STINK AND FURIOUS - Puants et Furieux

jeudi 2 avril 2015
par  SUB-TP-BAM RP

Dans un article du 21 mars, Domitille Arrivet, propagandiste consumériste du figaro faisait part de sa terreur suite à l’appel de notre confédération à la grève générale. Masquée derrière son mépris et ses divagations, c’est la peur bourgeoise de l’union des travailleurs qui éclatait.

Alors pourquoi maintenant, pourquoi exposer dans les colonnes du Figaro ce quelle considère comme "un groupuscule (...) non organisé" ? Ce n’est pas la première fois que la confédération CNT appelle à la grève générale mais jusqu’à présent dans l’indifférence.

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Un contexte qui dérange

La réponse se situe dans cet autre article du Figaro. Le contexte international politique n’est pas au beau fixe pour les exploiteurs capitalistes. Avec leur rapacité, ils ont créé la faillite de leur propre système, parce que c’est des abrutis. Ils n’ont pas entretenu le mirage de la consommation joyeuse et cassé l’illusion de l’échelle sociale. Domitille Arrivet, pur produit de la bourgeoisie des grandes écoles [1], le sait mieux que personne vu qu’elle était elle-même chargée de la promotion du consumérisme et de cette illusion de la réussite par le mérite [2]. Son monde s’écroule.

Sa prose nous renvoie à ces autres moments de grande frayeur qu’a pu connaître la bourgeoisie [3] quand elle sait ne plus pouvoir compter longtemps sur les organisations, faussement censées représenter la classe ouvrière et devant endiguer ses brusques mouvements de révolte.

Elle craint plus sûrement le silence des derniers abstentionnistes, que les déambulations annoncées de quelques permanents syndicaux. Ce n’est pas le nombre d’adhérents à la CNT(f) qui l’effraie, mais plutôt la possibilité qu’elle pourrait avoir à souffler sur les braises du sourd mécontentement populaire.

Car plus personne ne croit que le capitalisme apportera quoi que ce soit à l’humanité actuelle et à sa descendance. Les révolutions arabes et la situation de retournement politique en Grèce et en Espagne sont devenues les cauchemars de ces éditocrates ploutocrates du Figaro. Ils se réveillent chaque matin en se demandant "Et si la même chose arrivait en France ?". Même si ces mouvements ont des difficultés à construire une nouvelle société, ils ont néanmoins réussi à faire tomber les oligarchies en place ou à les remplacer. Et les éditocrates du Figaro ne veulent surtout pas de ce type de changement dans l’oligarchie française dont ils représentent les intérêts, ils en vivent grassement pour un minimum de travail. Depuis des années, le Figaro répète un canular éculé capitaliste d’une connerie magistrale et les éditocrates du Figaro continuent à plus soif de rependre ce canular éculé capitaliste magistralement con [4].

Alors que la population française se fantasme révolutionnaire chaque matin avant d’aller se mettre aux ordres de son patron, ne rêve que de recommencer la décapitation de ses politiques devant les soirées spéciales élections de TF1 et de mettre en exil ses bourgeois à chaque diffusion de l’émission Capital, la grève générale jusqu’ici auréolée de vision romantique et de souvenirs retrouve une légitimité comme moyen d’action efficace qu’elle n’a plus eu depuis 1995.

C’est pour cela que les éditocrates du Figaro salissent leurs fonds de slip à chaque annonce de grève générale. Certes, la bourgeoisie mondiale a encore la main de fer sur les populations par les armes et les tueries, mais elle ne peut contrer par la force, l’envie d’une majorité de la population à vivre dans une autre société. Pour contrer cette envie, les éditocrates du Figaro se lancent alors dans une propagande à coup de billets fielleux et violents dont chaque goutte d’encre est financée sur les corps déchiquetés par les bombes Dassault.

C’est ce qui explique notre présence dans les colonnes du Figaro. Sous la plume de Domitille Arrivet, nous avons un rôle à jouer. Celui d’épouvantail servant à jeter le discrédit sur la grève générale. Elle convoque pour ça une mystérieuse centrale qui a un patron à sa tête et qui n’appelle pas à la grève. Nous l’appellerons donc le syndicat larbin à choisir parmi la CFDT, l’UNSA ou la CFTC, celui-ci ayant eu le courage de rester anonyme, et nous allons voir son analyse de haut niveau de notre fédération.

