Budgets pour l’école en 2018 : dégradations en vue !

Classes En Lutte, le mensuel de la CNT,

janvier 2018 est là : Classes En Lutte n°184

Pour s’abonner à Classes En Lutte : écrire à  classesenlutte-owner@cnt-f.org

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Flics : hors de l’école !

Jeudi 18 janvier à Paris plus de 300 militant.e.s se sont rassemblé.e.s devant le lycée Bergson puis ont défilé jusqu’à Stalingrad…

Le message a été reçu : manif interdite de passer devant un commissariat et Lycée fermé par la proviseure dès 16 heures…

Texte de l’appel :

Appel à manifester devant le lycée Bergson le 18 janvier 2018 à 18h

Les jeunes lycéen.ne.s et collégien.ne.s mobilisé .e.s ces dernières années subissent de plein fouet les effets de la militarisation de la police.

Robocops postés en embuscade aux abords des établissements, tirs de flashball et nerfs de bœuf s’abattent sur les élèves, qui, pour toute agressivité, s’en tiennent le plus souvent à empiler des poubelles pour organiser des blocages. Si quelques feux de poubelles partent parfois ici ou là, aucune violence envers les personnes -flics ou personnels…

Par contre, côté lycéen.ne.s, les blessures sont nombreuses et parfois graves, comme à Montreuil en 2010 où un jeune a été grièvement blessé lors d’un blocage contre la réforme des retraites par un tir de Flash-ball ou dernièrement à Cachan, où une jeune lycéenne a perdu un œil suite aussi à des tirs de Flash-ball. Et combien de traumatismes, de dépressions, de placements en hôpital psychiatrique, dus au déferlement de violence et à l’absence de soutien du côté adulte ?

Car après des gardes à vue humiliantes et traumatisantes, les jeunes qui ressortent des commissariats doivent encore affronter des conseils de discipline, qui se soldent par une exclusion. Une double peine qui accentue l’isolement et le sentiment de culpabilité.

Pour nous, il est impensable que des personnels des lycées, des collèges ou des écoles oublient leur mission première : éduquer. Éduquer et protéger à fortiori quand des jeunes sont mis en joue, frappé.e.s, insulté.e.s … Il est indigne que des proviseur.e.s filment les élèves pour les dénoncer ensuite à la police.

Ces dérives sont graves pour l’avenir de la jeunesse qui ne fait que réaffirmer son droit à manifester, à penser et à s’organiser collectivement.

L’Éducation Nationale n’a pas à jouer les auxiliaires de police. C’est aussi pour réaffirmer ces choix éducatifs que nous appelons à manifester devant le lycée Bergson et à soutenir les jeunes mobilisé.e.s les jours de grève en allant devant les lycées.

Le tract  CNT / CGT / SUD

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Plan étudiants, contrats aidés, violences faites aux femmes, le Tartagueule à la récré (bulletin de Lyon) vient de paraître  : Tarta 129 – janvier 2018

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Le 20 janvier, la lutte continue contre la politique de Macron et du Medef

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Vaulx-en-Velin : des familles sans abri ont passé Noël au collège Barbusse

Le 25 décembre, quatre parents et cinq enfants étaient toujours hébergés dans les locaux du collège.

L’établissement est occupé depuis trois semaines par des collègues solidaires.

Une manifestation était organisée à Vaulx-en-Velin (59) le jeudi 21 décembre 2017. Communiqué de Presse.

Les 10 enfants hébergés par les personnels du collège depuis le 1er décembre ne passeront pas le réveillon de Noël dehors. D. (6ans), D. (9 ans), N. (14 ans), N. (16ans), N. (19 ans), M. (6 ans), Y.(10 ans), L. (12 ans), E. (15 ans) et O. (20 ans) ne retourneront pas à la rue. Et la solution ne vient pas de la préfecture qui n’applique pas ses lois et ne met pas en place ce que disent le président de la République et un ministre devant la représentation du peuple français. Elle ne vient pas non plus de la métropole, propriétaire d’un logement vide dans le collège. Et elle ne vient pas de la mairie de Vaulx-en-Velin qui se cache derrière sa non-compétence sur ces questions. Non, encore une fois, ce sont les personnels du collège qui pallient la défaillance de l’état et qui peut permettre de continuer à faire croire que la France est le pays des Droits de l’Homme.

