La CNT Bordeaux et les Gilets Jaunes

> Communiqué

Durant les 14 samedis de manifestations et en plein « grand débat national » organisé par le gouvernement pour manipuler et limiter la portée des revendications populaires, nous avons vu évoluer le mouvement des Gilets Jaunes.

Ce mouvement qui à son commencement nous a posé question, tant sur sa nature politique que sur sa 1ère revendication ( refus de l’augmentation de la taxe sur le diesel ), revendication généralement issue des idées de la droite sur la fiscalité (toujours moins de taxes).

Certain·es dentre nous ont pressenti dans ce mouvement une potentielle émergence dune révolte contre les mesures néolibérales mises en place année après année, et qui ont peu à peu détruit le pacte social de l’après guerre ( les sécurités sociales du Conseil National de la Résistance ).

Ces mesures réactionnaires qui ont permis d’augmenter l’exploitation des travailleurs et travailleuses et appauvri les classes populaires et moyennes au profit des capitalistes propriétaires et actionnaires des entreprises.

En ville nous étions éloigné·es des premiers rond-points occupés et de la lutte qui commençait à s’y mener. Néanmoins, certain·es sy sont rendu·es pour discuter et tenter de comprendre ce mouvement. Sur place, ils et elles ont pu constater que ces ronds-points auto-gérés étaient tenus par des personnes issues des classes populaires, qui refusaient catégoriquement tout représentant auto-proclamé et rejetaient toute tentative de récupération syndicale ou politique.

Au fur et à mesure de notre compréhension du mouvement nous avons commencé à être de plus en plus nombreux et nombreuses à nous rendre aux manifestations Gilets Jaunes à Bordeaux.



Nous avons ainsi pu constater que si des éléments issus de l’extrême droite s’y étaient infiltrés, le mouvement était majoritairement constitué de salarié·es, retraité·es et précaires dont les principales revendications étaient :

– La démocratie directe.

– L’augmentation des salaires, des retraites, des pensions, des indemnités.

– Des services publics pour tous et toutes : santé, enseignement, transport..

– Une justice et une équité fiscale : augmenter les tranches de l’impôt par exemple, faire payer les multinationales qui échappent à l’impôt, remettre en place l’ISF

– L’arrêt de la violence d’État au travers de la répression des manifestations par les polices.

Elles correspondaient aux revendications depuis toujours portées par la CNT.

Aujourdhui, les Gilets Jaunes qui manifestent à Bordeaux portent, en eux et parfois sans le savoir, une lutte de classes contre le pouvoir de largent : la grande bourgeoisie et son mépris des « sans-dents », le capital et sa finance mondialisée, le patronat et ses salaires exorbitants.

La CNT Bordeaux se retrouve, donc, dans ces revendications et dans lauto-organisation (autogestion) du mouvement, et pour cette raison, la CNT Bordeaux décide de rejoindre la lutte des Gilets Jaunes tout en conservant et exprimant ses valeurs Anti-capitalistes, Internationalistes, Anti-racistes, Anti-sexistes, contre toutes les oppressions et pour l’émancipation de tous et toutes. Nous soutiendrons mais serons vigilant·es sur les possibles dérives qui pourraient être portées par nos ennemi·es.

Tous et toutes à la manifestation du 23 février !

Ensemble nous vaincrons !

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