À propos de la mobilisation en cours…

> Billet d’humeur

Voilà bientôt trois mois que nous sommes en plein « mouvement social ». Celles et ceux qui n’y voient qu’une lutte contre la loi « Travaille ! » manquent probablement de perspicacité.

Dès le départ, il y avait quelque chose d’inédit : la mobilisation était appelée par les réseaux sociaux et non par les « traditionnels » appels syndicaux. Des Assemblées générales se sont constituées sur les places publiques (Nuit Debout) montrant ainsi la nécessité pour une grande partie de la population de discuter, débattre, échanger. Les habituelles manifestations de rues, aux allures de défilés carnavalesques, ont été rapidement débordées. Des manifestant-e-s ont pris l’initiative de quitter le trajet prévu, de cibler les symboles du capitalisme (banques, assurances, publicités, etc.), de créer leur propres cortèges. Des blocages économiques se sont organisés.

Toutes ces actions ayant pour but d’inverser le rapport de force.

L’État, quant à lui, n’a pas tardé à riposter. Il organise une sévère répression policière et tente de diviser les cortèges. Parfois même avec la complicité de certaines bureaucraties syndicales agacées de ne pas tout contrôler.

Notre organisation syndicale est justement en ce moment l’objet d’importantes pressions policières, et localement, nous en faisons les frais. Notre camion a été perquisitionné sans aucun mandat par des policiers en civil alors que nous nous rendions à la manifestation du 12 mai. Une voiture de la BAC siège systématiquement à proximité de notre local avant chaque manifestation. D’importants effectifs de policiers entourent nos cortèges. À Paris, Lille, Marseille, … c’est le même châtiment.

À cela s’ajoute une cabale médiatique qui prétend voir la CNT partout où ça castagne. Pour le journal Sud-Ouest, la CNT semble être née le 17 mai 2016 1.

Nous ne cesserons pas pour autant d’affirmer notre solidarité aux victimes de la répression policière. Nous refuserons encore et toujours de participer à la chasse aux prétendu-e-s « casseurs ».

Nous continuerons d’assumer et de revendiquer le projet de société que nous défendons :  égalitaire et libertaire.

En attendant l’avènement d’un tel projet, nous ne pouvons pas rester les bras ballants, observer de loin la destruction d’un code du travail (fut-il jugé bourgeois), laisser des travailleurs/euses (avec ou sans emploi) perdre les acquis sociaux que leur aîné-e-s ont gagné par la grève et dans la lutte.

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Nous sommes une organisation de travailleurs/euses (avec ou sans emploi, avec ou sans papier) qui appelle à la solidarité de classe. Face à la répression, face aux mesures sur l’état d’urgence, face à la violence que subissent les éxilé-e-s, SOLIDARITÉ !

1 Lire à ce propos le communiqué de la CNT Gironde du 17 mai 2016

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