« La révolte sociale persiste face à la politique antisociale et autoritaire du gouvernement »*…

En régions, à Paris, la semaine passée, lycéennes et lycéens ont bloqué leur bahut pour combattre les réformes Blanquer et Parcoursup. Plusieurs facs ont été bloquées et des partiels annulés pour dénoncer l’augmentation des frais d’inscription pour les étrangers. Vendredi, plusieurs milliers de manifestant.e.s ont défilé à Paris (15000), Grenoble (2000), Lyon (3000)… L’interfédérale* de l’éducation réunie à l’issue des manifs appelle à « se joindre aux actions de la semaine à venir. Des préavis de grève nationaux ont été déposés pour toute la semaine du 17 au 22 décembre. »

Compte-tenu de l’actualité,

un Classes-En-Lutte hebdo est téléchargeable ici :  celui du lundi 17 décembre 2018.  Une occasion de diffuser nos analyses et commentaires.

Pour s’abonner à Classes En Lutte : écrire à  classesenlutte-owner@cnt-f.org

______________________________

Il n’y a pas de légitimité à humilier, frapper ou mutiler

Jeudi 6 décembre, 152 jeunes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) ont été interpellé.e.s aux abords du lycée Saint-Exupéry. Ils et elles sont restées deux heures à genoux les mains sur la tête ; certains face à un mur, mains menottées dans le dos…Une vidéo terrible produite par un policier, laisse entendre des propos sidérants : « On tourne pas la tête. On regarde droit devant ! »… «  Voilà une classe qui se tient sage. On va faire voir à leurs profs. » S’en suivront 36 heures de gardes à vue qui n’ont conduit à aucune poursuite, le but étant donc uniquement d’humilier.

Des jeunes devant leur établissement sont aussi la cible de tirs de LBD, arme mutilante. Mardi 4 décembre une lycéenne de 16 ans a été touchée à la tête par un tir à Grenoble (Isère) : sa mâchoire détruite a nécessité 4h d’opération. Mercredi 5 décembre deux lycéens ont été gravement blessés l’un à Saint-Jean-de-Braye (Loiret), l’autre à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Vendredi 7, se sont encore cinq lycéens qui ont été blessés dans l’Essonne et le Val-de-Marne.

Il y a l’attitude condamnable des forces de police, « on ne tape pas sur des gamins » comme le dénonce Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, mais aussi les directions d’établissements, qui trop souvent, font intervenir les policiers lors des blocages.

Nous dénonçons vigoureusement ces violences policières et demandons l’interdiction des armes utilisées.

Nous soutenons la plainte déposée par le syndicat lycéen UNL dénonçant les « actes de barbarie sur mineurs par personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion » et  « diffusion illégale d’images de personnes identifiables mises en cause dans une procédure pénale » concernant les jeunes de Mantes-la-Jolie.

Ce qui est vrai pour l’ensemble du mouvement social est vrai pour le mouvement lycéen.

On ne répond pas aux préoccupations sociales et éducatives de la jeunesse en terrorisant et en humiliant les élèves qui s’engagent. Le mépris et la brutalité sont les formes privilégiées par ce gouvernement en guise de dialogue social. Ripostons par la grève, avec les lycéen.ne.s, les étudiant.e.s, et l’ensemble du mouvement social (des travailleur.se.s ?), dans la rue.

CNT-FTE

——–

Les syndicats de l’éducation appellent à la grève vendredi 14 décembre. Le communiqué : tract Interfédéral

Fonctionnaires, profs,  lycéens, étudiantes,  salarié.e.s du privé…, Ils et elles étaient plusieurs milliers à manifester vendredi 14  pour dénoncer les réformes Blanquer et réclamer des hausses de salaires.

——–

Mardi 11, plusieurs centaines de lycées bloqués. Manifs à Paris, Rennes, Lyon…

Dans les facs, c’est aussi contre l’augmentation des frais d’inscriptions que ça bouge. En région parisienne, Paris-Luttes. Infos notait pour ce lundi 10 :

« Plusieurs facs ont été bloquées ou fermées administrativement ce lundi : Tolbiac, Censier, Nanterre ainsi que le site historique de la Sorbonne. À Nanterre une immense assemblée générale a rassemblé près de 3000 personnes ! Le blocage a été reconduit à une écrasante majorité et le report des partiels voté, comme cela a déjà été décidé à Censier. 
Le mouvement continue donc à s’étendre dans les facs, y compris dans des universités habituellement peu mobilisées comme Paris-Sud où une AG est organisée ce vendredi ! »

————————

Forte mobilisation vendredi 7 à Lyon, près de 3000 manifestant.e.s et 500 lycén.n.e.s et profs en AG… Manif régionale à Paris à Stalingrad… Plusieurs lycées bloqués dans de nombreuses villes. Facs fermées comme à Tolbiac…

La CNT sollicite les autres fédérations syndicales de l’éducation pour dénoncer les violences policières. Un communiqué est en cours de rédaction : « Mobilisation lycéenne… il n’y a aucune légitimité à humilier, frapper et punir ».

La CNT répond au message du ministre et dénonce les violences policières à l’encontre des lycéennes et lycéens

La lettre au ministre : avec toute notre défiance

La CNT-FTE s’insurge contre le message envoyé ce jour par M Blanquer, ministre de l’éducation nationale aux professeurs. Celui-ci joue sur la peur pour tenter d’éteindre le mouvement légitime des lycéens …Communiqué

Classses-En-Lutte, décembre 2018 : Réformes Blanquer : 1OO% de colères

Lycées, lycées pro., facs : pourquoi ça bloque !

            Sète, le 4 décembre                            Les premiers blocages lycéens ont débuté vendredi 30 novembre pour toucher plus d’une centaine d’établissements lundi 3 décembre. A l’appel de l’UNL, lycéennes et lycéens dénoncent les réformes du lycée général, professionnelle (lire la rubrique dédiée) et le Service  militaire nouvelle version.

Mardi, l’UNL dénombrait 300 lycées bloqués.

_______________________

Contre la répression…

Lundi 3 décembre, 2 collègues portant la parole des enseignant.e.s en
colère du 93 qui, en mars 2018, avaient occupé la cour du lycée de jeunes
filles de la légion d’honneur à Saint Denis, pendant 1h, passent en procès pour « intrusion en réunion dans un établissement avec pour but de troubler l’ordre public ».
Sud et la cnt appellent à la grève ce jour-là et à un rassemblement devant
le tribunal de grande instance de Bobigny :
https://paris-luttes.info/3-dec-greve-en-soutien-aux-profs-11121
https://paris.demosphere.net/rv/65689

Ils ont également mis en ligne une cagnotte pour les aider à couvrir
leurs frais d’avocats :
https://morning.com/c/TWyYW/Frais-davocat-des-camarades

Une amende de 6OO euros avec sursis est requise. Délibéré le 7 janvier 2019

Préavis de grève du lundi 17 décembre au vendredi 21 décembre 2018

CNT-FTE
33 rue des Vignoles, 75020 Paris

le 7/12/2018

Objet : préavis de grève

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale,
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
110 rue de Grenelle,
75007 Paris

Notre fédération, régulièrement constituée et déclarée au niveau national, affiliée à la Confédération Nationale du Travail, dépose du lundi 17 décembre au vendredi 21 décembre 2018, un préavis de grève concernant l’ensemble des personnels des établissements d’enseignement. Ce préavis doit permettre aux personnels de cesser le travail à tout moment pendant la période indiquée afin d’exiger l’abandon de la politique de casse du service public d’éducation, afin de protéger la scolarité de l’ensemble des élèves, et afin de se protéger de la répression hiérarchique.
En effet la Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent :

– contre la sélection à l’entrée de l’université ;
– contre une réforme des rythmes scolaires qui ne prend pas en compte les rythmes de travail et de vie des enfants et que l’état refuse de financer en laissant les collectivités locales assumer ;
– contre les suppressions d’emplois et de postes ;
– contre la remise en cause de la liberté pédagogique et l’obligation de soumettre les élèves à des pratiques anti-pédagogiques (évaluations nationales, livret personnel de compétences) ;
– contre la précarité et toutes ses déclinaisons (CDI, CDD, AED, AVS, CUI) ;
– contre le travail gratuit de la journée de « solidarité »;
– contre toute remise en cause du droit de grève et des droits syndicaux;
– contre la répression syndicale ;
– contre la mise en place des EPEP dans les établissements du premier degré ;
– contre la rupture de la scolarité du fait de la politique d’immigration du gouvernement.
– contre les perturbations du fonctionnement des établissements scolaires par l’intrusion de forces de police ou de gendarmerie à la recherche d’élèves ainsi que contre les pressions hiérarchiques et les sanctions envers les personnels engagés dans la défense des élèves, avec notamment la multiplication de sanctions administratives ;
–  contre l’intrusion de forces de police ou de gendarmerie dans les établissements scolaires.
– contre les exercices PPMS intrusion attentat ;
– contre l’emploi de personnels issus de l’armée ou de la police dans les établissements scolaires.
– contre le fichage des élèves à travers « Base-élèves », la version numérique du livret personnel de compétences et l’ensemble des fichiers de gestion et de notation des élèves (ENT, Pronote, LSUN…) ;
– contre les réformes en cours des lycées et des bacs professionnels, généraux et technologiques ;
– contre les DHG insuffisantes dans les établissements du second degré, (suppressions des heures postes et multiplication des heures supplémentaires) ;
– contre les manques de personnels médico-sociaux (infirmères, médecins scolaires et AS) et les attaques contre les services d’orientation (CIO) ;
– contre la caporalisation et la hiérarchisation (projets de décrets étendant les pouvoirs des chefs d’établissement, conseils pédagogiques), et contre toutes les pressions hiérarchiques ;
– contre la dégradation des conditions de travail et de formation ;
– contre les conditions de remplacement à l’interne dans les établissements du second degré;
– contre les attaques envers les personnels TOS;
– contre la loi d’autonomie des universités, la dégradation du statut des enseignants-chercheurs, la  masterisation (recrutement et formation des enseignants);
– contre les attaques des systèmes de solidarité, les primes « au mérite » et l’individualisation des salaires ;
– contre toutes les attaques au Code du Travail ;

La Fédération des Travailleurs de l’Éducation de la CNT soutient les personnels qui se prononcent:
– pour un service public d’éducation de qualité ;
– pour des embauches de personnels statutaires pour répondre aux besoins des établissements et la titularisation et la formation de tous les travailleurs et travailleuses précaires de l’éducation nationale ;
– pour une totale liberté pédagogique;
– pour une revalorisation des pensions, des salaires, des traitements ainsi qu’une amélioration des conditions de départ à la retraite pour tous.

Afin d’éviter toute ambiguïté ou pression sur les personnels grévistes, nous vous demandons avec insistance de transmettre ce préavis à l’ensemble des Recteurs d’Académie.

Veuillez recevoir nos salutations syndicalistes,
Pour la FTE CNT, le secrétaire,

Alain Dervin

 

Tous les 2è mardis du mois de 20h30 à 22h30

Retrouvez ici l’intégrale des dernières émissions…

  • Mardi 11 décembre.  https://www.mixcloud.com/CNTEducation93/emission-de-la-cnt-93-mardi-11-d%C3%A9cembre/
  • L’émission du 2 novembre 2018 Les ami.e. s D’Orwell contre les fichages à l’école.

C’est là :  http://souriez.info/A-l-ecole-du-Big-Data

  • L’émission du mardi 9 octobre 2018 consacrée à la rentrée sociale (première journée de grèves interpro ce jour) est là :
"https://www.mixcloud.com/widget/iframe/?hide_cover=1&mini=1&light=1&feed=%2FCNTEducation93%2Femission-de-la-cnt-education-93-09_10_2018%2F"

 

Au programme de l’émission du mardi 13 juin

Vies volées. Contre les violences policières : mobilisation pour Lamine Dieng

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 13 juin 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4

On peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la région parisienne.

A quelques jours du 17 juin, journée de mobilisation pour Lamine Dieng* à Paris, nous accueillerons Ramata Dieng, sœur de Lamine, des militant.e.s de la Coordination anti-rep et des syndicalistes investi.e.s dans la préparation de cette journée.

Il s’agira pour nous de revenir sur les causes de la mort de Lamine, le 17 juin 2007, qui n’est pas accidentelle mais s’inscrit dans une longue liste de violences policières qui ont fait de nombreuses victimes, tels Joseph Randolph (2007), Mohamed Boukrourou (2009), Hakim Djellassi (2009), Ali Ziri (2009), Louis Klinger (2010), Abdelhak Gorafia (2014), Amadou Koumé (2015), Adama Traoré (2016)…

A ce jour, le meurtre de Lamine, comme de nombreux autres, n’est toujours pas reconnu. C’est pourquoi la famille avec le collectif Vies Volées appelle à se rassembler nombreux.ses toute la journée du 17 juin, à la veille du verdict de la cour de cassation qui interviendra le 21 juin.

Ces violences policières ne doivent pas rester impunies et il y a tout à craindre qu’elles redoublent si les dispositions exorbitantes de la police liées à l’état d’urgence -indéfiniment prolongé- s’inscrivent durablement dans une loi de droit commun, comme le prévoit Macron.

Sous prétexte de lutte anti-terroriste, nous avons vu les libertés fondamentales (interdictions de séjours, assignations, fouilles et nasses) remises en question lors des manifestations contre la Coop 21, dans les ZAD ou contre la loi Travail. Elles ont été le théâtre de violences redoublées de la part de la police, faisant de nombreux.ses blessé.e.s et mutilé.e.s et parfois même des morts, comme Rémi Fraisse en 2014.

Nos échanges s’inscriront dans les convergences des luttes entre les familles de victime et les militant.e.s anti-fascistes et anti-capitalistes de ces derniers mois. Convergences qui doivent encore se renforcer pour en finir avec l’État policier.

Téléphone du studio radio,

pendant les pauses musicales au : 01 43 71 89 40.

Le lien vers Démosphère :  https://paris.demosphere.eu/rv/55080

*Le 17 juin 2007, Lamine avait 25 ans, était en bonne santé et heureux de vivre. Il a perdu la vie dans des conditions atroces, aux mains de quatre policiers. Quatre professionnels garants de la sécurité publique, appelés pour tapage nocturne. Seul, non armé, ne menaçant aucune vie, Lamine Dieng, a été plaqué face contre terre, chevilles sanglées et menottes aux mains, un bras passé par dessus l’épaule et l’autre replié dans le dos, son calvaire a duré une demi-heure au cours desquelles il a été plié et écrasé par près de 300 kg, correspondant au poids total des policiers agenouillés sur son dos. Après avoir traîné Lamine, entravé, sur le bitume avant de le jeter sur le plancher du fourgon de police, un agent s’agenouille sur sa tête pendant que deux autres compriment son thorax, agenouillés sur ses épaules, un quatrième agent s’agenouille sur les jambes de Lamine, repliées jusqu’au bassin. Le décès de Lamine est constaté trente minutes après l’intervention. Le 18 juin, la police des polices (IGS) conclut que Lamine Dieng est « mort naturellement d’un arrêt cardiaque, qui pourrait être dû à une overdose de cocaïne et de cannabis ». Le 22 juin, la famille dépose une plainte avec constitution de partie civile, qui ouvrira une information judiciaire le 10 juillet 2007 et durera jusqu’à aujourd’hui. En 2008, l’asphyxie est définitivement reconnue comme cause du décès de Lamine.

2009 Demande d’actes complémentaires par la partie civile, nouvelle audition des 8 policiers présents sur la scène.

2010 Les policiers sont placés sous le statut de témoins assistés, leur donnant accès au dossier pour préparer leur défense.

2011 Refus du juge d’organiser une reconstitution sur la scène de crime, au motif qu’elle ne permettra pas de « restituer l’état d’excitation » de Lamine.

2012 Confrontation des parties et pseudo-reconstitution… dans le cabinet du juge.

2013 Refus d’entendre les témoins du meurtre, au motif qu’ils n’apporteront aucun nouvel élément au dossier.

2014 Le juge d’instruction Patrick Gachon émet une ordonnance de NON-LIEU pour les 8 policiers mis en cause, après une instruction de 7 ans.

2015 La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris confirme le non-lieu.

2016 Attente du Pourvoi en Cassation 24 mai

2017 Audience devant la Cour de cassation.

21 juin 2017 Rendu de l’arrêt de la Cour de cassation.


Au programme de l’émission du mardi 9 mai

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 9 mai 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4 on peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la RP.

Ce mardi, nous accueillerons des lycéens et un professeur du lycée expérimental de St Nazaire https://lycee-experimental.org/ menacé de fermeture depuis que Bruno Retailleau, président de la Région Pays de la Loire et proche de Fillon a déclaré qu’il coupait les subventions ! Depuis plusieurs mois, adultes et élèves se mobilisent pour que l’aventure, qui a débuté il y a trente-cinq ans, continue. Ce lycée accueille, dans l’esprit de la pédagogie Freinet, des élèves venu.e.s de toute la France, soucieu.se.x d’apprendre différemment, loin des dogmes autoritaires. Pas de proviseur, de CPE, de projet pédagogique imposé par le haut : tout se décide collectivement pour construire des têtes bien faites et ouvertes sur le monde. Pas vraiment la tasse de thé de la droite filloniste !

Bien évidemment, nous ferons aussi un tour de l’actualité des luttes au lendemain de la première manifestation du quinquennat qui se sera tenue le 8 mai à République à Paris !

Toutes ces discussions seront entrecoupées de musiques de luttes, chroniques littéraires, rendez-vous des luttes hexagonales et internationales.


Au programme de l’émission du mardi 14 mars :

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 14 mars 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4 on peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la RP.

Au programme ce mardi, nous accueillerons un militant de la FAU allemande (Union Libre des Travailleurs/euses), syndicat anarcho-syndicaliste issu des luttes de 1968 et en bute aux difficultés depuis qu’en 2010, un jugement du Tribunal de Berlin l’a interdit… Nous ferons le point sur le système scolaire en Rhénanie-du-Nord-Westphalie où le manque d’enseignant.es. est patent, ou encore sur l’offensive de l’Armée et de ses services de recrutement qui organisent des événements « séduction » dans les écoles… Ce sera aussi l’occasion d’échanger sur le mouvement syndicaliste révolutionnaire dans cette région et de dresser un bref tableau de la situation sociale en Allemagne.

