Retour sur la journée du 19 Mars à Bordeaux

> Billet d’humeur

Encore un manifestation mensuelle, saute-moutons, saucisse-merguez, qui ne sert à rien. Si je n’étais pas au chômage je n’aurais sûrement pas perdu ma journée de salaire pour cela. Voilà ce que je me dis ce matin en marchant en direction de la place de la république.

En arrivant j’y croise quelques camarades, la CGT est présente en force, FO, FSU et Solidaires sont aussi de la partie. Le secteur de l’éducation semble mobilisé, on aperçoit plusieurs banderoles dénonçant la loi Blanquer et des tracts nous sont distribués.

En m’approchant du camion de l’UD CGT, je croise plusieurs dizaines de gilets jaunes qui semblent déterminé.e.s à prendre la tête de cortège. Nous décidons alors de les suivre. C’est donc reparti comme à l’époque de la loi travail, la bureaucratie syndicale s’arrête régulièrement pour laisser une distance avec la tête. Les directions syndicales ne souhaitent visiblement pas être associée à ces «  casseurs.e.s qui ne travaillent pas ». Quel Mépris ! Un de leurs slogans stipulait pourtant « tous.tes uni.e.s contre l’austérité»…

En tout cas, les gilets jaunes sont rapidement rejoint.es par des manifestant.e.s qui réuniront une centaine de personnes en avant de la marche.

A la fin de la manifestation, devant la Préfecture, la FSU appelle parents d’élèves et enseignants à un nouveau rassemblement contre la loi Blanquer pour le samedi 30 mars à 14h, mais précise aussitôt que ce rassemblement aura lieu place de la République.

Dommage pour les nombreux.ses parents d’élèves et enseignant.es gilets jaunes, et aux personnes solidaires de cette lutte, qui se rassemblent depuis 4 mois place de la Bourse à la même heure ! Devrons-nous nous scinder en deux ce jour-là ?

Visiblement les questions déterminantes de convergence des luttes, de construction d’un rapport de force, ici maintenant, passent décidément au-dessus des têtes des « dirigeants syndicaux ».

Alors même que depuis plus de 4 mois nous connaissons un mouvement social inédit, tant par sa durée, que sa détermination et son dynamisme, un mouvement qui a su remettre en cause de façon radicale les inégalités et la brutalité que génèrent le capitalisme, ce syndicalisme apparaît comme déconnecté du réel, et se révèle a minima impuissant…

Le pouvoir, politique et patronal, n’a pas de souci à se faire si nous ne mettons pas rapidement un terme à ces pratiques perdantes qui continuent de nous diviser et n’ont pour seul effet qu’affaiblir nos luttes !

Ceci dit, après cette petite déambulation, le bruit court qu’une action est prévue au Starbucks cours Victor Hugo. Nous nous dirigeons donc vers là-bas, malheureusement les responsables de l’enseigne ferment leurs portes sentant le coup venir. Mais nous ne restons pas sur une défaite, direction la promenade sainte Catherine. Ni vu ni connu l’enseigne est envahie en chantant des slogans comme «  Starbucks paye tes impôts ! »1. C’est ensuite au tour de Mac Donald2. Tout cela se déroule dans une bonne ambiance, il y a un même un drapeau CGT. Les employé.e.s derrière les comptoirs arborent un large sourire. Seul le vigile se fait prendre à partie car il prévient les forces de l’ordre, ce qui n’est pas apprécié de tous.tes.

Nous repartons rue sainte Catherine toujours en chantant des slogans. En passant devant les galeries Lafayette nous voyons les grilles du magasin se baisser et les vigiles s’interposer violemment, ce qui provoque les huées des manifestant.e.s.

Les forces de l’ordre arrivent à ce moment-là et tout le monde se disperse. Plusieurs personnes sont interpellées. Alors même qu’un des vigiles affirme qu’elles ne sont pas en cause, au moins neuf personnes seront tout de même menottées, puis embarquées, comme ça, sur simple plainte orale, sans preuve, sans enquête. Une police expéditive, au vu et au su de tous.tes !

Aussi nous apportons tout notre soutien à ces initiatives autonomes qui redonnent un peu d’espoir dans la lutte et dénonçons la répression policière dont est victime ce mouvement au quotidien.

Pour finir, nous soulignerons que Sud Ouest s’est encore illustré par sa partialité, et son manque de professionnalisme, quand nous constatons que la présence des GJ dans le cortège syndical n’est même pas évoquée dans son article sur la mobilisation d’aujourd’hui, et que le deuxième article, à charge contre les gilets jaunes sur l’action « Paye tes impôts !», est en outre parsemé d’erreurs sur le déroulements des faits. Le journal continue de parler d’elleux comme des casseurs.e.s.

Peut-être une nouvelle action est à prévoir…

1https://www.liberation.fr/france/2018/08/26/starbucks-la-machine-a-cafe-en-gains_1674683

2https://www.liberation.fr/planete/2018/05/19/optimisation-fiscale-mcdonald-s-epingle-par-un-nouveau-rapport_1651149

Interco33

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