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Rosa Luxemburg : la révolution peut-elle s’enseigner ?

lundi 7 octobre 2013, par Greg

Sans la récente publication du tome II de ses œuvres sous le titre
À l’école du socialisme 1, la dimension pédagogique du combat
de Rosa Luxemburg nous aurait probablement échappé.
D’autant que cette réflexion sur l’éducation des masses
« Â Ã la révolution  » apparaît d’emblée sous le signe du paradoxe.
Bien qu’elle enseigne àl’École centrale du parti de 1906 à1914
(des « Â années perdues  », selon son biographe John Peter Nettl... 2)
– et défend avec passion la spécificité de cette institution –
Rosa n’a cessé de fustiger « Â le temps où il était question d’enseigner le socialisme au prolétariat. […] Éduquer les masses prolétariennes, cela veut dire : leur faire des discours, diffuser des tracts et des brochures. Non, l’École socialiste des prolétaires n’a pas besoin
de tout cela. Leur éducation se fait quand ils passent àl’action. 3  »

Saluée par la social-démocratie pour son indéfectible attachement aux libertés démocratiques, y compris au cÅ“ur de la tourmente révolutionnaire, récupérée après « Â décontamination  » par le mouvement communiste orthodoxe, revendiquée par les différents courants gauchistes pour ses intuitions sur les dérives du bolchevisme, Rosa Luxemburg, théoricienne de la spontanéité révolutionnaire et de la grève de masse, malgré son hostilité affichée àl’encontre des anarchistes, est aussi perçue comme une libertaire qui s’ignorait... 4

Mais toutes ces contradictions n’excluent pas, chez l’auteure de la fameuse formule « Â socialisme ou barbarie  », une fidélité àtoute épreuve àla révolution, àl’internationalisme et une confiance dans la capacité des opprimés às’émanciper par eux-mêmes. Alors, pour comprendre sa conception d’une « Â Ã©cole socialiste des prolétaires  », et la manière dont elle articule action spontanée des masses et travail d’éducation, il convient, peut-être, de se résoudre àadmettre toutes ces ambiguïtés qui traversent la pensée et l’engagement de Rosa Luxemburg.

Au cœur de la social-démocratie allemande

Avant d’être la principale animatrice du mouvement spartakiste, fer de lance de la révolution avortée qui secoua Berlin en 1918 et faillit renverser le cours de l’histoire, le parcours de Rosa Luxemburg est lié àcelui de puissante social-démocratie allemande. Éternelle rebelle, fustigeant les tentations collaborationnistes (le fameux « Â opportunisme  » de l’aile droite du SPD), toujours prompte àcondamner l’institutionnalisation croissante de ce parti qui allait finalement se rallier àl’impérialisme guerrier, Rosa Luxemburg n’en mène pas moins une vie de « Â cadre  », comme ces 100 000 permanents qui, en 1914, constituent l’ossature du plus puissant parti ouvrier du monde 5. Véritable État dans l’État, le SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, Parti social-démocrate d’Allemagne), regroupant de près ou de loin, avec ses syndicats et ses coopératives, 2,5 millions d’adhérents, est convaincu de son inexorable marche vers le socialisme. Ce n’est qu’une affaire de temps. En attendant le triomphe par les urnes (àla veille de la guerre, en 1912, il recueille 35 % des voix), le parti se vit comme une contre-société, avec ses institutions, ses lieux de vie, ses rites. Dans cette ambiance policée, les joutes rhétoriques de congrès ont tendance àse substituer aux luttes sociales et les premiers combats de Rosa Luxemburg sont surtout théoriques.

Mais le coup de tonnerre de la révolution russe de 1905 va sonner comme un avertissement. L’insurrection armée, appuyée par les grèves de masse et la constitution des soviets, n’effraie pas seulement la classe dominante ; elle ébranle aussi les certitudes réformistes et parlementaires, tout en fascinant Rosa Luxemburg. Celle-ci part rejoindre sa terre natale, la Pologne, pour vivre la révolution au milieu des insurgés. Avant d’être emprisonnée, elle y découvre la confirmation de ses intuitions sur le rôle des masses, leur « Â spontanéité  », l’importance de l’arme de la grève, mais aussi le potentiel réactionnaire des syndicats et des partis réformistes.
Tirer les leçons de la révolution...

C’est justement dans la foulée des événements russes que le SPD se décide àfonder son école du parti. Une coïncidence qui ne doit rien au hasard. Cependant, la tentation de mieux contrôler les cadres et d’endiguer la radicalisation qui menace l’unité du parti y sera contrariée par la présence de professeurs issus de l’aile gauche, dont Anton Pannekoek 6 et Rosa Luxemburg.