Puis nous accueillerons des syndicalistes et des enseignant.e.s qui nous parleront du stage intersyndical national co-organisé par la CGT, la CNT, SUD et le Collectif Anti-Hiérarchie (CAH) et qui aura lieu les 30 et 31 mai à la Bourse du Travail de Paris. Ce stage sera consacré aux évaluations des personnels des écoles et des lycées, mais aussi des élèves. Il s’agit pour nous d’interroger ce qui se joue dans les dispositifs d’évaluation. Dispositifs qui, pour être très récents, n’en sont pas moins terrifiants si l’on en croit deux chercheuses de l’université de Californie : Sally Dickerson et Margaret Kemeny nous disent que « Le stress le plus puissant, et le plus chronique, c’est l’inquiétude face au jugement d’autrui » (1).

Nous relierons nos réflexions à nos pratiques en espérant fédérer un mouvement de refus, tant des nouvelles modalités d’évaluation des personnels enseignants à la rentrée 2017 que du LSUN, véritable casier informatique des élèves. Ce stage est ouvert à tous les personnels, enseignants et non enseignants.

Vous pourrez nous appeler en direct pendant les pauses musicales

au : 01 43 71 89 40.

La Mauvaise Herbe : le numéro 5 est disponible

 La Mauvaise Herbe repousse ! La revue de la cnt éducation,

Communiqué
Face à l’avalanche d’injonctions hiérarchiques, nous nous sommes penchées sur les évaluations à tous les étages, sur la sélection renforcée. Contre les dispositifs divers, nous relatons la réalité du terrain, la réalité des luttes de la classe à la rue. Nous relatons les différents luttes d’ici et de là-bas qui se vivent au quotidien. Mais là, pas de sélection, pas d’évaluation, le plaisir de faire ensemble, de lutter sans hiérarchie. De réfléchir sans injonction des unes et des uns envers les autres, mais de l’écoute des unes et des uns envers les autres dans une école de la « confiance » (?).
Mais pas une confiance imposée. Une confiance qui se construit avec des outils coopératifs, qui se construit en partageant les savoirs, les cultures, qui se construit en luttant ensemble.

Le numéro est à 3€. L’abonnement pour 4 numéros est à 10 €.
Pour acheter le dernier numéro ou s’abonner adressez-vous au syndicat CNT local ou au Secrétariat fédéral : fede-educ@cnt-f.org

Au sommaire :
– Dossier : Évaluation, sélection ;
– Refus de l’entretien de carrière : mode d’emploi ;
– Les joies de l’inspection ;
– Les profs ne sont pas des DRH ;
– Le piège à Jean-Mi. ;
– Sélectionner des révolté·es, possible ?
– Couvrez cet algorithme ;
– Strasbourg contre la sélection et son monde ;
– Lycée professionnel : danger de mort ;
– CP 100% de réussite… managériale ?
– L’Amap de la destruction de l’école ;
– Évaluer autrement ;
– Affelnet : le Parcoursup du collège ;
– Vers une classe coopérative ?
– Notre-Dame-des-Luttes ;
– Attaques contre la liberté pédagogique ;
– Chronique de l’éducagogue à la retraite ;
– L’extrême droite vers la baston sociale ;
 International : 
Grandes grèves dans l’éducation aux États-Unis.
En Allemagne, se syndiquer, c’est pas aisé.
– Notes de lecture et théâtre :
En avant la zizique : Cecil Taylor, le sorcier libertaire du jazz.
Réseaux et liberté : le corps en questions.
Cinéastes de la révolte : Haïlé Gerima, l’insurgé du cinéma afro-américain.
– Le sifflet enroué
– Palmes académiques

 

     Le Numéro 4

On peut se procurer Les Mauvaises Herbes aux permanences de la CNT : les lundis et mercredis à partir de 18h au 33 rue des Vignoles 75020 Paris, métro Buzenval …

———-

Retrouvez les 3 premiers numéros en lectures libres sur le site de la confédération CNT : http://www.cnt-f.org/-la-mauvaise-herbe-.html

La Mauvaise Herbe est disponible auprès des syndicats de la CNT.

En vente dans les très bonnes librairies au prix de 3 euros le numéro.

On peut aussi s’abonner : 4 n° = 10 euros !

Chèque à l’ordre de la CNT-FTE.

A adresser à : CNT-FTE STP67, c/o Lucha y fiesta, BP 30017,

67027 Strasbourg cedex 1

—————————–

Une nouvelle revue pour quoi faire ?

En avril 20125, réunis en congrès extraordinaire à Paris, les syndicats CNT de l’éducation ont voté à une très large majorité l’autonomie de la revue N’Autre École. Depuis treize années, N’Autre École était la revue de la fédération. À ce titre, les membres du comité de rédaction étaient mandaté-e-s en congrès. Le comité de rédaction de N’Autre École était composé de mandaté-e-s de la CNT mais aussi, depuis 2004, de camarades d’autres horizons. Ils et elles ont voulu s’émanciper de la CNT. C’est fait.

Pour autant, nous avons voulu poursuivre l’aventure. Nos exigences sont les mêmes : un espace dédié à nos idées et à nos pratiques. Contre la parole experte et pour le partage du pouvoir de l’écrit.

Plus que jamais, nous voulons une revue qui affirme ces choix. Qu’elle soit un outil de propagande pour les pratiques émancipatrices et égalitaires. Un outil pour penser collectivement nos réalités partagées.

Le dire et le faire dans un même élan. En essayant de rester au plus près de nos utopies, y compris dans leurs aspects les moins visibles pour les lectrices et les lecteurs. Les mandats tournent à la CNT. Il n’y a pas de permanent-e-s, de détaché-e-s, de spécialistes, d’expert-e-s en quoi que ce soit. Ce n’est pas toujours facile à faire vivre, à assumer collectivement et ce d’une manière autogestionnaire. Mais ce sont nos choix politiques : toutes capables, tous susceptibles d’assurer une tâche. Nous voulons prendre le temps nécessaire pour que chacun-e puisse trouver sa place.

Cette revue sera un complément à nos tracts, bulletins locaux, site, Classes en lutte (notre mensuel électronique). Si elle est un lieu d’expression privilégié pour les adhérent-e-s et les syndicats de la fédération des travailleuses et travailleurs de l’éducation, nous souhaitons aussi ouvrir ses pages aux écrits des syndicats d’autres branches professionnelles, ainsi qu’à des contributions extérieures à la CNT.

Nous ne souhaitons pas nous aliéner aux contraintes éditoriales : rythme de parution, pagination. Un, deux, trois numéros par an. Évidemment, nous tiendrons compte de ces éléments pour nos abonné-e-s.

Dans un paysage syndical totalement englouti dans la concurrence et la co-gestion, dans l’expertise et le métier de délégué-e-s, nous avons à cœur de faire vivre un autre syndicalisme, sans expert-e ni leader. Sans spécialiste ni porte-parole. Pour un partage le plus large des richesses de la pensée, de l’écrit et des pratiques.

Contre un système éducatif basé sur l’autoritarisme, la hiérarchisation des savoirs et des rapports sociaux, la soumission des individus, changeons l’école, changeons le monde ! Partageons le pouvoir pour ne pas le prendre ni le laisser à d’autres !

Ce premier numéro tout beau, tout neuf que vous tenez entre les mains aborde différents sujets qui nous tiennent à cœur. Dans leur diversité, ils relèvent tous de notre combat pour une éducation plus juste, plus libre et plus respectueuse des enfants, comme des travailleuses et des travailleurs. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du système éducatif, les voies de cette lutte sont multiples. La mauvaise graine de la contestation de l’ordre injuste et dominateur s’insinue partout. Nous nous en faisons l’écho ici

couv-n1

La Mauvaise herbe n°1 : le sommaire

  • Une nouvelle revue pour quoi faire ?
  • REP+, en grève contre la grande arnaque
  • Politique libérale et éducation réactionnaire : la réforme des rythmes scolaires, un cas d’école
  • L’école au rapport
  • Le collège de mes rêves, premier épisode
  • Affiche détachable réforme des collèges
  • Petit hommage à Alexandre Grothendieck
  • École Bric-à-brac : appel à soutien !
  • Aperçu des rencontres de pédagogie féministe en non-mixité
  • Le sifflet enroué : Sport, jeu ou activité physique ?
  • En avant la zizique : achronique punke
  • Chronique de l’éducagogue : lecture paresseuse de Zio Aldo
  • Notes de lecture / Films
  • Les titres auxquels vous avez échappé
  • Palmes académiques

Le numéro 2 est paru au premier semestre 2016.

A lire ci-dessous l’édito puis le sommaire

 

Semons la rébellion

Nos libertés sont réprimées : liberté d’expression, de circulation, de manifester, de se réunir. Nous avons décidé d’y consacrer notre dossier.

État policier

Les attentats furent l’occasion pour les gouvernements de renforcer l’arsenal autoritaire : ceux de janvier 2015, le prétexte à la loi sur le renseignement, ceux de novembre, à l’instauration de l’état d’urgence. Les fascistes, les nationalistes, les religieux, s’entendent à merveille avec les politiciens pour enfermer nos vies dans un carcan réactionnaire, obscurantiste et rétrograde. Nous ne voyons pas la fin de leurs dérives sécuritaires.

Ces politiques fabriquent du malheur, de la misère et de l’injustice. Précaires, étrangers fuyant la guerre, l’oppression ou la faim, en sont les premières victimes.

Ici et maintenant un autre futur se dessine

En soutien à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes et à toutes les luttes de territoires, nous avons choisi d’illustrer l’ensemble de ce numéro avec des photos prises lors de la manifestation du 27 février.

Autre raison d’espérer, le mouvement social contre la loi « Travaille ! »  qui, à l’heure où nous écrivons, redonne déjà de belles couleurs au mouvement ouvrier.

Semons la rébellion !

À l’image du film Merci Patron !, finissons-en avec tous les Bernard Arnault de la Terre. Ne nous couchons plus jamais !

La Mauvaise herbe n°2 : le sommaire

  • Édito
  • Victoire pour une AVS
  • Un collectif pour ouvrir les frontières
  • Le numérique à l’école
  • Dossier : La liberté d’expression à l’école
  • Enseigner la liberté d’expression ? Oui, mais comment ?
  • Enseigner à Béziers
  • L’État était Charlie… donc pas moi
  • Pluralisme démocratique ou confusion ?
  • Patriotisme à l’école
  • Contre nous de la pyramide…
  • De quoi cette « laïcité » est-elle le nom ?
  • Liberté d’expression, jusqu’où ?
  • Zad partout !
  • Une librairie itinérante et autogérée
  • Philosophie et cinéma, un amour compliqué
  • Enseigner leur histoire aux enfants d’immigrés
  • Le collège de mes rêves, épisode 2
  • « C’est quoi ton genre ? » Un cahier de coloriage pour les enfants
  • À l’origine du cahier. Entretien avec Coco
  • Meurtre sexiste et média : un cas d’école
  • Israël-Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
  • Le sifflet enroué : La pratique du « sport » à l’école
  • La domination sportive
  • En avant la zizique : Joe Hill, indomptable militant anarcho-syndicaliste
  • Notes de lecture
  • Films
  • Palmes académiques

 

Contre Macron et son monde, la rue est à nous samedi 1er décembre

          Blocage à Sète (34)                              Des milliers de lycéennes et lycéens ont bloqué leurs établissements vendredi 30 novembre contre les réformes du lycée et pro, contre la mise en place prochaine du Service National Universel. L’UNL appelle à reconduire les blocages lundi.

Le gouvernement a annoncé la hausse des frais d’inscription pour les étudiant.e.s  étrangers : 2770€ en licence, 3770€ en master et en doctorat. Plusieurs rassemblements sont prévus :  à Paris à 12h à Panthéon mais aussi à Marseille devant la préfecture à 11h, à Montpellier à 16h Place de la Comédie, à Lille devant l’Opéra à 14h et à Lyon à 12h au départ de l’université Lumière Lyon 2.

Ce samedi, gilets jaunes, k-ways noirs et syndicalistes descendent dans la rue contre la précarité avec les chômeurs et chômeuses, contre le racisme et la Macronie. Retrouvez tous les rendez-vous sur les agendas alternatifs (Démosphère) de vos régions.

Lycées professionnels : amplifier la mobilisation jusqu’au retrait de la réforme Blanquer

 Les personnels des lycées pro multiplient les  grèves. Après le 27 septembre, 9  octobre et 12 novembre, ils et elles seront à nouveau en actions dans la semaine du 26 au 30 novembre avec un appel à la grève en région parisienne mardi 27 novembre… Le communiqué intersyndical.


La Mauvaise Herbe repousse ! La revue de la cnt éducation, le numéro 5,  est paru. Lmh.couv5

Communiqué
Face à l’avalanche d’injonctions hiérarchiques, nous nous sommes penchées sur les évaluations à tous les étages, sur la sélection renforcée. Contre les dispositifs divers, nous relatons la réalité du terrain, la réalité des luttes de la classe à la rue. Nous relatons les différents luttes d’ici et de là-bas qui se vivent au quotidien. Mais là, pas de sélection, pas d’évaluation, le plaisir de faire ensemble, de lutter sans hiérarchie. De réfléchir sans injonction des unes et des uns envers les autres, mais de l’écoute des unes et des uns envers les autres dans une école de la « confiance » (?).
Mais pas une confiance imposée. Une confiance qui se construit avec des outils coopératifs, qui se construit en partageant les savoirs, les cultures, qui se construit en luttant ensemble.

Le numéro est à 3€. L’abonnement pour 4 numéros est à 10 €.
Pour acheter le dernier numéro ou s’abonner adressez-vous au syndicat CNT local ou au Secrétariat fédéral : fede-educ@cnt-f.org

Au sommaire :
– Dossier : Évaluation, sélection ;
– Refus de l’entretien de carrière : mode d’emploi ;
– Les joies de l’inspection ;
– Les profs ne sont pas des DRH ;
– Le piège à Jean-Mi. ;
– Sélectionner des révolté·es, possible ?
– Couvrez cet algorithme ;
– Strasbourg contre la sélection et son monde ;
– Lycée professionnel : danger de mort ;
– CP 100% de réussite… managériale ?
– L’Amap de la destruction de l’école ;
– Évaluer autrement ;
– Affelnet : le Parcoursup du collège ;
– Vers une classe coopérative ?
– Notre-Dame-des-Luttes ;
– Attaques contre la liberté pédagogique ;
– Chronique de l’éducagogue à la retraite ;
– L’extrême droite vers la baston sociale ;
International
Grandes grèves dans l’éducation aux États-Unis.
En Allemagne, se syndiquer, c’est pas aisé.
Notes de lecture et théâtre :
En avant la zizique : Cecil Taylor, le sorcier libertaire du jazz.
Réseaux et liberté : le corps en questions.
Cinéastes de la révolte : Haïlé Gerima, l’insurgé du cinéma afro-américain.
– Le sifflet enroué
– Palmes académiques

__________________________________________

#pasdevague… Ne nous trompons pas de colère.

Le Tartagueule à la récré n°131, bulletin de la cnt éducation du Rhône et de l’Ain revient sur l’actualité :  novembre 2018

______________________

50% de grévistes, lundi 12 novembre, dans le second degré… Une participation inégale dans le premier degré, 45% de profs en grève dans le 93, par exemple, 25% au niveau national… cette première journée nationale d’actions contre la politique de Blanquer est une étape pour mettre un frein à ses contre-réformes…

Infos complémentaires et perspectives… très prochainement

______________________

Vendredi 9 novembre

Le collège Henri Barbusse classé en Rep +  à Vaulx-en-Velin dans le Rhône n’a pas attendu le 12 pour se mettre en grève. Le personnel, qui a reconduit la grève depuis mardi 6 novembre, exige des moyens à la hauteur des besoins. Le communiqué de presse.

Après une semaine de grève, le personnel a décidé d’interpeller la rectrice. Le mouvement est suspendu.

Une pétition à signer là : https://www.change.org/p/barbusse-en-rep-24-%C3%A9l%C3%A8ves-pas-plus

        l’appel pour le 12

Classes-En-Lutte n° 193 de novembre : grève lundi 12 de la maternelle à l’université

L’appel unitaire à la grève du 12 novembre de la voie pro.  contre la réforme Blanquer

Une pétition lettre ouverte à Blanquer à signer là :

https://www.change.org/p/jean-michel-blanquer-la-suspension-de-la-r%C3%A9forme-du-lyc%C3%A9e-pro-et-l-ouverture-d-un-d%C3%A9bat-%C3%A0-ce-sujet?recruiter=16877657&utm_campaign=signature_receipt&utm_medium=facebook&utm_source=share_petition&fbclid=IwAR2xRMhMQkICWLLFORJC24N5AP6reu0uO3ZQJd5RYz_fHkDX24O7fySMI2I

Pour s’abonner à Classes En Lutte : écrire à  classesenlutte-owner@cnt-f.org

__________

Pas de police, pas d’armée dans les écoles

Le communiqué : à diffuser

Suite à l’incident ayant eu lieu au lycée Edouard-Branly de Créteil et les réactions médiatiques qui ont suivi (lire ci-dessous notre précédent communiqué), Nicole Belloubet, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner, respectivement ministres de la Justice, de l’Education nationale et de l’Intérieur, ont annoncé une série de mesures le vendredi 26 octobre.

Sans surprise, il n’était pas question de revenir sur les suppressions de poste, sur les dotations insuffisantes en personnel médico-social, sur la suppression des aides aux associations de quartier ou, pourquoi pas, sur les inégalités et les violences induites par le capitalisme.

Au lieu de cela, de la répression, de la répression et encore de la répression : ouverture de centres éducatifs fermés, des « centres d’accueil de jour » potentiellement encadrés par des militaires ou des policier·e·s, le renforcement des Equipes mobiles de sécurité (EMS), cow-boys des rectorats… Autant de mesures parfaitement inefficaces lorsqu’il s’agit de construire un climat serein permettant de travailler à l’émancipation individuelle et collective de nos élèves.

