COP21 : GRAND PARIS - Construisez, ils viendront !

Ou peut-être pas...
vendredi 11 décembre 2015
par  Section CNT-SUB-EAL

Le grand Paris repose entièrement une vision de l’offre créant la demande. Ce mode de pensée est désormais complètement dépassé devant la prise de conscience écologique. Entrainant de nouveaux modes de consommation, nous assistons à la disparition de cette économie du gâchis et de l’abondance.

Mais l’ensemble des lobbies immobiliers liés au grand Paris restent incapables de sortir de leurs archaïsmes.

Comme l’industrie du disque et des médias, ils sont inadaptés devant l’évolution de la société et courent vers leur chute. Tout indique que leur modèle du Grand Paris est mort-né. C’est déjà un symbole d’une époque révolue et certainement pas le futur en marche.

1 000 000 DE M² DE BUREAUX INOCCUPÉS
Et pas prets de l’être...

Ce parc vide est le résultat de la promotion de l’immobilier d’entreprise ces dernières années mais cela n’empêche pas la construction de nouvelles tours (tour triangle, tour duo, tour phare, tour magenta etc...). Comme toute bulle spéculative, nous sommes à la veille de l’explosion.

Comment cela se peut-il ?

Par la concurrence classique privée. Chacun construit en espérant capter la clientèle de l’autre. L’immobilier de bureau se construit et se vend comme des pots de yaourt, ce n’est pas très différent. L’état n’assumant plus son rôle de régulateur [1], a permis de construire une vraie jungle dans tout les sens du terme.

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Par le biais des vases communiquant, un transfert de site compte pour un promoteur immobilier comme une création, ça reste une affaire. Les bureaux neufs s’amortissent vite et se périment vite. Ils sont victimes des modes d’organisation du travail (un basculement des bureaux s’opère actuellement vers des immeubles "campus" en préférence aux tours à cause de la mode du "workshop"), des modes architecturales et des modes technologiques.

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On change donc désormais de bureau comme on change de fringues. Et pour les vieilleries, ce sont des bureaux qu’on pourra toujours fourguer à des fonctionnaires. La tour sequoia de la défense aura l’administration centrale du ministère du développement durable, l’immeuble du Ponant a la préfecture d’Ile-de-France.

L’exemple de Val-de-fontenay et la société générale.

En 2009, la société générale annonçait le regroupement de ses équipes "Back Office" dans un nouveau complexe à Val-de-Fontenay. 5 000 postes en plus des 5 000 existants sur place. En fait, ce transfert est compté comme création à l’échelle de l’ile-de-france pour la promotion du Grand Paris. Toutes ces mutations sont englobées dans les estimations basées sur un ratio m²/emplois régional. Des emplois en plus car 90 000 m² sont construits neufs à Val-de-Fontenay mais il ne faut surtout pas dire qu’ils existaient déjà.

Ce regroupement est une opération de licenciement à tiroir. A l’échelle nationale, dans les deux années suivant l’annonce du déménagement, environ 1 900 salariés "Back Office" ont été mis à la porte. Où comment passer de 5000 créations d’emplois selon le Grand Paris à une suppression de 1 900 salariés selon la réalité.

LE "MALL" COMMERCIAL EN FIN DE VIE ?
Comment piquer la clientèle du voisin...

Partageant la même tare que le bureau, les "locaux commerciaux" ne créent pas de clientèles, ils aspirent celle déjà existante. On quitte avec les malls les ratios de m² pour entrer dans le nombre de clients. Ces estimations sont elles aussi comptées comme "nouveaux clients" et non comme migration de clients. Il va s’en dire que ces estimations ne prennent pas en compte les nouveaux modes de consommation mais les désirs des promoteurs.

De nombreux "projets" du Grand Paris" ne sont que des Malls plus clinquants les uns que les autres. Mais ils procèdent de la même idéologie que les galeries marchandes et seront enterrés tous ensembles.

Ce mouvement de déclin est amorcé aux états-unis où la population revient à des structures de proximité.

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Et sans même regarder les États-Unis, les difficultés des grands ensembles commerciaux actuels sont parlants pour leur avenir. Que ce soit Domus, So Ouest etc... Tous font face à une réalité contredisant leurs prévisions farfelues de clientèle. Tous se concurrencent et à la fin, il n’y en restera aucun.

Solution de la dernière chance selon les promoteurs, le travail du dimanche. Mais une fois encore, les mirifiques créations de clients du dimanche ne se font que transferts et n’arrêterons pas la chute. Ce travail du dimanche ne favorise que les quelque-uns qui l’ont eu par passe-droit. En le généralisant, une fois de plus, la chute de tous sera accélérée.

Toutes ces surfaces sont promises à devenir des friches commerciales à l’image américaine. Basée sur une logique purement immobilière, le Grand Paris ne pourra survivre aux changements déjà visibles de son modèle économique.

A nous de développer son remplaçant moins tape à l’œil, moins consommateur de ressources naturelle, moins éphémère. Nous pourrons ainsi travailler à la construction dans une économie de proximité qui ai un sens.


[1Le service chargé de la régulation (l’agrément) pour l’Ile-de-France se situe à la direction régionale et interdépartementale de l’équipement d’Ile-de-France.

Avant mission dépendant directement du directeur, ils ont été rattachés à une division puis à un service. C’est une dégringolade hiérarchique. Ses effectifs ont été divisé par deux en dix ans et ils n’ont pas été renforcés alors que maintenant le silence de l’état vaut acceptation des projets immobiliers et demande donc une présence continue.

Nicolas Sarkozy avait demandé sa fermeture dans un discours mais la nomination du prince jean à l’EPAD ayant fait scandale jusqu’en Chine, ça a calmé un peu ses ardeurs fermeturistes


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