CNT 66

PRIMES SUR LES DIVIDENDES : UNE GOUTTE D’EAU SUR L’OCÉAN DES BÉNÉFICES...

mardi 18 octobre 2011

Chaque jour les montants de nouvelles primes sur les dividendes sont annoncés, confirmant l’ampleur dérisoire de cette réforme avec laquelle Sarkozy espérait se racheter une caution sociale.

C’est avec un bel enrobage social et moult effets d’annonce que le gouvernement avait annoncé la création de cette prime au printemps dernier, nous promettant quasiment que c’en était fini des abus de la finance et de l’actionnariat àtout crin et qu’il s’attaquait pour de bon àla répartition des richesses.

Les syndicats avaient protesté contre cette véritable « poudre aux yeux  », mais une nouvelle fois, nos ministres, sà»rs de leur fait, et satisfaits de la couverture médiatique ne s’étaient pas aventurer plus loin qu’une mesure tout juste inefficace.
A l’heure où les comptes se font, et alors que seulement un tiers des entreprises concernées ont engagé des négociations, on voit bien que cette mesure n’est qu’une mascarade. Elle rapportera en moyenne àpeine 200 euros à4 millions d’employés, soit 800 millions d’euros redistribués. On se rappelle qu’au printemps dernier, le simple CAC 40 annonçait 83 milliards d’euros de bénéfice pour 2010, la redistribution réalisée est donc de moins d’un pour cent des bénéfices du CAC 40 alors que cette prime est censée toucher toutes les entreprises de plus de 50 salariés ! Pire, nombres de ces primes stagnent autour de montants ridicules : 3,50 euros chez Sécuritas, 24 euros chez Ipsos, le cabinet de sondage dirigé par Laurence Parisot, patronne du Medef.

Au-delàde l’agitation médiatique, on voit une nouvelle fois qu’il n’y a rien àattendre du gouvernement. Il continue àfavoriser la multiplication de primes qui, exonérées d’impôts sociaux, continuent un peu plus àcreuser les déficits de la Sécu et des retraites.

Il est important de rappeler qu’àl’opposé de la multiplication de ces primes, il est nécessaire de revendiquer une augmentation du salaire socialisé, dont une part est allouée aux systèmes de solidarité. Et seules les augmentations obtenues par une lutte syndicale d’ampleur pourront avoir un goà»t de justice sociale, tout en gardant àl’esprit qu’il n’y aura pas de véritable répartition des richesses tant que celle-ci ne sera pas décidée par les travailleurs eux-mêmes.

D’ailleurs, la question des rémunérations ne se pose pas dans les coopératives de production où ce sont les travailleurs qui décident, entre eux, de la part dédiée àl’entreprise et de la part qu’ils se réservent àeux-mêmes.
Il est aussi ànoter que cette forme de société reste celle qui résiste le mieux àla crise, comme le rappelle, pour 2011, le dernier rapport de la CICOPA (Confédération Internationale des Coopératives).

Une fois de plus le capitalisme et la protection que lui donnent nos gouvernements successifs, nous montre bien qu’il est urgent de se mettre àtravailler tous, moins et autrement.

Le Secrétariat Relations Médias de la CNT
Publié le 17 octobre 2011.


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