Cerise sur le gâteau, le gouvernement nous promet l’augmentation de la présence policière dans nos établissements. Cela n’est pas nouveau, depuis 1982, les conventions se multiplient entre l’Education nationale, l’armée et la police. La circulaire du 16 août 2006 instaurait des références « police / gendarmerie » pour chaque école. Depuis cette année, à Nice, ville du très droitier Christian Estrosi, une permanence policière peut être assurée dans les écoles primaires…

La CNT Education réaffirme son opposition à toute présence policière sur nos lieux de travail, que nous partageons avec une jeunesse déjà trop souvent confrontée aux abus des forces de police. Nous n’acceptons pas d’abandonner notre mission d’éducation pour satisfaire, à peu de frais, les besoins électoraux d’un gouvernement multipliant les coups aux classes populaires.

La réponse aux problèmes rencontrés dans nos établissements sera éducative, pas répressive.

C’est pourquoi la CNT Education appelle l’ensemble de nos collègues à :

signifier leur refus de la présence de policier·e·s et de militaires au sein de nos écoles ;

  • à arrêter de travailler en cas de présence de policier·e·s et de militaires ;
  • à favoriser les discussions entre collègues pour trouver, ensemble, des initiatives pédagogiques et éducatives afin de permettre à chacun·e de construire les conditions de son émancipation.
  • ____________________________

Le sécuritaire ne sera jamais la solution

En version à télécharger

Depuis quelques jours, l’émotion est vive dans la sphère médiatique suite à la diffusion d’une vidéo montrant un élève du lycée Edouard-Branly à Créteil (Val-de-Marne) pointer une arme factice sur sa professeure afin qu’elle le note « présent ». Suite à cela, de nombreux et légitimes messages de soutien à notre collègue ont été publiés ainsi que plusieurs témoignages d’autres situations de violence ayant eu lieu dans des établissements scolaires où insultes, bousculades, dégradations, incidents se multiplient, entre élèves mais aussi contre les adultes.

Pour la Fédération des Travailleuses et Travailleurs de l’Education de la Confédération Nationale du Travail, la réponse ne pourra jamais être sécuritaire. Ces actes sont à relier à la dégradation des conditions de vie de millions de travailleuses et travailleurs dont les enfants ont pour seul horizon le chômage ou de nouvelles formes d’exploitation comme l’auto-entreprenariat, les Uber et autres emplois mal rémunérés et avilissants.

Ces violences sont le produit d’un système violent, le capitalisme, dont l’Etat est l’un des instruments de mise en œuvre. Chaque jour, des personnes sont licenciées de leur travail ou contraintes à exercer plusieurs emplois précaires pour survivre ; chaque jour, des travailleuses et travailleurs subissent des conditions de travail dégradées entraînant blessures, dépressions et, parfois, la mort ; chaque jour, des personnes sont obligées de renoncer à des soins essentiels faute de couverture médicale suffisante ; chaque jour, des personnes sont l’objet de l’acharnement de la police, des services sociaux, désignées comme des délinquantes potentielles.

Surtout, chaque jour, des jeunes des quartiers populaires et des régions rurales délaissées, sont soumis·e·s à un système scolaire dont les classements internationaux et les évaluations permanentes qui en découlent sont l’unique boussole. Les appels à « rétablir l’autorité », à renforcer les sanctions sont une impasse. Nos élèves subissent déjà la présence de la police, des contrôleuses et contrôleurs et des militaires dans leurs quartiers pour ne pas avoir à les subir de nouveau dans leurs établissements scolaires, même lorsqu’elle est estampillée « Éducation Nationale » comme les EMS.

Dans ce contexte, l’école ne peut pas tout car l’école n’est pas tout. Certain·e·s agissent pour favoriser l’émancipation autant que possible. Pourtant, les moyens alloués sont dramatiquement insuffisants : classes surchargées, personnel de vie scolaire en sous-effectif et peu formé, manque d’assistants sociaux, d’assistantes sociales et de personnel médical, dispositifs inadaptés pour les nombreuses et nombreux élèves en difficulté, non-francophones, en situation de handicap…

Si nous réclamons plus d’adultes dans nos établissements, conscient·e·s que nos élèves ont besoin de présence humaine avant tout, nous voulons plus d’enseignant·e·s, d’assistant·e·s d’éducation, de CPE, d’infirmier·e·s, d’assistantes sociales et assistants sociaux.

Le ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé un « plan d’actions ambitieux » pour que les violences ne se reproduisent pas, quelques semaines après l’annonce de la suppression de 2600 postes à la prochaine rentrée. La CNT-FTE a, elle aussi, des propositions claires pour faire des écoles des lieux où l’émancipation culturelle, sociale, intellectuelle a sa place, dans le respect de chacune et chacun, adulte comme élève :

  • la diminution du nombre d’élèves par classe ;
  • la mise en place de réels temps de concertation afin de mettre en place des dispositifs et projets permettant aux élèves de trouver un sens à leur scolarité mais aussi de temps « d’analyses des pratiques » pour se former entre pairs ;
  • le recrutement massif d’assistant·e·s d’éducation formé·e·s et bénéficiant d’une réelle titularisation ;
  • un plan de recrutement conséquent pour doter tous les établissements d’assistants sociaux et assistantes sociales, d’infirmier·e·s et d’assistant·e·s pour les élèves en situation de handicap.

Il n’y a pas de recette miracle mais le sécuritaire ne sera jamais la solution. Nous, enseignant·e·s, animateurs et animatrices, personnels administratif, de vie scolaire, médico-social, technique continuerons de lutter, là où nous sommes présent·e·s pour construire, avec nos élèves et étudiant·e·s, un autre futur.

_________________________

Blanquer : le premier de la classe Macron !

Evaluations délirantes, réformes à la hussarde, suppressions de postes, le ministre de l’éducation vient d’obtenir la nomination d’un secrétaire d’état, Gabriel Attal, chargé de la mise en place du SNU… Ce que nous pensons du Service National Universel : Insoumission générale !

L’école de la confiance, vraiment ?
Réforme de la voie pro : le ministre passe en force…
Rappels : Evaluations CP CE1… dangereuses, inadaptées et… facultatives !
  • La CNT appelle à boycotter les évaluations nationales : lettre aux collègues
  • Grève : lundi 12 novembre 2018

———————————
Stains (93) : Un gendarme au lycée Utrillo

Communiqué de presse des personnels du lycée Maurice Utrillo à Stains mobilisés contre l’arrivée prochaine d’un nouveau proviseur adjoint GENDARME! Préavis de grève déposé pour le 5 novembre!

Tout au long de l’année 2017-2018, notre lycée a été frappé par des faits d’extrême violence qui ont eu lieu sur le parvis, devant l’établissement. C‘est dans ce contexte menaçant que nos élèves sont pourtant revenus en cours, ont continué d’apprendre, ont rendu leurs devoirs. Ils sont nombreux à avoir obtenu leur bac, avec tous les honneurs qu’on doit à ces héros ordinaires qui continuent d’étudier envers et contre tout et, il faut bien le dire, contre tous.

L’année scolaire se terminant tant bien que mal, un CLSPD – conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance – ainsi que des «cellules de veille» rassemblant différents services de l’État ont été réunis : hélas, nous n’avons pas été collectivement associés à cette démarche. Pour le moment, nous n’avons aucun retour de cette instance, ni recommandations, ni solutions.

À la rentrée, nous avons appris que les moyens accordés par le rectorat pour l’année 2018-2019, ne nous permettaient pas de couvrir les besoins liés à l’augmentation du nombre d’élèves dans le lycée.

Alors que le rectorat et le ministère se félicitent régulièrement des très bons taux de réussite de nos élèves, on continue à nous supprimer toujours plus de moyens comme la possibilité d’organiser des devoirs de quatre heures le samedi matin ou des stages de vacances. Nos institutions se disent impressionnées de l’attention que l’équipe éducative accorde à chaque élève mais elles nous suppriment plusieurs dédoublements de classes nous empêchant de travailler en petits groupes avec eux. On nous encourage à favoriser l’ouverture à la culture et aux arts mais on nous supprime la possibilité d’enseigner le théâtre et l’histoire des arts en seconde. Autant de dispositifs à l’origine de très bons résultats au baccalauréat et qui participaient à réduire les inégalités face à la réussite scolaire. En parallèle, nous avons été confrontés ces dernières années à une baisse régulière des moyens horaires accordés au lycée et à la suppression de nombreux postes d’adultes dans l’établissement, principalement sur des contrats aidés mais pas seulement : des secrétaires de direction, des assistants d’éducation, des agents d’entretien, des médiateurs. Moins il y a d’adultes dans un établissement, plus le climat scolaire et les conditions d’éducation se dégradent. Parce que nos élèves subissaient cette double violence : celle d’une institution qui ne leur donne pas les moyens de réussir et celle extérieure au lycée, l’ensemble de la communauté éducative s’est fortement mobilisée pour réclamer davantage de moyens humains et éducatifs. On nous a promis que les institutions – la région pour le matériel et les locaux, le rectorat pour les postes et les heures supplémentaires – seraient particulièrement attentives au lycée Maurice Utrillo en cette rentrée 2018.

La situation est pourtant toujours alarmante. En effet, à ce jour, en dehors de la pérennisation du poste d’assistant d’éducation (obtenue de haute lutte après plusieurs jours de grève et une mobilisation massive des personnels), nous n’avons obtenu aucune aide pour enrayer cette violence. Le Conseil Régional a pris la décision, unilatéralement, de rehausser les clôtures du lycée quand bien même toutes les violences qu’on a connues se sont déroulées à l’extérieur de l’établissement. Nous n’avons jamais connu de problèmes d’intrusion et sommes réticents à enseigner dans une forteresse.

Alors que nous réclamons à cor et à cris plus d’assistants d’éducation, plus d’infirmières, plus d’assistantes sociales, plus de médiateurs et d’éducateurs à Stains et à Pierrefitte, on nous a annoncé à la rentrée la création d’un troisième poste de proviseur adjoint chargé des questions de sécurité.

La lettre de mission de ce nouvel adjoint ne nous a pas été communiquée et nous nous posons donc de nombreuses questions sur ce qu’on nous a présenté comme «une expérimentation». Nous avons appris que ce nouvel adjoint n’était jamais intervenu en milieu scolaire et qu’il occupait précédemment des fonctions dans la gendarmerie. Que connaît-il des problématiques spécifiques à l’éducation prioritaire? À quoi pourraient servir ses compétences dans un contexte où les problèmes de sécurité s’observent non à l’intérieur mais à l’extérieur de l’établissement?
Cette nomination suscite de vives inquiétudes au sein de toute la communauté éducative et nous sommes prêts à réagir. Nos élèves ont moins besoin d’un proviseur adjoint supplémentaire issu de la gendarmerie que :

  • De professeurs (en SES, en mathématiques, en vente, en anglais, certains élèves n’ont pas eu de professeur pendant un mois);
  • D’équipes stables, formées et expérimentées;
  • D’assistants d’éducations, de CPE, d’assistants pédagogiques, d’infirmières, d’assistantes sociales, de psychologues.

Nous ne le répéterons jamais assez, nous ne le crierons jamais assez fort : c’est d’éducation que nos élèves ont besoin. Les réponses proposées par l’institution sont, une fois de plus, largement en deçà de ce que nos élèves méritent.

Les personnels mobilisés du lycée Maurice Utrillo de STAINS

____________________________
Mardi 9 octobre : succès des manifestations contre le démantèlement des biens communs.

Les têtes de cortèges et cortèges syndicaux ont fait le plein à Paris, Nantes, Marseille… A Rennes, 5000 manifestant.e.s ; Montpellier, 2500 ; Brest et Rodez, 2000… Et encore de nombreuses violences policières : à Rennes des étudiant.e.s ont été frappé.e.s, la manif barrée par les gardes mobiles ; à Paris le passage place Denfert a été retardé par plusieurs charges brutales…

Prochain rendez-vous, pour l’éducation, le 12 novembre

par un prof d’Arts, Paris…

Le Classes-En-Lutte d’octobre : en grève le 9 … 

Les lycées pro seront aussi de la grève pour préparer la reconduction !

Jeudi 27 septembre, la grève dans les lycées professionnelles a été bien suivie en région parisienne, 30% de grévistes en moyenne. Une manif dynamique de 1000 profs et personnels s’est rendue au ministère…

A Lille, petite manif ; à Marseille grosse AG ; à Montpellier une délégation a été reçue au Rectorat ; à St Nazaire, une coordination locale des lycées s’est constituée. Elle va rédiger un courrier aux familles…

L’Administration, pour l’heure, campe sur ses positions. Prochain rendez-vous gréviste le 9 octobre. L’intersyndicale se revoit le 10. Une coordination des bahuts en lutte s’est constituée.

Les raisons de la colère / Lire ci-contre notre dossier —————–/

Lycées pro. : la grève

La CNT éducation, au côté de nombreuses intersyndicales départementales, appelle l’ensemble des collègues à la grève jeudi 27 septembre.

Mais pour la CNT, il est évident qu’une seule journée de grève de 24h ne suffira pas à faire entendre les revendications de la profession. Le CSE (conseil supérieur de l’éducation) se réunit le 10 octobre pour entériner le nouveau cadrage horaire qui annonce des pertes énormes pour les élèves et des suppressions de postes du côté des enseignant-e-s. D’ailleurs les 2600 suppressions de postes annoncées par Blanquer vont toucher de plein fouet les LP pour la rentrée prochaine.

La décision du CSE le 10 octobre, si nous ne mettons pas la pression pour l’empêcher, permettra de lancer la refonte des programmes qui seront mis en place à la rentrée de 2019. Il y a donc urgence à se mobiliser et à construire un rapport de force solide et durable.

Seule la grève nous permet de nous faire entendre de manière sérieuse. Mais pour cela, la grève doit être massive et reconductible !

Quelques points doivent soulever notre colère :

  • financement de structure d’élite (campus de l’excellence) au détriment des lycées pro ;
  • généralisation de l’apprentissage dans les LP : conditionnement de l’inscription au fait d’avoir un patron, organisation des cours pour les profs, augmentation de l’amplitude annuelle d’ouverture des LP, augmentation du nombre de classes pour un même prof, risque d’annualisation du temps de travail…
  • Diminution énorme des heures de cours : -29% en lettres-histoire pour les bacs, -9% pour l’enseignement pro, -24% pour la LV2, -14% en EPS… et pour les CAP, -58% en lettres-histoire, -50% en arts, -58% en maths…
  • La généralisation d’heures de co-enseignement imposé alors que nous n’avons aucun retour positif sur cette pratique qui sert ici à diminuer le nombre d’heures disciplinaire de cours et donc à vider le contenu des programmes
  • Diversification des publics scolaires dans une même classe (formation initiale/alternance, CAP en 1,2 ou 3 ans…)
  • Développement de formations pour les chômeurs dans les LP
  • Pour aller plus loin sur la réforme des LP, vous trouverez ici plusieurs liens :

Paris : un prof de philo sanctionné par le ministère

Pascal Verrier est professeur de philosophie au Lycée Montaigne à Paris. Militant syndical trop dérangeant, il vient d’être sanctionné par le ministère : « mise à la retraite d?office ». Il est accusé de « harcèlement ». Pourtant, la commission académique paritaire, après un débat contradictoire de 14 heures (!), n’avait pas jugé les faits « crédibles et établis ». Il est victime de rumeurs diffamatoires entretenues par un parent d’élève se vantant d’avoir quelques accointances avec des gens « hauts placés » au ministère. Conflit d’intérêt ? Un comité de soutien s’est constitué. Des recours en justice vont être engagés. Cela va nécessiter des frais importants. Pour le soutenir dans sa lutte, vous pouvez participer à la cagnotte en ligne qui lui permettra de financer la bataille judiciaire dans laquelle il est contraint de se lancer. : http://www.lepotcommun.fr/pot/9eul6rd6

Rentrée 2018. L’école selon Blanquer : contrôles, inégalités, sélections et injonctions

Communiqué de rentrée

____________

A l’école des médias, le ministre de l’Education nationale est le premier de la classe. Rentrée oblige, mercredi 29 août, il a organisé sa conférence de presse : « Ensemble pour l’Ecole de la confiance ». En saturant l’espace médiatique par ses annonces, en entretenant d’inutiles polémiques et sous couvert d’une approche scientifique grossièrement instrumentalisée, Jean-Michel Blanquer déploie une authentique offensive idéologique contre l’égalité à l’école, les conditions de travail et les pédagogies émancipatrices(1).

Les mesures pour cette rentrée 2018 se résument à « décoder, évaluer, sélectionner ». De la Maternelle – un chantier est annoncé pour « clarifier » les programmes et imposer des « repères annuels de progression » –  à l’Université, le ministre veut développer une véritable culture de l’évaluation.

Les classes de CP, les CP à 12 élèves en REP et REP+ subiront deux évaluations, une fin septembre, une autre en février-mars 2019. Un bilan d’entrée en CE1 sera organisé en lecture, écriture et numération à l’automne.

Entre le 1er et le 19 octobre, ce sera au tour des élèves de 6è. Une plate-forme en ligne vérifiera les compétences acquises en français et en maths.

Mi-septembre, les élèves de Seconde générale, professionnelle et technique se verront aussi proposer deux séquences de 50 minutes en français et une en maths via une autre plate-forme numérique.

Mesurer, contrôler, il s’agit bien de soumettre élèves et enseignants à une culture du résultat. La loi votée le 1er août par l’Assemblée Nationale portant sur la réforme de la formation professionnelle et l’apprentissage (2),  la loi ORE, Parcoursup (3), la réforme du bac, le projet de lycée « modulaire » (4) donnent une cohérence à la multiplication de ces injonctions.

Une école contre le peuple, pour les élites.

A la presse encore, le premier ministre a annoncé la suppression de 4500 postes dans la Fonction publique l’an prochain. Blanquer envisage une réforme de la formation initiale pour 2019, une économie possible de 25.000 postes dans l’Education nationale. Ajoutés aux 166.000 postes de « contrats aidés » qui seront encore supprimés, l’école publique est aussi « prioritaire » pour faire des économies.

