11 décembre 1907 : procès des ouvrier·ères de Raon-l’Étape

mardi 11 décembre 2018

L’année 1906 est ainsi marquée par des grèves assez violentes qui se déclenchent en Lorraine. Les Vosges font partie des six départements les plus industrialisés et concentrés de France, et sa population ouvrière n’en est pas moins active en marquant son mécontentement par ces grèves dures notamment aux carrières RAMU qui dure 7 mois entre 1905 et 1906 puis aux usines AMOS & Cie de Laneuveville-lès-Raon, devenue Raon-l’Étape.

A la suite de la création d’un syndicat de la chaussure, adhérent à la CGT, au sein des usines AMOS & Cie, les ouvrier·ères de Raon-l’Étape et des environs déclenchent une grève courant juillet 1907. Les revendications sont d’ordre professionnel : tableaux par ateliers avec noms des ouvrier·ères, heures de travail de celles & ceux effectuant des tâches à la pièce puis à la journée, augmentation de 10%, journée de 10 heures et suppression d’amendes (les règlements intérieurs d’entreprises sont très stricts et assujettis sévèrement les salarié·es) et la reconnaissance du syndicat. La grève dure et prend un caractère très fort. La situation s’envenime, devant un patronat omnipotent et de quasi droit divin et malgré un appel des ouvrier·ères au juge de paix.

Le 28 juillet 1907, une manifestation pacifique à Raon-l’Étape dégénère suite aux provocations de la troupe. Une violente échauffourée s’ensuit, qui fait 34 blessés et 2 morts. La grève cesse le 1er août 1907 et le travail reprend le 2 de ce mois, mais une autre a lieu du 20 au 29 septembre 1907 sans évènements graves.

L’ironie de l’histoire, c’est que la justice frappera non pas le provocateur du massacre, le capitaine Tavernier - gendarme, mais des ouvrier·ères, parmi lesquels 11 sont détenu·es illégalement, par prévention. L’accusation, fondée sur des délits inventés de toute pièce, "établit la culpabilité" des grévistes.

Et c’est ainsi que 52 manifestant·es sont condamné·es à des peines diverses, allant de six jours jusqu’à dix mois de prison. "Ce progrès, écrivit La Voix du Peuple, le journal de la CGT, était la plus odieuses des infamies". La partialité flagrante de ce jugement soulève, à l’époque, l’indignation de toute la classe ouvrière.



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