La préfecture de Gironde veut éradiquer les squats à Bordeaux Métropole :

> Communiqué

Éradiquer les squats. Voilà ce qui est ressorti d’une rencontre entre la préfecture de Gironde et des associations d’aide aux réfugié-e-s/sans-papiers/migrant-e-s.

Cela malgré l’action du collectif solidaire réfugiés 33 la semaine dernière lors de l’inauguration de la MECA à Bordeaux Euratlantique, qui a interpellé les politiques locaux et le ministre de la culture pour dénoncer la situation des 2000 personnes actuellement à la rue à Bordeaux.

L’expulsion du « Gars Rage », situé rue des Cordeliers à Bordeaux, pendant la journée du mardi 9 juillet où une quinzaine de camions de CRS et des agents de la BAC sont intervenus (non sans provocations) pour remettre à la rue une soixantaine de personnes sans domicile.

©Thierry David

Aujourd’hui, jeudi 11 juillet, la préfecture continue les expulsions avec celle de « la zone du dehors » où habitaient au moins 100 familles (avec une armée policière : police aux frontières, police municipale, bac, un peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) , police nationale..). Ces expulsions semblent prouver l’empressement de la préfète Fabienne Buccio à en finir avec les « squats » sur Bordeaux Métropole.

Faut-il rappeler que beaucoup des personnes expulsées sont passées par « la jungle de Calais » qui avait été démantelée avec violences et au mépris des droits fondamentaux de l’être humain, par la préfète Fabienne Buccio aujourd’hui en poste à Bordeaux, suite à une grande opération de communication du précédent gouvernement ?

Depuis les Centres d’Accueil et d’Orientation ont disparu (qui avaient été créés pour l’occasion) et les réfugié-e-s ont été renvoyé-e-s à la rue. Faut-il rappeler que l’État français ne respecte pas ses obligations en matière de logement des personnes en demande d’asile ? C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces personnes sont contraintes de vivre en squat.

La préfecture invoque des « infractions à la loi » ou des risques sanitaires pour justifier ces expulsions. Finalement, l’État français se sert de la loi pour justifier son action, tout en la violant quand ça l’arrange.

Pire encore, dans un communiqué faisant suite à l’expulsion du « Gars Rage », la préfecture de Gironde déclare : « Cette évacuation s’inscrit dans un engagement fort des services de l’État dans la lutte contre l’insécurité et la délinquance, notamment dans le quartier Saint-Michel ». Voilà un bel amalgame qui s’inscrit dans un climat de plus en plus délétère et qui assimile l’immigré.e à la délinquance et l’insécurité. Qui plus est, en quoi le fait de remettre des gens à la rue permettrait-il plus de sécurité ?

Le gouvernement français ose encore se poser en rempart contre l’extrême-droite alors que son action et sa propagande s’inscrivent déjà et depuis longtemps, dans une politique d’extrême-droite.

Tant qu’il y aura du mal-logement et de la pauvreté, il y aura des squats. Tant qu’il y aura des logements laissés vides pour entretenir la spéculation immobilière, il y aura des squats.

Face à l’incurie de l’État, ou son action délétère, nous appelons chacun.e a se mobiliser et à s’organiser pour agir au mieux.

Tant que nous manquerons de solidarité, il y aura des expulsions.

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