Grèce : requisition, autogestion !

Par le 15/02/2012 à 17h20

Un hôpital grec sous contrôle ouvrier


Les agents hospitaliers de Kilkis, en Grèce, ont occupé leur hôpital local et ont publié une déclaration disant qu’il était désormais entièrement sous contrôle ouvrier.

Manifestation à Athènes janvier 2012

Les travailleurs hospitaliers ont déclaré que les problèmes qui durent depuis longtemps du Système de santé national (l’ESY) ne pouvaient être résolus. Les travailleurs ont répondu à l’accélération du régime des mesures impopulaires d’austérité en occupant l’hôpital et l’ont déclaré sous contrôle direct et complet par les travailleurs. Toutes les décisions seront dorénavant prises par les « travailleurs de l’assemblée générale ».

L’hôpital a déclaré que « Le gouvernement n’est pourtant acquitté de ses responsabilités financières et, si leurs demandes ne sont pas satisfaites, ils se tourneront vers la communauté locale pour avoir le plus large soutien possible afin de garantir les soins de santé publique gratuits soins et de renverser le gouvernement et tous les politiques néolibérales. »

A partir du 6 février, le personnel hospitalier ne traitera que les soins d’urgence tant que leurs salaires et les sommes qui leur sont dues ne seront pas payées. Ils demandent également un retour aux niveaux des salaires qu’ils percevaient avant la mise en œuvre de mesures d’austérité. La prochaine assemblée générale aura lieu le 13 février, et une conférence de presse le 15.

La déclaration suivante a été émise par les travailleurs :

1. Nous constatons que les problèmes actuels et durables de l’ESY (le système national de santé) et des organisations apparentées ne peuvent être résolus par des demandes spécifiques et isolées ou concernant nos intérêts particuliers, car tous ces problèmes sont le fruit d’une politique gouvernementale antipopulaire plus générale et du néolibéralisme mondial.

2. Nous constatons aussi, qu’en faisant des revendications particulières nous faisons en fait le jeu d’un gouvernement brutal. Ce pouvoir, pour faire face à son ennemi – qui est constitué par le peuple affaibli et divisé, fait tout pour empêcher la création d’un front uni et populaire à l’échelle nationale et mondiale ayant des intérêts communs et des exigences contre l’appauvrissement social créé par les autorités politiques.

3. Pour cette raison, nous plaçons nos intérêts particuliers dans le cadre général de revendications politiques et économiques qui sont posés par une très grande partie du peuple grec qui est aujourd’hui sous l’attaque du capitalisme la plus brutale. Ces revendications doivent être défendues jusqu’au bout afin d’aboutir, dans la coopération entre les classes moyennes et populaires de notre société.

4. La seule façon d’y parvenir est de remettre en question, dans l’action, non seulement la légitimité politique mais aussi la légalité d’un pouvoir arbitraire, autoritaire et impopulaire qui avance à grand pas vers le totalitarisme.

5. Les travailleurs de l’Hôpital général de Kilkis répondent à ce totalitarisme par la démocratie. Nous occupons l’hôpital public et le mettons sous notre contrôle direct et total. L’hôpital de Kilkis sera désormais auto-gouverné et le seul moyen légitime de prise de décision sera l’Assemblée générale de ses travailleurs.

6. Le gouvernement n’est pas libéré de ses obligations économiques de dotation en personnel et en fournitures. Si il continue à ignorer ces obligations, nous serons obligés d’informer le public de cette situation et de demander au gouvernement local mais surtout à la société civile de nous soutenir par tous les moyens pour :

(a) la survie de notre hôpital

(b) le soutien au droit aux soins de santé public et gratuits

© le renversement, par une lutte commune populaire, de l’actuel gouvernement et de toute autre politique néolibérale, d’où qu’elle vienne

(d) une démocratisation profonde et substantielle, c’est à dire une démocratisation qui permettra à la société réelle et non pas à des tiers de prendre les décisions concernant son avenir.

