En cas de problème au boulot, plusieurs réflexes à adopter…

Nombre de salarié-e-s se trouvent en difficulté dans l’exercice de leur travail. Les conflits entre salarié-e-s et employeurs sont très fréquents et ne se règlent pas tous devant le tribunal. Les causes sont nombreuses, mais on constate notamment des problèmes récurrents de harcèlement ou de violences.

Le but d’une organisation syndicale est de défendre les intérêts des travailleur-se-s, notamment lors des conflits avec les employeurs. C’est pourquoi nous pouvons vous proposer quelques réflexes à adopter si vous vous trouvez dans cette situation.

 

1°) Se protéger.

Pour pouvoir se défendre, il faut déjà être en “état” de le faire. Les salarié-e-s sont parfois épuisé-e-s ou effrayé-e-s, ce qui les empêche de faire entendre leur voix. Il faut donc se PROTÉGER.

Pour les personnes en situation de stress ou de burn out, il est conseillé de se faire arrêter par son médecin traitant. Si ce dernier n’est pas à votre écoute, il est probablement temps d’en changer. Notre syndicat pourra vous donner les coordonnées de médecins qui sont à l’écoute des salarié-e-s en souffrance.

Un accident du travail peut-être constaté par un médecin dès lors que celui-ci constate une “lésion psychologique” (donc pas obligatoirement “physique”). Faire valoir un accident du travail (plutôt qu’un arrêt maladie) permet  de montrer que l’arrêt de travail est bien lié à un problème au boulot (et pas juste une “grosse fatigue”). Ça permet également de limiter les pertes de salaire. En effet pourquoi perdre de l’argent alors que c’est bien les conditions de travail qui nous ont contraint-e-s à nous arrêter !

Est reconnu comme accident du travail un « accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise » (article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale).

Doit donc être reconnu comme accident du travail tout choc ou malaise arrivé sur le lieu du travail, à condition évidemment qu’une lésion psychologique soit médicalement constatée.

Le fait de se protéger ou de se reconstruire aide à passer à l’offensive.

 

2°) Ne pas rester seul-e.

L’isolement est la pire des situations lorsqu’on est en conflit avec son employeur ou ses collègues. Il faut chercher du soutien et ne pas rester seul-e. Ce soutien peut être trouvé dans l’entourage proche mais ça ne suffit pas toujours.

C’est pourquoi nous conseillons aux salarié-e-s de se tourner vers un syndicat. Si il y a des élu-e-s du personnel ou des sections syndicales dans votre boîte, n’hésitez pas à les interpeller. Si ils/elles ne sont pas réactives (ou ne répondent pas à vos attentes), adressez-vous à un syndicat en dehors de la boîte.

Ne pas rester isolé permet de reprendre confiance et de se battre.

 

3°) Demander des conseils.

Demander un RDV à l’inspection du travail et à la médecine du travail (AHI)

En théorie, ces services ont vocation à être à l’écoute des salarié-e-s, ils peuvent vous conseiller en matière de législation du travail ou de santé au travail. Ils peuvent également intervenir s’ils en ont la possibilité et s’ils le jugent opportun. Attention, ça ne répond pas toujours aux attentes des salarié-e-s et il ne faut pas espérer que ces services règlent tous les problèmes ou fassent condamner votre patron.

Vous pouvez également demander conseil à un-e assistant-e social-e, à un médecin du CMP (Centre Médico-psychologique), etc.

Vous pouvez également prendre rendez-vous au

Service de médecine du travail et de pathologie professionnelle 

Groupe hospitalier Pellegrin – CHU de Bordeaux – Place Amélie Raba Léon
33076 BORDEAUX Cedex
tel : 05 56 79 61 65
fax : 05 56 79 61 27

Aller voir un-e avocat-e

En ce qui concerne les problèmes au travail, il vaut mieux se diriger vers des avocat-e-s spécialisé-e-s en droit du travail. Ils sont souvent plus efficaces pour obtenir des résultats devant les tribunaux mais ça nécessite que les salarié-e-s aient les moyens de se payer une telle défense. Quoi qu’il en soit, la justice ne réglera que le litige personnel entre vous et l’employeur, et il ne sera pas forcément à votre avantage.

Aller voir des associations de luttes contre les violences faites aux femmes

Plusieurs associations existent et peuvent conseiller en matière de violence ou de harcèlement au travail : AVFT (Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail), CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes), Maison des femmes, CLASCHES (Contre le Harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur), etc.

Aller voir un syndicat

Il y a un certain nombre de syndicats de salarié-e-s. Il ne sont pas tous très réactifs ou à l’écoute des salarié-e-s. Certains n’optent que pour les stratégies en justice (moyennant finances) alors que des résultats peuvent être obtenus plus rapidement par l’action syndicale collective.

Vous pouvez venir rencontrer notre syndicat, la CNT, lors de nos permanences syndicales chaque samedi de 12h à 14h.

Notre syndicat ne portera pas de jugement “moral” sur votre situation, il a vocation à vous écouter et vous conseiller sur la marche à suivre. C’est avant tout un espace d’écoute et de solidarité entre travailleur-ses.

Notre syndicat pourra vous conseiller sur l’ensemble des recours possibles et vous incitera, si vous voulez engager des démarches, à envisager l’action collective avant de recourir aux tribunaux.

 

4°) Engager des démarches.

Lorsque le/la salarié-e souhaite réagir à une situation difficile au travail, il y a plusieurs possibilités qui s’offrent à lui/elle. Selon le contexte, la situation, les objectifs, il faudra définir quelles démarches engager. Vous choisirez si vous les menez seul-e ou avec l’aide d’un syndicat, d’un-e avocate, etc.

Le recours à la Justice n’est pas une obligation, même si nous l’envisageons lorsque les salarié-e-s le souhaitent. Certaines situations peuvent être réglées par l’action syndicale. En plus, la justice ne règle qu’un conflit personnel entre un employeur et son/sa salarié-e. Or notre syndicat se donne pour objectif que les patrons cessent certaines pratiques au sein de leurs boîtes (harcèlement, violences, non respect du code du travail ou de la sécurité, etc.). Du coup, il est nécessaire de mener des actions syndicales pour visibiliser leurs pratiques (les condamnations en justice sont rarement connues et certains patrons ne changent pas leurs pratiques malgré les sanctions).

À la CNT, nous n’agissons jamais à la place des salarié-e-s. Nous les associons à toutes les démarches et tout ce qui sera entrepris le sera en accord avec le/la salarié-e (ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas avec les avocat-e-s ou d’autres syndicats).

Nous ne sommes pas des juristes professionnel-le-s, nous sommes nous mêmes des travailleur-se-s. Nous sommes donc bien placé-e-s pour savoir ce que sont les violences liées au travail et nous sommes bien déterminé-e-s à les combattre.

Nous avons choisi de nous regrouper pour mieux nous défendre et faire vivre la solidarité plutôt que la mise en concurrence.

 


 

Une question, un doute ? Besoin d’infos ou de conseils?
Venez nous rencontrer le samedi de 12h à 14h,
Au local de la CNT

Ou contactez-nous :    ul33@cnt-f.org   / 06.95.52.69.71
En Sud-Gironde : 07.88.92.17.27