À la différence du mouvement syndicaliste révolutionnaire français qui, faute de moyens, échoue àmettre en place un enseignement scolaire alternatif, le SPD dispose déjà, depuis 1891, avec l’École d’éducation ouvrière de Berlin, d’une structure de formation générale. L’École centrale du parti, qui ouvre le 15 novembre 1906, se présente, quant àelle, comme une véritable université prolétarienne, chargée de la « Â formation supérieure et théorique  », animée par et pour des militants. Son objectif est d’explorer les Å“uvres de Marx et de familiariser ses étudiants avec l’économie politique. C’est probablement cette ambition théorique – mais aussi le salaire proposé – qui font que Rosa Luxemburg se résout àaccepter un poste le 1er octobre 1907, elle qui déclarait : « Â Cette école m’intéresse très peu, et je ne suis pas faite pour être maîtresse d’école. 7  »

Les deux écoles du prolétariat

Malgré ses réticences, elle va devenir finalement une fervente partisane de ce projet. Elle théorise alors, dans la continuité de ses réflexions sur la spontanéité des masses, l’existence de deux conceptions de l’éducation du prolétariat qu’elle oppose en ces termes : l’école du syndicat, qui avait ouvert ses portes un an auparavant, en aoà»t 1906, et l’école du parti. « Â Les deux écoles, écrit-elle, sont érigées sur des principes complètement différents. 8  », antinomie irréductible puisque ces deux expériences se distinguent par leurs « Â points de vue pédagogiques, [et les] questions de finalité de l’organisation de l’école en tant qu’institution de formation pour les prolétaires  ».

Côté syndical, l’instruction proposée aux ouvriers se contente de diffuser les savoirs de base avec un enseignement magistral imposé par l’ampleur des effectifs (70 élèves participent aux cours) et le rythme soutenu des séances. Rosa Luxemburg leur oppose le projet « Â d’éveiller la conscience de classe 9  » àtravers un dispositif allégé permettant « Â la discussion, l’échange libre des élèves avec le professeur [...] la formation àune pensée systématique et indépendante, et non l’ingurgitation mécanique d’une somme de savoir positif  ». L’emploi du temps veille àlaisser un temps libre pour l’autoformation, tout en guidant celle-ci afin de ne pas laisser les élèves démunis.

La libre discussion, en effectifs réduits ou même l’exigence intellectuelle ne suffisent cependant pas àdéfinir une « Â pédagogie révolutionnaire  ». Certes, l’accompagnement et l’attention portée àl’autoéducation et au travail de recherche personnel, le respect des rythmes d’apprentissages d’ouvriers peu habitués aux études témoignent d’une prise en compte des réalités sociales, tout comme l’obligation pour les « Â camarades en chaire  », comme les définit Rosa Luxemburg, de partager leur temps entre l’enseignement et le militantisme de terrain (6 mois par an) pour ne pas perdre le contact avec les masses. En réalité, l’opposition qu’elle dénonce entre l’école du parti et l’école du syndicat, se situe àun autre niveau, celui des finalités de cet enseignement et la conception des masses qu’il sous-tend.

Rien n’est plus éloigné de la théorie de la spontanéité des masses que l’idée de vouloir l’opposer àla nécessité d’une éducation approfondie en imaginant que, par la seule expérience concrète, il est possible d’arriver àun degré de conscience élevé. Tout l’enjeu du travail militant est justement d’élaborer avec et dans les masses cette conscientisation – àla manière d’un Paulo Freire, par exemple.

Encadrer ou éduquer ?
On n’enseigne pas la révolution...

Dès sa création, l’école du parti se voit en effet critiquée : « Â Nous devrions renoncer àformer une élite de dirigeants du parti àBerlin, écrit Kurt Eisner dans Vorwärts ! en aoà»t 1908, et nous tourner directement vers les masses désireuses d’apprendre. […] Puisque les masses ne peuvent prendre un congé de six mois et venir àBerlin, l’École berlinoise du parti doit aller aux masses.  » Une « Â Ã©vidence  » qui ne convainc pas Luxemburg ; derrière cette posture, elle pressent une conception étroite et dangereuse : d’un côté des masses àéduquer et àencadrer, de l’autre, une caste d’experts, issus de la direction, venus prêcher la bonne parole…

