Retour sur l’acte IX des gilets jaunes à Bordeaux

> Témoignage

Samedi 12 Janvier 2019

Nous nous retrouvons vers midi à notre local syndical. Des camarades venu.e.s du Sud-Gironde ont été contrôlé.e.s à l’entrée de la ville, alors qu’ils ne portaient pas de gilets jaunes.

Arrivé.e.s place de la Bourse, on rejoint plusieurs milliers de personnes, dont des salarié.e.s de l’usine Ford, des camarades du syndicat Solidaires, des étudiant.e.s, avec une banderole et un mégaphone qui donneront toute leur énergie dans la manifestation qui a suivi.

Nous avons pu voir plusieurs pancartes dénonçant les violences policières et des affiches représentant des personnalités politique mutilées par la police telles que Macron et Castaner.

Après un tour de la place, on ne constate pas la présence de groupe de militant.e.s d’extrême droite. Pourtant nous apprendrons plus tard, qu’en tête de cortège, une bagarre a eu lieu entre certains d’entre eux, finalement démasqués, et des gilets jaunes. Un camarade en a aussi aperçu un en fin de cortège, vêtu d’un gilet jaune sur lequel on pouvait lire «  Nationaliste jusqu’à la mort de la république ». La semaine précédente, un affrontement assez violent avait eu lieu devant la bourse du travail, alors qu’une dizaine de fascistes refusaient de quitter le cortège.

Ce samedi nous déambulons partout dans la ville pendant 3 ou 4 heures en chantant des slogans. Les forces de l’ordre protègent essentiellement le cours de l’intendance où se trouvent les grands magasins, mais aussi Meriadeck, la Préfecture et l’Hôtel de ville.

Ils commencent à gazer devant le grand théâtre à plusieurs reprises. Malgré l’opposition de quelques manifestant.e.s un petit feu est allumé mais s’éclipse vite ne trouvant pas succès. Puis la manifestation repart direction Pey-Berland, lieu habituel d’affrontements depuis le début du mouvement. La mairie est bien protégée par des grilles anti-émeutes et les forces de l’ordre.

Nous sommes accueilli.e.s par des lances-à-eau et des jets de grenades lacrymogènes qui ne suffisent pas à briser la détermination des personnes présentes. Un bureau de la gendarmerie nationale protégé par des planches de bois et une banque sont attaqués.

Il faudra attendre une heure avant que des CDI (Compagnie Départementale d’Intervention = policiers très mobiles) et les effectifs de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) arrivent sans que l’on puisse l’anticiper, par une petite rue (rue du Loup), en tirant des flashballs en rafale sur tout ce qui bouge. On assiste à un véritable passage à tabac des manifestant.e.s. Nous prenons la fuite via le cours pasteur en entendant les balles siffler autour de nous, plusieurs personnes s’écroulent, c’est affolant.

Il y aura 42 interpellations selon les médias et plusieurs blessé.e.s dont deux gravement touchés à la tête. Un pompier de 47 est aujourd’hui dans un coma artificiel et un ouvrier de 23 ans a perdu l’usage de son oeil.



Nous dénonçons l’impunité des forces de l’ordre, dernier rempart entre le peuple et le gouvernement. La répression du mouvement des gilets jaunes montre la peur des élites envers la contestation populaire. Nous pensons que la démission de Macron n’améliorera pas notre quotidien si un.e autre dirigeant.e s’impose et décide à notre place.

Nous n’accordons aucune confiance en la démocratie représentative. Seule la démocratie directe donne la possibilité à chacun.e d’être entendu.e. C’est pourquoi nous avons décidé de nous organiser dans un syndicat autogestionnaire, afin de la combattre ensemble.

La solidarité est notre arme ! C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !


Les articles de Rue89 Bordeaux sur la manifestation :

Plusieurs blessés durant l’acte 9 à Bordeaux

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Syndicat CNT de la Gironde

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