La précarité t’isole, le syndicat te renforce !

Très bien même puisque, malgré une concurrence acharnée, la presse, avec un tiers de travailleurs précaires, se maintient gaillardement dans le peloton de tête des activités les plus précarisées. Encore ce tiers ne concerne-t-il que le "cœur de métier", c’est-à-dire les journalistes au sens des conventions collectives, et ne prend-il pas en compte les activités dites "annexes" (informatique, secrétariat, documentation, etc.) d’une boîte.

Mais un taux de précarité élevé n’est pas le seul titre de gloire du secteur presse. Vieux briscard du contournement du CDI, la presse se distingue aussi par le nombre et la variété de ses statuts précaires, témoignant encore une fois de l’imagination dont savent faire preuve les patrons quand il s’agit de gros sous.

Car le travail précaire, c’est d’abord un enjeu financier : exigence de productivité, durée de contrat adaptée aux besoins de l’entreprise, indemnités de fin de contrat minimales voire inexistantes, rémunérations inférieures au CDI et constamment revues à la baisse, baisse ou exonération des cotisations sociales...

C’est aussi un enjeu social, notamment pour ce qui concerne le droit du travail : difficile en effet pour un précaire, le plus souvent isolé, déconnecté de la vie de l’entreprise, soumis à un chantage à l’emploi permanent, de le faire respecter - une situation d’autant plus prégnante dans le secteur presse que s’y développe le télétravail, avec ses risques d’atomisation accrue des travailleurs. Quant à la défense collective des travailleurs, si les précaires peuvent (sous certaines conditions tout de même) être délégués syndicaux ou représentants du personnel, l’exercice relève du parcours du combattant, version kamikaze.

Il est aussi un enjeu social par les divisions qu’il génère entre les travailleurs : entre CDI et non-CDI, mais aussi entre les différents statuts précaires.

C’est enfin, pour le secteur presse, un enjeu idéologique : difficile, là encore, pour un précaire, de s’opposer au contrôle de l’info, et donc de l’opinion, exercé par gouvernement et patronat, et de contester et/ou dénoncer censure et gros mensonges imposés par sa direction. Ou de s’opposer au contrôle exercé par les annonceurs et l’idéologie qu’ils véhiculent.

Vu sa redoutable efficacité comme machine à fric et comme outil de déconstruction sociale, on comprend l’engouement patronal pour le contrat précaire, quelle que soit sa forme. Un engouement tel, d’ailleurs, que pour Mme Parisot et le Medef, la priorité des priorités, c’est le fameux contrat de travail unique, en lieu et place de tous les contrats existants, un contrat précaire bien entendu.

Peut-être, alors, les travailleurs verront-ils mieux la nécessité de ne pas dissocier leurs luttes en fonction de leur statut ?

- Tour de piste de la presse précaire

Profession pigiste "Tu fais quoi, toi, dans la vie ? - Moi ? je suis pigiste." Une réplique fréquente ces derniers temps, au cinéma comme à la télé. Le détournement du terme "pigiste", qui désigne le statut d’un journaliste rémunéré à la tâche, pour lui attribuer le sens de "profession journaliste" n’est pas anodin : en assimilant un statut à une profession il banalise et institutionnalise la précarité dans la presse. Et si la "profession pigiste" est très valorisée par les médias comme par l’industrie culturelle, la réalité est beaucoup moins valorisante. Numéro 1 de la précarité dans la presse, ce statut, réservé à l’origine à certaines professions non postées et à des compétences spécifiques (photographes, rédacteurs, dessinateurs, etc.), s’applique à présent à tous les métiers du journalisme. En 2004, il concernait 20 % des journalistes, un taux en constante augmentation (+ 50 % en 10 ans). Car la pige est une bonne affaire pour les patrons : pas d’indemnités de fin de contrat, congés payés souvent inclus dans le salaire brut, des salaires de base dépassant à peine le smic, et... pas de contrat. Les patrons ont en effet pris la mauvaise habitude de considérer et d’imposer la pige comme une forme de contrat de travail, dans la plus parfaite illégalité, et malgré la loi Cressard (1974), qui rappelle que la pige n’est qu’un mode de rémunération, et que l’absence de contrat équivaut à un CDI. Trente ans après, la quasi-totalité des pigistes continuent de travailler sans contrat et de miser sur la bonne foi de leurs patrons...

