Collectif syndical contre l’aéroport et son monde

> Communiqué

Plusieurs organisations syndicales viennent de lancer un appel contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire Atlantique). Ce collectif se solidarise également des occupant-e-s de la ZAD (Zone A Défendre) et met en évidence la possibilité de faire converger les luttes.

Parmi les premiers signataires : Union Départementale Solidaires 44 – CNT 44 – CGT AGO – Collectif National des Syndicats CGT de Vinci – CGT Travail-Emploi-FP 44 – CGT CDC et des syndiqués CGT opposés à l’aéroport.

Voici quelques extraits :

Durant ce printemps 2016, nous étions dans la rue avec les habitant-e-s de la ZAD contre la loi El Khomri.
Les formes de leur mobilisation, qui ont parfois fait débat ou surpris des salarié-e-s, participaient à la diversité de notre mobilisation, pour faire pression sur le gouvernement.
Nous avons cependant appris à nous connaître, et nous avons veillé à rester «toutes et tous ensemble» lorsque, dans les manifestations, ou pendant les blocages, nous subissions les provocations et les violences policières.
La répression qui s’est abattue sur les manifestants et les manifestantes, et en particulier sur les plus jeunes et les plus précaires d’entre eux, est la même que subissent un grand nombre de syndicalistes encore aujourd’hui, et qui vise à criminaliser l’action syndicale, l’action de résistance.
[…]
Défendre la ZAD, c’est donc pour nous aussi soutenir une expérience d’émancipation du capitalisme et des rapports marchands. Depuis plusieurs années les habitant-e-s de la ZAD se réapproprient la gestion des terres et la question de la production.
Tant sur le plan agricole que de la construction et de l’artisanat, elles et ils mettent en place des cultures de légumes et légumineuses, de céréales, une meunerie, des boulangeries, une forge, des ateliers de menuiserie, de couture, de mécanique pour l’entretien des tracteurs et outils agricoles …
Mu-e-s par des valeurs de coopération, de transmission de savoirs, ils et elles produisent à destination des luttes de territoires, par solidarité avec des migrant-e-s de Nantes, Rennes, Calais ou même des piquets de grèves lors du mouvement contre la loi travail.
Défendre la ZAD, c’est donc, pour nous aussi, renouer avec la tradition de lutte historique en Loire Atlantique, l’alliance entre travailleur-ses de la campagne et de la ville (lors de Mai 68 ou d’autres mouvements, c’est cette solidarité entre paysan-ne-s et ouvrier-es qui permirent les grandes avancées sociales).
Les habitant-e-s de la ZAD qui vivent l’expérience d’un monde plus humain, plus libre, ont donc toute notre solidarité, car ce monde d’exploitation et d’aliénation qu’ils et elles combattent, c’est aussi celui contre lequel nous luttons, quotidiennement.
[…]
L’expérience de la ZAD est pour nous, militants syndicaux, si marquante comme choix de vie en rupture avec le capitalisme qu’en conséquence nous nous opposerons résolument à toute tentative d’expulsions ou démarrage des travaux.
Nous ne laisserons pas détruire la ZAD et ses terres, ni expulser celles et ceux qui la font vivre, pour le seul intérêt des actionnaires de VINCI et des spéculateurs immobiliers.
En lien avec le mouvement anti-aéroport nous prendrons toute initiative pour empêcher que les lobbies pro-aéroport ne parviennent à leurs fins.


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