Émeutes populaires contre les crimes racistes aux Etats-Unis

Le 25 mai 2020 George Floyd, 46 ans, décède lors de son interpellation à la suite des violences policières. Une vidéo montre le genou du policier posé sur la gorge de l’intéressé alors qu’il murmure « je ne peux plus respirer ». Ce n’est qu’après 3 nuits d’émeutes que le policier est inculpé, ses 3 collègues ne sont pas inquiétés. Cette mort s’ajoute à une longue liste. Chaque année dans ce pays, que certains proclament «le paradis de la démocratie», entre 900 et 1000 personnes meurent sous les coups de la police (1004 en 2019). Parmi les victimes une forte proportion d’afro-américain.es. Le même scénario macabre se répète régulièrement :

-Le 23 février 2020 à Brünswick, ville de Géorgie, deux hommes blancs, le père ancien policier et son fils abattent Ahmaud Arbery, jeune homme noir faisant jogging. Les deux responsables de cette mort n’ont été inculpés qu’après une mobilisation. La personne qui a filmé les faitsn fait l’objet de pressions.

-En 2014 deux policiers sont à l’origine du décès d’Alton Sterling, à Bâton-Rouge en Louisiane.

-En 2015 Eric Garner mourait entre les mains de la police newyorkaise, acte qui allait amplifier le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent »),afin que justice soit rendue aux victimes de violences policières. L’auteur des faits échappe à toute condamnation.

-Le 24 avril 2015 c’est un jeune de 15 ans, Jordan Edwards, qui est tué par un policier dans la banlieue de Dallas. -En juillet 2016 Philando Castile est abattu par un policier lors d’un contrôle routier à Falcon Heights dans le Minnesota. Le 16 juin 2016 le policier responsable du meurtre est acquitté.

-En avril 2015 c’est à Baltimore que des émeutes éclatent après la mort du jeune Freddie Gray.

Ces assassinats commis par les forces de l’ordre sont des actes racistes. La justice, dans la plupart des cas relaxe et acquitte les auteurs des faits. Les victimes appartiennent aux catégories sociales exploitées, opprimées. Cela révèle l’existence d’une société où les discriminations ont force de loi.

Les émeutes populaires ou la légitime défense collective face à l’injustice.

Ce n’est pas la première insurrection spontanée qui se déclenche en réaction à de tels assassinats. La classe ouvrière, le peuple est victime d’une répression de classe que cautionne la justice àla botte du pouvoir.Face à des actes ignobles, le soulèvement, l’émeute est une réaction immédiate, un geste de survie des catégories sociales qui exigent le droit à la dignité.Si l’apartheid est supprimé sur le papier il n’en est pas de même dans la réalité.Le racisme demeure une gangrène véhiculée par les suprémacistes blancs, les nostalgiques du Klu-Klu-Klan.Mais désormais c’est avec l’uniforme de la police, à visage découvert, et en toute impunité que l’on exécute, au coin d’une rue, dans un commissariat. Il est à craindre qu’une violente répression ne frappela population de Minneapolis. En ce sens le président Trump, qui bénéficie de nombreux soutiens parmi la mouvance suprémaciste blanche, a twitté « …Si des émeutes commencent, on commencera àtirer… », phrase qui fut celle du chef de la police de Miami à la fin des années 60 lors de violences raciales qui eurent alors lieu dans cette ville. L’histoire nous a enseigné de quelle violence l’état américain était capable, des agressions à la bombe contre des militant.es des Black Panthers, des provocations et des peines de prisons à vie qui frappent ceux et celles qui osent résister. Les exemples ne manquent pas:Léonard Peltier, militant de la cause indienne qui croupit en prison depuis 40 ans ou Mumia Abu Jamal qui a plus de 37 années de pénitencier. Nous n’oublions pas les militants.es du syndicat des Industrial Workers of the World (IWW) pourchassés.es, emprisonnés.es, exécutés.es comme Joe Hill. La liste est longue…Internationaliste notre syndicalisme de classe ne saurait être indifférent à ces évènements et il est de notre devoir d’œuvrerà une solidarité avec les victimes de la répression. Nous savons que la pouvoir américain attise lesdivisions parmi les travailleuses et les travailleurs pour mieux exploiter et opprimer. Ce qu’avaientcompris les BlackPanthers qui menaient une lutte antiraciste radicale du point de vue de la lutte des classes. Aujourd’hui le peuple, uni, est dans la rue.

SOLIDARITÉ AVEC LES VICTIMES DES VIOLENCES POLICIÉRES A MINNEAPOLIS COMME AILLEURS !!

LA CNT

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