Le petit vernis de la précarité : le CDD Il présente quelques avantages non négligeables : prime de précarité, congés payés non compris dans le salaire brut. De plus, soumis à un encadrement juridique strict, il est relativement protecteur du droit du travail : rupture de contrat motivée, égalité de traitement avec les CDI (en principe)... C’est sans doute la raison pour laquelle le recours au CDD plutôt qu’à la pige est généralement le fruit d’un combat syndical, et non du bon vouloir patronal.

Services "annexes" Pour ces services (personnel administratif, informatique, accueil, entretien, etc.), c’est le plus souvent par le biais de l’externalisation que s’est instaurée la précarité. Des services revendus à des sous-traitants, généralement des sociétés de services qui font leur beurre en se débarrassant des CDI pour les remplacer par des intérimaires. Coup double pour la boîte de presse : un intérimaire externe, ça revient moins cher et, ne faisant pas partie de la boîte, ça ne revendique pas.

Correspondants locaux de presse (CLP) Le chouchou de la PQR. Traditionnellement instits, notables ou élus locaux, les CLP ne bénéficient pas du statut de journaliste. Mieux, travaillant sans contrat, payés en honoraires, les CLP ne relèvent même pas du statut salariés et sont assimilés à des travailleurs indépendants. Pas de cotisations sociales, pas de rémunération minimale, pas de contraintes liées au droit du travail : une aubaine pour les patrons de presse locale, qui, en l’absence d’encadrement juridique du recours au CLP, ne se gênent pas pour appliquer ce statut à un nombre croissant de journalistes professionnels (25 000 en 2004). Payés une misère, ne bénéficiant ni de la protection du Code du travail ni de protection sociale, les CLP constituent le Lumpenprolétariat du journalisme.

Le CDD d’usage Réservé à certains secteurs d’activité à caractère saisonnier (dont l’information et l’audiovisuel) et "aux emplois par nature temporaires", il est très prisé dans l’audiovisuel. Au contraire du CDD classique, il peut être renouvelé indéfiniment. Conclu et conçu pour des durées très courtes (un à plusieurs jours), il est le contrat flexible idéal. Et, cerise sur le gâteau, il permet aux patrons de s’exonérer de la prime de précarité.

Stagiaires Qui n’a jamais vu un service ou une rédaction tenir sur les épaules d’un stagiaire, conventionné ou non, bien entendu pas payé ou tout juste indemnisé. Notamment pendant ces glorieuses périodes estivales où, les journaux devant bien paraître tout de même, le stagiaire devient souvent presque le maître des lieux... Sans parler de la non-existence fréquente de tuteur et de réel suivi. Et pourtant on sait bien que le stage est un passage presque obligé pour entrer dans une entreprise de presse à la sortie de la formation. En gros, un bon cheptel de jeunes arrivants corvéables et taillables à merci, sans droit, sans salaire et donc... sans problème !

Travailleur indépendant En pleine expansion en Europe et en France, le statut indépendant chez les journalistes fait d’abord un tabac dans les pays de l’ex-URSS (80 % des journalistes) comme dans les pays anglo-saxons, dont il symbolise parfaitement l’idéologie qui y règne en maître (laisser-faire économique et marché roi). Vendu comme un contrat "de gré à gré", censé résulter à la fois des lois du marché et d’une négociation entre deux parties égales et complémentaires, le "contrat" indépendant est présenté comme la forme idéale de la relation employeur-travailleur. Idéale pour l’employeur, sans aucun doute : d’une part, vu l’état du "marché du travail", c’est lui qui impose les conditions du contrat, d’autre part les termes (rémunération, temps et conditions de travail...) de la relation de travail étant tous "négociés" "de gré à gré", ils ne relèvent pas du droit du travail et ne garantissent aucun filet de protection au travailleur... Pour le travailleur, par contre, c’est une autre histoire : la marge de "négociation " est quasi nulle, il ne bénéficie d’aucune protection, que ce soit sur le plan du droit du travail ou sur celui de la protection sociale.

- Face au développement de la précarité, luttons pour obtenir :

• la transformation en CDI de tous les postes fixes ;

• le paiement en salaire de tous les collaborateurs de presse (Agessa, CLP...) ;

• l’alignement des droits des précaires sur ceux des CDI, en application du Code du travail ;

• l’alignement des droits des CDD d’usage sur ceux des CDD ;

• l’élargissement de l’indemnisation chômage à tous les précaires ;

• la rémunération des stagiaires au tarif du poste occupé ;

• la réintégration des emplois et fonctions sous-traités ;

• un réduction du temps de travail réelle, sans diminution de salaire, et avec embauches en CDI correspondantes.

