8 janvier 1910 : IMAGINAIRE APACHE

mardi 8 janvier

Né le 11 janvier 1886 à Saint-Étienne, placé comme apprenti dès sa quatorzième année, Jean-Jacques Liabeuf commet quelques chapardages pendant sa jeunesse, ce qui lui vaut plusieurs condamnations. À la sortie de la dernière, il est envoyé dans les bataillons d’Afrique.

Son service militaire terminé, il vient à Paris, exerce comme ouvrier cordonnier, et rencontre Alexandrine Pigeon (une prostituée sous la coupe du proxénète et indicateur de police Gaston), dont il tombe amoureux. En compagnie de la "fille Pigeon", il est arrêté le 31 juillet 1909 par des agents de la police des mœurs qui l’accusent d’être son souteneur. Jugé sans que son défenseur ne soit présent (il déjeunait en ville) et il est condamné à trois mois de prison, 100 francs d’amende et cinq ans d’interdiction de séjour pour "vagabondage spécial" (proxénétisme). Arrêté une nouvelle fois par la police pour non-respect de de son interdiction de séjour, il est condamné à un mois de prison.

Le 8 janvier 1910, s’estimant victime d’une injustice, Liabeuf s’arme d’un revolver, de deux tranchets de cordonnier, et protégé par des brassards hérissés de pointes acérées (de sa fabrication), se met à la recherche des agents des mœurs à l’origine de l’affaire. Lors de son arrestation par une patrouille de police, il tue un gardien de la paix, en blesse un autre grièvement à la gorge, et encore trois autres superficiellement.

Le socialiste insurrectionnel et antimilitariste Gustave Hervé prend sa défense dans le journal : "La Guerre sociale". Son article "L’exemple de l’apache" fait scandale, notamment pour sa phrase : "je trouve que dans ce siècle d’aveulis et d’avachis, [Liabeuf] a donné une belle leçon d’énergie et de courage à la foule des honnêtes gens ; à nous-mêmes, révolutionnaires, il a donné un bel exemple". Ce texte vaut à son auteur d’être condamné, au terme d’un procès tumultueux, à 4 ans de prison et
1 000 francs d’amende.

Liabeuf est condamné à mort, et son exécution, le 1er juillet 1910, au pied d’un des murs de la prison de la Santé, se déroule dans un climat d’insurrection (manifestation de 10 000 personnes). Jusque sous le couperet de la guillotine, le condamné ne cessera de clamer qu’il n’a jamais été un souteneur.



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