une réunion le 9 janvier à la Bourse du travail pour, sur la base de ce 18 décembre, le lancement d’une campagne d’actions et de manifestations pour la régularisation de tous les sans-papiers et la liberté de circulation.

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A Lyon, la manif a bloqué la circulation ; le pont de la Guillotière a été  fermé.  A Montpellier, une impressionnante banderole de 100 mètres a été déroulée par les militant.e.s. Elle récapitule l’ensemble des naufrages et leurs victimes disparues en mer « en essayant de rentrer dans la forteresse Europe » entre 1992 et 2012 : 17306 victimes.

A Nantes, depuis le 5 décembre une trentaine d’associations  appelle à un rassemblement chaque premier mercredi du mois, de 17 h à 19 h, devant la préfecture, pour informer, dénoncer l’absence de réponse suffisante de l’État et faire une collecte solidaire.

Mardi toutes et tous ont marché …

contre la montée des nationalismes, des racismes et des fascismes qui s’étendent sur l’Europe et le monde.

Nous avons marché aux flambeaux en mémoire des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants mortEs sur les routes de la migration victimes des frontières et des politiques anti-migratoires des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices.

Nous avons marché pour en finir avec ces mortEs, pour la liberté de circulation et la fermeture des centres de rétention.

Nous avons marché contre l’idée que l’immigration crée du dumping social, pour la régularisation des sans-papiers et pour l’égalité des droits…

Journée internationale des migrants…

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Des migrants occupent un bâtiment de Paris 8

Au peuple français, aux étudiant.e.s, à celles et ceux qui dorment dans
la rue, aux personnes solidaires, aux personnes torturées par le
règlement Dublin.

Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des
réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile,
nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers.
Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018. Pourquoi
avons-nous du faire cette action ? Ces derniers mois, la France a
déporté de nombreuses personnes. Nombre d’entre nous se sont suicidé. Il
y a trois mois, un ami sous le coup du règlement de Dublin, déprimé,
s’est allongé sur les rails d’un train qui l’a percuté. Il y a dix jours
à Calais, la police a frappé et gazé des éxilé.e.s dormant dans la rue.
Un jeune a eu la moitié du visage arrachée par un tir policier. Un ami
qui avait rendez-vous à la préfecture y a été arrêté et mis en centre de
rétention administrative (CRA), avant d’être déporté en Italie. La
police française a ses gyrophares, ses sirènes et ses gaz, mais ni foi
ni loi.

Ce que le système d’immigration français attend de nous, ce sont nos
empreintes, pas nous. L’arbitraire et l’aléatoire sont notre quotidien,
à l’OFPRA, à la CNDA, à la préfecture. À l’issue des démarches,
certain.e.s sont refusé.e.s, d’autres dubliné.e.s indéfiniment,
assigné.e.s à résidence, déporté.e.s, et ce sans aucune logique.

Nous revendiquons les choses suivantes :
–    Des papiers pour tou.te.s
–    Des logements décents et pérennes
–    Pouvoir apprendre le français et continuer nos études
–    La fin des refus au Dispositif d’évaluation des Mineurs Isolés
Étrangers(DEMIE)
–    L’arrêt immédiat des déportations vers tous les pays, en Europe
comme ailleurs.

Nous attendons de tou.te.s les exilé.e.s qu’ils et elles luttent partout
en France contre l’oppression et l’injustice et contre les pratiques de
la police dans la rue.
A la population française : vous qui avez fait cette révolution que l’on
étudie dans les livres d’histoires, reprenez-la ! Nous remercions la
population de son soutien, qui, contrairement à son gouvernement, nous
montre sa solidarité.
L’administration de la fac utilise la carotte et le bâton dans les
négociations. Les un.e.s disent qu’ils vont nous donner un autre endroit
dans la fac, les autres nous menacent à mots couverts de faire entrer la
police. Nous demandons aux étudiant.e.s et aux professeur.e.s de
l’Université Paris 8 de nous soutenir dans nos revendications. Nous les
remercions et leur demandons de rester totalement avec nous, jusqu’au
bout. Nous nous joignons à la lutte des étudiants sans-papiers de
l’Université.
À nos ami.e.s mort.e.s en traversant la mer,
À nos ami.e.s suicidé.e.s,
À nos ami.e.s mort.e.s à cause des frontières,
À nos ami.e.s mort.e.s dans le désert,
À nos amies violées en Libye,
Nous ne vous oublions pas.

Les migrant.e.s de Paris 8