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Grève à Wolters Kluwer France
Le SIPM-CNT soutient la grève reconduite depuis le 2 juillet pas les salariés de Wolters Kluwer France (Lamy, Liaisons, AFL, Dalian, Val Informatique et Clior) pour de meilleures rémunérations et des conditions de travail décentes et respectueuses

Les médias en grève... et pourquoi pas ?
Les mobilisations actuelles, loin de ne concerner que des métiers ou des fédérations d’industrie particuliers, touchent bien au contraire les intérêts de tous les travailleurs. Car ce qui se joue aujourd’hui, c’est un projet de société. Deux logiques s’affrontent : celle d’une répartition solidaire et égalitaire des richesses et d’une réelle protection sociale contre celle de l’éclatement des solidarités et des normes du travail pour imposer l’individualisme et le chacun pour soi.

Soutien aux salariés de Presse informatique
Les salariés de Presse informatique sont aujourd’hui victimes d’un LBO. Soutien du SIPM-CNT et analyse des salariés et du collectif LBO.

Soutien au mouvement des salariés du Groupe Le Monde
À l’heure de la concentration de la presse aux mains de quelques grands argentiers et d’une parole médiatique unique et aux ordres, la lutte des salariés du Groupe Le Monde prend valeur de symbole pour l’ensemble des salariés de la presse.

EuradioNantes : viré pour haussement de sourcils
Il faut obéir sans sourciller. Et sans » langage non verbal » mettant en cause la hiérarchie imposée. Faute d’avoir intégré ce beau principe, un journaliste d’une radio financée à 100% par des fonds publics vient de se faire virer pour «  insubordination insidieuse »

Manifestation du 1er Mai : contre-offensive syndicale !
Manifestation à 11h Place des Fêtes (Paris 20e - Metro Place des Fêtes), en direction de la manifestation unitaire

Photo de presse : chambre noire de la précarité
L’AFP a rendu publique le mois dernier sa prise de participation dans Scooplive et Citizenside. Comme d’autres nouveaux sites du Web « participatif », ils permettent à n’importe quel pékin de vendre ses photos et vidéos amateur aux organes de presse friands de scoop. Ledit pékin peut ainsi récupérer un peu d’argent de poche grâce à son téléphone portable ou son appareil photo numérique, et permet aux agences d’embaucher beaucoup moins de photographes professionnels... comme ceux qui ont été virés de l’AFP il y a trois ans. Ce mois-ci, c’est Bolloré qui annonce son intention de reprendre la branche française de l’AP (Associated Press, l’équivalent français de l’AFP) en partenariat avec Bernard Eveno, ancien P-DG de l’AFP et patron d’Hachette-Filipacchi photo ; joli monopole de l’image en perspective...

Le groupement des auteurs de bandes dessinées, nouvelles branche du SNAC-CGT
Le SNAC, syndicat des auteurs et compositeurs de la CGT, s’est enrichi d’un nouveau groupement : les auteurs de bandes dessinées. Cette branche de l’édition, souvent considérée comme mineure, est une des principales mannes financières de nombreuses sociétés, spécialisées ou généralistes, qui n’ont pourtant pas pour objectif la philanthropie artistique !

S’informer sur les grèves, c’est possible !
Le site de nos camarades de la Fédération des travailleurs de l’éductaion de la CNT met son site à jour : http://www.cnt-f.org/fte/ Toutes les infos sur les manifs, les grèves, les tracts, etc. Vous pouvez éteindre la télé !

Les JT cassent la grève
Une fois n’est pas coutume, voici un article de Libération qu’il nous semble important de diffuser sur notre site : "Télé. Les 13 heures et 20 heures sont sur le pied de guerre contre le mouvement social."

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dimanche 21 juin 2009
Les salariés de la presse et des médias sont depuis quelque temps dans le collimateur... Quasiment aucun groupe, aucun titre, aucune rédaction, aucun métier n’y échappe. Entre les plans sociaux massifs, les départs soi-disant volontaires ou à la retraite non remplacés, ceux qui restent croulent sous la charge de travail, mettant en péril la qualité de l’information délivrée.

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mercredi 13 mai 2009
Le 19 mai, les titulaires de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) sont appelés à voter pour renouveler le collège salariés le la commission de la carte, chargée tous les ans d’attribuer ou de renouveler cette carte professionnelle.

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lundi 16 février 2009
Le syndicat interprofessionnel de la presse et des médias (SIPM) de la Confédération nationale du travail (CNT) attire l’attention des pouvoirs publics, des journalistes et du grand public au sujet du mouvement social du bassin minier de Gafsa.

• RFI Riposte !
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mercredi 17 décembre 2008
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