La liberté pédagogique est remise en question par le ministre, relayé sur le terrain par l’association «Agir pour l’école », qui tente d’imposer des méthodes de lecture et la culture de l’évaluation.  Des associations et des syndicats se sont réunis cet été et ont écrit un communiqué unitaire (lire ci-dessous) pour soutenir toutes celles et ceux qui ne se plieront pas aux injonctions ministérielles.

Car, nos priorités ne sont pas celles de Blanquer. L’émancipation par le savoir ne se mesure pas par des compétences à  atteindre, des hiérarchies, des sélections.

Ses méthodes conservatrices autoritaires et inégalitaires doivent être combattues. En cette  rentrée ce sera, à nouveau, la tâche de toutes celles et ceux qui défendent un service public d’enseignement égalitaire et coopératif.

CNT-FTE, 31 août  2018

(1) A lire dans notre mensuel électronique Classes-En-Lutte n°189, juin 2018, notre motion de congrès : « L’école de Blanquer : contrôle, inégalités, sélection et soumission au programme » (rubrique Classes-En Lutte).

(2) A lire, le six pages : « Lycée professionnel : danger de mort » sur les sites de la CNT.

(3) Loi ORE, Parcoursup / les luttes du printemps 2018. Textes et analyses à lire sur le site de la CNT-FTE, rubrique sup-recherche.

(4) Réforme du lycée général : le lycée modulaire. Analyse à lire dans le Classes-En-Lutte de septembre à paraître.

__________

Pouvoir dire non !

Communiqué des associations d’éducation nouvelle et des syndicats CEMEA, CGT, CNT, CRAP-cahiers pédagogiques, Émancipation, GFEN, ICEM-pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement,  SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUIPP-FSU,  SNPI-FSU, SUD éducation . Communiqué unitaire

La fin de l’année scolaire 2017-2018 a été marquée par une augmentation des contraintes exercées sur les équipes enseignantes d’écoles maternelles ou élémentaires pour qu’elles s’engagent dans des actions d’apprentissage de la lecture conduites par l’association Agir pour l’École. Tout en tenant un discours affirmant le respect de la liberté pédagogique, des autorités départementales ou académiques ont usé de moyens divers pour exercer des pressions qu’il s’agisse d’initier ces actions ou de contraindre à leur poursuite.

Nos associations et organisations syndicales protestent contre ces contraintes. Elles rappellent que les enseignants sont, dans le cadre des programmes nationaux, les professionnels concepteurs de leur enseignement et que les projets collectifs doivent s’inscrire dans le projet d’école proposé par l’équipe pédagogique et adopté par le conseil d’école .

Nos associations et organisations syndicales apporteront leur soutien aux enseignants et aux équipes qui refusent de mettre en œuvre ces actions ou veulent les interrompre. Elles demandent que cessent toutes les formes de pression exercées.

Paris, le 31 août 2018

____________

Classes-En-Lutte, été 2018 : lire c’est résister !

Les éditions CNT : http://www.cnt-f.org/editionscnt-rp/

Le passager clandestin : http://www.lepassagerclandestin.fr/

Les éditions Libertalia : http://www.editionslibertalia.com/

La lettre électronique de la CNT éducation , Blanquer : son phare et ses lubies
___________

De la zad, soutien à la famille Traoré

________________________________________

ZadenVies du 7 au 15 juillet

à Notre-Dame-Des-Landes

    Echanges, transmission, rencontres des luttes, ateliers, création d’habitats mobiles…   Après les grenades, les lacrymos, les buldozers, la violence dévastatrice… l’espoir repousse !

La ZAD est en vies et la convergence des luttes toujours d’actualité ici comme ailleurs. Du 7 au 14 juillet, il y aura des ateliers, chantiers, discussions, actions… Partageons autour des différentes manières d’habiter, de construire, de cultiver, de prendre soin, de vivre ensemble, de lutter et de se soutenir.

Tout le programme est là :  http://www.zadenvies.org

_______________________________

            Crime policier à Nantes. 

Vérité et justice pour Aboubakar Fofana !

Communiqué de la CNT 44

Le 3 juillet, lors d’un contrôle d’identité dans le quartier populaire nantais du Breil, Aboubakar a été abattu par un CRS d’une balle tirée à bout portant. La CNT 44 exprime tout son soutien à sa famille et à ses proches.

Loin d’être une bavure, ce meurtre s’ajoute au sinistre décompte de 478 morts depuis 1977, au cours ou suite à une intervention policière. Le rapport de juin dernier de l’IGPN, la police des polices, relève qu’entre 2016 et 2017, l’usage de l’arme a feu par des policiers a augmenté de 54% !

La CNT dénonce le principe de présomption de légitime défense dont jouissent les policiers par défaut, et qui leur permet de tuer en toute impunité. Si cette fois la vérité semble apparaître au grand jour (le CRS ayant avoué avoir menti, parlant désormais de « tir accidentel »), attendons de voir si justice sera faite pour Aboubakar, ou si la police bénéficiera de l’impunité comme dans l’écrasante majorité des affaires impliquant des policiers commettant violences ou meurtres.
Exceptionnellement, ce CRS coupable, trop indéfendable, sera peut-être condamné, la justice faisant exemple d’un cas exceptionnel pour mieux blanchir tous les autres assassins.

La CNT soutient et s’associe à la révolte qui a animé les quartiers depuis la mort d’Aboubakar Fofana, et condamne la répression violente et systématique, ainsi que l’occupation militaire dont ils font l’objet : il faut absolument étouffer la colère des classes dangereuses.

Enfin la CNT condamne l’attitude de la mairie de Nantes et de la société publique de transport TAN, qui ont fait le choix d’isoler totalement le quartier du Breil en n’y faisant plus passer un seul bus, d’instaurer un couvre-feu le 5 juillet, pour mieux faire taire la marche blanche qui était organisée ce jour-là, en invoquant le prétexte d’une « incivilité » commise, bel euphémisme pour décrire un crime d’État !
Depuis les émeutes de 2005, gouvernants et élus locaux mènent en même temps un politique d’éteignoir via les relais de contrôle social et une répression la plus sévère, quotidienne, décomplexée. Sans jamais rien régler de la rage face à une société inégalitaire, raciste et autoritaire.

CNT – Syndicat intercorporatif de Nantes et sa région

<Interco44@cnt-f.org>

C/O B17 – 17 rue Paul Bellamy 44000 Nantes

http://ulnantes.cnt-f.org/

____________________________________

             L’école en débat au festival de la CNT            à Montreuil dimanche 1er juillet. Tout le programme est là :              http://www.cnt-f.org/festival-cnt

Le 1er juillet : L’éducation demain ?  Une réforme de classes (13h30) ; l’Histoire : une passion française (15h30)…

_____________________

L’école de Blanquer : contrôle, inégalités, sélection et soumission au programme. Un texte / communiqué à retrouver dans le Classes En Lutte de juin est là :   de la maternelle à l’université

 Dimanche 17 juin,  3000 personnes accueillaient la marche des migrants à Paris. Tout savoir, là : https://paris.demosphere.eu/rv/61017

       Procès reportés en décembre

______________________

                                     Samedi 2 juin : contre le racisme et le fascisme

Paris. Ce samedi deux juin, deux manifestations importantes sont annoncées. L’une en hommage à Clément Méric, militant antifasciste et syndicaliste tué par des fascistes il y a 5 ans, l’autre en opposition au projet de loi asile-immigration. Le premier cortège rejoindra le second.

La manifestation en hommage à Clément Méric s’inscrit dans le cadre d’un grand week-end antifasciste durant lequel se tiendront plusieurs événements. Le rendez-vous pour la manifestation est à 12h place Gambetta, le cortège prendra ensuite la direction de République pour rejoindre à 14h la manifestation contre la loi asile-immigration à l’appel de nombreux collectifs de sans-papiers.

___________________________________________

 D’autres rassemblements à Lille, Dijon…

___________________________________________

Vendredi 25 et samedi 26 mai, la fédération CNT tenait son XIè congrès à Paris… Communiqués

Communiqué 1. Répression, mutilation et prison : les armes du capitalisme ne nous feront pas taire

Des nervis cagoulés qui expulsent des étudiant.e.s d’un amphi avec la complicité d’un doyen à Montpellier, des CRS qui expulsent sans ménagement des étudiant.e.s pacifistes, en les insultant, les gazant et les frappant…

A Beaumont sur Oise, le 28 avril, des militaires de l’opération Sentinelle présents contre  l’après-midi « boxe et jeux gonflables » organisée par la famille et les proches d’Adama Traoré. Le 30 avril 2018, Ismaël Bokar Deh, un travailleur sans-papiers qui vendait des bibelots aux touristes pour survivre,  tué par la police de Versailles…

A Paris, le 22 mai, 128 gardes à vue à l’issue de la manifestation « fonction publique » suivie de l’occupation du lycée Arago : 88 majeurs, 40 mineurs, contre une Assemblée Générale dans un établissement scolaire…

Toujours le 22 mai, une main arrachée sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes… 40000 grenades, des chars, des drônes et des hélicos contre des projets collectifs…

Le 25 mai, encore, deux syndicalistes en garde à vue après avoir été mis en joue et menottés pour une action symbolique et pacifique de 300 camarades CGT Énergie, Cheminots, devant le siège national de La République En Marche…

La criminalisation des résistances est bien la seule à être en marche. Une marche forcée pour casser toutes les initiatives collectives, toutes les oppositions, toutes les tentatives pour vivre autrement.

La fédération CNT des travailleuses et des travailleurs de l’éducation réunie  pour son 11 è congrès à Paris dénonce une nouvelle fois ces répressions. Elle exige l’amnistie de toutes les réprimées du mouvement social et elle sera aux côté des migrants et des sans-papiers le 2 juin contre le projet de loi Collomb « asile-immigration ».

_____________________________________

                                        Communiqué 2. Parcoursup : algorithmes aux services de la sélection et de la concurrence

 Depuis quelques années, les algorithmes sont à la mode. Faut dire que ce sont des outils pratiques pour « traiter », c’est-à-dire automatiser le classement, le croisement et l’interprétation de données nombreuses et diverses. Les gouvernements font développer et appliquent des algorithmes pour mettre en place leurs politiques publiques. Au point de soumettre ces politiques publiques aux logiques de ces algorithmes ?

Mais quelles sont ces logiques ? Deux programmes ont été employés dernièrement pour appliquer ces politiques : APB ( Application Post-Bac)  jusqu’à l’an dernier et Parcoursup’ cette année. Quelles différences entre les deux ?
APB était un algorithme qui ventilait les bachelières et les bacheliers dans le supérieur alors que Parcoursup’ est une plate-forme où les données des élèves sont accessibles par tout établissement du supérieur et chaque établissement met en place son propre algorithme. Sur APB, les vœux des élèves étaient ordonnés par ordre de préférence, sur Parcoursup’ non.
Quel est l’effet de l’absence de hiérarchisation des vœux sur Parcoursup’ ? L’algorithme d’APB était basé sur l’algorithme de Gale-Shapley. Sans rentrer dans le détail, c’est un algorithme qui permet de répartir les élèves dans les universités en respectant l’ordre des vœux.
Sur Parcoursup’ les établissements du supérieur doivent trier tous les dossiers de tous les élèves alors que l’algorithme d’APB permettait de minimiser le nombre de dossiers.
Pourquoi proposer un système qui est juste plus coûteux en nombre de dossiers à traiter ?
Quel est l’effet du passage d’un algorithme sur APB aux multiples algorithmes sur Parcoursup’ ? Normalement l’État doit diffuser ses algorithmes, même si cela n’a pas été complètement fait concernant APB. En revanche, les établissements du supérieur ne sont pas dans l’obligation de communiquer le détail de leurs algorithmes. On ne sait pas comment ils sont faits mais on a quelques remontées de ce qui se passe lors des commissions des universités : coefficient par établissement, coefficient en fonction du département ou de la ville, déclassement des boursiers… En effet, ces algorithmes étant secrets, les critères de classement les plus puants peuvent être utilisés.
Nos camarades du supérieur ne sont pas moins dignes que les collègues du secondaire. Cependant, on ne peut pas exclure le pire à partir du moment où la direction de l‘établissement garde l’algorithme secret.
Il semble donc que Parcoursup’ soit aussi sélectif qu’APB. En outre, Parcoursup’ met en concurrence les établissements du secondaire. Il offre la possibilité aux universités de hiérarchiser les lycées. Sur quels critères ? On n’en est pas sûr, mais certainement du plus « nul » au « meilleur ». Il en découlera une mise en concurrence des établissements du supérieur qui doivent choisir des stratégies de recrutement. De plus en plus « autonome », en vérité soumise à des impératifs de concurrence à l’échelle globale (type classement de Shanghaï), la libéralisation de l‘université en France va s’intensifier. Le savoir universitaire en théorie accessible à tous et toutes restera élitiste.

Les syndicats de la FTE réunis en congrès, exigent l’ouverture des universités (au moins 100 000 places) à tous les élèves et d‘en finir avec ces différents systèmes sélectifs.

____________________________________

Communiqué 3        Contre les violences sexistes et patriarcales

Il faut en finir avec les violences sexistes et patriarcales

La CNT a été confrontée à des affaires de violence sexiste. La CNT – FTE, réunie lors de son 11e Congrès tenait à rappeler qu’elle ne pourrait accepter de ses camarades la moindre violence de ce type.

Il ne suffit pas de se revendiquer « anti-sexiste » pour faire disparaître les discriminations, agressions et comportements sexistes. Les engagements anti-patriarcaux ne se réduisent pas aux discours mais impliquent de se défaire de toutes les représentations et attitudes sexistes que nous avons pu intégrer malgré nous.

Si les violences physiques sont les plus visibles, les violences symboliques sont tout autant destructrices, qu’elles soient verbales ou qu’elles relèvent de stéréotypes toujours véhiculés dans notre société.

Il est crucial que suite à des cas de violence sexiste se mette en place une gestion collective car il est plus que souhaitable que ce genre de situation ne conduise pas à l’isolement des victimes et de toutes les personnes touchées qui doivent bénéficier d’une protection et d’un soutien.

Cette réflexion ne doit pas servir qu’à nous donner bonne conscience. Elle n’est pertinente et utile que si elle aboutit à nourrir la lutte anti-patriarcale concrète à travers la mise en place d’actions dans nos syndicat, sur nos lieux de travail, dans nos quartiers. Ces actions doivent viser à protéger toutes et tous de toute forme d’agression et à faire évoluer nos comportements. Il est fondamental que nous trouvions tou-te-s le temps de discuter de ces problématiques afin de développer les outils nécessaires pour répondre à ces situations, en aval et en amont.

La Fédération des Travailleu-r-se-s de l’Éducation décide de poursuivre sa réflexion avec ses syndicats et d’amplifier son engagement contre toutes les formes de domination.

_____________________________________

Marée montante samedi 26 mai en régions et… à Paris (photo prise à Bastille)

Samedi 26. Marées hautes dans de nombreuses villes. 250.000 manifestant.e.s. A Paris, le cortège a rassemblé 80.000 personnes. 

Le Val de Marne avait rédigé un appel.

____________________________________
Contre « Parcoursup » : des lycéens en Garde à vue

Au moins 2 détentions provisoires et des interdictions de séjour suite à la manif du 22 mai

Mise à jour / 25 mai

« La justice à la chaîne bat son plein au palais de justice de Paris. Nous apprenons que 2 camarades ont été placés en détention provisoire jusqu’à leur procès qui aura lieu dans plus d’un mois, le 29 juin. Personnes interpellées dans le cortège du 22 mai. Jamais, même pendant la loi Travaille!, les consignes du parquet n’avaient été aussi bien suivies par les juges : mater la meute par la prison! Rappelons qu’après le 1er mai, 5 prévenu-e-s avaient gagné le droit de préparer leur procès en détention (entre-temps trois ont été libéré-e-s).
Cet après-midi, trois salles d’audiences avaient été mises à disposition de la justice d’abattage, pour traiter les cas de 50 personnes dont la garde à vue avaient été prolongée de 24h mercredi soir. Après des mises en examen visant des mineur-es prononcées hier, au moins 7 rappels à la loi ce matin (sans doute concernant des mineur-e-s), voilà un bilan partiel pour vendredi (pointage à 18h) :

  • 2 personnes en détention provisoire (procès 29 juin);
  • 6 personnes sous contrôle judiciaire, interdites de XIIè et de communiquer entre elles en attente de leur procès le 15 juin;
  • 2 personnes relâchées sous contrôle judiciaire avec interdiction totale de pénétrer dans Paris (procès 15 juin);
  • 2 personnes en attente de leur procès en septembre et octobre.

D’autres personnes sont donc encore en cours de jugement, bilan final plus tard. 
Le groupe légal

__________________________________________

Rassemblements de soutiens devant le lycée Arago ou le Tribunal, porte de Clichy, communiqués des FCPE Paris, Montreuil et des syndicats enseignants… les réactions ont été nombreuses pour dénoncer  les gardes à vue subies par les occupant.e.s du 22 mai…
Ce jeudi 24 mai, la plupart des personnes interpellées sont sorties du tribunal après un «rappel à la loi». Toutes les infos en direct ou presque sur Paris Lutte Infos : https://paris-luttes.info/
A lire, ci-dessous, le mémo rédigé par la Légal Team le lendemain de la  manifestation du 22 mai à Paris.
____________________________________
Mardi 22 mai. Plus de 130 manifestations en régions. 30.000 manifestant.e.s à Paris rassemblé.e.s en tête de cortège… 
Forte répression. Communiqué de la Légal Team de Paris :

Mémo du groupe légal suite à la manif du 22 mai et de la tentative d’occupation du lycée Arago

 

 Une dizaine de personnes ont été interpellées directement dans la manifestation, quelques autres aux abords (rues adjacentes) et encore d’autres lors de contrôles d’identité plus loin qui ont occasionné des fouilles : les lunettes de piscine ont été suffisantes pour placer des personnes en garde à vue. Une personne a été évacuée à l’hôpital par les pompiers. Selon ses proches elle serait sortie. Soit au total une vingtaine de personnes. Certaines d’entre-elles sont au commissariat du 5è arrondissement.

