Agent·es des écoles en grève : lettre ouverte à Éric Piolle, Maire de Grenoble

Nous relayons ici la lettre ouverte rédigée par l’intersyndicale ce lundi 28 mars 2022 concernant la situation du personnel dans les écoles grenobloises [voir l’article ici]

Encore une fois ce n’est pas nous, c’est eux, le préfet, le gouvernement… Après trois réunions de dialogue social avec l’élu du personnel, il n’y a plus aucun doute c’est un monologue social et il n’écoute et n’entend pas les revendications des agent·e·s, il les méprise.

Les agent·e·s sont contre la mise en place des 1607h dans le service Direction Éducation Jeunesse, telle qu’imposée par la municipalité et la direction : revenir travailler sur du temps de repos. Non, Monsieur le maire, ce n’est pas comme cela qu’on améliore la Qualité de vie au travail. La seule façon d’améliorer les conditions de travail c’est la baisse du temps de travail, des emplois pérennes et des embauches à temps plein.

Les agents veulent effectuer 7 minutes de plus par jour comme dans la plupart des services, d’autant plus que tous viennent déjà 10 minutes avant la prise de poste.

Atsem, Animateur·trice·s périscolaire, Agent·e·s d’entretien et de restauration sont unanimes pour dénoncer le manque constant de personnel, l’accroissement des charges de travail, l’épuisement professionnel, la précarité de leurs statuts, le non-respect des taux d’encadrement légaux.

Ce service est dans une grande précarité. Certes une dé-précarisation est prévue pour la ligne hiérarchique de la filière animation. Cependant, vous êtes encore très loin du compte car cela ne résoudra en rien le manque récurrent d’animateur·trice·s périscolaire et le non-respect du taux légal d’encadrement pour la sécurité des enfants. De même, les propositions que vous faites sont insuffisantes pour répondre aux revendications des agent·e·s d’entretien et de restauration qui croulent sous le travail, cantonné·e·s pour la majorité à temps non-complet imposés et aux Atsem qui réclament toujours une Atsem par classe. Le remplacement des agent·e·s absent·e·s n’est toujours pas assuré. Enfin, les contrats annualisés ou horaires, privent des droits légitimes (chômage au rabais, absence de participation employeur…).

La mise en place des 1607h que vous imposez, en plein milieu de l’année scolaire va fortement impacter la vie professionnelle et personnelle des agent·e·s : frais de garde en plus, trajets supplémentaires, journées à rallonge… sans augmentation de salaire. Vous ne pouvez ignorer, dans un contexte de forte hausse du coût de la vie, que vous allez précariser d’avantage ces salarié·e·s, majoritairement des femmes, dont beaucoup élèvent seules leurs enfants.

Aujourd’hui vous attaquez le droit de grève et mettez la pression aux agent·e·s en les menaçant de sanction. Vous allez au-delà de ce que veut le gouvernement avec la loi dite de “Transformation de la fonction publique” qui permet aux communes d’attaquer le droit de grève en ouvrant des négociations pour certains services. En effet vous l’imposez en vous cachant derrière une décision du tribunal administratif déposée par une organisation syndicale la FSU à Aix-en-Provence, commune de droite. Peut-être ne le savez-vous pas mais certains élus de la majorité, dont l’élu au personnel, sont adhérents de ce syndicat et vous décidez malgré tout de l’appliquer, alors que rien ne vous y oblige. Nous vous rappelons que votre majorité municipale est composée de EELV, La France Insoumise, du PCF et d’autres composantes…

Le service de la Direction Éducation Jeunesse est en souffrance depuis des années et vous êtes, Monsieur le Maire, le seul responsable de la dégradation des conditions de travail et de la qualité du service public en refusant obstinément d’accéder aux revendications des agent·e·s.

Les Animateur·trice·s périscolaire, les Atsem, les Agents d’entretien et de restauration sont en grève reconductible depuis le 28 mars 2022. Elles et ils ne font pas grève pour le plaisir ou gêner qui que ce soit, mais pour améliorer leurs conditions de travail, assurer un service public de qualité pour garantir la sécurité des enfants. Vous avez donc la possibilité, Monsieur le Maire, de changer le cours des choses dans les jours à venir.

Meilleures salutations intersyndicales.

CGT, CFDT, FO, SUD, CNT, CFTC

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