La CNT soutient la lutte des salarié.es et collaboratrices de l’association MANA

> Communiqué

I.elles se mobilisent contre la politique de reprise de leur association par le Groupe SOS.

L’appétit du capitalisme n’étant jamais rassasié, après s’être attaqué aux services publiques (hopitaux, éducation, transport, énergie..), les capitalistes veulent s’enrichir avec un des secteurs qui leur échappaient encore : l’associatif non marchand.

Jusqu’aux années 2000, les associations loi 1901 pouvaient bénéficier d’un financement public dés lors qu’elles servaient à la vie sociale locale ou que leurs actions bénéficiaient à l’intérêt général. Ces subventions permettaient aux associations de se concentrer sur leurs actions de terrain.

Les réformes qui furent menées par les différents gouvernements modifièrent petit à petit les règles du fonctionnement du monde associatif : baisse des subventions et apparition des appels à projet institutionnels. Cela modifie en profondeur le fonctionnement des associations qui doivent passer leur temps à répondre à ces appels à projet, à établir des dossiers pour prouver que les objectifs sont atteints afin d’espérer garder le financement et le “projet” pour l’année d’après.
Cette vision à court terme qui est imposée aux associations, est une catastrophe pour les conditions de travail engendrant stress et pression sur chacun.e.s.

Ces difficultés financières que connaissent toutes les associations ont poussé la direction de MANA à faire appel au groupe SOS, “afin d’améliorer la gestion de l’association et les conditions de travail des salarié.e.s.”

Or pendant 18 mois, la nouvelle direction à fait subir aux équipes : une dévalorisation des compétences, rigidification des rapports, autoritarisme, mise en place de procédures de contrôle, non renouvellement de CDD, licenciements en cascades…



La lutte des travailleurs et travailleuses de MANA est soutenue par le syndicat ASSO Solidaires qui nous expliquent qui est le groupe SOS :

“Un groupe, qui revendique 500 établissements, 17 000 salarié.e.s, 1,7 millions de bénéficiaires et près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire.

Le groupe est porteur d’un modèle associatif qui n’a plus rien de démocratique. Chaque association reprise voit ses statuts verrouillés : les bénévoles sont priés d’aller voir ailleurs, n’ont plus droit de vote aux AG et le CA est constitué de responsables nationaux du groupe, soigneusement choisis par la tête de SOS.

L’association se voit également imposée une direction, issue de ces grandes écoles qui forment de bons petits soldats à l’entreprenariat social, au social business, au capitalisme d’intérêt général comme le dit Mr Borello lui-même.

Dans le cas de MANA, cette direction entreprenariale se révèle incompétente dans la gestion de l’activité et ignorante des réalités du terrain des professionnel.le.s qu’elle prétend diriger.

Mais qu’attendre d’autre quand l’objectif affiché est de parvenir à faire de l’argent avec les pauvres, les migrants, les personnes âgées ou handicapées ?

Aujourd’hui, c’est ce modèle qui tente de s’imposer à l’ensemble du secteur associatif et social. N’oublions pas que Mr Borello, fondateur du groupe SOS s’est activement impliqué dans la campagne d’Emmanuel MACRON , qu’il a rédigé pour sa ministre du travail un rapport qui a justifié la fin des Contrat Aidés, qu’il est aujourd’hui chargé de nommer les têtes de listes LREM aux Européennes, que son grand copain Jean-Christophe ITIER est haut commissaire à l’économie sociale et solidaire, nommé par Macron.

Et que le plan pour les associations, annoncé le 29 novembre par le secrétaire en charge de la vie associative (Gabriel ATTAL) va dans ce même sens : poursuite de la baisse des financements public au profit de financements privés, qu’il s’agisse d’entreprises ou de grandes fortunes.”

( source : https://syndicat-asso.fr/mobilisation-des-salarie-e-s-de-lassociation-mana-contre-la-dictathune-du-groupe-sos/ )

Suite à une mobilisation commune devant les locaux du groupe SOS à Bordeaux, avec banderoles et prises de paroles des salari.é.es, collaboratrices interprètes et soutiens dont ASSO Solidaires et la CNT Gironde. La directrice a été remerciée de son poste et le groupe SOS a nommé une nouvelle direction pour tenter d’enrayer la lutte.
Les salarié.e.s ne comptent pas en rester là et vont continuer à faire valoir leurs droits qui ont été bafoués cyniquement.

Nous exigeons :
– des associations indépendantes des pouvoirs politiques, financiers et du privé
– des financements de fonctionnement pérennes
– la fin des contrats précaires
– l’autogestion dans le fonctionnement démocratique associatif

Pour une lutte anti-capitaliste radicale ! Autogestion des luttes et émancipation collective !

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Syndicat CNT de la Gironde

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