Défaillance de l’État, car une mère de famille seule avec 5 enfants en situation régulière et qui travaille devrait dormir à la rue. Défaillance de l’État car une famille qui a déposé une demande d’asile en France est contrainte de dormir à la rue. On est bien loin des discours des politiques qui se vantent de la tradition d’accueil de notre pays. Défaillance de l’État car la loi française précise que l’hébergement d’urgence est inconditionnel (avoir des papiers ou non, travailler ou non) et qu’on ne peut laisser dormir des enfants dans la rue.

Défaillance voire cynisme des collectivités territoriales avec M. Kimelfeld qui fait appeler son secrétariat pour s’excuser de son absence au barbecue de solidarité organisé devant le collège le 1er jour de l’hiver, mais qui oublie la raison principale de son invitation : combien de temps laissera-t-il un logement neuf, vide, chauffé au sein du collège en sachant que des enfants dorment dehors ?

Et pourtant jeudi 21 décembre (1er jour de l’hiver, à 18h), plus de 200 personnes ont participé à la manifestation organisée par les personnels, aux cris de « Pas d’enfants à la rue, Réquisition des logements vides ! » ou encore « Un Toit, c’est un droit ! ». Cette manifestation dans les rues de Vaulx-en-Velin a été soutenue et applaudie par la population. Mais non, la préfecture refuse de recevoir les personnels du collège pour qu’ils présentent la situation des familles. La préfecture, par son attitude, renforce encore le sentiment d’une zone de relégation, dont personne ne se préoccupe. On lit au fronton des mairies des termes comme fraternité ou égalité, mais il est plus que temps que l’État et les différentes collectivités les appliquent dans leurs actions.

Sur l’agglomération, des solutions de logement extrêmement nombreuses existent, mais il manque la volonté politique de régler ces problèmes. Les personnes qui ont réquisitionné un immense lieu rue Baudin, et accueillent des réfugiés, pallient les carences de l’État. Ils prouvent par le fait que notre métropole peut très largement accueillir les quelques centaines de personnes qui dorment dans les rues.

Ce président et ses ministres pensent-ils qu’ils peuvent se contenter de grandes déclarations d’intention ? Ils parlent de changement, de la fin d’un vieux monde : on est donc passé à l’ère de la communication, mais uniquement de la communication. Avant, quand un ministre déclarait qu’on pouvait effectuer des réquisitions (ce qu’a fait Agnès Buzyn, ministre de la santé début décembre), alors que l’État se refuse à le faire, elle s’excusait, disait s’être mal exprimée. Non, là, plus rien, on peut mentir à l’assemblée nationale et raconter n’importe quoi.

*Les mensonges

« La première bataille c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues (…) Je veux partout des hébergements d’urgence ».

Emmanuel Macron, Orléans, 27 juillet 2017.

« Aucune famille, aucun gamin, aucun jeune dehors. Ce sont les instructions données aux préfets ».

M. Mézard (ministre de la cohésion des territoires), Assemblée nationale 5 décembre 2017. !

Contact Presse :

Mickaël Goyot : 06 48 75 37 66

Sophie Fueyo:06 04 09 48 47

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Vaulx-en-Velin le lundi 18 décembre 2017

Manifestation pour familles sans logement à Vaulx-en-Velin

Collège Barbusse occupé depuis le 1er décembre

Barbecue solidaire

Les personnels du collège organisent une manifestation ce jeudi 21 décembre à 18h au départ de la mairie de Vaulx-en-Velin et se dirigeant jusqu’au collège Barbusse. A l’issue de cette manifestation un barbecue de solidarité sera organisé devant le collège. Les personnels de celui-ci et Mme Ahamada (maman salariée élevant seule ses 5 enfants et qui devrait dormir dehors) ont invité M. le Préfet, M. le président de Lyon Métropole, Mme la Maire de Vaulx-en-Velin et Mme la directrice de la DDCS (directrice départementale de la cohésion sociale) à se joindre à eux.

Les personnels souhaitent ainsi attirer l’attention sur ces 3 familles en ce premier jour de l’hiver, alors que le plan froid est en place depuis le 1er novembre.

A ce sujet, les personnels du collège ont envoyé une demande d’audience le vendredi 7 décembre à M. le Préfet par voie hiérarchique et sont surpris et étonnés de voir celle-ci sans réponse à ce jour. Les personnels souhaitaient en effet présenter les situations des 3 familles, dont une composée d’une mère de famille, travaillant, seule avec 5 enfants et en situation régulière. Une autre famille est demandeuse d’asile depuis le 11 octobre 2017 et devrait donc dans ce cadre être hébergée à Forum Réfugiés ou toute autre structure d’accueil des personnes en procédure de demande d’asile.