« habillés de noir et pas toujours très propres »

"Habillés de noir et pas toujours très propres". Eh bien voilà, c’est tout. Du grand niveau. Cela pose quand même question sur la déliquescence de ce syndicat patronné ne participant pas des mouvements sociaux mais agissant surement à leurs arrêts comme en 2010. Qu’il bouffe à la table patronale est une chose, qu’il participe des insultes patronales envers la classe laborieuse est autre chose. Cette tournure de phrase nous l’entendons quotidiennement sur les chantiers. L’ouvrier pas propre dans un syndicat se transforme vite en ouvrier immigré pas propre. Cette tournure de phrase est du racisme social qui masque difficilement le racisme tout court de ce syndicat larbin. Il faut croire qu’étant plus occupé à être en cours auprès des patrons dans les instances de concertation qu’à défendre les travailleurs sur le terrain, ce syndicat larbin a perdu tout sens de la mesure. Les gros dégueulasses sont toujours les patrons, le syndicat larbin n’aurait pas du l’oublier.

Mais ne leur en déplaise, notre saleté supposée est en grande partie due à la rapine des patrons sur les chantiers de constructions. Norbert (le nom a été changé), un de nos pierreux précisait qu’on le nommait l’homme-poussière sur ses chantiers de taille. Quand les bases vie sont inexistantes ou qu’elles servent de rangement à matériaux comme sur ses chantiers de pierreux, ce ne sont pas les ouvriers qui sont sales, c’est le patronat qui les salis. Au syndicat unifié du bâtiment, nous faisons systématiquement des signalements à l’inspection du travail de ces chantiers pourris. Nous travaillons actuellement à rassembler les fonds pour poursuivre systématiquement ces patrons sur le non respect des conditions d’hygiène sur leur chantier. Même si comme le disait un autre de nos camarades, Abdel (le nom a été changé), on est fier de l’odeur de la sueur du travail, rien n’empêche la saleté d’être réduite sur les chantiers et que les ouvriers en sortent tout propres. Rien sauf la pingrerie du patronat qui met l’argent du savon dans sa poche. Les gros dégueulasses sont toujours les patrons, le syndicat larbin n’aurait pas du l’oublier.

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Quand aux éditocrates poudrés, perruqués et parfumés du figaro, ils couvrent difficilement l’odeur d’oeuf pourri émanant des idées qu’ils propagent. Notre puanteur, nous pouvons la faire partir à la douche, eux ne peuvent que la masquer même s’ils se lavent au gel douche marine, s’aspergent au déo à la rose ou se frictionnent au shampoing à la pomme.

« Virulents et violents »

Domitille Arrivet ne pouvait se satisfaire uniquement de cette fine analyse olfactive du syndicat Larbin pour discréditer l’idée de la grève générale, car dans le préjugé bourgeois, toutes les travailleuses et tout les travailleurs puent. Il fallait donc qu’on soit en plus violents pour servir d’épouvantail efficace.

Et pour cela, de nouveau, elle appelle à un spécialiste "expert" de notre syndicalisme. C’est ainsi qu’apparait Stéphanie Lecocq, de l’institut du travail, une officine ayant des liens étroits avec le FN [5]. Son analyse est claire, dés qu’un individu est en noir dans une manifestation, il fait partie de notre groupuscule. C’est simple, on est partout. On est responsable de tout. Tout ceux qui s’habillent en noir, voir en noir et rouge sont nos adhérents. On est des millions. Rien qu’à Paris impossible de ne pas croiser tout les dix mètres un vêtement noir. Dans ces conditions est-on vraiment un groupuscule ? Surtout quand on fait une percée de 2,5% dans les élections à la première participation... C’est de l’ironie vu qu’on ne participe pas aux élections si ce n’est nécessaire. On est bien plus nombreux. Le péril CNT est là pour les éditocrates du Figaro. Mais ne nous flattons pas, leur faire peur, n’est pas la plus compliquée des choses à faire, il suffit de vivre autrement qu’eux.

Sans chef, sans hiérarchie, nous heurtons de plein fouet l’esprit de soumission des éditocrates du Figaro. Ils ne comprennent pas ce que nous sommes et pourquoi nous ne voulons pas vivre comme eux. Sans leurs contraintes et en refusant de nous inscrire dans leurs schémas de société, nous dérangeons leurs préjugés. Qui sommes nous, que voulons nous ? Nous pourrions leur expliquer pendant des heures sans que la moindre lueur d’intelligence ne réveillent leurs yeux bovins. Dans ces conditions, il est logique qu’ils fassent appel à des "experts" chargés de faire entrer une fédération syndicale qu’ils ne comprennent pas dans le cadre de leur compréhension limitée du monde. Quoi de mieux que des officines du FN comme l’institut du travail pour réécrire la réalité en la conformant à leurs fantasmes d’un autre age réactionnaire ? Quand ils font le constat qu’on attire les jeunes, ne voient-ils pas qu’ils ne sont plus eux-mêmes qu’un gang de vieux en rupture de ban avec l’avenir ? N’en reste plus pour eux qu’un appel à l’autorité comme preuve de la "violence de la CNT". Classique tour de passe passe manipulatoire de toutes les dictatures d’extrême droite qui veut que la surveillance policière deviennent une preuve alors qu’elle n’est que le reflet de l’inquiétude bourgeoise. C’est follement démocratique comme société, le modèle Chilien de 1973 certainement.

