Fin de non-recevoir aux médias

vendredi 27 mars 2015
par  SUB-TP-BAM RP

Notre syndicat est de temps à autre contacté par un média national (chaîne télé, radio, ...) sur un sujet du bâtiment. Nous ne répondons jamais favorablement à ces demandes, pour plusieurs raisons.

Premièrement, le SUB TP RP est un petit syndicat, qui n’a pas nécessairement en son sein de nombreux exemples qui illustreraient le sujet abordé.

Deuxièmement, en tant que syndicalistes autogestionnaires, sans permanents, nous n’avons pas de « communiquant » affecté spécifiquement aux médias bourgeois parce qu’il passerait bien.

Chacun d’entre nous doit pouvoir assumer les relations du syndicat vers l’extérieur et prendre en charge son fonctionnement intérieur. C’est pour cela que le secrétariat est tournant. Chaque camarade l’assume une semaine et devient le secrétaire et la voix du syndicat.

Avant de pouvoir répondre aux médias et surtout télévisuels, il faut donc nous former, construire un discours, apprendre à dire « de façon télévisable » un texte devant une caméra, apprendre à faire des pauses (afin que le travail de montage soit possible, ...).

Nous le faisons avant tout dans l’usage de la parole au sein du syndicat, sur des discussions ou tables-rondes, dans lesquelles le temps de parole est bien moins contraint.

Nous avons connu des échecs mais ce n’est pas grave car chaque camarade qui s’exprime pour le syndicat n’est pas un camarade qui sait le faire, c’est un un camarade que nous aidons à le faire. L’échec est normal. De nombreux gars et filles du bâtiment ont appris à se cacher du patron, de la police. Ils en ont perdu la capacité de se mettre en avant. Au syndicat, nous œuvrons à retrouver ce contrôle de notre parole.

Les formats des émissions TV ne permettent pas tout cet apprentissage. C’est pour celà que nous les refusons.

Et puis, il y a bien sûr les raisons intrinsèques aux médias bourgeois, qui sous couvert de neutralité, nous accordent le même temps de parole que nos adversaires.

Voici un exemple récent d’un échange écrit avec un journaliste d’une chaine de télévision nationale pour la participation à un reportage sur la sécurité sur les chantiers :

  • Le SUB TP RP : quelles seraient les garanties pour notre syndicat en temps de parole ? Pouvez-vous par exemple garantir 80% de temps de parole ouvrière sur la durée du reportage ?
  • Le journaliste : nous ne garantissons jamais de temps de parole, qui plus est à 80%. Nous faisons un travail journalistique qui prend en compte l’ensemble des parties et des points de vue ; ce serait mieux d’en parler de vive voix car notre but, commun il me semble, reste d’informer le public.
  • Le SUB TP RP : les ouvriers sont victimes à 100% des accidents ou mauvaises conditions de travail dus à du matériel ou des matériaux défectueux sur les chantiers ou en usine, et jamais le patronat ; il nous semble raisonnable de demander 80% du temps de parole dans votre reportage pour exposer largement le sujet.
  • Le journaliste : il est préférable d’en parler de vive voix plutôt que par écrit, je vous appelle bientôt.

Lors de l’entretien téléphonique la semaine suivante, le refus de participer a été signifié par le nouveau secrétaire tournant lors d’une discussion confuse.

Il ne s’agit pas ici d’accuser ce journaliste personnellement, mais de critiquer ces émissions au format imposé qui relèguent la parole des ouvriers à des cases étriquées. 80% de l’émission représente 20 minutes, c’est à dire rien. Et c’est déjà trop pour le patronat qui monopolise des heures ces antennes télévisées. Ces patrons ont même leur chaine de TV.

Contacté également par D8 pour un reportage sur le travail sous papiers d’emprunt, nous ne prendrons pas la peine de répondre à cette demande autrement qu’ici.

D8 a été créée par le groupe Bolloré et vendue en 2011. Il est de notre honneur de refuser toutes sollicitations d’une télé qui n’a du sa survie qu’à l’argent venant d’un groupe tirant profit de l’exploitation des travailleurs africains en Afrique (voir Bolloré : monopoles services compris) et en France (Rénovation du centre de rétention de Vincennes). Notre syndicat milite pour le démantèlement de ces multinationales et la spoliation des biens de ses dirigeants et actionnaires.

Nous ne pouvons accepter "un travail journalistique qui prend en compte l’ensemble des parties et des points de vue", alors que nous :

  • revendiquons l’unique pouvoir de décision sur les conditions de travail et de vie aux travailleurs regroupés en syndicat d’industrie ;
  • réprouvons le paritarisme, outil de cogestion, profondément antidémocratique, où la voix des syndicats est (au mieux) égale à celle du patronat, ni représentatif, ni comparable en nombre aux travailleurs ;
  • luttons pour des changements radicaux dans l’organisation et les modes de production, et revendiquons une analyse globale et syndicaliste révolutionnaire sur les sujets traités, et non le constat en 2 minutes d’un fait ordinaire de la machine capitaliste destructrice.

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