Ils souhaitaient rappeler, aussi, que l’article 345, alinéa 2-2 du Code de l’Action Sociale et de la Famille, ayant force de loi, stipule que« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. » En outre, il s’agit pour eux d’ obtenir des explications sur les déclarations de M. Mézard (ministre de la cohésion des Territoires) ayant assuré lors de la séance des questions au gouvernement du mardi 5 décembre : « Aucune famille, aucun gamin, aucun jeune dehors. Ce sont les instructions données aux préfets ». Malgré ces belles déclarations, aucune solution n’a été proposée aux trois familles. Il est ahurissant qu’un ministre puisse tenir de tels propos devant l’assemblée nationale sans s’assurer qu’ils soient suivis de mesures concrètes. L’action politique ne doit pas seulement se contenter de communication, les actes sont aussi son fondement.

Les personnels ont également convié à cette manifestation M. Kimelfed, président de Lyon Métropole. Celui-ci est propriétaire et assure la gestion des locaux de la Métropole dont les logements de fonction du collège font partie. Or, l’un d’eux est vide, neuf et chauffé depuis 4 ans…

Enfin, les personnels ont aussi invité Mme Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin, qui ne peut pas toujours cacher ses responsabilités derrière un faux aveu de manque de compétences sur le sujet. Depuis plusieurs semaines, des mairies se sont positionnées et ont apporté leur soutien à des familles sans logement, qu’en est-il de madame Geoffroy ? Qu’attend-on ? Rappelons que la mairie de Vaulx-en-Velin est propriétaire de l’ancien hôtel Henni, à 2 pas de la mairie, vide depuis maintenant 2 ans.

Il est inconcevable que les différentes collectivités territoriales se renvoient la balle pour éviter de se confronter à la réalité de ces jeunes (voire très jeunes) enfants actuellement sans toit et désirant pouvoir suivre leur scolarité de façon sereine.

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La Seine-Saint-Denis défile à Paris

Jeudi 14 décembre, la Seine St Denis défilait à Paris pour exiger un plan de développement. A lire ici le tract d’appel du 1er degré :  Appel intersyndical

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    La Cnt éducation Paris relance sa campagne contre le livret scolaire unique numérique : Tract contre le LSUN


A Lyon, la solidarité s’organise pour éviter la rue à des familles et élèves sans abri. A lire, le communiqué de presse des personnels du collège Henri Barbusse : Occupation du collège


Contrats aidés et sélection à l’entrée de l’université : dernières infos et analyse 

  • Contre la suppression des contrats aidés, la mobilisation se poursuit. Ici la cité scolaire Paul Valéry (Paris 12è)  : COMMUNIQUE DE PRESSE

Suppression des contrats aidés : une attaque contre les services publics et  la vie associative : le communiqué de la cnt

  • En lien, une contribution d’un prof d’université, sous forme de lettre à un frère parent d’élève, pour lui expliquer ce qui se prépare via la sélection dans l’enseignement supérieur.

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La CNT soutient les camarades de Sud éducation 93

De la dénonciation des pédagogues, à celle de l’écriture inclusive, en passant par le rétablissement des évaluations nationales ou encore la négation des logiques sociales à l’œuvre dans les inégalités scolaires, le ministre de l’éducation s’inscrit de plain pied dans le discours historique de la droite la plus conservatrice. Nous dénonçons aujourd’hui l’attaque lancée par ce dernier, à l’appui de sites et collectifs d’extrême droite, contre la liberté syndicale, qui s’inscrit de fait dans la lignée du discours (programme ?) réactionnaire tenu sans discontinuité depuis son arrivée rue de Grenelle.

La CNT a adressé le message ci-dessous

à la fédération Sud éducation :

La fédération des travailleuses et travailleurs de l’éducation CNT dénonce l’intervention du Ministre de l’éducation nationale sur le contenu de la formation syndicale organisée par SUD éducation 93, et réaffirme son attachement aux libertés syndicales.

En dénonçant l’utilisation du concept de « racisme d’État », le ministère oublie tous les travaux attestant d’un apartheid scolaire. Il ferait mieux de dénoncer les contrôles policiers au faciès et le refus de scolarisation des migrants.

La CNT-FTE, jeudi 23 novembre 2017

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Retrait du Livret Scolaire Unique Numérique : Motion unitaire Icem…

              

Elles et ils ont marché vers L’Élysée contre le président des riches !