Cette "experte" d’extrême droite est rémunérée également pour ses piges dans la revue "Cadres" de la CFDT. Nous nous interrogeons donc sur l’influence que ses élucubrations peut avoir sur ces syndicalistes. Est-ce que la vision méprisante et raciste FN de la classe laborieuse imprègne désormais les syndicats de cadres réformistes au point de traiter des syndiqués de "pas très propres" ? Il serait bien vu qu’un syndicat n’emploie plus les services de militants d’extrême droite dans ses organes de formation. On ne sait jamais quelles idées vont êtres transmises à ses encadrants.

Le bruit et l’odeur [6] en 2015 est donc un blouson noir pas propre et syndicaliste. Et contrairement à ce que pense tout ces petits bourgeois, nous l’accueillerons au SUB comme nous l’avons toujours fait, sans jugement.


[1Issue de Science Po

[211 ans au service économie J’ai animé les rubriques et dossiers emploi/management/recrutement. J’ai aussi suivi la grande consommation, la distribution et l’immobilier au point. Pigiste pour Capital, Entreprise&Carrières et Option Finance. 10 ans dans la publicité - en agence et en régie. Depuis 2 mois au figaro. Profil Linkedin de Domitille Arrivet.

[3Nous aurions pu collecter des articles du 1er mai 1906, des émeutes pour l’assassinat de Ferrer en 1909, des journées de juin 36 ou de mai 68 car les images auraient été les mêmes que celles contenues dans l’article du figaro nous concernant.

Nous vous livrons ici quelques propos tenus par les séides du Capital après La Commune de Paris ( issus de « Les écrivains contre la Commune » - La découverte par Paul Lidsky).


« Il y a sous toutes les grandes villes des fosses aux lions, des cavernes fermées d’épais barreaux où l’on parque les bêtes fauves, les bêtes puantes, les bêtes venimeuses, toutes les perversités réfractaires que la civilisation n’a pu apprivoiser, ceux qui aiment le sang, ceux que l’incendie amuse comme un feu d’artifice, ceux que le vol délecte, ceux pour qui l’attentat à la pudeur représente l’amour, tous les monstres du cœur, tous les difformes de l’âme ; population immonde, inconnue au jour, et qui grouille sinistrement dans les profondeurs des ténèbres souterraines. »

Théophile Gauthier – Paris Capitale – Octobre 1971

« Une troupe d’êtres inconnus (…), rappelant, tant ils étaient obscurs, ces bandits masqués ou barbouillés de noir qui escaladent, la nuit, la maison qu’ils vont mettre à sac … »

Paul de Saint-Victor – « L’orgie rouge » - 13 juin 1871

« … Messieurs les ouvriers, par cela seul qu’ils caressaient mieux la bouteille que le travail, et se lavaient fort peu les mains, n’ayant pas le temps de le faire, se sont mis en tête que tout leur était dû, leur appartenait sur la terre, et qu’ils en savaient assez long, n’ayant jamais appris que chacun leur métier, pour se substituer avantageusement à tous les gouvernements des peuples civilisés. Grâce à ses merveilleuses théories (…), il est avéré (…), que l’expérience, le travail, la science, la réflexion, la méditation ne sont rien, ne servent à rien, qu’il suffit d’être grossier, mal élevé, de puer la crasse et le tabac, et d’avoir en toute occasion l’injure et la pipe à la bouche, pour être regardé comme un être supérieur. (…) ce n’est même plus la barbarie qui nous menace, ce n’est même plus la sauvagerie qui nous envahit, c’est la bestialité pure et simple »

Ernest Feydau – Consolations – 1872


« Des têtes de pions, collets crasseux, cheveux luisants, les toqués, les éleveurs d’escargots, les sauveurs du peuple, tous les mécontents, les déclassés, les tristes, les traînards, les incapables »

Alphonse Daudet – Lettres à un absent – 1871

[4’Oddball dans le film "De l’or pour les braves".

[5Issu de l’anti-communisme et du collaborationnisme, l’Institut Supérieur du Travail est-il aujourd’hui débarrassé de ses origines réactionnaires ? On peut en douter au regard du parcours de ses deux actionnaires principaux : les frères Bernard et Henri Vivier. L’un et l’autre multiplient depuis trente ans les accointances avec les groupuscules les plus radicaux et conservateurs qui soient. Plus d’information sur cet institut : http://blogs.mediapart.fr/blog/terrains-de-luttes/161014/l-institut-superieur-du-travail-ou-le-syndicalisme-explique-au-patronat et http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=4358

[6Issu du discours raciste sur l’immigration de Jacques Chirac, Orléans 1991


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