7. Le syndicat de l’hôpital de Kilkis commencera, à partir du 6 février, une grève en n’assurant que les soins d’urgence jusqu’au paiement complet pour les heures travaillées et la hausse de nos salaires au niveau qu’il était avant l’arrivée de la troïka (UE- BCE-FMI). Pendant ce temps, sachant très bien quelle est notre mission sociale et nos obligations morales, nous protégerons la santé des citoyens qui viennent à l’hôpital en fournissant des soins de santé gratuits à ceux qui en ont besoin, appelant le gouvernement afin qu’il prenne ses responsabilités, en espérant qu’il renoncera en dernière minute à sa cruauté sociale immodérée.

8. Nous décidons qu’une nouvelle assemblée générale aura lieu, le lundi 13 février dans le hall du nouveau bâtiment de l’hôpital à 11 heures, afin de décider des procédures qui sont nécessaires pour mettre en œuvre efficacement l’occupation des services administratifs et réaliser avec succès l’auto-gouvernance de l’hôpital, qui débutera à partir de ce jour-là. Les assemblées générales auront lieu tous les jours et seront l’instrument primordial pour la prise de décision en ce qui concerne les employés et le fonctionnement de l’hôpital.

Nous appelons à la la solidarité du peuple et des travailleurs de tous les secteurs, à la collaboration de tous les syndicats des travailleurs et des organisations progressistes, ainsi qu’au soutien de tous les médias qui ont choisi de dire la vérité. Nous sommes déterminés à continuer jusqu’à ce que les traîtres qui vendent notre pays et nos gens s’en aillent. C’est eux ou nous !

Les décisions ci-dessus seront rendues publiques par le biais d’une conférence de presse à laquelle tous les médias sont invités mercredi 15/2/2012 à 12h30. Nos assemblées quotidiennes commencent le 13 Février. Nous allons informer les citoyens sur chaque événement important qui aura lieu dans notre hôpital par le biais de communiqués de presse et conférences. En outre, nous allons utiliser tous les moyens disponibles pour faire connaître ces événements afin de faire de cette mobilisation réussie.

Nous appelons

► a) Nos concitoyens faire preuve de solidarité avec notre mouvement

► b) Tout citoyen injustement traité de notre pays à agir par des actions de contestation et d’opposition contre ses oppresseurs

► c) Nos collègues d’autres hôpitaux à prendre des décisions similaires

► d) les employés dans d’autres domaines du secteur public et privé et les participants à des organisations syndicales et progressistes à agir de même, afin d’aider notre mobilisation à prendre la forme d’une résistance universelle ouvrière et populaire et de soulèvement, jusqu’à la victoire finale contre l’élite économique et politique qui aujourd’hui opprime notre pays et le monde entier

Repression syndicale en Algérie : solidarité internationale !

Par le 15/02/2012 à 16h24

Non à la répression syndicale en Algérie !

Il y a plus d'un an déjà les révolutions arabes cristallisaient le ras bol des populations : ras le bol d'une crise économique devenue insupportable et ras le bol de la domination des dictateurs ont débouché sur des révoltes populaires dont les luttes actuelles menées par nos camarades grecs ou espagnols sont les échos directs.

Nous le voyons bien, les mouvements protestataires des classes populaires dépassent les frontières, réunissant des travailleurs et travailleuses qui défendent leurs intérêts propres face à l'hégémonie de la classe dominante et du capitalisme.

Aujourd'hui ce sont nos camarades du CLA (Conseil des Lycées d'Algérie), organisation partie prenante des derniers mouvements de lutte en Algérie qui se retrouvent au cœur de la répression du pouvoir qui ne veut pas reconnaître leur organisation en tant qu'un syndicat et tente de fermer leur locaux.
Cette répression qui cible le CLA n'est pas le fruit du hasard. En effet, le CLA est une organisation autogérée est indépendante se revendiquant de la lutte des classes, au même titre que d'autres syndicat algériens aujourd'hui réprimés tels que le SNAPAP.

Dans ce contexte, la Confédération Nationale du Travail rappelle la nécessité de soutenir les luttes populaires de tous les pays. C'est d'ailleurs dans cet esprit, que nous avons reçu nos camarades du CLA à Metz, en Octobre et en Décembre derniers.


La CNT Moselle demande donc au pouvoir algérien de stopper immédiatement toute répression à l'égard de nos camarades du CLA et de toutes les organisations syndicales algériennes. Elle invite toutes et tous à se rassembler devant le consulat algérien de Metz afin d'exiger la reconnaissance des droits syndicaux de ces organisations :

Samedi 18 février à 15h00
devant le consulat d'Algérie, rue Wilson à Metz.