3000 manifestant.e.s ont défilé à Paris samedi 18 novembre :

bilan de la marche / front social

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Des collégiens en garde-à-vue 48 heures. La CGT, SUD et la CNT éducation dénoncent ces violences : Lycée Bergson à Paris

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Mardi 10 octobre : public – privé en grève !

Plusieurs dizaines de milliers de grévistes ont défilé dans les rues des grandes villes pour défendre les services publics et dénoncer les ordonnances Macron contre le code du Travail. 130 manifestations en régions. 45.000 grévistes de République à Nation.

Le tract d’appel de la région parisienne : grève du 10 octobre

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Contrats aidés : grèves gagnantes !

Les « contrats aidés »  se mobilisent : Emplois Aidés.. En mouvement !..

En Martinique, après 3 semaines de mobilisations, un protocole d’accord a été signé avec le préfet pour maintenir les emplois aidés.

Lire ici : a1ere.francetvinfo.fr/martinique/contrats-aides-grandes-lignes-du-protocole-accord-516313.html

Au collège Vercors dans l’Isère, les personnels se sont aussi mobilisés

pour les contrats aidés. lire leur communiqué.

A Paris, elles et ils ont créé un blog : https://couteuxsesetinefficaces.wordpress.com/

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Au CP ou en 6è, les évaluations nationales, c’est toujours Non !

Le communiqué de la CNT à propos des évaluations CP et 6è, à télécharger ici : évals c’est non !

Dans un courrier adressé aux professeurs (en date du 18 septembre), la direction générale de l’enseignement scolaire modère ses ambitions :

 » Il s’agit d’une évaluation diagnostique (…) qui ne prétend pas évaluer de matière exhaustive des compétences (…) Vous aurez la possibilité de ne faire passer qu’une partie de ces exercices… »

En résumé : rétropédalage au ministère !

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Mardi 12 et jeudi 21 septembre, la saison 2 contre la loi Travail a bien commencé !

Le 12, 500.000 manifestant.e.s en régions dont 60.000 à Paris ont marché pour dénoncer les Ordonnances Macron. Autant de monde dans la rue le 21 à Paris… En régions, il faudra vérifier auprès des camarades, les préfectures ont bien du mal à compter correctement les manifestant.e.s! Plus de grévistes selon la CGT…

Télécharger l’argumentaire CNT contre les Ordonnances Macron

ici : macron-septembre-2017

Et après : que faire ? Bloquons tout !

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Samedi 9 et dimanche 10 septembre : en marche contre l’État d’urgence permanent !

A Paris, dimanche 10, du Père Lachaise à République 2000 personnes ont marché contre l’… :  État d’urgence définitif !

L‘état d’urgence a été renouvelé jusqu’à début novembre par le parlement. Or il a largement démontré son inefficacité contre les attentats. Il a été dévoyé contre les mouvements sociaux et les militant.e.s, contre les musulman.e.s ou supposés l’être, contre les migrant.e.s et leurs soutiens, contre les habitant.e.s des quartiers populaires, contre les mineur.e.s et les jeunes majeur.e.s. Des centaines d’interdictions de manifester ont été délivrées. Les discriminations et contrôles au faciès se sont multipliés et avec eux, des violences policières. La France est le seul pays d’Europe à avoir instauré l’état d’urgence en réponse aux attentats…


Communiqué de rentrée 2017

Maréchal, nous voilà !

C’est la rentrée des réacs, et en fanfare. Jean-Michel Blanquer est partout. Il clame son amour de la syllabique et des neurosciences. En quête de bonnes formules et de méthodes miracles, il a décidé d’en finir avec « l’égalitarisme destructeur » et la « méthode globale ». Comme jadis, l’ancien Secrétaire d’État à l’Éducation nationale et à la Jeunesse du régime de Vichy, Abel Bonnard, qui dénonçait « l’égalité fallacieuse » et « la haine de toute supériorité ». Il veut donc reconstruire « l’école de la confiance », celle qui évalue – les CP et les 6è auront droit à des évaluations dès septembre – et qui ouvre des « internats d’excellence » pour éloigner les jeunes des quartiers populaires. Évidemment, les redoublements vont être à nouveau facilités.

Lire, écrire, compter. Il va falloir faire vite, car pour le ministre tout va se jouer au CP. Et dès décembre, il faudra rendre des comptes : de nouvelles évaluations ? Pour y parvenir, il vante sa mesure phare les « CP à 12 élèves ». Cette année, elle concernera les REP +, puis l’an prochain les classes REP et enfin les CE1 en éducation prioritaire.

