CUBE2020 : EDF préfère les petits gestes aux grandes avancées

Le problème écologique de l’immobilier de bureaux
mardi 22 septembre 2015
par  Section CNT-SUB-EAL

Avant d’engager des travaux pour améliorer leur performance énergétique, les bâtiments tertiaires peuvent réaliser plus de 20% d’économies d’énergie en mobilisant leurs exploitants techniques mais aussi leurs utilisateurs sur des éco-gestes, tels qu’éteindre les ordinateurs, la lumière, modérer la climatisation ... Des gestes simples, réalisables par tous et permettant un « challenge » entre étages d’un même bâtiment, ou entre plusieurs bâtiments différents pour allier « fun » et économies d’énergie.

Cette citation provient du site d’EDF pour promouvoir le concours CUBE 2020 ou Concours Usage Bâtiment Efficace.

Ceci en dit long sur le green-washing [1] au sein, de cette entreprise mais aussi sur le management has-been [2] qui la gangrène. Un management qui la fait désormais passer à coté des progrès écologiques comme le photovoltaïque de Nexcis.

Ce concours cible les entreprises tertiaires. Certes l’immobilier de bureau consomme de l’énergie et la réduction de cette énergie sera bénéfique. Mais au lieu de faire joujou avec les interrupteurs, il vaudrait mieux se pencher sur une réforme du marché de l’immobilier d’entreprise. L’ORIE [3], dans une étude de décembre 2014, montrait que 1,2 millions de m² étaient vides depuis plus de trois ans en Ile-de-France.

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Au total, c’est près de 4 millions de m² qui sont vides, l’équivalent de 80 000 appartements de 50 m². La moitié des surfaces de bureau sont identifiés comme "dur à louer" car obsolètes ou mal situés.

Depuis trente ans, on a trop et mal construit des bureaux en Ile-de-France, à savoir dans des zones mal desservies, avec peu de transports en commun et des axes routiers limités

Roman Coste, directeur général de CBRE Agency.

Le marché de l’immobilier d’entreprise produit de l’offre en déconnexion de la demande comme tout marché capitaliste. L’immobilier de bureau est très sensible au management de l’entreprise et aux courants qui le traverse et est donc plus volatile que celui du logement. Ainsi les tours "vintage capitalism" où les capitaines d’industrie pouvaient régner au dessus de leurs salariés depuis leur bureau du dernier étage font désormais place à la mode des campus où le patronat New Age impose un bonheur factice où il est à la fois la maman, le papa et le copain du salarié et l’accueille dans son espace bureau zen ou fraternise dans l’espace détente (Pas au point de partager les bénéfices du travail, rassurez-vous).

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Ces modes managériales entrainent à un renouvellement constant du parc de bureaux car celui-ci est l’expression du capitalisme de son époque.

La réponse écologique au problème de l’immobilier de bureau n’est donc pas à chercher dans ces petits gestes des salariés utilisateurs. Le "moyen simple et réalisable" d’améliorer immédiatement l’empreinte écologique des bureaux est dans la planification de ce marché spéculatif de l’immeuble de bureau qui gaspille les ressources en matériaux et en espaces constructibles.

A long termes, c’est cette nature des entreprises qu’il est nécessaire de changer. Une société solidaire et écologique ne peut pas se construire sur le fond de prédation compétitive et d’exploitation du personnel. Et n’en déplaise à EDF, la "compétition entre étages" n’est pas "fun" mais une violence.

Les concours du genre CUBE2020, posent la question de la pratique du petit geste basé sur la philosophie individualiste dans l’espace de travail. Pour notre syndicat, ces petits gestes réduisent la compréhension du problème écologique. Nous avons une vision plus large de la société et nous ne pouvons nous satisfaire de ces exercices de communication. La nature n’a pas besoin de petits gestes mais d’un retour à une société solidaire d’entraide où les producteurs sauront gérer les ressources naturelles et où la société de consommation ne sera pas un pilier de la représentation sociale des individus.

Cette pratique eco-geste consumériste est même pour nous un frein à a mise en œuvre de vraies solutions écologiques. Nous poserons donc la question sur le plan de l’exploitation de notre force de travail :

  • Qui fait l’effort ? Le salarié. Le confort au travail est loin d’être partagé. Climatisation, voiture de fonction et bureaux individuels immenses ne sont pas pour les salariés.
  • Qui fait le bénéfice ? L’entreprise. En réduisant sa consommation énergétique, l’entreprise fait des économies. Si les 30% mentionnés par EDF sont vrais (c’est à vérifier quand même), la somme n’est pas négligeable.
  • Qui est récompensé ? La direction. Pour sa gestion écologique de son établissement alors qu’ils ont été les premiers à ne pas y participer. Un petit mot pas cher sera dit sur l’implication des salariés.

En conséquence, les revendications de notre syndicat sont simples. Nous participerons à ces campagnes de petits gestes quand :

  • Le niveau de confort au travail des directions d’établissements seront remises au même niveau que celles des salariés. Bureaux de la même taille, fin des avantages de déplacement, débranchement de leurs climatisations personnelles.
  • Les bénéfices générés par les économies d’énergie seront redistribués aux salariés.
  • les récompenses et honneurs seront remis aux salariés et non aux directions

Les petits gestes au travail, nous ne les appliquerons que quand ils nous seront rémunérés par le patronat.


[1Faire sa promotion sur la défense de l’environnement pour masquer que l’on pollue dans ses actes

[2Ringard, dépassé, obsolète, ridicule

[3observatoire de l’immobilier d’entreprise


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