Pour Rosa Luxemburg, derrière les querelles pédagogiques, se cachent des enjeux politiques et organisationnels. Et le ralliement du SPD et des syndicats allemands àl’Union sacrée confirmera malheureusement ses hypothèses. Dès le mois d’aoà»t 1914, on peut ainsi lire dans la presse du parti « Â si on a pu dire en 1866 [Sadowa] que la marche en avant des troupes prussiennes était une victoire du maître d’école, il faudra parler cette fois-ci d’une victoire du fonctionnaire syndical [...] c’est làqu’on voit quel rôle éducateur ont joué les syndicats et àquel point on peut compter sur cette éducation dans des jours aussi difficiles que ceux-ci. Le soldat russe et le soldat français peuvent bien accomplir des prodiges de bravoure, mais pour ce qui est de la réflexion froide et calme, le syndiqué allemand les surpassera. 10  » Rosa Luxemburg n’hésite d’ailleurs pas àutiliser par antiphrase cette vision de l’éducation, responsable selon elle de la situation politique au lendemain de la guerre : « Â C’était la révolution, survenant après quatre ans de guerre, après quatre ans pendant lesquels le prolétariat allemand, grâce àl’éducation que lui ont fait subir la social-démocratie et les syndicats, a fait preuve d’une telle misère et d’un tel reniement de ses tâches socialistes que nous n’en trouvons l’équivalent dans aucun autre pays.  » (Discours sur le programme)

À cet embrigadement, caricature d’éducation politique, elle oppose la nécessité « Â d’un haut degré d’éducation politique, de conscience de classe et d’organisation. [Le prolétariat] ne peut apprendre tout cela dans les brochures ou dans les tracts, mais cette éducation, il l’acquerra àl’école politique vivante, dans la lutte et par la lutte, au cours de la révolution en marche. 11  » Mais Luxemburg ne cède pas non plus aux « Â facilités  » de l’avant-gardisme. C’est aussi sur le terrain de l’éducation des masses qu’elle va s’opposer aux bolcheviques. Pour Lénine, seuls les intellectuels déclassés peuvent importer le socialisme dans un prolétariat inapte àdépasser les seules revendications immédiates. Il concède seulement àune minorité ouvrière le privilège de rejoindre cette élite, àcondition de sortir de l’usine pour devenir des révolutionnaire professionnels. (Lénine, Que faire ?) Quant aux autres, il s’en remet ૠ l’action éducatrice de l’usine qui rompt le prolétariat àla discipline  ». La clairvoyante Rosa Luxemburg rétorque qu’on pourrait alors tout aussi bien s’en remettre àla discipline de la caserne ou de la bureaucratie... et s’en réfère directement àMarx : « Â Nous ne pouvons par conséquent faire route commune avec des gens qui déclarent ouvertement que les ouvriers sont trop incultes pour se libérer eux-mêmes et qu’ils doivent être libérés par en haut, c’est-à-dire par des grands et petits-bourgeois philanthropes. 12  »
Non pas apprendre la révolution mais apprendre de la révolution
Pour autant, elle ne croit pas qu’il suffit simplement d’attendre le réveil des masses, le rôle des militants dans la prise de conscience de classe n’est pas neutre. Ils attisent les contradictions, àcondition de se mêler eux aussi àla lutte, seule condition d’un véritable apprentissage : « Ce n’est qu’au cours de la lutte que l’armée du prolétariat se recrute et qu’elle prend conscience des buts de cette lutte. L’organisation, les progrès de la conscience (Aufklärung) et le combat ne sont pas des phases particulières, séparées dans le temps et mécaniquement, […] mais au contraire des aspects divers d’un seul et même processus. 13  » À la différence du léninisme, c’est donc au sein de la classe ouvrière que se recrutent les « Â accoucheurs de la révolution  »Â : « Â Six mois de révolution feront davantage pour l’éducation de ces masses actuellement inorganisées que dix ans de réunions publiques et de distributions de tracts. 14  »

Mais, le spectacle de la social-démocratie allemande l’éclaire aussi sur les dangers de la bureaucratisation et de l’arrivisme : « Â Il s’agissait d’initier et d’entretenir une dynamique d’autoéducation nourrie par une conscience politique particulière, celle de la nécessité du combat révolutionnaire. Le « Â savoir  » des élèves-militants ne devait toutefois pas constituer un « Â capital  » àvaloriser dans le vaste champ d’opportunités offertes par une social-démocratie de plus en plus incapable de se penser en dehors du rapport social dominant.  » (Avant-propos au tome II des Å’uvres de Rosa Luxemburg, p. 10)
Renvoyant dos-à-dos l’arrivisme social-démocrate et l’avant-gardisme léniniste comme deux facettes de la bureaucratie, Rosa en appelle àune nouvelle forme d’organisation, dépassant l’opposition dirigeants/dirigés dans et même hors du parti : « Â le seul “sujet†auquel incombe aujourd’hui le rôle de dirigeant, est le “moi†collectif de la classe ouvrière, qui réclame résolument le droit de faire elle-même des fautes et d’apprendre elle-même la dialectique de l’histoire […] les erreurs commises par un mouvement ouvrier vraiment révolutionnaire sont historiquement infiniment plus fécondes et plus précieuses que l’infaillibilité du meilleur “comité central†  » (p.138)