Une centaine de personnes – dont des mineures et parmi elles, des lycéen.ne.s de Montreuil notamment – ont été interpelées suite à l’occupation du lycée Arago. Elles ont toutes été emmenées au commissariat de l’Evangile dans le 18è, servant de gare de triage, avant de placer les gens en GAV dans d’autres commissariats. En milieu d’apres midi mercredi, voilà une liste de postes de police où certain-es ont été emmené-es : 3e, 4e, 5e, 6e, 8e (l’annexe pas le central), 12e, 13e, 14e, 18e (Goutte d’or), 19e, etc. La liste risque d’être longue…. Les commissariats parisiens se montrant insuffisants, des personnes ont été placées en GAV dans ceux de la périphérie, Nogent-sur-Marne et Alfortville notamment.

Beaucoup d’entre-elles sont restées jusqu’après minuit dans les cars, sans eau, sans nourriture, privées de wc ; la retenue administrative de 4h a été largement dépassée ; ce sera plaidé en nullité si besoin dans les tribunaux mais comme pour le 1er mai, la police use de droits exceptionnels en arguant de conditions exceptionnelles

Nous appelons au rassemblement annoncé ce soir à 18h devant le lycée Arago (12e) et à organiser des appels de soutiens devant les commissariats connus.

Nous rappelons que nous n’avons pas de relations privilégiées avec la préfecture et que nous ne pouvons donc pas savoir où sont placées les personnes. C’est au moment de l’appel à un proche, qui est un des droits des gardé.e.s à vue, que la question peut être posée et avec un peu de chance, l’information obtenue.

sachez que nous recevons beaucoup d’appels et que nous n’aurons pas plus d’infos au téléphone avant cette échéance…

Par ailleurs, tout le temps de la GAV, les avocat.e.s sont tenu.e.s au secret. Nous ne pouvons donc pas avoir d’infos pendant au minimum 24h après le début de la GAV… Alors sachez que nous recevons beaucoup d’appels et que nous n’aurons pas plus d’infos au téléphone avant cette échéance…

Cependant, nous pouvons aider à la transmission des garanties de représentation (logement, travail, études…) en cas de comparution immédiate (procès express) et donner des conseils pour surmonter au mieux l’épreuve de la garde à vue. Préparez ces garanties et transmettez les-nous sur stoprepression@riseup.net.

Important :

  • Pour les mineur.e.s, ce sont les parents qui sont à même de désigner un.e avocat.e. Même si un.e commis.e d’office a commencé à assister les personnes aux auditions, les parents ont toute latitude pour imposer leur avocat.e. Appelez-nous et on fera en sorte de vous donner un nom.
  • Enfin, un.e mineur-e ne peut pas être relâché.e sans la présence d’un représentant légal et la comparution immédiate ne s’applique pas (si procès, il se tiendra forcément dans un délai ultérieur)…

Nous invitons toutes les personnes à relire attentivement notre document « Sortez couvert.e.s » et n’hésitez pas à nous poser des questions si des choses ne vous semblent pas claires.

Nous savons que la GAV est une épreuve qui fonctionne sur l’isolement et le silence qui se fait autour des interpellé.e.s. Nous nous efforçons de mettre en lien les personnes avec leurs proches ou camarades et de transmettre les documents aux avocat.e.s si besoin afin de briser ces longues heures où nos camarades sont soustraient à la vie sociale délibérément.

Des remises en liberté interviendront peut être aujourd’hui mercredi ; n’oubliez pas de nous les signaler pour qu’on arrête de s’inquiéter.

En revanche, nous appelons à aller dès demain, jeudi et vendredi 24 et 25 mai, au TGI de Paris, avenue de la Porte de Clichy, à partir de 13h30, où des comparutions immédiates vont certainement avoir lieu. (Nous publierons les salles d’audience des que possible).

Nous saluons les personnes qui se sont rassemblées devant les commissariats du 5è et de l’Evangile jusque tard dans la nuit. N’hésitez pas à organiser des rassemblements devant les commissariats qui sont toujours d’un grand réconfort pour les personnes. Cela pourrait s’organiser dans la foulée du rendez-vous de ce soir devant le lycée Arago.

Salutations anti-répressives,

le Groupe légal de de la Coord anti-rep de Paris.

stoprepression@riseup.net / 07 53 13 43 05

______________________________________

–  Le tract de la CNT-fte et celui de la Lorraine : l’appel du 16 mai
Ce 16 mai à Paris, un cortège de tête de 1500 étudiant.e.s. Elles  et ils ont marché, sauté , dansé de la place de La Sorbonne à la place Monge, tout près de La fac de Censier. « Macron nous fait la guerre / ça police aussi . Nous on reste déter pour bloquer le pays »… A l’issue de la manif : trois groupes se sont organisés : un vers Nanterre, un autre vers le Mac DO Magenta occupé par ses salarié.e.s, le 3è vers le rassemblement de solidarité avec les Palestiniens…

–  Lyon. Le Tartagueule à la récré n°131.

Au sommaire :

   En grève le 22 Mai: Une étape pour faire plier Macron et sa clique !
    Luttes à l’université : violences et répressions...
    Portiques de sécurité mis en place au lycée Tony Garnier à Bron.

http://www.cnt-f.org/cnt69/tartagueule-a-la-recre-n131-mai-2018/
–  L’appel de la Lorraine pour le 22 mai : Défendre les services publics
_______________
Infos/ dernière minute / Lundi 14mai… La fac de Rennes expulsée vers 4H30 en présence du président…
– Partiels décentralisés à St Ouen annulés pour Paris 8
 – L’actualité du front social… A Paris : meeting le 14 mai…
________________

L’université à la matraque.

                Communiqué de la CNT

Solidaires des étudiant.e.s et des personnels de l’éducation qui luttent contre la loi ORÉ (Orientation et Réussite des Étudiants), la réforme du baccalauréat et contre la mise en œuvre précipitée et brutale de la plateforme parcoursup, la fédération éducation de la CNT dénonce les violences policières et institutionnelles qui deviennent trop systématiques  sur nos campus et dans les rues.

Des nervis cagoulés qui expulsent des étudiant.e.s d’un amphi avec la complicité d’un doyen à Montpellier, des CRS qui expulsent sans ménagement des étudiant.e.s pacifistes, en les insultant, les gazant et les frappant* partout en France, et maintenant des enseignants, des vice-présidents d’université et des milices privées qui traquent les étudiant.e.s contestataires afin de leur interdire l’entrée des salles d’examens et de s’assurer que tou.te.s rateront ainsi leur année.

Car elle est bien là la vraie raison de ces réformes : exclure, interdire à certain.e.s l’accès à la connaissance émancipatrice et reclassante, briser leurs rêves jugés irréalistes en employant s’il le faut la violence afin de les cantonner dans leur condition de travailleurs-euses ignorant.e.s et dociles.

Ce n’est pas de cette société que nous voulons. Nous n’admettons pas qu’au prétexte de les avoir eu en classe ou de devoir prochainement les accueillir en amphi, certain.e.s s’arrogent le droit de décider si c’est par « l’habileté de leurs mains ou la puissance de leur cerveau », si c’est en satisfaisant ou en renonçant à leurs aspirations les plus profondes que les un.e.s et les autres auront le droit de construire leur avenir.

La fédération des travailleuses et travailleurs de l’éducation réaffirme son soutien aux lycéen.ne.s, aux étudiant.e.s, aux personnels engagés contre les réforme de l’éducation et de l’enseignement supérieur , tout comme elle apporte son soutien aux cheminots, aux fonctionnaires, aux zadistes et à tous les travailleurs-euses qui luttent et subissent la violence et la répression dans leurs justes luttes. Elle appelle toutes et tous à se rejoindre dans la grève le 22 mai et à voter sa reconduction.

Grève générale  !

CNT-fte, le 13 mai 2018

* Le 9 mai, au Mirail, Guilhem est gravement blessé par une grenade de désencerclement après avoir  été immobilisé par les bras, puis attrapé par le cou. « Je me suis vu mourir. Je n’arrivais plus à respirer, je n’avais qu’un filet d’air […] Après l’explosion, j’ai d’abord cru que j’avais pris une balle réelle dans le flanc. Je n’avais plus qu’un poumon qui respirait ».

_______________________

Partiels annulés vendredi 11 à Arcueil !

La CNT éducation signe l’appel des étudiant.e.s de Nanterre :

Nous avons appris par le biais des étudiant.e.s et personnels en grève de Nanterre que le président de l’université Jean-François Balaudé s’apprêtait à tenir des partiels malgré le vote de l’Assemblée générale. Les étudiant.e.s revendiquent la non tenue des partiels et la validation automatique avec note améliorable afin de ne pénaliser aucun.e étudiant.e en période de grève.

Nous dénonçons le choix de la présidence de Nanterre qui consiste à remplacer les examens par des devoirs maison, des partiels en ligne et des partiels délocalisés. C’est un moyen pour l’université de casser la grève en cours à Nanterre. Cela est d’autant plus inacceptable que, malgré les demandes répétées des étudiant.e.s, le président refuse de dire si les policier.e.s seront présent.e.s pour tenir les partiels. De même, des fouilles à l’entrée des sites sont d’ores et déjà annoncées. Nous refusons tout encadrement des partiels par les forces de l’ordre et appelons à la solidarité avec les étudiant.e.s et personnels mobilisé.e.s. Ce n’est pas la première fois que Balaudé fait intervenir les CRS sur les étudiant.e.s. Le 9 avril dernier, 7 étudiants ont été interpellés suite à l’intervention de la police pendant une Assemblée générale qui se tenait dans une salle occupée ; d’autres ont été blessés. Nous exigeons la relaxe pour les 3 étudiants de Nanterre poursuivis en justice. De même que pour les étudiant.e.s des autres facs mobilisées qui subissent une répression sévère de la part du gouvernement.

Nous soutenons la grève dans les universités contre la loi ORE qui renforce la sélection à l’entrée de la licence. Cette réforme s’inscrit dans la logique antisociale du gouvernement qui attaque l’ensemble des jeunes, travailleurs.euses, retraité.e.s et chômeurs.euses.

Ainsi, nous appelons à rejoindre nombreux.euses le rassemblement pour la non tenue des partiels en période de grève qui se tiendra vendredi 11 mai à 7h30 devant la Maison des examens au 7 rue Ernest RENAN à Arcueil (RER B Laplace – Maison des examens).                    CNT-FTE, le 10 mai 2018

Le communiqué des étudiant.e.s

___________________

Toulouse.

« Dans la nuit du 8 au 9 mai, à 3h30 du matin, le campus du Mirail occupé par les étudiants et étudiantes grévistes a été évacué par les forces de l’ordre. Cette intervention fait suite à la décision du tribunal administratif de Toulouse, saisi par l’UNI, organisation étudiante de droite, non représentée sur le campus du Mirail.

Depuis plusieurs mois, personnels et étudiant·es de l’université sont mobilisé·es contre la loi ORE, contre la sélection, la dévalorisation du diplôme de licence et la casse de l’université. Après près de 4 mois de grèves, d’assemblée générales, de manifestations et l’installation de deux occupations, la fac du Mirail reste une des plus mobilisées de France et montre sa détermination face aux réformes du gouvernement Macron.

Cependant, Macron entend bien faire passer l’ensemble de ses réformes, attaquant aussi bien les universités que le rail où les hôpitaux, pour cela il n’hésite pas à faire usage de la force pour réprimer les étudiantes et étudiants en lutte. La présence de la police sur nos facs est maintenant régulière (comme à Grenoble, Lille 2 ou Tolbiac) et s’accompagne toujours de violence. Cette nuit, l’évacuation musclée du Mirail, qui a fait plusieurs blessé·es et un interpellé hospitalisé, en est encore la preuve. »     Iaata.info.

 

__________________

La Coordination nationale des universités, réunie à Paris le samedi 5 mai 2018, a rassemblé des représentant.e.s de 38 établissements de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle appelle à reconduire la grève. La CNU soutient :

– la journée nationale de mobilisations dans l’éducation et l’enseignement supérieur le 16 mai ;

– la journée nationale de mobilisations et de grève dans la Fonction publique le 22 mai.                                      l’appel ici : Coordination du 5 mai

_________________

Soyons uni-es et déterminé-es face aux répressions contre le mouvement social …

                      Retour sur le 1er mai à Paris.                    Sud éducation Paris a diffusé le communiqué ci-dessous que nous relayons, solidaires !

« Cela fait des semaines que des mouvements de grève émergent de partout : dans l’éducation, dans la santé, dans le rail, dans la propreté, à la Poste, etc.

Le 1er mai 2018 a été une journée de convergence de ces combats, un pas vers l’instauration d’un rapport de force global s’opposant au gouvernement Macron et, plus généralement, au capitalisme.

Mais cette journée a été marquée par une très dure répression. Toute une partie du cortège, située en tête, a été gazée, nassée, chargée par la police. Des milliers de personnes étaient présentes dans cette partie de la manifestation.

Plusieurs centaines de manifestant-es ont été arrêté-es (dont beaucoup de mineur-es) jusque tard dans la nuit dans le centre de Paris. Certain-es sont resté.e.s en garde à vue plus de 48 heures, d’autres sont passé.e.s  en comparution immédiate jeudi 3 et vendredi 4 mai. Un appel à se rendre au Tribunal de grande instance pour les soutenir a circulé ( à partir de 13h30, avenue de la Porte de Clichy).

Les syndicats Sud éducation Paris et CNT demande la remise en liberté de toutes et tous, sans aucune poursuite.

Cette répression, c’est la réponse du gouvernement aux colères qui s’expriment. C’est la continuité des évacuations des facs occupées ces dernières semaines contre la loi ORE introduisant la sélection à l’université (à Paris, les facs de Tolbiac, Saint-Charles, Censier, la fermeture de l’EHESS, etc.).

Nous tenons d’ailleurs à marquer notre pleine et entière solidarité aux enseignant-es et aux étudiant-es qui actuellement refusent de passer ou faire passer les partiels à l’université Paris-1 et à l’université de Nanterre.
Ces prises de position sont dignes et courageuses, nous les saluons de tout coeur.

Merci enfin à la Legal Team Paris de la Coordination contre la répression et les violences policières d’avoir effectué tout le travail de recensement et de suivre les affaires.
Pour les contacter : stoprepression@riseup.net
Leur cagnotte en ligne : tinyurl.com/stoprep2

Solidaires face à la répression ! Tou-tes ensemble on continue ! »

Texte actualisé, le 4 mai 2018

__________________________________________

Jeudi 3 mai : Grèves dans l’éduc. A Paris, convergence de la manif avec les cheminots

Paris. Communiqué du comité de mobilisation de Jussieu, publié aux alentours de midi, jeudi 3 mai :

Aujourd’hui, le site Jussieu de Sorbonne Université a été bloqué jusqu’à 9:30. L’administration a décidé d’ouvrir les entrées parking pour casser le blocage et donc empêcher le débat sur une loi vivement contestée et rejetée par une majorité d’etudiantEs, malgré les négociations que nous avions entreprises avec elle, pour assurer la sécurité de toutes et tous et calmer une situation de tension.

Les étudiantEs et personnels mobiliséEs dénoncent les violences exercées pendant le blocage, entre la sécurité qui nous frappe, qui nous pousse, et qui laisse des fachos casqués nous frapper alors même qu’ils étaient témoins de la scène. Des agents et des membres de l’administration se sont permis de filmer nos visages, nous exigeons qu’aucune de ces vidéos ne soient retenues pour une quelconque répression administrative.

Nous comptons trois camarades blessés jusqu’au sang, la sécurité nous a envoyé des chiens et menacée par diverses pressions physiques. Nous avons tout filmé, nous discuterons dans les prochains jours de la publication de ces images (évidemment en respectant le droit d’image). Nous avions filmé les violences lors du précédent blocage, que nous avions préféré garder confidentielles, pensant que les équipes de sécurité avaient compris que la violence envers des étudiantEs qu’iels sont censés protéger était inacceptable.

Nous ne laisserons pas une telle répression s’abattre sur le mouvement social. Le président de Sorbonne Université Jean Chambaz devra répondre face à cette situation.

Aucune parole n’est libre dans Sorbonne Université. Nous en avons la preuve et nous ne baisserons pas les bras. A une centaine, nous avons réussi à mettre à mal cette prison pendant quelques heures. Prison idéologique, où seules l’indifférence et la docilité sont autorisées ou en tout cas encouragée.

Totale solidarité avec les camarades de Paris 4 contre la sélection et la loi travaill qui ont bloqué les deux autres sites de Clignancourt et Malesherbes.

Pour des facs ouvertes, gratuites et émancipatrices – c’est un simple blocage qui n’a pas réussi -, mais notre politisation, notre capacité d’organisation et notre colère ne font que s’amplifier.

____________________________________

Strasbourg.

Communiqué sur les événements du jeudi 3 mai 2018 à l’université de Strasbourg

Non, ce ne sont pas les étudiants qui ont empêché la tenue des examens à Strasbourg ce jeudi mais la présidence !

Ce jeudi matin, des étudiants disposant de cartes d’étudiants parfaitement valides ont été empêchés de composer au prétexte de leur participation supposée au mouvement de contestation contre la loi ORE. Les étudiants ont tout d’abord voulu protester contre ces contrôles intempestifs qui avaient été opérés lundi dernier par des agents d’une société privée ayant manifestement reçu des ordres de la présidence de l’université et ils ont été violemment évacués.


De plus, alors que des étudiants se sont présentés pour passer leur examen dans un autre bâtiment, et alors qu’ils avaient légalement le droit de composer, l’accès à ce bâtiment leur a été refusé et cela sous la supervision de 2 vice-présidents de l’université au prétexte qu’ils faisaient partie des étudiants contestant la loi ORE. Suite aux contestations qui en ont résulté, les deux vice-présidents qui étaient sur place ont décidé de délocaliser l’examen. Mais les étudiants et enseignants, après s’être rendus dans ce nouveau bâtiment, n’ont pas pu y entrer. Les vigiles avaient cette fois reçu l’ordre de ne laisser entrer personne. Confusion et chaos.
La présidence a de facto empêché le déroulement serein des examens. Les enseignants et personnels administratifs ont fait l’objet de paroles d’intimidation par les vice-présidents présents. Et cela s’est fait en communiquant dans les médias sur l’impossibilité d’organiser les examens à cause… des “bloqueurs” ! Quel jeu est véritablement joué ici ?