Union Départementale CNT Moselle.

Chef ! Oui Chef !

Par le 04/02/2012 à 19h45

Les méthodes de management arrivent dans l’Education nationale depuis de nombreuses années déjà. Un cap, que disons-nous, une péninsule, a cependant été franchie avec la réforme de l’évaluation des enseignants. Calqués sur les changements ayant mené à la privatisation de France Télécom, EDF ou La Poste, les derniers textes de notre ministère sont assez clairs : un chef tout puissant, qui décide de ses objectifs, crée ses équipes, évalue ses sous-fifres, etc.


On ne veut pas être bien « managés » !

Quelles que soient les « compétences » du chef, le principe de la réforme consiste à lui donner le pouvoir de « pilotage » de l’équipe pédagogique. Son arme : l’évaluation individuelle. Dans les premières tentatives de mise en place par de zélés soldats du ministre - qui le vaut bien - (inspecteurs, chefs d’établissement), on remarque tout d’abord la forte présence de l’auto-évaluation. Auto-flagellation ? Promis, chef, la prochaine fois je ferai mieux pour que mes élèves acquièrent la compétence 26-a.2.1. Oui, chef, je peux réussir un peu mieux, même si vous me supprimez mon collègue et que je prends toutes ses heures, et même si vous me rajoutez une dizaine d’élèves par classe. Oui, chef, je multiplierai les évaluations des élèves, vous fournirai les courbes d’évolution nominatives d’évolution d’acquisition des compétences, et je les mettrai en ligne. Oui, chef, je viendrai pendant les vacances pour faire travailler mes élèves « en difficulté ». Oui, chef… Il est clair que l’individualisation des carrières va à l’encontre de l’intérêt des élèves et des profs. Les supérieurs hiérarchiques pourront plus facilement être obéis, faire appliquer les réformes liberticides (fichage des élèves, programme rétrogrades obligatoires, évaluations répétées…). Par conséquent, la qualité de certains chefs, mise en avant par certains collègues, nous importe peu. On ne veut pas être bien managés !


C’était mieux avant ?

Avant, c’était l’inspection. Infantilisante, sensée conseiller et sanctionner – deux opérations qui s’excluent. Les inspecteurs font exactement ce que devront faire les chefs de demain. Et leurs soi-disant compétences pédagogiques sont risibles, eux qui ont décidé de ne plus avoir d’élèves, s’ils en ont jamais eu. Tous les conseils qu’ils peuvent donner sont annihilés par leur fonction. D’ailleurs, combien d’inspecteurs osent critiquer une directive ministérielle ? Pire, combien osent ne pas l’appliquer ? Réponse : aucun (et le seul qui ait osé n’a plus de fonction d’inspection depuis plusieurs années). C’est à se demander si ce système n’a pas engendré, en pire, celui à venir ? C’était quand même mieux avant, vu qu’on voyait assez rarement ces tristes sires !


Vive le collectif !

Contrairement à ces méthodes qui individualisent le travail enseignant, nous préférons le travail en équipe. On nous dit souvent qu’il nous faut rendre des comptes. Oui, pourquoi pas, mais à nos collègues, à nos élèves, pas aux chefs. Pourquoi d’ailleurs les élèves n’ont-ils jamais le droit à la parole ? Parce que le système hiérarchique qu’on nous impose est aussi imposé par les enseignants aux élèves. Nous préférons un système dans lequel tout le monde a son mot à dire. Un système dans lequel l’apprentissage est décidé avec les élèves, leurs parents, et évidemment les enseignants. Sans punition pour les élèves, sans chantage à l’avancement d’échelon pour les profs. Sans rivalités au sein des équipes comme au sein des classes.


En grève !


Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’il faut lutter contre ce projet, pas seulement pour en rester où nous en sommes aujourd’hui, mais pour en finir une fois pour toute avec la gestion managériale, de type capitaliste, concurrentielle, de l’acte éducatif. En outre, cerise sur le gâteau, il apparaît que l’État en profiterait pour freiner les promotions… Étonnant, non ?



CNT-FTE
Fédération des travailleurs-euses de l'Education