Un syndicalisme autogestionnaire et sans permanent

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SIPM-CNT

Le Figaro quitte le SPP

Ouvriers du Livre

mercredi 19 novembre 2003

Le Figaro, composante essentielle du SPP, annonce sa démission pour le 31 décembre. Coup de bluff ou pas, il pourrait bien s’agir d’une phase déterminante de la destruction du cadre conventionnel de la presse parisienne.

Hier, le 18 novembre, en fin d’après-midi, une dépêche AFP annonçait la nouvelle : Chaisemartin annonce son retrait du SPP (syndicat de la presse parisienne, syndicat patronal) pour le 31 décembre.

La signification ? elle est simple : les ouvriers du Livre sont un peu plus fragilisés, puisque l’ensemble des conventions dont ils relèvent sont valables dans le cadre d’accords signés par le SPP d’une part, et le comité inter du livre parisien (CILP) d’autre part, qui est censé réunir les syndicats corpo CGT... qui en fait est éclaté entre deux comités inter scisionnistes, avec un SGL-CE qui aimerait bien absorber tout ça... Ambiance...

L’objectif de Chaisemartin ? S’il ne fait que l’annoncer en donnant un prévis, et non le faire directement comme l’avait fait Le Parisien, c’est probablement qu’il s’agit plus d’une mise sous pression que d’une volonté réelle. Les enjeux sont multiples :
- mettre sous pression les syndicats du livre pour les obliger à renégocier la convention collective
- tester les dissensions entre les syndicats et voir jusqu’où il peut jouer les uns contre les autres (d’un côté les typos - CSTP - se sont récemment avancés vers un aménagement de la convention collective et un rapprochement des journalistes, ils jouent en fait leur survie et lorgnent sur le boulot des SR, de l’autre côté le CILP reste sur une position de défense de la CC)
- mettre la pression sur l’Etat pour obtenir de nouvelles aides sur le transport postal (les aides à la presse : 1997 : 51,9 millionsF ; 1998 : 240 millionsF ; 1999 : 329,7 millionsF : on voit qui paye les profits des groupes de presse et les salaires royaux des patrons !)

Ca panique sévère du côté des syndicats CGT : les patrons ne respectent pas le fonctionnement paritaire ! Sans blague ! Les accords, c’est bon quand il y a un rapport de force derrière. Quand derrière il n’y a plus que des syndicats bureaucratisés, corporatistes, qui multiplient entre eux les coups bas et les procès, la partie est trop belle pour le patronat !