Le collège n’a pas échappé à sa méthode savante. En alimentant un discours nostalgique autour des langues anciennes et des classes bilangues, qui n’avaient jamais réellement disparu, Blanquer cherche à se démarquer du précédent gouvernement à peu de frais, gardant au chaud son projet d’autonomie des chefs d’établissements afin de recruter comme bon leur semble les profs et réfléchit à une rémunération au mérite.

Pour le lycée, la réforme du bac est prévue pour 2021. L’épreuve finale se réduira à 4 domaines, le reste en contrôle continu. Ça devrait coûter moins cher et facilitera probablement la sélection par les universités, également dans les cartons du ministère.

Le tout agrémenté de numérique à toutes les sauces, pour donner l’illusion d’une certaine modernité dans un océan réactionnaire mais aussi pour enrichir les entreprises du secteur.

L’école, enjeu politicien, est une vieille rengaine. Mais cette nostalgie de l’école d’autrefois marque le grand retour des partisans d’une école de l’ordre et de la nation. Une école au service des élites contre le peuple, et des élèves sommé·e·s d’apprendre au plus vite et sans rien comprendre. Un peuple « 100 % employable » comme le rêve le Médef.

De même, en supprimant les « contrats aidés », le gouvernement fragilise gravement l’école et plus généralement l’environnement social de nombreux élèves.

Aussi, une autre rentrée est nécessaire : celle du combat pour une école de l’émancipation. Nous sommes nombreux·ses à essayer de la construire.

Celles et ceux qui, au quotidien dans leur classe ou dans leurs cours, offrent aux élèves, le pouvoir, la parole qui éveillent au monde et le changent. Celles et ceux solidaires de toutes et tous les opprimé·e·s : migrant·e·s, pauvres, jeunes des quartiers populaires… Celles et ceux qui luttent contre les évaluations stigmatisantes, le livret scolaire numérique (LSU), une hiérarchie rétrograde et autoritaire…

Les 9 et 10 septembre, nous redirons notre opposition à l’état d’urgence permanent qui, sous couvert de « lutte contre le terrorisme », restreint les droits de celles et ceux qui s’opposent au pouvoir pour construire un autre futur.

Le mardi 12 septembre, nous serons en grève contre les ordonnances Macron, la saison 2 de la loi Travail, précarisant toujours plus les travailleuses et travailleurs du secteur privé comme du secteur public.

Car on a toujours raison de se révolter !

CNT – Fédération des Travailleur·se·s, 30 août 2017

Citations et références lues dans la presse, notamment interview de Blanquer à l’Obs du 24 août dernier et Claude Lelièvre pour sa comparaison avec Vichy, blog Médiapart du 29 août.

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La CNT a écrit aux Éditions Belin

pages du manuel Belin

Objet : lettre ouverte concernant un manuel scolaire

Madame, Monsieur,

Notre fédération a été alertée par un de nos syndicats à propos du contenu d’un ouvrage que vous éditez : le manuel d’Histoire-Géographie-EMC 4e (2016).

Dans le chapitre consacré aux migrations internationales, on y trouve (page 215) la reproduction d’une affiche de l’Adsav (en breton « relèvement ou renaissance »), organisation politique présentée comme « un parti nationaliste de la région Bretagne en France ». L’élève est alors invité à comparer cette affiche avec une autre affiche en anglais, et à répondre à la question suivante : « à partir de ces documents, décrivez les différences de point de vue sur l’accueil des migrants ».

Nous tenons à attirer votre attention sur ce parti politique. Adsav est bien plus qu’une simple organisation nationaliste. Adsav est ouvertement raciste, xénophobe et islamophobe. Pour s’en persuader, il suffit de visiter son blog.

Nous nous interrogeons sur la pertinence de ce document. Nous nous demandons, également, pourquoi cette affiche n’est pas présentée clairement pour ce qu’elle est.

Elle appelle à une manifestation à Pontivy. Sachez que lors de cette manifestation, les militants néo-nazis d’Adsav ont ratissé toute la ville en y commettant de nombreuses violences.

On trouve encore de nombreuses lectures de cette manifestation sur internet. A commencer par le site du journal Ouest France : http://www.ouest-france.fr/bretagne/pontivy-56300/attentats-de-paris-violences-en-marge-de-la-manifestation-de-ladsav-3840617

Nous demandons donc à ce que votre maison d’édition fasse le nécessaire, et qu’elle retire ce document si une réédition du manuel devait advenir.