Il apparaît inconcevable que les autorités de l’université puissent prendre l’initiative d’opérer un tel tri à la volée entre des étudiants reconnus comme ayant participé au mouvement contre la loi ORE (sur quelle base, avec quelle certitude ?), de facto exclus du diplôme, et des étudiants non repérés, autorisés à composer. Si la présidence de l’université souhaite instaurer un délit d’opinion passible de la privation du droit de passage des examens, qu’elle le dise publiquement…

À l’heure où nous écrivons ce communiqué, des événements similaires se sont déroulés au Palais Universitaire. Ces dysfonctionnements dans le déroulement de l’organisation des examens apparaissent incompréhensibles. Les organisations syndicales se réservent la possibilité d’un recours au tribunal administratif contre l’utilisation abusive de vigiles privés, par l’université de Strasbourg, pour entraver l’accès de certains étudiants aux salles d’examen. L’attitude trouble et  irresponsable que la présidence de l’Université de Strasbourg manifeste depuis le début du mouvement de contestation de la loi ORE est indubitablement la cause de l’état de tension que connaît actuellement la communauté universitaire.

CNT-STP67, SNPREES-FO, SNESUP-FSU, Solidaires Etudiant.e.s Alsace, Sud Education Alsace

__________________________________________

Des centaines de milliers de manifestant.e.s mardi 1er mai. A Paris, manif arrêtée par les forces du désordre. 109 manifestant.e.s en garde à vue. La Légal Team Paris appelle à des rassemblements devant les commissariats et le tribunal

« Nous savons que ces jeudi 3 et vendredi 4 mai des déferrements vont avoir lieu au Nouveau Palais de Justice 29-45 Avenue de la Porte de Clichy Métro, RER-C Porte de Clichy l’après-midi à 13h30. 
Nous appelons à venir soutenir les camarades et les personnes au tribunal lors des comparutions immédiates qui sont publiques. »

        Pour une Université libre, égalitaire, émancipatrice,  ouverte à toutes et tous :  les arguments de la Cnt sup-recherche

A écouter ou réécouter sur Radio libertaire 
http://www.cnt-f.org/urp/ l'émission Micro-ondes 94 
du dimanche 29 avril

"De la maternelle à  l'université : la casse de l'éducation."

avec des enseignants de la CNT éducation et deux étudiants de Tolbiac.

_____________________

Paris. Censier évacué ce lundi 30 avril.

Rassemblement à 18h, rue de Santeuil

Le directeur du master « cinéma et audiovisuel » à la Sorbonne-Nouvelle dénonce cette intervention : « J’arrête car nous crevons de ne pas arrêter, explique le maître de conférences. La loi ORE et le dispositif Parcoursup ont fini d’épuiser ma bonne volonté et ma conscience professionnelle. L’intervention policière de cette nuit est le geste de trop. J’assiste depuis quatorze ans maintenant (et depuis vingt et un ans si je compte mes années d’études universitaires) à une destruction programmée, lente mais résolue du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. »
_____________

Les grèves fleurissent en mai : 1er, 3, 22 mai… Et puis ça reconduit ?

En cette veille du 1er mai toutes les infos du Front social (n°46)

______________

La méthode Blanquer : en finir avec la liberté pédagogique

En multipliant les interventions médiatiques, le chouchou des réactionnaires poursuit sa mise au pas des enseignant.e.s. La dernière en date, le 25 avril, est parue dans le Parisien. Il ne faut pas, dit le ministre de l’Education, confondre la liberté pédagogique et  l’anarchisme. Le lendemain paraissait dans le Bulletin Officiel quatre circulaires signées de son nom sur la lecture, la grammaire, le calcul et la résolution de problèmes. Une première, notamment, dans le déroulé des injonctions. Le « bienveillant » Blanquer liste ce qu’il faut bien faire jusqu’à demander aux profs de « circuler dans les rangs pour consulter les productions des élèves… ».

Pour les classes de CP, un guide a été envoyé à tou.te.s les enseignant.e.s. Un guide de 130 pages à respecter à la lettre. La lecture globale est proscrite ! A lire de b à ba en utilisant La méthode scientifique c’est à dire la syllabique. « L’automatisation du code » est un « impératif » (p.51). Au pilori toutes les autres y compris la « mixte ». Aux ordres de la science, une progression unique est rédigée pour « l’étude des correspondances graphèmes-phonèmes » (p.55 à 61). Il faudra faire des dictées et écrire deux fois par jour. Ah la belle affaire !

Pour « la mise en œuvre d’une leçon de lecture-écriture », Blanquer propose l’exemple du graphème s prononcé /z/. Extraits : « usi, iso, ousi, asa (syndicale ?!)… » qu’il faudra ânonner. Suit une liste de mots : « une visite il ose assise le musée l’Asie désolé… », qu’il faudra écrire. Puis, un texte qu’il faudra étudier : « Chassé pour sa fourrure, le renard à l’affût a repéré une poule isolée. La poule fuit vite, lui échappe. Pas rusé, le renard ! ». Comme on l’aura compris, lire ce n’est pas comprendre ni s’émanciper. Encore moins interroger le monde. A ce compte là, les 100% de réussite vont être vite atteints …

Pour conclure, Jean-Michel Blanquer regrette que « 31 % des enseignants n’utilisent pas de manuel». Il demande donc d’en choisir un. Encore un cadeau de bonne grâce à ses amis éditeurs.

En publiant ce guide et ces circulaires, ces instructions serviront de cadres et permettront aux inspections un contrôle accru sur les pratiques pédagogiques : gare à celles et ceux qui ne seront pas dans les rangs.

Car le fond de l’affaire, ce n’est pas de savoir si la syllabique va reprendre ses droits –qu’elle n’a pour ainsi dire jamais perdu depuis Jules Ferry- mais de tester une profession dans sa capacité à rogner ou pas sur ses libertés pédagogiques.

Le laisserons-nous faire ? L’histoire ne le dit pas. A nous de l’écrire !

CNT, le 29 avril 2018

________________

 Photo prise en tête de cortège le 19 avril à Paris

 Les précaires de l’Education nationale poursuivent leurs actions. Nouvel appel à la grève pour le 3 et 22 mai 2018.

A Nîmes, les AVS seront rassemblé.e.s le 2 mai devant la Direction des Service De l’Education Nationale (DSDEN) 58 rue Rouget de Lisle. http://www.cnt-f.org/30/RASSEMBLEMENT-AVS-le-2-mai-a-Nimes.html

A Rennes, elles et ils se sont mobilisés le 19 avril  devant l’Inspection académique.

_______________________

Après Tolbiac à Paris, les forces de police ont évacué l’université Paul-Valéry à Montpellier, lundi 23 avril !

Montpellier. « 50 flics pour évaquer O étudiant »… Cette intervention survient sur un campus quasi désert, les vacances universitaires ayant débuté vendredi soir.

Paris. Évacuation de Paris 1 Tolbiac, vendredi 20 avril au matin.

Toutes les infos ici : https://paris-luttes.info/

_____________________

Dimanche à la zad, jeudi à la grève : les convergences se construisent

Jeudi 19 avril, 50.000 manifestant.e.s à Paris, la moitié  en tête de cortège… 300.000 au total avec les régions. A Rennes 2 , 3000 étudiant.e.s en AG ce matin : le record du jour !

Le tract de la CNT : Macron déraille !

Les infos du Front social : les rendez-vous du 19 avril

La ZAD est partout !

Les syndicats CNT apportent leurs soutiens et appellent à des actions concrètes de grèves et d’organisations de mobilisations pour combattre et rendre visible la répression subie à Notre-Dame-des-Landes.

De nombreuses mobilisations sont prévues partout à l’initiative d’organisations diverses, et un appel à aller à Nantes et sur la ZAD est lancé pour ce samedi 14 et dimanche 15 avril.

La fédération CNT éducation se joint à cet appel. La terre est à nous !

samedi 14 – manifestation contre les expulsions de la zad à Nantes –
rendez-vous 16h30 place du cirque
 (RDV aussi dès 14h30 contre la politique antisociale de Macron)

-dimanche 15 – convergence sur la zad à 12h sur le chemin de Suez pour répondre sur le terrain à l’opération d’expulsion

Toutes les infos sur zad nadir.org

_______________________

Contre « Parcoursup » et les fachos… En solidarité avec la zad : blocages en hausse dans les facs… Prochaine journée nationale d’actions le 19 avril

Lire, pour la région parisienne, les dernières infos ici :

https://paris-luttes.info/

et / ou  la lettre du Front social du 13 avril…

________________________

Violences policières à la fac de Nanterre

La CNT éducation dénonce les violences policières et relaie le texte des occupantes de la faculté.

Communiqué d’occupantes de Nanterre du lundi 9 avril

Ce matin, à l’Université Paris X Nanterre, a eu lieu une intervention policière lors de l’occupation des bâtiments de Sciences Sociales en réaction à la Loi Vidal, mais également à l’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes.

Après avoir été repousséEs sur le toit d’un bâtiment, la trentaine d’occupantEs ont dû attendre trois heures sous la pluie battante, sans vivres. Une négociation avec les policiers a commencé. Face aux dangers de chutes, ces derniers ne voulaient intervenir Au terme de ces trois longues heures, la police accède aux requêtes des étudiantEs : deux amphis sont mis à leur disposition, et on nous promet que la police quittera les lieux.
C’est alors dans une ambiance chaleureuse que toustes (soutiens présents et occupantEs) se retrouvent dans une salle pour faire une assemblée générale et déjeuner tranquillement. Dans la salle, une petite centaine de personnes se réunissent.
Aux alentours de 15h, les CRS reviennent à la charge et interviennent dans les espaces obtenus précédemment : les accès sont bloqués, et un cordon de CRS se forme à l’entrée de la salle occupée. Dans l’incompréhension la plus totale, on cherche à dialoguer avec elleux. Aucune réponse.
C’est à ce moment qu’une charge violente repousse les occupantEs dans la salle, certainEs sont compriméEs, proches de l’asphyxie.
Finalement, les CRS pénètrent dans la salle : tout le monde s’assoit, affichant notre pacifisme. On nous dit qu’aucun mal ne nous sera fait, si nous acceptons de nous rendre unE à unE, en laissant tranquillement notre identité être contrôlée. La raison : « on veut vérifier que vous êtes tous étudiants. »
A cela, nous répondons que c’est à l’administration que nous souhaitons nous adresser, non aux policiers. Cette demande sera ignorée, par la police, comme par l’administration qui ne réagira pas à cette intervention. Cette même administration ayant demandé la fermeture administrative de la faculté, et même de la bibliothèque universitaire alors même que nous sommes en semaine de révisions.
Le refus de donner nos identités est collectif.
Les CRS commencent à prendre de l’espace, resserrant petit à petit l’étau. Les occupantEs se retrouvent confinéEs au fond de la salle, tentant une chaîne humaine. Un premier petit groupe de CRS forcent quelques étudiantEs à sortir, certainEs sont soulevéEs par les cheveux.
La violence ne fait qu’augmenter graduellement : des charges de petits groupes de CRS s’attaquent aux étudiantEs assis par terre, sans défense. Ils ont des gazeuses à la main, et n’hésitent pas à donner des coups de pied dans le tas en gazant à bout portant. Toustes sont évacuéEs violemment, certainEs sont tiréEs par leurs écharpes, complètement étrangléEs.
Il ne reste plus qu’une quinzaine d’étudiantEs dans la salle. On crie : « On veut sortir, laissez nous sortir ! » mais les charges se succèdent.
En somme, plusieurs copainEs interpelléEs (une dizaine), beaucoup de blesséEs (blessures superficielles et graves).

Cette violence n’aurait pu exister si la présidence n’avait pas demandé d’intervention. Or, Mr Balaudé a ouvert grand les portes aux compagnies de CRS sans se soucier du sort de ses étudiantEs, enseignantEs et de son personnel.

Nous exigeons sa démission immédiate, il est intolérable qu’un président de faculté, qui plus est célèbre la commémoration de Mai 68 depuis le début de l’année, permette à la police d’intervenir avec une telle violence au sein même de sa faculté.

Nombreuses sont les images témoignant de la violence inouïe qu’ont subie les étudiantEs, professeurEs, personnel de la faculté de la part des quelques centaines de CRS .

Nous rejoignons l’appel des professeurEs de Nanterre à faire grève demain, en solidarité aux personnes mobiliséEs aujourd’hui.
Plus que jamais, il est impératif de lutter contre la Loi Vidal et contre l’inacceptable répression des forces de l’ordre dans les facultés.

Nous appelons à rejoindre l’assemblée générale organisée par les professeurEs et personnel de Paris X à la faculté de Nanterre en réponse à la répression policière et administrative qui s’est abattue sur les occupantEs, demain à 10h.

_______________________________________

      Lundi 9 avril : expulsions à la zad 

Paris, Belleville, le 9 avril

Communiqué et dernières infos à lire ici   : https://zad.nadir.org/

_____________________________

Vers la grève reconductible avec les cheminots ?…

Contre « Parcoursup » et les fachos : journée nationale d’actions dans les lycées et le supérieur mardi 10 avril.

L’intersyndicale du 13è arrondissement de Paris a rédigé un appel argumenté et convaincant pour se lancer dans la grève en mai !

___________________

Un demi millier de manifestant.e.s à Paris, 22 rassemblements en régions, cette journée contre la précarité dans l’Education Nationale est une réussite. Prochain rendez-vous de grève avec les cheminots le 3 mai.

A Rennes (35), rassemblement ce 5 avril devant le rectorat. Pour cause de calendrier scolaire, les précaires seront, à nouveau, dans la rue, le 19 avril.

Rassemblement à Foix  (09) devant l’inspection académique. Les cheminots ont invité les précaires à venir à leur AG. Création du collectif ariégeois….

Grenoble (38). 70 précaires et soutiens devant le rectorat. Une délégation a été reçue.

En Savoie, dans la vallée de la Maurienne, tournée d’établissements pour distribuer des tracts et du matériel syndical (CNT, CGT éduc et SUD), recenser les problèmes des collègues et proposer une coordination pour les mobilisations futures.

Montpellier (34). 15 précaires devant le rectorat. Un rendez-vous obtenu pour mercredi 11 avril.

Valence (26). 40 mobilisé-es en AG qui bloquaient la rue devant l’Inspection académique. Une délégation a été reçue. Prochaine AG le 7 mai.

      Convergence des luttes ce 3 avril à Paris avec les cheminots

      Classes-En-Lutte, numéro spécial

Retrouvez la carte de France des rassemblements et manifestations sur le site de la CNT confédérale : http://www.cnt-f.org/

Unis, les syndicats CGT éduc-action, Sud et CNT éducation Paris appellent à la grève le 5 : En grève jeudi 5 avril

______________________________________

Classes En Lutte : les derniers numéros à lire ou à relire…

Classes En Lutte est la lettre mensuelle électronique de la CNT éducation. Elle est adressée à plusieurs milliers d’abonné.e.s.

Retrouvez ci-dessous en un clic les derniers numéros :

Cel / décembre 2018

Cel / novembre 2018

Cel / octobre 2018

Cel / septembre 2018

Cel / été 2018

Cel / juin 2018

Cel / mai 2018

Cel / Avril 2018

Cel / hors série, sup à mars 2018

Cel / mars 2018

Cel / février 2018

Cel / janvier 2018

Cel / décembre 2017

cel / novembre 2017

Cel / octobre 2017

cel / septembre 2017

cel / Juillet – Août 2017

cel / juin 2017

cel / mai 2017

Cel / avril 2017

Cel / mars 2017

Cel / février 2017   + Le casier scolaire

cel / janvier 2017

cel/ novembre-décembre 2016

cel/octobre 2016

cel/septembre-2016

cel/ été 2016

Lycées pro.

Les personnels des lycées pro multiplient les  grèves. Après le 27 septembre, 9 octobre et 12 novembre, ils et elles seront à nouveau en actions dans la semaine du 26 au 30 novembre avec un appel à la grève en région parisienne mardi 27 novembre…

Notre dossier en 3 pdf :

Un témoignage saisissant sur l’école de la république et la voie professionnelle

À l’âge de 7 ans, avec ma mère nous avons été expulsés de notre maison, à cause de dettes que ma mère n’avait pas faites et dont elle n’avait profité d’aucun centime, et tout cela avec la complicité d’avocats et d’huissiers corrompus (leurs différentes magouilles ont été prouvées de nombreuses années plus tard sur plusieurs affaires). J’ai d’ailleurs vu ma mère passer sa vie à combattre cette injustice, jusqu’à mes 25 ans, ou elle obtint gain de cause, mais aucune réparation pour raison de prescription…

Après quelques mois hébergés chez de la famille, nous avons emménagé en maison de HLM. Vint alors une période de scolarité importante dans l’avenir de tout enfant, celle de l’école primaire, ou entre deux fables de La Fontaine, on commençait à nous inculquer les premiers fondements de la République Française, à nous expliquer que grâce à cela nous vivions dans un pays de justice et de paix… Mon histoire n’ayant rien d’extraordinaire en France, et ne l’étant pas non plus dans mon école de campagne, je commençais donc déjà à perdre confiance en l’école et en l’enseignement qu’on nous y donnait, et j’étais bien loin d’être le seul dans ce cas.

