Le 33 sous le signe de l’internationalisme :
cours de français du Baam et d’alphabétisation du SUBTP-RP

Les locaux autogérés de la CNT au 33, rue des Vignoles ont comme finalités, autres que celles qui relèvent du fonctionnement des syndicats, d’être insérés dans la quartier populaire du XXe arrondissement, même au-delà, et ainsi d’être un lieu d’échanges, de convergences des résistances, objectifs concrets qui se traduisent par des débats, des projections, des concerts pour la solidarité, l’accueil de l’Amap qui chaque jeudi remet ses paniers à ses adhérents/es.

Depuis quelques mois, l’association le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM) dispense des cours de français, et non des cours d’alphabétisation au sens strict, et nous avons rencontré Yara, coordinatrice du pôle français du BAAM qui a bien voulu répondre à nos questions, histoire de se côtoyer et de mieux se connaître.

Une démarche similaire est également assurée par le syndicat SUBTP-RP, syndicat du Bâtiment qui organise lui des cours d’alphabétisation et présente ici les modalités de réalisation de ces cours.

Le BAAM donne au 33 des cours d’alphabétisation. Peux-tu présenter votre association ?

Le BAAM est né suite à la mobilisation informelle pour venir en aide aux squatteurs de l’ancien lycée Jean-Quarré, il y a donc bientôt deux ans. Le BAAM ne se définit pas comme une association caritative ou humanitaire. Notre fonctionnement repose sur le principe de "faire avec" et non faire "à la place de". Les objectifs du BAAM sont l’accueil et l’accompagnement des personnes migrantes (demandeurs.euses d’asile, réfugié.es, sans-papiers, etc.), la lutte contre les discriminations dont elles sont victimes, la production de documents ressources critiques et informatifs à destination des migrante.s et des soutiens.

Le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants

Combien de mois dure une formation de base dirions-nous ?

Le BAAM dispense à priori des cours de français "d’urgence", c’est-à-dire des cours souples, facilement accessibles (pas de niveau ni d’inscription, ni même d’assiduité requis), pour pouvoir permettre aux personnes nouvellement arrivées de comprendre et de s’exprimer dans les situations quotidiennes auxquelles elles pourront être confrontées. Notre objectif est de faire acquérir à nos apprenants une autonomie linguistique, pas un niveau institutionnel pré-défini (A1, A2, etc.). Pour ces derniers, le BAAM aura plus tendance à informer les apprenants de l’existence d’autres cours (municipaux par exemple), et d’accompagner ceux qui le souhaitent dans l’inscription à ces cours, plus structurés.

Quelle est l’orgine géographique des personnes qui suivent ces cours ?

Les personnes qui suivent nos cours sont en grande majorité les réfugiés amenés par les vagues d’immigration que connaît l’Europe depuis quelques années. Aussi, les apprenants viennent généralement d’Afghanistan, du Soudan, du Tchad, de Somalie, d’Erythrée, mais aussi d’Égypte, de Libye, du Bengladesh, du Sri Lanka... Les cours sont ouverts à tous, donc si l’on regarde dans le détail, il y a sans doute une myriade d’autres origines géographiques !

Dans quels secteurs économiques travaillent, ou ont vocation à travailler, vos élèves ?

Question à laquelle il est difficile de répondre. Les apprenants demandeurs d’asiles qui fréquentent en majorité nos cours sont, de par leur statut, dans l’impossibilité de travailler. Mais quand leur situation permettra la recherche d’un travail, le secteur économique dépendra de leur qualification/niveau d’étude j’imagine (qui ne sera malheureusement pas souvent celle d’un cadre, entendons-nous...) : informatique, restauration, banque, cuisine... (ce sont des secteurs que j’ai pû personnellement constaté parmi mes apprenants)

J’ai remarqué que les personnes qui suivaient ces cours étaient plutôt des hommes. Y-a-t-il des cours destinés aux femmes ?

La réalité des migrations veut que ce soit en immense majorité de jeunes hommes qui arrivent en France, et qui donc de fait, assistent à nos cours. Une association avec laquelle nous sommes en contact dispense un cours exclusivement destiné aux femmes, mais il n’en existe pas de tels au BAAM. La seule tentative d’en mettre un en place (pour femmes et mineurs) n’a pas vraiment porté ses fruits.

J’espère avoir répondu à vos attentes !
Solidairement,
YaP - coordinatrice du pôle français du BAAM

Propos recueillis par Raphaël (CNT PTT 95).

Le BAAM

Pour contacter le BAAM :
Site internet : http://baamasso.org/fr/
Mail de l’association : baam.asso@gmail.fr

Pour faire des dons auprès du BAAM : https://baamasso.org/fr/faire-un-don/

Cours d’alphabétisation du syndicat CNT du bâtiment

Le Syndicat Unifié du Bâtiment (SUB) propose à tous les camarades qui le souhaitent des « moments d’alphabétisation », tous les samedis matin de 9h à 10h, qui s’adressent à des camarades francophones rencontrant des difficultés pour l’écriture et la formulation du français.

Cette année, nous avons travaillé autour du chant de l’Internationale, avec lecture et compréhension d’un couplet sur plusieurs semaines. Ce chant révolutionnaire aux mots et aux expressions poétiques mais parfois surannés, peut paraître d’un abord complexe… Il s’agit en fait plus d’un prétexte pour lancer la discussion sur les principes qui fondent nos luttes et formuler ses propres idées par rapport à son expérience personnelle. Le décorticage de la chanson permet également tant aux camarades formés qu’a l’animateur d’apprendre (mine de rien) les paroles de la chanson, chanson que nous avons alors pu chanter tous ensemble lors du 1er mai.

Ce cours d’alphabétisation est un moment de formation syndicale tant pour les camarades qui assistent au cours que pour les camarades qui créent le cours que pour celui qui le dispense (et qui change chaque semaine sur le principe assumé de rotation des tâches, par un quinzaine de camarades).

A partir de maintenant, les cours vont se recentrer sur la préparation aux épreuves de français lors d’une demande de naturalisation. Avant l’étude de l’Internationale, des cours en lien avec les compétences techniques des camarades et le champ lexical pratiqués sur les chantiers avaient été dispensés.

Syndicat CNT SUBTP-BAM-RP

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