Sur les conditions de travail des aides à domicile

> Brochure du syndicat Sud-gironde et Entre-2-mers

Aides à domicile : Esclavage moderne et misère des usager.e.s

Au 1er janvier 2014, nous étions 557 000 salarié.e.s, 98% d’entre nous sont des femmes.

Le quotidien des aides à domicile c’est :

  • Le temps partiel pour 70% d’entre nous soit deux salarié.e.s sur trois
  • Un salaire moyen de 832 euros par mois soit 145 euros en-dessous du seuil de pauvreté
  • Le cumul des contrats pour une salarié.e sur deux
  • La précipitation (un 1/4 d’heure pour changer une protection, une 1/2 heure pour une toilette ou un petit-déjeuner) sans aucune possibilité d’assurer pleinement notre rôle.
  • Une journée avec une amplitude horaire de 12h morcelée par des coupures.
  • Un véhicule personnel à disposition de l’employeur et une indemnité kilométrique qui ne couvre pas nos frais : 12 centimes du km dans les entreprises privées, 25 centimes dans le service public pour une 4 CV (non valorisé depuis 2008), 35 centimes pour les associations.
  • Une zone de non-droit où les contrôles de l’inspection du travail sont rares alors que des employeurs peu scrupuleux se permettent de ne pas appliquer la loi (temps de trajet, heures sup, …)
  • Des agréments et des autorisations distribués sans contrôle de la réglementation sociale.
  • Une faible syndicalisation des salarié.e.s lié.e.s entre autre à la précarité et à une absence de lieu de travail collectif.
  • Du bénévolat face à des plans d’aide sous-évalués qui ne répondent pas aux besoins de la personne aidée.
  • L’absence de réunions et de groupes de parole dans la plupart des structures malgré les situations très souvent douloureuses auxquelles nous sommes confronté.e.s.
  • Une exposition régulière aux accidents du travail et arrêts maladie liés aux contraintes physiques et psychologiques importantes.

aide à domcile

Usagèr.e.s, aides à domicile : même combat !

Manque de moyens et conditions de travail impactent autant sur les salariées que sur les usager.e.s.

  • Repérer les besoins, les attentes, les capacités et les difficultés de la personne,
  • Construire un projet d’accompagnement individualisé avec une équipe pluridisciplinaire,
  • Apporter un soutien moral et social

sont des pratiques essentielles pour exercer un accompagnement respectueux de la personne fragilisée. Elles ne peuvent pas reposer sur des exigences budgétaires et la précarisation des salarié.e.s. Si nous laissons l’argent régler les problèmes sociaux, l’usager.e et les salarié.e.s ne pourront qu’être maltraité.e.s.

Le gouvernement a le projet de rendre notre métier attractif ? Foutaise !

L’EDEC (Engagement pour le développement de l’Emploi et des Compétences Autonomie) prévoit une enveloppe budgétaire de l’État de 1,8 millions d’euros soit 75 centimes d’euros par salarié.e pour 3 ans ! Ce même pacte ne se préoccupe pas des pratiques sociales dignes de négriers menées dans notre secteur d’activité.

Le financement de notre branche repose essentiellement sur des fonds publics. Chaque accord doit être agréé par les ministère des affaires sociales or, comme chacun.e sait, la priorité actuelle est la maîtrise des dépenses publiques au nom de la règle d’or budgétaire ! Ainsi nos gouvernants ont acceptés que la commission de justice européenne oriente les choix budgétaires et la politique économique et sociale de notre pays.

Face à “la maîtrise de la dépense publique”, de l’argent, il y en a pour les actionnaires.

  • Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’Emploi (CICE) : 20 milliards d’euros par an aux patrons sous la forme d’un crédit d’impôt sur les cotisations sociales, cadeau financé par la hausse de la TVA !
  • Pacte de responsabilité avec la suppression des cotisations patronales allocations familiales : de 30 à 35 milliards de cadeau  sans qu’aucune contrepartie ne lui soit exigée.
  • de 1980 à 2010, les dividendes sont passées de 3% de la richesse nationale à 9%, soit une hausse de 180 milliards par an pendant trois décennies (source INSEE)
  • En 30 ans, les dividendes volés sur notre travail ont augmenté de 200% alors que nos salaires n’ont progressé que de 20%

Aides à domicile de tous secteurs, mobilisons-nous!

aide à domcile 2

Nos revendications :

  • Aucun salaire ne peut être inférieur à 2000 euros net
  • Revalorisation de l’indemnité kilométrique couvrant l’intégralité de nos frais
  • Contrôle des structures par l’inspection de travail, de la médecine du travail et des institutions délivrant les agréments sur:
    • notre sécurité au travail
    • l’application de la réglementation sociale
    • le respect des qualifications
  • Un temps complet pour tou.te.s les salarié.e.s qui le demandent, les besoins existent.
  • Notre temps de travail doit inclure des réunions professionnelles : groupe de parole, construction de projets d’accompagnement individualisés, échanges sur nos pratiques professionnelles, transmissions, réunions pluridisciplinaires…
  • Rétablissement des heures d’intervention chez les personnes âgées non bénéficiaires de l’aide pour l’autonomie, essentielles pour la prévention et le lien social.
  • Des plans d’aide doivent être adaptés aux besoins de la personne et des aidants
  • Privilégier la formation indispensable pour répondre aux besoins de personnes fragilisées et valoriser notre métier.

Si nous restons passif.ve, les personnes fragilisées avec de faobles revenus tomberont dans l’abandon social et médical, c’est intolérable !

 

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Tract Aide à domicile – recto

Tract Aide à domicile – verso

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Syndicat CNT de la Gironde

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