Reste que Rosa Luxemburg peine àsurmonter certaines contradictions, et en tout premier lieu cette résignation àn’instruire qu’une infime frange des dominés. Entre les masses attendant sagement leur « Â entrée dans l’histoire  » et une poignée d’élus rompus aux subtilités du socialisme scientifique, le fossé risque de ne jamais se remplir. N’y a-t-il pas làun frein àl’espoir d’engager une éducation réellement populaire ambitionnant de changer le monde ? Lui manquait-il certaines intuitions que sa formation et son parcours au sein de la social-démocratie l’empêchaient d’approfondir ? Un de ses compatriotes polonais, Jan Waclav Makhaïski 15 s’efforça d’analyser et de dénoncer le « Â socialisme des intellectuels  » issu du marxisme, dans sa version réformiste ou révolutionnaire. La spécificité du syndicalisme allemand et le poids du parti l’écartèrent peut-être aussi des expériences d’éducation ouvrière au sein des Bourses du travail animées par les syndicalistes révolutionnaires français. S’y pratiquaient alors une éducation dans et par les luttes quotidiennes, appuyée par le « Â refus de parvenir  », en attendant « Â le grand soir  ».
La question éducative ne cessa de hanter le mouvement allemand : dans les insurrections qui suivirent l’écrasement de la commune de Berlin, comme àMunich ou dans le développement des écoles de Hambourg.

À l’école des luttes sociales

Loin d’être anecdotique, l’attention portée aux questions d’éducation traverse donc l’œuvre de Rosa Luxemburg. Cela n’en fait certes pas une « Â pédagogue  » et encore moins le « Â modèle  » d’une pratique utile et transférable en milieu scolaire. À l’appétit de savoir des dominés (confirmé, par exemple, par l’engouement pour les universités populaires), Luxemburg fixe un horizon collectif et social. Elle donne aussi un cadre àces apprentissages : l’éducateur doit se plonger dans les luttes et non se retirer du monde pour l’étudier : « Â La formidable emprise de l’État sur l’ensemble des formes d’organisations sociales a achevé de faire du “socialisme des intellectuels†le fin du fin de la critique radicale. En renforçant la différenciation enseignant-enseigné, facilité par la division du travail, ce socialisme des intellectuels a tenu les classes exploitées àune distance suffisante pour n’en faire guère plus qu’un sujet d’étude.  » (Avant-propos au tome II des Å’uvres de Rosa Luxemburg, p. 10).

Puisque « Â Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde  » et qu’« il s’agit maintenant de le transformer  », l’expérience de Rosa Luxemburg peut nous aider àtracer les lignes de ce que pourrait être cette formation – ou cette autoformation – capable d’armer ceux et celles qui luttent au sein du mouvement social. En ce sens, elle fixe un horizon àl’éducation populaire et la replace résolument dans une perspective politique. En dépassant les oppositions entre enseignant et enseigné, comme préalable au dépassement du clivage dirigeant/dirigé, on retrouve chez elle des débats que d’autres réactiveront plus tard. L’émergence d’un « Â intellectuel collectif  » ou bien encore le rôle et la place de l’expert dans le mouvement d’émancipation sont des questions qui alimentent toujours les discussions militantes. L’itinéraire et les réflexions de Rosa Luxemburg continuent ànous interpeller. â– 

Grégory Chambat, Enseignant, CNT éducation 78.