Puis arriva le temps du collège, souvent vu comme un tournant dans la vie d’un élève. A l’époque, l’éducation nationale avait une politique élitiste un peu moins finement dissimulée qu’aujourd’hui, à l’entrée de la sixième, les classes étaient identifiées par des lettres allant de la 6A à la 6F. Les 6F étaient les élèves en gros échec scolaire, les 6A étaient ceux qui étaient vus comme une sorte d’élite, les plus prometteurs. Un premier tri était déjà fait, les quelques uns qui n’avaient pas été mis dans le bon sac le seraient au prochain tournant, celui du lycée. Bizarrement, plus on avançait dans l’alphabet plus le pourcentage d’élèves issus de milieux modeste augmentait, alors que dans ma classe, les 6A, nous n’étions que 2 sur 25 à venir d’un milieu modeste. Et toujours aussi bizarre, de A jusqu’à C, il n’y avait aucun prof en commun avec les classes E et F, seuls les D avaient des profs en commun avec les deux côtés, mis à part le prof de musique et un prof qui enseignait les arts plastiques (ou plutôt le dessin à la gouache exclusivement) pour les classes de A à D, et les mathématiques pour les autres… . Ce fut ainsi pendant les 4 années de collège, avec quelques exceptions certaines années. Ces exceptions étaient des profs qui étaient nouveaux dans le collège, et en général, on entendait très vite des rumeurs disant qu’ils avaient des problèmes avec la direction et certains autres profs. Comme par hasard, ils ne faisaient rarement plus d’un an ou deux dans le collège. Et toujours du même hasard, ils avaient des méthodes d’enseignement et de gestion des classes bien différentes des autres profs et de ce qui se faisait dans ce collège. En général, c’était avec ces profs que des élèves comme moi qui ressentaient de plus en plus de dégoût et de révolte envers l’enseignement, étions les plus à l’aise et avions le moins de problèmes en cours.

Pour ma part, plus je ressentais l’injustice de la société et plus je me rendais compte des aberrations de l’école dans laquelle j’étais, moins je faisais mes devoirs et moins j’apprenais mes leçons, au point de refuser presque tout enseignement sur les deux dernières années. Mais refuser l’enseignement ne voulait pas dire ne pas apprendre, j’avais juste décidé d’apprendre ce qui m’intéressait. Je préférais donc passer du temps à la bibliothèque plutôt que dans des livres scolaires qui m’expliquaient que tout était bien ainsi et que nous vivions dans une société idéale.

C’est en quatrième, que j’ai décidé qu’après le collège je n’irais pas dans une filière générale, puisque je savais que je serais obligé de continuer l’école jusqu’à seize ans. J’ai pris cette décision suite à une forte altercation avec un prof d’éducation civique. C’était en période de grève des profs. Après qu’il nous ait fait un cours sur la république et nous ait expliqué que grâce à la république française, plus tard nous aurions tous la chance d’avoir un travail dans de bonnes conditions, grâce aux lois qui nous protégeaient, je lui ai posé une question qu’il n’a pas appréciée. Je lui ai demandé pourquoi les autres professeurs faisaient grève si le travail était si bien que ça… Il s’est énervé en disant que les profs qui faisaient grève étaient des imbéciles et des feignasses, et qu’au lieu d’être profs ils auraient mieux fait de devenir femme de ménage ou secrétaire. Ma mère étant femme de ménage, je me suis à mon tour énervé, et je lui ai dit que je venais de lire un livre qui parlait de la grève, et que ce n’était pas ce qu’il disait, mais plutôt le contraire, et qu’un prof d’éducation civique qui ne comprenait pas ça était à la fois le roi des imbéciles, mais aussi qu’il ne méritait pas d’être prof ou devrait apprendre à lire… J’ai pris là ma première leçon de justice bourgeoise, car j’ai eu droit à 3 heures de retenue de sa part, et 3 autres de la part du directeur. Pendant ces heures de colle, on m’a demandé de copier des lignes, une phrase du genre « je ne dois pas contredire les professeurs ». A la place, j’ai écrit « Contredire un professeur stupide ne suffit pas, même quand on a raison, je ne dois plus écouter ses mensonges ». Cela m’a valu de passer en conseil de discipline, et si je n’ai pas été renvoyé du collège, c’est grâce à l’intervention de deux profs, des profs qui avaient fait grève d’ailleurs, des profs qui n’étaient plus là l’année suivante non plus. Ils faisaient partie de ces profs de passage dont je parlais plus haut…

A partir de ce moment, j’ai commencé à chercher ma future orientation après le collège, mais je ne me posais pas de question sur les études où le métier que je ferais, je cherchais surtout un moyen de subir le moins possible l’école, c’était ça pour moi, ma notion d’orientation. J’ai découvert qu’il existait l’apprentissage, mais il fallait avoir seize ans, je ne pourrais pas faire ça après le collège. Puis j’ai découvert qu’il y avait la filière de l’enseignement professionnel, je me suis dit que ça devait être un peu mieux, car le temps que je serais en cours de travaux pratiques, je ne serais pas obligé de suivre d’autres cours. Puis j’ai même trouvé mieux encore, l’alternance mais sans être en contrat d’apprentissage, non seulement il y aurait des cours techniques donc moins d’autres cours traditionnels, mais en plus je n’irais à l’école que deux semaines par mois.

L’année suivante, en troisième,  les conseillers d’orientations faisaient comprendre à ma mère et à moi que je ne pourrais pas aller dans des études générales à cause de mon attitude et aussi, si malgré tout ça se passait bien, à cause du fait que après le général, pour faire des études il faut avoir les moyens, et on tentait déjà de me pousser vers la filière professionnelle. J’ai donc dit que j’étais d’accord à condition qu’il s’agisse d’enseignement par alternance. C’est là que la question du métier s’est posée, « heureusement » elle ne s’est pas posée longtemps puisqu’il n’y avait que très peu d’école de ce type, et qu’en plus il fallait que je sois accepté et que ma mère puisse m’y envoyer.

 

L’année suivante j’entrais donc dans une école pour préparer un BEP gestion et protection de l’environnement par alternance…

Effectivement, je subissais moins l’école, mais j’ai aussi pu me familiariser avec le monde du travail, ce qui n’était guère mieux en fait. Après ces deux années de BEP, quitte à travailler deux semaines par mois, autant être payé, je suis donc entré en contrat d’apprentissage. Là encore, il n’y avait pas beaucoup de choix d’orientation. Il fallait rester dans une continuité, et en plus trouver un patron qui acceptait d’exploiter des mineurs sans demander à trouver des apprentis déjà formés, ce genre de patron avide est très fréquent, mais il est plus difficile d’en trouver un qui n’ait pas encore rempli son quota maximum d’apprentis…. Je me suis donc retrouvé en apprentissage en espaces verts, pour un bac pro travaux paysagers. En plus d’être toujours à l’école, et d’être toujours au travail, on devient aussi salarié. On nous expliquait en classe que c’était une chance de pouvoir gagner 310 euros par mois pour deux semaines de travail et que les patrons qui nous donnaient ce généreux salaire étaient des passionnés voulant transmettre leur métier… Bizarrement on ne nous parlait jamais des aides et subventions qu’ils touchaient pour nous avoir embauchés…

 

Une fois sorti d’un bac pro que je n’ai pas eu, j’ai eu le droit à une très longue période de chômage et d’intérim. Lorsque je travaillais en intérim, dans la plupart des missions où nous étions plusieurs intérimaires, il s’agissait d’autres personnes de mon âge, qui sortaient aussi de la filière professionnelle et ne trouvaient rien derrière, et jamais issues de classe sociale favorisée. En comparant nos parcours, on constatait toujours que même si nos raisons pouvaient être différentes, les chemins empruntés étaient toujours les mêmes, la filière de l’éducation professionnelle n’était jamais un vrai choix, mais plutôt la seule option, l’accompagnement reçu était toujours fait pour les pousser vers cette direction, il y avait toujours des professeurs qui sortaient du lot dans la vie de chacun et qui avaient fait du mieux pour les aider, mais toujours en vain car le système avait complètement lié les mains de ces professeurs pour qui enseigner ne signifiait pas formater, et certains profs qui avaient tenté de ne pas plier face à ce système mais avaient fini par devenir les ennemis de leur hiérarchie et de leurs collègues qui eux, acceptaient de ne pas laisser les choses évoluer.

 

Une véritable éducation digne de ce nom, ce n’est pas un bourrage de crâne et un conditionnement mental des élèves, ce n’est pas trier les élèves par catégories, ce n’est pas transformer les enseignants en robots juste bon à répéter un cour ! Une éducation digne et bénéfique,  c’est une éducation qui recherche avant tout le bonheur et l’épanouissement des élèves dans ce qu’il font, c’est une éducation qui offre aux professeurs la possibilité de vivre leur métier avec passion, un métier qu’ils ont rarement choisi au hasard (même si certains d’entre eux l’oublient parfois)

C’est chaque professeur digne de ce nom qui doit se battre pour pouvoir réellement éduquer et faire avancer les élèves, et chaque parent qui veut le bien de son enfant qui doit soutenir les professeurs qui tentent d’améliorer la condition des élèves, car un professeur qui refuse de voir ses conditions de travail se dégrader et tente de les améliorer, c’est un professeur qui tente d’obtenir plus de moyens pour accompagner et aider ses élèves, c’est un professeur qui pense à leur avenir et veut se battre pour les aider à le rendre meilleur.

Si les profs n’ont pas les moyens et les conditions nécessaires pour faire tout cela, qui d’autre pourra aider réellement les élèves et leur permettre de se préparer une vie sereine et épanouissante ???….

E.

Police : hors des écoles !

Contre le Service national, version Blanquer et Macron : SNU : en marche vers l’insoumission

Faire entrer la police dans les écoles n’est évidemment pas anodin, notamment lorsqu’il s’agit de les faire intervenir au cours d’opérations de« prévention ». Ces dernières participent ainsi à la construction d’une analyse répressive de certains problèmes sociaux, présupposant ainsi des réponses à y apporter.

Il ne s’agit pas, ici, de faire la liste des nombreuses incursions de la police nationale ou de leurs compères gendarmes dans les écoles pour y dénicher des délinquants en puissance, par exemple en y recherchant des drogues en pleine classe, ou les plaintes plus inutiles les unes que les autres déposées en cas de conflit entre parents/élèves et professeurs, voire entre élèves, transférant la responsabilité du règlement de ces conflits de l’institution scolaire aux commissariats. Nous ne parlerons pas non plus du projet de la ville de Nice d’affecter des policiers municipaux armés à l’intérieur des écoles, en plus des nombreux cameras et contrôles aux entrées… Mais plutôt d’évoquer ces cours magistraux donnés par des policiers, en activité ou non, afin de parfaire les connaissances des élèves sur des sujets aussi importants que les incivilités, le harcèlement, la fabrication de la loi ou l’usage de drogues.

Pivots de ces interventions, les délégués à la cohésion police-population. Fonction créée sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2008 afin de « renforcer le lien entre la population des quartiers sensibles et la police » dans le cadre du plan Espérances banlieues, il s’agit d’une réserve de gradés de la police à la retraite mobilisables quelques jours par mois. Ces délégués seraient donc des « référents » pour les habitants des quartiers « difficiles » mais auraient également une tâche d’éducation à la citoyenneté, dans les établissements scolaires notamment.

Les habitants des quartiers populaires, dont beaucoup sont immigrés ou descendants d’immigrés et connaissant des situations économiques difficiles, sont régulièrement vus comme étant une population à « éduquer » dans le but de mieux les « intégrer » (en réalité désintégrer). Les intégrer au marché du travail, d’abord, mais aussi à la société voire à une culture françaises. Or, la police, délégataire du « monopole de la violence légitime » qui appartient à l’Etat selon le sociologue Max Weber, n’est-elle pas la mieux indiquée pour faire entrer, de force s’il le faut, la jeunesse de ces quartiers dans les cases étroites du capitalisme ?

Ainsi, ils interviennent dans nos classes pour délivrer la bonne parole sur des thèmes particulièrement divers, au point que nous sommes en mesure de nous demander quelle légitimité ont-ils en dehors de leur expérience dans la police, c’est-à-dire dans une institution pratiquant le contrôle au faciès, les propos racistes et sexistes, les interpellations violentes allant parfois jusqu’à la mort. Au regard du bilan de la présence policière dans les quartiers populaires, il est effectivement de bon ton de s’interroger sur le niveau de cohésion entre cette police et la population.

Ce serait donc à celles et ceux qui participent d’une institution structurellement raciste, sexiste, violente et oppressive, d’apprendre les bonnes manières à la jeunesse. Curieux paradoxe.

En réalité, ce type d’interventions a pour objectif de normaliser la présence de la police à l’école, en la chargeant d’une tâche honorable. Cela doit servir, comme pour la « police de proximité », à donner une bonne image, proche et au service de la population, ne s’en prenant qu’à ceux qui ne respecteraient pas la loi. Eux seront passés au karcher, comme l’avait délicatement promis Nicolas Sarkozy.

Nous devons affirmer que la police n’est pas une institution neutre. Nous ne sommes pas dupes, l’école de la République accentue la reproduction des classes sociales à travers son processus de certification duquel sortent quelques exceptions permettant de donner un contenu artificiel à l’expression creuse de « l’ascenseur social ». Pour autant, il réside encore des îlots de résistance, des marges de manœuvre dans lesquels nous pouvons faire autrement. Pour cela, nous devons être libérés des contraintes hiérarchiques et de ses injonctions contradictoires mais aussi de l’habitude sécuritaire promue par ces interventions.

Des réactions sécuritaires s’illustrent au quotidien par des sanctions incohérentes, disproportionnées et, rarement comprises par les élèves, lorsqu’ils adoptent un comportement conflictuel. Et la tentative de normalisation de l’intervention de la police dans nos établissements ne fait qu’empirer la situation.

Nous, travailleurs de l’éducation, n’avons pas vocation à servir de faire-valoir à un policier monologuant dans nos salles de classe pendant une heure ou deux. Bien entendu, nous ne nous opposons pas à des interventions extérieures ; mieux, nous les considérons nécessaires afin d’ouvrir nos écoles sur leur environnement. Nous souhaitons recevoir des juristes, des travailleurs de la santé comme ceux exerçant auprès de personnes toxicomanes, des éducateurs de rue et autres. Mais il est hors de question pour nous de recevoir des gardiens dits de la paix.

En définitive, nous croyons que l’école doit être une institution émancipatrice, permettant aux élèves de se questionner et, à terme, d’agir sur des problèmes de société effectivement présents dans nos quartiers. L’émancipation ne peut passer par la répression, elle doit passer par une démarche constructive et collective. Et que celle-ci ne peut se faire avec le bras armé de l’Etat et du capital.

zad générale, grève partout !… Zads toujours…

 

 Le 20 mai, direction Le Gourbi…

 Le 20 mai à Montreuil (93)

3000 manifestant.e.s ont marché pour dénoncer un autre projet « tout en béton » dont Bouygues aurait la gestion sur des parcelles classées « patrimoine d’intérêt national »…

Dimanche 20 mai : zad vitam aeternam !

Rendez-vous à 12h à Bellevue sous le hangar de l’avenir : repas syndical…

Puis, fabrication d’épouvantails à gendarmes et plantations sur les champs de la zad pour qu’ils ne reviennent jamais…

  • Cultures : départ sur divers jardins et champs pour des travaux de printemps et semis entravés des semaines durant par le dispositif policier. Amenez des outils de jardin.

- Balades et ballades sur les chemins du bocage

- Assemblages et travail de charpente pour que la zad se reconstruise

A partir de 16h :

- Quolibets : En cas de restes égarés de membres du dispositif policier, grand concours d’insultes littéraires ! – Apéro prolongé

A partir de 18h :

- Repas prolongé – Début de la fête, danses, concerts

A la nuit tombée :

- Feu de camps – Projections, popcorn. jean-luc Godard a snobbé Cannes, il sera parmis nous.

Au petit matin :

- l’important c’est d’être là pour le petit dej’

Le gouvernement annonce une seconde vague d'expulsion sur la zad de
Notre-Dame-des-Landes. L'opération pourrait être lancée dès le 15 mai.
Nous n'avons aucune idée de son ampleur et de sa durée. Ce qui est
certain, c'est que nous ne pouvons avoir aucune confiance dans les
annonces officielles et que nous nous mobiliserons face à tout nouveau
tri et expulsion des habitats de la zad. Malgré ceux qui, du côté du
gouvernement ou parfois même malheureusement du mouvement, tentent
d'ancrer des divisions, catégories et de faire monter la tension, nous
maintiendrons une position de défense commune la plus large possible des lieux de vie, réalités et activités qui s'entremêlent sur la zad. 

C'est cette ligne que nous avons souhaité tenir autant dans le cadre des négociations qu'avec les diverses formes de résistance et mobilisations sur le terrain depuis plusieurs semaines. Nous convions en ce sens à être prêt.es à réagir de nouveau sur la zad et partout ailleurs dès le 15 mai.

Concrètement, nous appelons :

- A un rassemblement devant la préfecture à Nantes à 18h suite à une
journée d'expulsion

- A des rassemblements et occupations sur les places des villes et
devant les mairies et préfectures. Les comités de soutien peuvent
signaler leurs rendez-vous et actions au site zad.nadir afin qu'ils soient relayés.

- A une manifestation le samedi après une semaine d'expulsion à Nantes

- A une convergence sur la zad le dimanche après une semaine d'expulsion

Divers espaces d'accueil seront mis en place, sur la zad, voir infos sur zad.nadir.org

Nous appelons les soutiens qui nous rejoignent pour résister sur place à :
- faire attention à la possibilité d'une diversité de pratiques et de
présences sur le terrain.
- faire attention à nos voisins des bourgs alentours, aux travaux
paysans et à laisser la circulation libre sur les routes hors des
moments de résistance aux expulsions.

Vous pouvez suivre les infos sur zad.nadir.org ou en vous abonnant au
compte twitter ZAD_NDDL

Des habitant.es de la zad.

__________________________

Retrouvez ci-dessous le dernier communiqué du collectif de soutien d’Île de France : Notre-Dame-Des-Luttes

Et toutes les infos, communiqués ici :

https://zad.nadir.org/spip.php?article5651

Quelques photos prises sur la zad les 15, 16 avril, à Nantes et le 19 avril… à Paris…

  Paris, le 19 avril, en tête de cortège

  Infos Zad devant la préfecture de Nantes

 Infos Zad, Nantes, le 17 avril

  Sur une barricade le 16 avril

 En direction du Gourbi, le 15 avril…

 

 La radio de la zad : 107.7 FM

 Il n’y a pas que des cabanes à la zad

 Le bateau barricade

 Ils sont 25OO armés et violents

  L’espace totems au Chêne des Perrières

   Toujours les totems…

 … A l’ouest de la zad

 11.000 grenades et lacrymos…

Des dizaines de blessé.e.s…

Stop aux intimidations et à la répression antisyndicale en Algérie

La Fédération CNT des Travailleurs et Travailleuses de l’Éducation vient d’apprendre que notre camarade Achour Idir, secrétaire du CLA, a été agressé devant son domicile. Nous lui exprimons tout notre soutien et lui souhaitons un prompt rétablissement.

