11 janvier 1904 : soulèvement des Héréros contre l’Empire allemand en actuelle Namibie et répression féroce

vendredi 11 janvier

Expansion coloniale de l’Empire allemand
Entre 1830 et 1900, le Royaume-Uni et la France prennent possession de plus de la moitié de l’Afrique. L’Empire allemand, constitué en 1871, se retrouve, mis à part quelques comptoirs, sans aucun territoire colonial. Via des initiatives privées, est lancé en 1878 un programme d’expansion, qui conduit à la formation de l’Union coloniale allemande (Deutscher Kolonialverein, 1882-1883). Après une série d’accords passés entre les treize principaux pays occidentaux et l’Empire ottoman, l’Allemagne se voit en 1884 accorder quatre zones d’expansion qu’elle nomme Togoland (Togo), Ostafrika (Tanzanie, Ruanda, Burundi), Kamerun (Cameroun) et Südwestafrika (Namibie).

En 1884, tout le territoire entre le fleuve Kunene et le fleuve Orange (notamment l’actuelle Namibie) est placé sous protectorat allemand lors du partage de l’Afrique par les puissances occidentales à la conférence de Berlin en 1884. La proclamation est faite sur place par l’explorateur allemand Gustav Nachtigal. Peuples pasteurs, Namas et Héréros s’affrontent sur la question des pâturages et des points d’eaux, politiquement mais aussi par la guerre. Diverses politiques d’alliance ou de collaboration, fluctuant au fil du temps sont mises en œuvre entre les populations autochtones et la puissance coloniale jusqu’en 1903.

Soulèvement héréro ...
Les Héréros, exaspérés d’avoir perdu leurs meilleures terres, empêchés de pratiquer leurs transhumances, et victimes également d’une peste bovine qui décime leurs cheptels, tentent vainement de rallier à leur cause certains chefs de clans : Samuel Maharero, chef du peuple héréro dans le Sud-Ouest africain, appelle au soulèvement de son peuple contre les colons allemands, le 11 janvier 1904. Il attaque une garnison basée à Okahandja et parvient à détruire les lignes de communication allemandes, chemin de fer et télégraphe. Il massacre également plusieurs centaines de colons allemands, mais épargne les femmes et les enfants. Berlin, informé, décide de réagir avec une fermeté exceptionnelle.

Et répression coloniale féroce,
Durant cinq mois, la répression s’organise chez les colons, sous la direction de Theodor Leutwein, puis sont armés six vaisseaux de guerre, sous le commandement du général Lothar von Trotha, qui débarquent le 11 juin 1904 à Swakopmund avec d’importantes troupes, environ 15 000 soldats du corps de la Schutztruppe, un trésor de guerre de plus de 500 000 marks-or, des canons, des mitrailleuses, des grenades. Trotha s’est auparavant illustré au Togoland puis en Chine lors de la révolte des Boxers. Surnommé « le Requin », il est secondé par Franz von Epp.

Les Héréros puis les Namas sont victimes d’un massacre de grande ampleur, qui entraîne une déportation massive, le travail forcé et diverses exactions mortifères qui prennent officiellement fin en 1908.

Aujourd’hui considérée comme un génocide.
Le massacre des Héréros et des Namas perpétré sous les ordres de Lothar von Trotha dans le Sud-Ouest africain allemand est considéré comme le premier génocide du XXème siècle est un programme d’extermination qui s’inscrit au sein d’un processus de conquête d’un territoire par les troupes coloniales allemandes entre 1884 et 1911. Il entraîna la mort de 80 % des autochtones insurgés et de leurs familles (65 000 Héréros et près de 20 000 Namas).

Les camps de concentration, "invention" coloniale
Cette invention est liée à l’histoire coloniale. Le premier pays à créer des camps de concentration au sens où on l’entendait avant la Seconde Guerre mondiale fut l’Espagne, lors de la révolte cubaine de 1896. Ils étaient destinés aux seuls insurgés armés, à l’exclusion du reste de la population. Le terme lui-même fut inventé trois ans plus tard, lors de la Seconde Guerre des Boers en Afrique du Sud, durant laquelle la Grande-Bretagne créa le futur modèle des camps d’internement : une zone de rétention fermée par une clôture grillagée et protégée par une deuxième clôture formée de rangs de fils de fer barbelés. Ce fut la première fois que le principe de la déportation et de l’internement de populations entières, quels que soient leur statut, sexe et âge, fut appliqué.



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