Éducation : une grève à construire
Éducation : une grève à construire
En ce début d'année 2012, l'actualité dans les établissements scolaires est encore une fois très sombre. Réforme de l'évaluation des personnels pour accroître les pressions hiérarchiques, baisse des budgets de fonctionnement, et, comme tous les ans, des suppressions de postes.
Au niveau national, ce sont déjà environ 66 000 postes qui ont disparu depuis 2007, auxquels il faut ajouter les 14 000 nouvelles suppressions qui seront effectives pour la prochaine rentrée scolaire. En tout, ce sont donc 80 000 postes qui ont été supprimés. En région parisienne, l'académie de Versailles perd 750 postes, l'académie de Créteil, 595 et l'académie de Paris, 229, soit plus de 1 500 postes, dont 591 dans les écoles maternelles et primaires.
Les conséquences de ces suppressions de postes sont violentes pour la qualité d'enseignement et pour les conditions de travail des élèves et de leurs professeurs. Les effectifs par classe ont tendance à augmenter, des classes sont fermées, d'autres sont regroupées pour certains enseignements en lycée professionnel... L'attention portée aux élèves est moins importante, et les besoins de chacun sont pris en compte de façon plus difficile. À l'heure où les politiques parlent de la violence scolaire et de l'absentéisme des élèves, toutes ces suppressions de postes ne permettent pas d'y apporter une réponse pédagogique.
En parallèle de ces suppressions de postes, les heures supplémentaires se sont multipliées pour que les élèves aient un professeur devant eux. Alors certains, attirés par l'argent pour arrondir les fins de mois, acceptent d'augmenter leur temps de travail, même si cela se fait le plus souvent au détriment des élèves.
Enfin, pour être complet sur cette question des postes, il faut noter l'augmentation du recours aux contrats précaires pour remplacer les enseignants titulaires. Il y a dans certains lycée professionnel du 93 jusqu'à 30 % d'enseignants contractuels qui n'ont pas été formés et qui risquent de changer d'établissement d'une année sur l'autre. Le travail d'équipe devient alors impossible dans la durée. Surtout que certains sont obligés de partager leur temps entre plusieurs établissements. Et pendant ce temps-là, l'académie de Paris commence à recruter avec Pôle emploi des enseignants pour les écoles maternelles et primaires.
Face à cela, les syndicats de la CNT éducation mettent en avant l'unité des personnels au travers de l'entraide et de l'organisation en assemblée générale pour construire la mobilisation. Les grèves de vingt-quatre heures sans lendemain ne servent à rien. Il est indispensable de préparer dans la durée une grève forte et dure avec l'ensemble des personnels et avec les parents d'élèves.
Syndicat des travailleurs de l'éducation 93
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