Ces grèves ne servent à rien !

> Billet d’humeur du syndicat du BTP de la Gironde

Ces grèves ne servent à rien !

Un jour par ci un jour par là, c’est reparti pour les grèves « saute-moutons ». Pour les salarié-e-s que nous sommes, ces grèves nous mettent en difficulté. On laisse filer des journées de salaire, on s’expose aux sanctions, aux pressions, aux licenciements… Oui la grève est un droit mais lorsque nous l’utilisons, il n’est pas rare que nous en subissions les conséquences.

Les « mouvements sociaux » finissent par s’éteindre et les réformes par s’accumuler. Celles et ceux qui prennent les risques sont doublement sanctionné-e-s.

Ces « journées d’actions » éparpillées sur plusieurs semaines voire plusieurs mois ne permettent pas de massifier le mouvement ni de créer un rapport de force. Au contraire elles nous affaiblissent d’années en années.

Il n’en faut pas plus pour qu’on vienne nous dire que « la grève ne sert à rien ».

La grève ne sert à rien ?

Si vous aviez dit à un-e travailleur-se du début du 20e siècle qu’un jour on pourrait partir en congés tout en étant payé, il/elle vous aurait traité d’uluberlu.

Si vous aviez dit à ce-tte même travailleur-se qu’on pourrait un jour partir en retraite tout en ayant une rente, il/elle vous aurez qualifié d’utopiste. Etc.

Et pourtant aujourd’hui ça nous semble avoir toujours existé. Il en fallu des luttes, des grèves, des blocages, des occupations, pour que les travailleur-se-s arrachent des contre-parties à leur exploitation quotidienne. Oseriez-vous traiter nos aïeux de feignant-e-s ? D’autant plus que beaucoup n’ont pas bénéficié des droits pour lesquels ils/elles se sont battu-e-s ! Peut-être pourrions-nous en faire autant pour les générations futures ?

Et puis la grève, ça permet de remettre les pendules à l’heure : sans travail, pas de production. Sans production, pas de bénéfices. Sans bénéfices, pas de richesse, pas de salaire pour le patron, pas de parachute doré, etc. En clair, ça permet de rappeler que le/la travailleur.se ne coûte rien, mais qu’il/elle produit tout.

Nos adversaires nous piétinent peu à peu et expriment un violent mépris pour la classe ouvrière. Certain-e-s travailleur-se-s ont intégré ce mépris au point de vouloir s’extirper coûte que coûte de la classe ouvrière, au point de se livrer à une guerre sans merci contre leurs collègues. Il n’y a pourtant aucune honte ni aucune méfiance à avoir vis-a-vis de ce que nous sommes. La classe ouvrière doit reprendre confiance en elle-même, elle pourra ainsi espérer obtenir de nouvelles conquêtes sociales.

La grève générale illimitée.

Nous avons l’impression d’enfoncer des portes ouvertes lorsque nous disons que plutôt que d’être des milliers à faire 15 journées de grève éparpillées sur 6 mois (comme ce fut le cas en 2016), il nous suffirait de faire 15 jours de grève d’affilée pour les faire plier. En trois mots : « Grève générale illimitée ». Qui plus est, il est fort probable qu’une perspective de victoire inciterait nombre de salarié-e-s à prendre les risques qu’implique la grève.

La tâche est immense et nous sommes bien conscient-e-s que la grève générale et illimitée a peu de chance d’éclater demain. Mais pour qu’elle advienne un jour, nous devons la préparer, nous devons nous organiser, nous solidariser, rétablir un rapport de confiance entre salarié-e-s des différents secteurs professionnels.

Notre syndicat s’inscrit dans ce travail quotidien. Et en attendant que les conditions soit réunies, nous continuons et continuerons d’appeler à la grève générale illimitée.

 

Jeudi 19 octobre 2017

Le syndicat SUB-TP-BAM de la Gironde

 

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