En l’absence de réponse de votre part, ou en cas de réponse négative, nous inciterons nos adhérents et adhérentes à ne plus utiliser les ouvrages issus de votre maison d’édition.

Nous donnerons aussi une visibilité maximum à ce choix éditorial au-delà de nos seul.e.s adhérent.e.s.

Nous réclamons aussi, dans l’intérêt de vos lecteurs et lectrices, une meilleure attention de votre part quant au contenu des documents que vos présentez dans vos manuels.

Recevez, Madame, Monsieur, nos salutations syndicalistes

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LIVRET SCOLAIRE UNIQUE NUMÉRIQUE : EXIGEONS SON RETRAIT

Jeudi 11 mai, plusieurs syndicats et associations organisaient à Paris une première réunion publique contre le Livret numérique. Dans la grande salle Croizat de la Bourse du travail République, les intervenant.e.s et les militant.e.s pédagogiques ont rappelé les enjeux de ce nouvel outil imposé par le ministère de l’Éducation.

La mise en place du Livret numérique augure d’une visibilité sans oubli des parcours scolaires du CP au Compte personnel de formation, intégré dans la loi Travail. Ainsi, l’État puis les futurs employeurs auront un regard sans aucune zone d’ombres sur les « compétences » de chacun.e.

Au quotidien, à l’école ou non, nous sommes tous fiché.e.s… Mais, nous pouvons nous déconnecter.

Avec le Livret scolaire unique numérique, la déconnexion sera impossible.

Ce livret s’inscrit dans le « socle commun des compétences », dispositif européen dont les items adoptées en 2015 en affirment les priorités : « savoir obéir », « savoir s’adapter », « apprendre à apprendre » Il renforce l’étatisation et la mise sous contrôle des destinées scolaires.

Prendre l’exemple de l’Application Post-bac (APB) pour les choix d’études après la Terminale le confirme : ne pas renseigner une case bloque toute inscription.

C’est aussi une arme institutionnelle remarquable pour formater tout apprentissage (lire ci-dessous l’intervention de la CNT-fte).

Google et Microsoft. Le ministère de l’Éducation s’est liée aux deux monstres du secteur dont les services ne garantissent aucune confidentialité sur les informations collectées et gérées.

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L’intervention de la Cnt-fte :

La tyrannie de l’évaluation

Dans la vie quotidienne, les évaluations sont partout : à l’école, au travail, que l’on soit cadre, ouvrière, élève ou professeur, les moindres activités humaines sont systématiquement « évaluées ». Rendre des comptes, être mesurable, compétitive, est une injonction permanente, de moins en moins remise en cause.

Au nom de la rétribution au mérite, les évaluations exacerbent la concurrence, instaurent la loi du chacun contre tous et bien souvent tuent : la créativité, les différences, les réflexions, les questionnements, les tâtonnements, les créations collectives … Quand elles ne tuent pas tout court. (suicides chez PSA, chez les infirmières, à France Télécom…)

Il vaut donc toujours mieux savoir de quoi l’on parle et de quelle école.

En France nous connaissons deux écoles :

Celle de Jules Ferry, ministre de l’éducation qui écrasa la Commune et qui institua l’école publique, laïque et obligatoire pour « en finir avec le siècle des révolutions ».

Son école primaire n’est pas une école pour le peuple mais contre lui. C’est une école caserne, où l’on apprend aux élèves à se taire, à obéir, à s’ennuyer et à marcher au pas.

Une école élitiste qui contrôle pour trier les classes sociales, qui sélectionne pour inculquer les valeurs de la bourgeoisie : ne pas partager, ne pas s’entraider et s’enrichir aux dépens des autres. Accumuler les richesses.

Dans cette école l’évaluation a toute sa place : isoler, contrôler, classer et noter avec des couleurs, des points ou des mini-phrases. Le résultat est le même. Comparer, hiérarchiser, exclure et désespérer.

Et une autre, à l’image de certaines classes ou écoles qui s’organisent différemment, qui prennent le temps, élaborent des démarches de d’apprentissage loin de la culture de l’évaluation ou de celle du livret. Une école active, qui revendique que chacune a les moyens et la volonté de progresser. L’aménagement du milieu -jouets, mobilier adapté, espace, outils, documentation…- est une condition première des apprentissages. C’est parce que l’homme a libéré sa main, que son cerveau s’est développé. Et non pas l’inverse ! L’Agir, en lieu et place de la passivité, de l’immobilité, du silence, de l’ennui et du par-coeur. L’enfant n’est pas un vase qu’on emplit mais un feu qu’on allume.

