"Ni dieu, ni César … ni Jean-Luc !"

vendredi 10 novembre 2017
par  SUB-TP-BAM RP

"Ni dieu, ni César … ni Jean-Luc !"

 [1]

On le chantait, par dérision, dans nos cortèges mais il va peut être falloir marquer un peu plus le trait, tant notre "tribun de service" la ramène.

Le 16 octobre, sur son blog, Mélenchon a écrit, au sujet des ordonnances : "Je fais le point sur cette étrange semaine. Est-ce celle où nous avons perdu une bataille sur le Code du travail si mal conduite ?"

Pour lui, la raison de ces échecs semble simple : "Le dogme du "mouvement social indépendant de la politique" a montré sa limite".

Ce qu’il désigne comme un dogme c’est : la Charte d’Amiens, ce texte de référence du syndicalisme français, adoptée en 1906 lors du 9ème Congrès de la CGT, qui marqua en son temps, et d’une empreinte révolutionnaire, le désir d’autonomie prolétarienne exprimé par la classe ouvrière. "Le Congrès décide qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté, la transformation sociale".

Même si la bolchévisation du syndicalisme et son caporalisme stalinien dévoyèrent largement cette revendication à l’action directe, les syndicalistes réformistes (qui a l’époque minoritaires au sein de la CGT avaient voté cette motion de consensus), ont conservé cette référence dans leurs statuts.

Jean–Luc Mélenchon qui n’invente rien, mais tente de réchauffer les vielles gamelles du populisme autoritaire prétendument de Gôche, a décidé qu’il voulait représenter à lui tout seul la lutte contre le gouvernement et l’espoir d’un avenir radieux : "nous avons besoin d’une convergence populaire. En tous cas je le dis clairement : les organisations politiques ont toute leur place dans la mobilisation et la conduite du mouvement de résistance sociale".

A vouloir trop "conduire le mouvement de résistance social", comme il dit, l’agité du Bocal [2] risque de subir, un jour, l’avanie d’une conduite de Grenoble [3].

Les tribuns de comptoir (fussent-ils de l’Assemblée Nationale) devraient savoir que le bon peuple, dont ils se croient les représentants, peuvent être, quand on les échauffe trop, peu avares de rudes caresses.

Paris, le 10 novembre 2017



[1Couplet actualisé (par le SUB) de « l’Internationale » chantée en manif

[2A l’Assemblée Nationale. Maintenant populaire et fréquemment utilisée, cette expression vient d’un court texte "À l’agité du bocal" de Louis-Ferdinand Céline, publié en novembre 1948 sous le titre "La lettre de Céline sur Sartre et l’existentialisme".

[3"Cette conduite se fait, dans une Société, à un de ses membres qui a volé ou escroqué ; c’est le châtiment qu’on lui inflige dans une chambre ou dans les champs. Celui qui a reçu la conduite de Grenoble est flétri moralement ; il ne peut plus se présenter devant la Société qui l’a chassé comme indigne d’elle. Quand on a vu faire cette conduite, on n’est pas tenté de la mériter ; elle n’attaque pas le physique brutalement, mais rien n’est si humiliant : il y a de quoi mourir de honte !". Extrait de "Le livre du compagnonnage" d’Agricol Perdiguier, 1841


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