COP 21 : Derrière le vernis écologique des voitures hybrides, l’intensive exploitation sociale...

vendredi 11 décembre 2015
par  SUB-TP-BAM RP

2000 véhicules hybrides de marque Toyota ont été achetés pour l’état français par son groupement d’achat. Certaines ont été mises à l’honneur lors de la semaine du développement durable dans le ministère du développement durable début avril. Le tarif de la Yaris hybride est de 18 900 €.

L’autonomie en fonctionnement électrique de cette voiture oscille entre 2 et 4 km.

La Yaris reprend le système essence-électricité de la Prius II (le modèle de gamme supérieure hybride). Le bloc électrique se greffe sous le capot au côté du 1.3 litre essence. Au démarrage, l’électrique puise dans les batteries – qui se rechargent au freinage - à faible allure puis est relayé par le moteur thermique. Toyota annonce officiellement une consommation de 3,5 litres/100 km en moyenne (3,1 en ville).

Voici ce qu’on peut lire dans la presse spécialisée.

La transition énergétique est une communication basée sur la technologie et la voiture électrique est l’un de ses gadgets.

Au delà de ce vernis « écologique », Toyota accumule les désastres depuis 2009...

  • Avril 2014, 6,39 millions de véhicules (dont la Yaris) rappelés pour des problèmes d’aibag et de colonnes de direction ;
  • Février 2014, 1,9 millions de Prius étaient rappelées pour un défaut du logiciel du système hybride pouvant couper le moteur durant la conduite, ce qui avait déjà été le cas en juin 2011 ;
  • En juin 2013, 242 000 Prius étaient concernées par des problèmes de frein ;
  • En 2012, Toyota devait revoir 7 millions de voitures (dont la Yaris) pour des risques d’incendie liés au bouton du lève-vitres ;
  • Entre 2009 et 2010, plus de 9 millions de véhicules Toyota étaient rappelés pour un problème d’accélérateur.

Pourquoi tous ces problèmes de fiabilité chez le premier constructeur automobile mondial ?

Le journaliste Satoshi Kamata nous livrait déjà la réponse dans son enquête publiée en 1972 dans son livre « Toyota, l’usine du désespoir ». Employé comme intérimaire chez Toyota à la chaîne de montage de boites de vitesses, il relate dans une chronique sa vie d’employé précaire soumis au système corrompu de production Toyota (le Toyota Production System). Il y met en évidence la raison d’être du TPS qui est l’augmentation des cadences de production, véritable asservissement physique et moral de l’homme à la machine.

La qualité du travail s’anéantit devant les cadences de production élevées. En 1972, les postes de contrôle des pièces ont été supprimés et la fonction intégrée au travail des ouvriers déjà pressurés sur les chaînes de production. Ce rôle de contrôle (jidoka) est toujours assuré par les ouvriers de chaîne chez Toyota : comme en témoignent les plaquettes du groupe, 100% des personnels font partie de « cercles de qualité ». Satoshi Kamata explique ce basculement qui revient à supprimer tout contrôle de pièces au nom de la cadence et du profit.

Toyota met actuellement en place une équipe de nuit à Valencienne pour augmenter la cadence de production de la Yaris hybride, une équipe totalement composée d’intérimaires. Une autre hausse de cadence de 15% est déjà prévue pour 2014, ce sont les précaires Toyota qui vont la supporter.

L’hypocrisie du système Toyota n’a guère changé. Il explose actuellement dans toute sa vérité. En 2011, la grève menée par les ouvriers de Valenciennes portait sur les cadences, l’organisation du travail et le salaire. Actuellement, tous les ouvriers indiens de Toyota sont en grève illimitée et les usines fermées avec ces mêmes revendications à l’encontre d’un système qui n’a su que faire évoluer son image. Quand on lit le livre de 1972, les tracts de la CGT de l’usine de Valenciennes et ceux des ouvriers indiens, on voit bien que l’exploitation ne change pas.

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Grève Toyota en Inde (mars 2014). Vote en AG de refus de reprendre le travail

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Grève Toyota Valenciennes (2011)

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Grève Toyota Valenciennes (2011)

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Grève Toyota Afrique du Sud (Septembre 2013)

Toyota n’est pas le seul constructeur automobile archaïque. Il n’y a pas d’évolution notable dans le respect des conditions de travail. Cette industrie est résolument un modèle dépassé dans le champ social.

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Grève Honda Chine (2013)

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Grève perlée Hyundai Motors en Corée du Sud (2012). 28 grèves en 2012.

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Grève Suzuki en Inde (2011). Les salariés ont obtenus 50% d’augmentation de salaire.

Dès lors, comment croire que cette industrie exploitant au maximum ses salariés puisse cesser d’exploiter les ressources naturelles à son profit ? 84% des Yaris produites à Valenciennes le sont pour l’export, est-ce vraiment un modèle « vert » ?

En matière environnementale, la technologie reste un leurre : la publicité incite au gaspillage (la voiture comme marqueur social) et sert un imaginaire capitaliste basé sur une consommation sans limites, cause première de la crise écologique.

Sur le développement durable et la transition énergétique, les ministères ne ménagent pas leurs effets de comm’. En matière de transport, la réalité est tout autre : si les transports motorisés individuels bénéficient d’un soutien financier (déduction des frais réels), le vélo et la marche restent les grands perdants des distributions de subventions.

L’achat de cette Yaris hybride ne servant qu’à quelques uns aurait pu financer à la place des vélos collectifs profitant à tous.


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