Le rouleau compresseur encore à l’œuvre

Après la loi El Kkomri sous Hollande, les ordonnances Macron pour réduire les défenses des salariés du privé, maintenant le gouvernement s’en prend aux agents des services de l’État (hospitaliers, enseignants, territoriaux, postiers, cheminots qui sont au service des citoyens, donc de nous tous).

Pour le gouvernement et les médias, les « experts », il s’agit de faire comprendre que les fonctionnaires sont trop nombreux (mais qui les a embauchés ? ) trop nombreux aussi quand la volonté est de réduire drastiquement les services rendus au plus grand nombre et notamment les plus démunis. Trop protégés par leur statut (passés sous silence, les milliers à perdre leur emploi chaque année aux mêmes motifs que ceux qui sont appliqués dans le privé). Et au fait cette protection toute relative, est-ce qu’elle ne serait pas agréable à tout le monde, partout et surtout dans le privé…

Mais au nom de l’égalité de traitement, (par le bas bien sûr) il faudrait raboter comme dans le privé même si c’est déjà en cours à La Poste, l’éducation etc.) :

  • un recours massif aux contractuels, et CDD... Le développement de la rémunération dite « au mérite » qui participe à l’individualisme et crée une ambiance détestable dans les services, sur laquelle s’assoie tranquillement la hiérarchie ;
  • l’accompagnement des départs (vers la sortie), à l’occasion des fermetures de service car « les agents n’ont plus vocation à faire le même métier pendant toute leur vie professionnelle ».

Bref, tout comme dans le privé. Ce privé qui dans ces conditions marcherait tellement bien… pas de retard de livraison, pas de problèmes de qualité, pas de problème de service rendu grâce à une organisation efficace surtout pour les actionnaires mais qui intensifie la pression sur les salariés. Arrêts maladie, burn-out, souffrance au travail sont le plus souvent la rançon de cette soi-disant efficacité.

Et dans le public ce manque d’efficacité à quoi est-il dû ? Aux exécutants ou au manque d’organisation des superstructures avec ses quantités de directeurs et de hauts fonctionnaires aux ordres de ministres qui régulièrement donnent le tournis à leurs administrations.

Pas plus que dans le transport, dans la métallurgie et dans les entreprises privées, pas plus qu’à l’hôpital, pas plus que dans l’enseignement, ou dans la fonction publique territoriale, le travailleur n’a à subir de pression sur son physique et sur son mental.

Il est temps que cessent les divisions, il est temps que cessent le repli sur soi et sur sa corporation.

Il est temps que se déploient la solidarité entre tous les corps de métier, entre tous les travailleurs qu’ils soient du privé ou du public pour faire face au rouleau compresseur libéral.

Y faire face, c’est regarder ses collègues au boulot, ses voisins de palier, les voyageurs du métro et du RER, et constater que la galère elle est à peu près la même pour tout le monde et que ce chemin il vaudrait peut-être mieux le faire ensemble.

Pour nous, ce « ensemble », c’est au syndicat

À la CNT c’est sans permanents salariés, sans hiérarchie, à égalité.

En mutualisant notre expérience et nos connaissances pour notre défense au quotidien.

Non seulement pour nous défendre, mais aussi pour projeter dès aujourd’hui dans le syndicat et demain dans l’ensemble de la société un monde d’hommes et de femmes à égalité et libérées du profit.

Le 22 mars, soutenons les agents des fonctions publiques

Auteur : CNT SIM-RP
Publié le : 20 mars 2018
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