École mutuelle, école du peuple pour et par le peuple. Où apprendre se met en œuvre collectivement, dans les deux sens du terme (apprendre de quelqu’un /apprendre à quelqu’un), où chacune est amenée à recevoir et à transmettre, où chacune est active dans la production de nouveaux savoirs vivants. Où vivre ensemble est un apprentissage majeur.

Dans cette école, nul besoin d’évaluer. De donner une valeur externe.

Pour la CNT-FTE, refuser les évaluations nationales et repenser les apprentissages à l’école avec des démarches collectives, globales et coopératives qui excluent les évaluations -ce n’est pas une loi naturelle !- est une manière de réinventer un autre futur immédiat, débarrassé des impératifs de production. Réaffirmer le service public d’éducation comme une obligation de moyens mis au service des usagers et non pas comme une obligation de résultats au service de la reproduction des élites et de la sauvegarde de leurs privilèges.

(Enfin au moyen de ce véritable « livret ouvrier » numérique du XXI unième siècle, l’individualisation des parcours de formation permettra à terme le remplacement des diplômes par le CV numérique constitué des compétences et des expériences recensées pour chacun-e. Aux diplômes sont attachés des qualifications, aux qualifications sont liées les conventions collectives qui constituent un corpus de droits sociaux qui vient compléter le droit du travail. Voilà qui simplifiera quelque peu le « dialogue social » quand il s’agira d’aller « se vendre » au patronat sur un « marché du travail » totalement libéralisé par la disparition des droits collectifs devenus opportunément obsolètes.)

 

Retrouvez ici les participants à ce meeting : Motion LSUN commune  + Flyer / Meeting du 11 mai

Dossier spécial dans Le Classes En Lutte de février. Il est à télécharger là :

Classes En Lutte n°174. Il est accompagné d’un argumentaire de 4 pages, format affiche : Le casier scolaire

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8 mai : première mobilisation sociale du quinquennat

Dès l’annonce de l’élection de Macron, plusieurs initiatives de rues ont rassemblé des militantEs au Havre, Strasbourg, Rouen, Nancy…

A St Étienne, dimanche 7, la CNT a rejoint l’appel à rassemblement lancé par les JC, le NPA et la CGT. 300 personnes se sont retrouvées place Jean Jaurès entre l’Hôtel de Ville et la préfecture derrière la banderole : « Sainté : ville solidaire, cosmopolite et prolétaire ». Une manif s’est improvisée dans les rues du centre ville…

A Paris, les festivités avaient commencé aussi le soir des résultats dans les quartiers de Belleville, Ménilmontant et Villette . Mais c’est ce lundi 8 mai que plusieurs milliers de manifestantEs ont marché contre Macron de Bastille à République. Plus de 8000 personnes.

La préfecture avait interdit de manif des militantEs et à plusieurs reprises les forces de l’ordre ont chargé sur le défilé voulant scinder la tête de cortège…

tract d’appel du Front Social

Nous contacter ou rejoindre le #frontsocial :
PourUnFrontSocial@gmail.com
Facebook : FrontSocial (https://www.facebookcorewwwi.onion/FrontSocialUni/)
Twitter : @FrontSocialUni (https://twitter.com/FrontSocialUni)

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Manif du 1er mai

 

Paris. Plus de 3000 libertaires, la Cnt en tête, ont défilé ce 1er mai 2017 de la place des Fêtes à République.

La CNT a ensuite fermé la marche des syndicats CGT, FSU, FO, Solidaires.., direction Nation.

Il y avait du monde en tête de cortège autant sinon plus que derrière les banderoles syndicales. La tête de cortège avait des allures de printemps contre la loi Travail.

Selon la CGT : 80.000 manifestant.e.s à Paris. Elles (et ils) étaient bien la moitié à défiler devant tous les ballons syndicaux : ni Macron ni Le Pen, ni patrie ni patrons !

Violences et provocations policières toujours au rendez-vous : plusieurs blessé.e. s côté manifestants.

« Contre la milliardaire d’extrême droite et le larbin des banquiers »*, actualité oblige, elles et ils étaient 280.000 à manifester en France ce 1er mai 2017.

