CNT 66

Scrutin syndical dans les TPE : l’État et le patronat ont déjàchoisi le résultat !

mardi 13 décembre 2016

Suite àl’annonce du report de la mesure d’audience des organisations syndicales dans les TPE, la CNT tient àdénoncer les manÅ“uvres qui conduisent aujourd’hui àbiaiser compleÌ€tement le scrutin àvenir. Nous rappelons tout d’abord que ce scrutin devait se dérouler initialement du 28 novembre au 12 deÌ cembre, et que c’est la Ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui a décidé le report en raison de la procédure juridique en cours et initiée par la CGT contre le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) et le LAB au Pays Basque.

À ce titre la CNT tient tout d’abord aÌ€ deÌ noncer l’attitude de la CGT, qui use aujourd’hui de tous les moyens possibles pour conserver son heÌ geÌ monie avant meÌ‚me l’eÌ lection, au deÌ triment des organisations qui remettent en question ses strateÌ gies syndicales. La CNT consideÌ€re que la fronde juridique que meÌ€ne la CGT actuellement contre certaines organisations syndicales est bien politique et s’oppose totalement aux inteÌ reÌ‚ts directs des travailleur.ses. En effet, les organisations syndicales sont des outils de la classe ouvrieÌ€re et les travailleur.se.s doivent pouvoir choisir eux-meÌ‚mes et elles-meÌ‚mes et librement quels sont leurs outils de luttes, que ce soit en Corse, au Pays basque, ou ailleurs.

D’autre part la CNT tient àinterpeller le ministère du travail sur le fait que ce report porte un préjudice conséquent aux organisations syndicales candidates et notamment aux plus modestes. En reportant le scrutin, c’est tout le matériel syndical de ces organisations - des milliers d’affiches, d’autocollants, de tracts - qui a été rendu caduque (dates erronées) après avoir été financé par les cotisations des travailleur.se.s adhérent.es àces organisations. La CNT exige donc du ministère du travail qu’il prenne entièrement aÌ€ sa charge le preÌ judice financier occasionné par sa deÌ cision de report.

De plus, la CNT tient àexprimer sa surprise quant àla répartition de l’aide financieÌ€re versée aux organisations candidates pour réaliser leur campagne. En effet, pour certaines organisations le montant de cette allocation est plus de 50 fois supérieure àce qui a eÌ teÌ versé àd’autres. Interpelleée aÌ€ ce sujet par la CNT lors de la dernière commission nationale des opeÌ rations de vote, la Direction GeÌ neÌ rale du Travail nous a reÌ pondu que ce sont les organisations syndicales repreÌ sentatives qui avaient beÌ neÌ ficieÌ de l’allocation la plus importante.

ReÌ ponse qui nous laisse dubitatives, dans la mesure où c’est théoriquement l’élection dans les TPE qui est censée juger de la représentativité ou non des organisations syndicales, mais également parce que certaines organisations syndicales non représentatives sur le plan national et interprofessionnel font également partie des organisations les mieux loties ! Le ministére du travail a donc visiblement déjàchoisi ses interlocuteurs syndicaux, avant meÌ‚me l’expression des travailleur.se.s !

Enfin la CNT dénonce le choix des nouvelles dates de l’élection TPE, qui se déroulera donc du 30 deÌ cembre au 13 janvier, c’est àdire, pendant les fêtes de fin d’année ; période où de nombreux travailleurs.se.s seront en congés, afin de jouir d’un repos on ne peut plus meÌ rité.

La CNT constate donc qu’entre l’attitude déloyale de la CGT vis àvis de certaines organisations syndicales et le report du scrutin et ses différentes conséquences, ainsi que la discrimination financière opérée par l’État vis àvis des différents candidats, tout est aujourd’hui fait pour que l’élection dans les TPE se tienne au détriment des travailleur.se.s eux-elles mêmes.

Et ce d’autant plus que les salarié.es des TPE éprouvent la plus grande difficulté àpouvoir s’organiser collectivement avec un droit syndical inexistant dans ces entreprises. En somme, ils ne sont plus libres de se syndiquer et ne sont plus libres de leurs choix de vote.

C’est dans ce contexte que la CNT rappelle qu’au-delàde cette élection, c’est bien en menant un syndicalisme de combat que les travailleur.se.s des TPE et les salarié.es des particuliers gagneront des conditions de travail décentes, des emplois stables et justement reÌ munérés, une véritable protection sociale et feront respecter leur dignité au travail. Si le scrutin du 30 deÌ cembre au 13 janvier sera l’occasion pour les travailleur.se.s d’envoyer un signal fort aÌ€ lÉtat et au patronat en soutenant un syndicalisme de combat, nous rappelons que c’est bien en s’organisant et en luttant que la classe populaire pourra s’émanciper de ceux qui la dominent.

La CNT.

document joint
CP_TPE_04_12_2016 (PDF - 135.2 ko)


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