Cette agression nous préoccupe fortement, non seulement parce qu’elle touche l’un de nos camarades, mais aussi parce qu’elle laisse à penser qu’elle est l’œuvre d’un état aux abois prêt à tout pour museler ses opposants, et fait peser sur tous les membres du conseil des lycées d’Algérie (CLA), de nouveaux risques.

Nous saluons le courage de ces camarades qui malgré toutes les difficultés rencontrées font vivre un syndicalisme de lutte de classe dans un pays totalitaire.

CNT-FTE, le 18 mai 2018

 

Exigeons le renouvellement de tous nos contrats

Dans l’Éducation nationale 1 personnel sur 4 est contractuel (soit 300 000 CDD). AED, AVS en CUI CAE, AESH, professeur.e.s contractuel.le.s, nous sommes soumis.e.s à des conditions de travail précaires, à la merci de toutes les pressions hiérarchiques possibles, mal-formé.e.s et sous-payé.e.s. Les logiques budgétaires adoptées par l’Éducation nationale redéfinissent en permanence nos contrats, qu’ils soient de droit privé ou de droit public, CDD renouvelables ou services civiques, sans pour autant remettre en question leur nature précaire. Alors que plus de 20 000 personnes en CUI ont vu leur contrat supprimé l’été dernier par le gouvernement, une nouvelle vague de suppression devrait avoir lieu avec la fin de l’année pour celles et ceux qui avaient pu conserver leur poste.

L’Éducation nationale entretient ce système d’emplois subalternes, proposant des contrats à peine plus élevés que le RSA. Par le recours à des contrats précaires, elle fragilise nos droits. En réduisant les postes, elle nous met en concurrence, nous isole et nous contraint à accepter ses conditions. De plus, elle délègue le renouvellement de nos contrats à d’autres volontés que les nôtres : celles des gestionnaires du budget, notamment ceux de nos établissements. Ainsi, nous sommes soumis.e.s à l’arbitraire et aux représailles de nos chefs d’établissement, jusqu’à être puni.e.s par le licenciement pour avoir exigé de voir nos droits respectés. Nous voulons que notre recrutement puisse relever du Rectorat, non plus des chefs d’établissement, afin que nos contrats soit renouvelés sans arbitraire. À plus long terme, nous voulons la titularisation de tout-es celles et ceux qui le souhaitent, sans conditions de concours, de diplôme, de nationalité, de formation ou de stage.

Les conditions de précarité contre lesquelles nous luttons ne sont pas limitées à l’Éducation nationale. Aux postes précaires du premier et du second degré il faut ajouter les milliers de précaires de l’ESR (Enseignement supérieur et la recherche) : situations de travail gratuit, vacations payées des mois plus tard, dépassement des heures de service sans rémunération complémentaire. Ce recours systématique et massif à des contrats précaires et à des formes d’emploi associatif qui tournent vite à l’exploitation agit partout à l’intérieur de la fonction publique, la pliant à des logiques de plus en plus libérales. C’est pourquoi notre mobilisation ne doit pas restée isolée. Nous sommes solidaires et nous nous joignons au mouvement qui s’oppose à l’adoption du projet de loi Vidal-Blanquer (sélection à l’entrée à l’Université, réforme du bac et du lycée) contre lequel étudiant.e.s et personnels se mobilisent depuis plusieurs mois.

Sans compter l’ensemble des travailleur.euse.s municipaux qui interviennent dans les établissements, qu’ils/elles soient animateur.trice.s, agents d’entretiens, de cantine, etc, et dont un grand nombre se trouve embauché sur des conditions de contrat et de paie similaires aux nôtres, ou pour des vacations encore plus précaires, remises en questions chaque jours, et faisant d’elleux, en pratique, des travailleur.euse.s journalières.

Plus généralement, nous soutenons les divers secteurs actuellement en grève contre la détérioration des conditions de travail (cheminot-e-s, postier-e-s, éboueur-e-s, …) Nous nous inscrivons dans ce même refus d’un État capitaliste qui pilonne les acquis sociaux tous azimut, réformes sur réformes, accroit les inégalités sociales et la précarisation du travail.

Car l’incertitude professionnelle tue, rassemblons-nous pour exiger le renouvellement de nos contrats ! Réclamer nos renouvellements c’est réclamer nos droits !

Ne restons pas isolé.e.s, organisons-nous !
Rassemblement mercredi 30 mai 2018 devant chaque rectorat

Pour exiger :

  • le renouvellement de tous nos contrats ;
  • refuser la politique du non renouvellement sanction ;
  • l’embauche et affectation par le rectorat plutôt que par les chef.fes d’établissement ;
  • le droit à la conversion des tous les CUI CAE en contrat de droit public ;
  • la titularisation de tou.te.s les précaires de l’éducation, sans conditions de diplôme, de concours ou de nationalité.

Mail : precaires.education@riseup.net Facebook : Assemblée des précaires de l’éducation – IDF Twitter : @Precaires_Educ

A Paris : 15h, 12 Boulevard d’Indochine, 75019 Paris

 

Pour un mouvement des précaires de l’éducation…

L’assemblée des précaires de l’éducation d’IDF a lancé un appel à une journée de grève nationale le 5 avril pour dénoncer la précarité d’un grand nombre de personnels de l’éducation nationale. La CNT FTE soutient et appelle à diffuser au maximum l’appel ci-dessous, afin d’élargir et de construire ensemble cette journée.

____________

Grève des précaires de l’Éducation le 5 avril 2018 : où en sommes nous ?

#PrecairesEducNatEnGreve05042018

#PrecairesDeLeducationEnGreve

Depuis la rentrée 2016 nous, précaires de l’éducation nationale en Île-de-France, nous nous réunissons en assemblée ouverte afin de nous organiser collectivement.  Nous sommes AESH, AED, AP ou prof contractuel-les. Bien qu’ayant des statuts différents, nos revendications sont communes et relèvent d’une seule et même condition de précarité : classes sur-chargées, sous-effectifs, salaires minuscules, renouvellements incertains, missions aléatoires et informelles etc.

Dans ce cadre nous avons décidé d’appeler à une journée de grève nationale des précaires de l’éducation nationale le 5 avril 2018, parce que nous pensons que c’est seulement par la lutte nous pourrons satisfaire nos revendications. Nous demandons des meilleurs salaires, des effectifs à la hauteur des besoins, la reconnaissance pleine et entière de nos fonctions pédagogiques, une maîtrise de nos emplois du temps et la garantie du renouvellement de nos contrats ; à plus long terme, la titularisation de tout-es celles et ceux qui le souhaitent, sans conditions de concours, de diplôme, de nationalité, de formation ou de stage.

Nous avons lancé cet appel à la grève très en avance afin d’avoir le temps de nous organiser et de contacter d’autres collectifs qui s’organisent ailleurs sur le territoire. Nous avions d’ailleurs rédigé un « Appel aux collectifs de précaires de l’Éducation » que vous trouverez ci-dessous.

En région parisienne une nouvelle assemblée préparatoire de la grève est prévue le 15 mars. Le programme de la journée du 5 avril a été défini, avec une assemblée générale au matin, à 10h30 à la Bourse du Travail de Paris et la manifestation au départ de Place de la Sorbonne à 14h.

Une caisse de grève en ligne a été créée à l’adresse https://www.lepotcommun.fr/pot/950xw1c5. Elle sera alimentée par l’organisation d’un repas de soutien le 4 mars, à la Cantine des Pyrénées (Paris 20).  Le principe est simple: chacun-e peut contribuer en solidarité, puis l’argent sera redistribué aux grévistes.

Notre appel a été entendu par des collectifs locaux de précaires de l’éducation nationale qui se le sont réapprioprié et  s’organisent dans leurs régions. À Grenoble une réunion de préparation de la grève est prévue le 10 mars 2018 à 13h30 au 12 rue des trembles. Nous avons également eu échos de mobilisation qui s’organiserait dans les Hautes-Alpes, les Pyrénnées-Orientales, dans le Nord-Pas-de-Calais, en Meurthe-et-Moselle… Nous avons créé un post spécifique pour recenser tous les rendez-vous du 5 avril sur notre page facebook, pensez à l’alimenter.

Nous avions également rédigé un « Appel aux organisations syndicales de l’Éducation ». Au niveau national, l’appel à la grève du 5 avril est désormais relayé et soutenu par deux fédérations syndicales : la Fédération SUD Éducation (http://www.sudeducation.org/Greve-des-precaires-de-l-education.html) et la CNT-FTE (http://www.cnt-f.org/fte/2018/02/06/pour-un-mouvement-des-precaires-de-leducation/).

Les conditions de précarité que nous dénonçons et contre lesquelles nous nous battons ne concernent pas seulement les métiers précaires de l’éducation nationale et les contractuel-les. Au contraire, elles font partie d’une plus vaste offensive menée contre le service public. Dans l’éducation nationale cela prend la forme du projet Macron/Blanquer/Vidal, contre lequel étudiant.e.s et enseignant.e.s se mobilisent depuis désormais un mois. C’est pour cela que la date du 5 avril veut s’inscrire dans un contexte de mobilisation grandissante. Elle sera précédée par d’autres journées de grève que nous soutenons et auxquelles nous appelons sur le plan local et national, comme celle du 22 mars, journée de grève dans la fonction publique.

L’événement Facebook de la Grève des précaires de l’éducation : https://www.facebook.com/events/2068711710023792/permalink/2095384867356476/

La page Facebook : Assemblée des précaires de l’éducation – IDF

Le compte twitter : @Precaires_Educ

Mail : precaires.education[at]riseup.net

____________

Tou.tes en grève le 5 avril 2018 !

#PrecairesEducNatEnGreve05042018

#PrecairesDeLeducationEnGreve

Appel aux précaires de l’Éducation nationale à s’organiser et à se mettre en grève le 5 avril 2018.

Professeur.es contractuel.les, AVS/AESH, CUI, AED, AP, personnel d’entretien et de cantine, mais aussi élèves, enseignant.es titulaires et parents d’élèves, nous sommes tou.te.s concerné.e.s par la montée de la précarité dans la fonction publique : classes sur-chargées, sous-effectifs, salaires minuscules, renouvellements incertains, missions aléatoires et informelles etc.

Considéré.e.s comme des variables d’ajustement, alors même que nous sommes nécessaires au bon fonctionnement des établissements, nous enchaînons les contrats précaires souvent payés en-dessous du seuil de pauvreté.

Sans statut digne de ce nom, nous sommes souvent en but au mépris de nos hiérarchies.

Par ailleurs, par l’usage des contrats précaires, l’Éducation nationale fragilise nos droits, réduit les postes et nous met ainsi en concurrence, nous isole et nous contraint à accepter ses conditions. L’Éducation nationale est le premier employeur de précaires de France : elle entretient un système d’emplois subalternes fondé sur la précarité, en proposant une flopée de contrats à peine plus élevée que le RSA et en laissant leur renouvellement entre d’autres volontés que les nôtres : celles des gestionnaires du budget, notamment ceux et celles de nos établissements (nous voulons entre autres que notre recrutement puisse relever du Rectorat, non plus des chef.fe.s d’établissement). Ces contrats effectuent aussi la casse de la fonction publique, la mise au pas par la précarité de nouvel-

les générations de surveillant.e.s, AVS/AESH, assistant.e.s pédagogiques et enseignant.e.s, tou.te.s non titulaires. Cette situation ne fait que s’aggraver avec l’arrivée des services civiques dans les collèges et lycées.

En supprimant cet été plus de 20 000 contrats CUI dans l’éducation nationale, le gouvernement a bien démontré le mépris avec lequel, ici comme ailleurs, il nous considère.

Nous nous mobilisons pour de meilleurs salaires, des effectifs à la hauteur des besoins, la reconnaissance pleine et entière de nos fonctions pédagogiques, la maîtrise de nos emplois du temps et la garantie du renouvellement de nos contrats.

À plus long terme, nous voulons la titularisation de tou.te.s celles et ceux qui le souhaitent, sans conditions de concours, de diplôme, de nationalité, de formation ou de stage.

Nous appelons tou.te.s les précaires de l’éducation à se mettre en grève le jeudi 5 avril 2018, à mobiliser leurs collègues en prenant le temps d’en discuter collectivement dans leurs écoles et leurs établissements.

Si vous voulez participer à la construction de cette journée de grève :

– diffusez cet appel autour de vous et sur les réseaux sociaux #PrecairesEducNatEnGreve05042018 et #PrecairesDeLeducationEnGreve

– vous organisez ou voulez organisez la grève dans votre ville / région, vous pouvez nous contacter à : precaires.education@riseup.net

Le jour même :

Faire grève, ça permet de libérer du temps et de se rencontrer. Alors ne reste pas chez toi :

– Assemblée…

– Manifestation…

Faire grève j’ai le droit ?

Eh oui ! Tou.te.s les personnes travaillant avec un contrat de travail ont le droit de faire grève. Dans la fonction publique il suffit qu’un syndicat ai déposé un préavis de grève couvrant tous les personnels, ce qui est fait ! Ensuite pas d’obligation de prévenir, il n’y a pas de service minimum ni de délai de prévenance (seulement pour les enseignant.e.s chargé.e.s de classe du 1er degré)

Mais faire grève ça coûte cher !

C’est pour ça que nous appelons à la mise en place de caisses de grève : chacun.e peut contribuer en solidarité puis l’argent est redistribuée aux grévistes égalitairement.

Ne restons pas isolé.e.s, Organisons-nous,

Ce sont nos luttes qui construisent nos droits

événement facebook : Grève des précaires de l’éducation nationale

https://www.facebook.com/events/2068711710023792/

twitter : @Precaires_educ

Des migrants occupent un bâtiment de Paris 8

Au peuple français, aux étudiant.e.s, à celles et ceux qui dorment dans
la rue, aux personnes solidaires, aux personnes torturées par le
règlement Dublin.

Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des
réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile,
nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers.
Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018. Pourquoi
avons-nous du faire cette action ? Ces derniers mois, la France a
déporté de nombreuses personnes. Nombre d’entre nous se sont suicidé. Il
y a trois mois, un ami sous le coup du règlement de Dublin, déprimé,
s’est allongé sur les rails d’un train qui l’a percuté. Il y a dix jours
à Calais, la police a frappé et gazé des éxilé.e.s dormant dans la rue.
Un jeune a eu la moitié du visage arrachée par un tir policier. Un ami
qui avait rendez-vous à la préfecture y a été arrêté et mis en centre de
rétention administrative (CRA), avant d’être déporté en Italie. La
police française a ses gyrophares, ses sirènes et ses gaz, mais ni foi
ni loi.

Ce que le système d’immigration français attend de nous, ce sont nos
empreintes, pas nous. L’arbitraire et l’aléatoire sont notre quotidien,
à l’OFPRA, à la CNDA, à la préfecture. À l’issue des démarches,
certain.e.s sont refusé.e.s, d’autres dubliné.e.s indéfiniment,
assigné.e.s à résidence, déporté.e.s, et ce sans aucune logique.

Nous revendiquons les choses suivantes :
–    Des papiers pour tou.te.s
–    Des logements décents et pérennes
–    Pouvoir apprendre le français et continuer nos études
–    La fin des refus au Dispositif d’évaluation des Mineurs Isolés
Étrangers(DEMIE)
–    L’arrêt immédiat des déportations vers tous les pays, en Europe
comme ailleurs.

Nous attendons de tou.te.s les exilé.e.s qu’ils et elles luttent partout
en France contre l’oppression et l’injustice et contre les pratiques de
la police dans la rue.
A la population française : vous qui avez fait cette révolution que l’on
étudie dans les livres d’histoires, reprenez-la ! Nous remercions la
population de son soutien, qui, contrairement à son gouvernement, nous
montre sa solidarité.
L’administration de la fac utilise la carotte et le bâton dans les
négociations. Les un.e.s disent qu’ils vont nous donner un autre endroit
dans la fac, les autres nous menacent à mots couverts de faire entrer la
police. Nous demandons aux étudiant.e.s et aux professeur.e.s de
l’Université Paris 8 de nous soutenir dans nos revendications. Nous les
remercions et leur demandons de rester totalement avec nous, jusqu’au
bout. Nous nous joignons à la lutte des étudiants sans-papiers de
l’Université.
À nos ami.e.s mort.e.s en traversant la mer,
À nos ami.e.s suicidé.e.s,
À nos ami.e.s mort.e.s à cause des frontières,
À nos ami.e.s mort.e.s dans le désert,
À nos amies violées en Libye,
Nous ne vous oublions pas.

Les migrant.e.s de Paris 8

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

La grève des matons a des conséquences dramatiques pour les prisonniers. Publication ici d’un appel de prisonniers détenus à Fleury Mérogis qui organisent une lutte contre l’administration pénitentiaire et ses matons. La seule solution pour les prisons ce n’est pas de les bloquer mais de les ouvrir !

_____

Nous, prisonniers, condamnés ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prisons bloquent les entrées des maisons d’arrêt, centrales et centres de détention du territoire français.

Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venues de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les aménagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisine, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion » Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste.
Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme.
Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont présenté la prison comme un « sanctuaire de criminels » où les détenus avaient « pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.
Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel, de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé.
Vers 11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’Eris, armés, cagoulés et prêts à intervenir étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouille à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance. Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45 minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des Eris.
À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus – insultes régulières, coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules en flammes comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois. Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.

À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur. La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État.
Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État. Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats. En effet, nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées au mitard, le quartier disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficiles, du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.
Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soit-disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une précarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.
Mobilisons-nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison, et brisons les chaînes qu’elle nous impose.
Liberté pour toutes et tous.

Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.

———————

Cette tribune a été publiée là :

https://fr.scribd.com/document/369962064/Tribune-d-un-collectif-de-detenus-incarceres-a-la-maison-d-arret-des-hommes-de-Fleury-Merogis