*  Propos lu et entendu à Besançon…

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Palme académique

A l’école des fachos

Les candidats aux présidentielles de la droite et de son extrême ont de fumeuses propositions pour l’école. Outre leur attirance endémique pour l’école privée, celle des cathos, ils veulent en finir avec l’apprentissage des « langues et cultures d’origine ». Place au « patrimoine national ». Avec l’aide de Fillon, une candidate veut même « instaurer une tenue vestimentaire spécifique à l’école et au collège et évaluer le comportement ». On progresse. A quand le retour du bonnet d’âne, de la trique et de l’estrade ?

Palme pour tous !

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Classes En Lutte : les derniers numéros à lire ou à relire…

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Préavis de grève du lundi 15 janvier au samedi 20 janvier 2018

CNT-FTE
33 rue des Vignoles, 75020 Paris

le 5/01/2018

Objet : préavis de grève

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale,
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
110 rue de Grenelle,
75007 Paris

Notre fédération, régulièrement constituée et déclarée au niveau national, affiliée à la Confédération Nationale du Travail, dépose du lundi 15 janvier au samedi 20 janvier 2018, un préavis de grève concernant l’ensemble des personnels des établissements d’enseignement. Ce préavis doit permettre aux personnels de cesser le travail à tout moment pendant la période indiquée afin d’exiger l’abandon de la politique de casse du service public d’éducation, afin de protéger la scolarité de l’ensemble des élèves, et afin de se protéger de la répression hiérarchique.
En effet la Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent:
– contre une réforme des rythmes scolaires qui ne prend pas en compte les rythmes de travail et de vie des enfants et que l’état refuse de financer en laissant les collectivités locales assumer.
– contre les suppressions d’emplois et de postes ;
– contre la remise en cause de la liberté pédagogique et l’obligation de soumettre les élèves à des pratiques anti-pédagogiques dans le premier degré (évaluations nationales, livret personnel de compétences);
– contre la précarité et toutes ses déclinaisons (CDI, CDD, CAE/CAV, CUI, EAP);
– contre le travail gratuit de la journée de « solidarité »;
– contre toute remise en cause du droit de grève et des droits syndicaux;
– contre la répression syndicale;
– contre la mise en place des EPEP dans les établissements du premier degré
– contre la rupture de la scolarité d’élèves du fait de la politique d’immigration du gouvernement qui conduit notamment certains élèves et leurs familles à des situations de mal logement ou d’absence de logement, contre les perturbations du fonctionnement des établissements scolaires
par l’intrusion de forces de police à la recherche d’élèves « sans-papiers » ainsi que contre les pressions hiérarchiques et les sanctions envers les personnels engagés dans la défense des élèves « sans-papiers », avec notamment la multiplication de sanctions administratives;
– contre le fichage des enfants à travers « Base-élèves », la version numérique du livret personnel de
compétences et l’ensemble des fichiers de gestion et de notation des élèves
– contre les DHG dans les établissements du second degré, (suppressions des heures postes et multiplication des heures supplémentaires);-contre la caporalisation et la hiérarchisation (projets de décrets étendant les pouvoirs des chefs d’établissement, conseils pédagogiques), et contre toutes les pressions hiérarchiques;
– contre la dégradation des conditions de travail et de formation ;
– contre les conditions de remplacement à l’interne dans les établissements du second degré;
– contre les attaques contre les personnels TOS;
– contre la loi d’autonomie des universités, la dégradation du statut des enseignants-chercheurs, la masterisation (recrutement et formation des enseignants);
– contre la mise en place des préfets d’études et l’ensemble du dispositif ECLAIR;
– contre les attaques des systèmes de solidarité, les primes « au mérite » et l’individualisation des salaires ;
– contre la réforme du collège.
– contre la loi « Travail » et toutes les attaques au Code du Travail.

La Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent:
– pour un service public d’éducation de qualité;
– pour des embauches de personnels statutaires pour répondre aux besoins des établissements et la titularisation de tous les travailleurs et travailleuses précaires de l’éducation nationale ;
– pour une totale liberté pédagogique;
– pour une revalorisation salariale ainsi qu’une amélioration des conditions de départ à la retraite pour tous.

Afin d’éviter toute ambiguïté ou pression sur les personnels grévistes, nous vous demandons avec insistance de transmettre ce préavis à l’ensemble des Recteurs d’Académie.

Veuillez recevoir nos salutations syndicalistes,
Pour la FTE CNT, le secrétaire,

Alain Dervin