« Â Cette remarquable petite femme était née en Pologne dans une famille juive. Infirme, allemande par alliance, emprisonnée durant la Première Guerre mondiale, elle était devenue àsa libération l’un des chefs de la révolution socialiste manquée de 1918. Elle fut l’un des grands esprits de l’époque. C’était elle qui avait baptisé les nouveaux socialistes allemands les "Spartakistes", elle qui observait avec un mélange de joie et de désespoir ce qui se passait en Russie, elle qui écrivit en1919, juste avant d’être assassinée par les Allemands : "La liberté accordée aux seuls partisans du gouvernement, la liberté accordée aux membres d’un seul parti – quel que soit leur nombre – n’est pas une vraie liberté. La liberté sera toujours la liberté pour l’homme qui pense différemment. Cette affirmation n’est pas née d’un amour fanatique pour la justice abstraite, mais de la constatation que tout ce que la liberté politique a d’édifiant, de sain et de purifiant, émane de son caractère indépendant, et que la liberté perd toute vertu dès qu’elle devient un privilège."  » Howard Fast

■Bibliographie :

La publication des œuvres complètes de Rosa Luxemburg aux éditions Agone-Smolny est en cours, les deux premiers tomes sont déjàdisponibles :

Tome I. Introduction àl’économie politique, préface de Louis Janover, traduction par Jacqueline Bois.

Tome II. À l’école du socialisme, postface de Michael Krätke, traduction par Lucie Roignant.

Tome III. Le Socialisme et la France (àparaître), préface de Jean-Numa Ducange, traduction par Lucie Roignant.

Pour cet article nous avons consulté, outre les œuvres de Rosa Luxemburg, trois biographies :

Rosa Luxemburg, J.P. Nettl, édition abrégée par l’auteur, Spartacus, 2012, 566 p.

Rosa Luxemburg, la Rose rouge, Alain Guillerme, éditions Jean Picollec, 2002, 259 p.

Rosa Luxemburg, Paul Frolich, 1999 (on ne saurait trop conseiller au lecteur de fuir la pesante biographie signée Max Gallo...), ainsi que le texte de Daniel Guérin, Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire.

1. À l’école du socialisme. Œuvres complètes, tome II, Agone Smolny, 2012, 265 p.

2. « Â Les années perdues. 1906-1909  », chapitre VIII, Rosa Luxemburg, J.P. Nettl, édition abrégée par l’auteur, Spartacus, 2012, 566 p.

3. Rosa Luxemburg, « Â Notre programme et la situation politique  », intervention au congrès de fondation du Parti communiste d’Allemagne (KPD), 30 décembre 1918.

4. Sur les ambiguïtés de la postérité de Rosa Luxemburg et ses nombreuses « Â récupérations  », voir J.P. Nettl, op. cit., p. 28 et suivantes.

5. Le SPD rassemble, en 1914, 1,5 millions d’adhérents et les syndicats 2,5 millions.

6. Anton Pannekoek (1873-1960) était un astronome et astrophysicien, militant communiste nééerlandais. Il participa au développement du mouvement communiste aux Pays-Bas et en Allemagne et devint dans les années 1920 une figure de la gauche communiste opposée aux conceptions de Lénine. Il est l’auteur des Conseils ouvriers (1936), texte emblématique du conseillisme. Il fut sommé par la police allemande de quitter l’école en 1907 du fait de sa nationalité étrangère. Ce départ, comme celui d’Hilferding, lui aussi étranger, contribua au recrutement de Rosa Luxemburg.

7. Cité par J.P. Nettl, op. cit., p. 243.

8. « Â Ã‰cole du syndicat et école du parti  », 21 juin 1911, Å’uvres complètes, tome II, p. 28. Pour comprendre cette opposition, il faut aussi se rappeler qu’en Allemagne, les syndicats sont une émanation du parti.

9. Rosa Luxembourg, Grève de masse, parti et syndicats, Maspero, 1976, 113 p.

10. Journal social-démocrate de Francfort, le 18 aoà»t 1914 cité par Alain Guillerme dans Rosa Luxemburg, la Rose rouge, éditions Jean Picollec, 2002, p. 160.

11. Rosa Luxembourg, Grève de masse, parti et syndicats, Maspero, 1976, p. 114.

12. Lettre circulaire adressée par Marx et Engels aux chefs de la social-démocratie allemande (citée par M. Rubel, in Cahiers de l’ISEA, nov. 1970, p. 2013.).

13. Rosa Luxemburg, « Â Questions d’organisation de la social-démocratie russe  », 1904, in Marxisme contre dictature,  Paris, Spartacus, 1946, p. 21.

14. Rosa Luxemburg, Grève de masse, parti et syndicats, 1906.

15. Jan Waclav Makhaïski (1866-1926), révolutionnaire polonais soumit la social-démocratie allemande et les marxistes russes àune impitoyable critique. Selon lui, le socialisme ne serait que l’idéologie d’intellectuels qui profitent de la position centrale qu’ils occupent dans la société capitaliste (gestion de l’économie, contrôle de la production, monopole des connaissances) pour s’ériger en nouvelle classe dominante.

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