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SIPM-CNT

Accord SPP - syndicats CGT du Livre : la fin d’un monde ?

Communiqué ouvriers du Livre CNT

mercredi 1er décembre 2004

L’accord a donc été signé. Mettant en cause le statut des ouvriers du Livre, mais aussi la convention collective des journalistes.

Le Syndicat de la presse parisienne (SPP, patronat) est en passe de concrétiser l’un de ses vieux rêves, mettre à bas la « puissance » des syndicats du Livre. Un « accord de refondation » (sic), daté du 27 octobre, a été ratifié le 1er décembre 2004. Ce texte est un parfait manuel d’une libéralisation à outrance d’un pan entier des métiers de la presse en général et du Livre en particulier.

La crise de la « presse », la concurrence des gratuits sont autant de prétextes à casser les acquis et les métiers du Livre. Le SPP dans « l’accord de refondation » entrevoit ces réformes comme autant de « moyens d’une politique dynamique » permettant de « donner à la profession des perspectives de développement ». La recette libérale du SPP s’appuie sur une redéfinition des métiers où les acquis des ouvriers du Livre seront purement et simplement liquidés. Fin de l’égalité des salaires, embauche directement gérée par les DRH, progression au mérite et surtout statut et fonction bien flous. Les patrons sont arrivés à récupérer les « clefs des entreprises » pour reprendre les mots de Yves de Chaisemartin (depuis parti avec un confortable matelas de 27,5 millions d’euros). Ce plan de casse touche les métiers du prépresse, typographes (futurs éditeurs réalisateurs, selon la phraséologie du SPP), correcteurs, photograveurs (techniciens de l’image en devenir) et les métiers de
l’imprimerie.

Bien évidemment, cette « réforme » donne des sueurs froides aux journalistes qui voient ainsi débarquer des ouvriers (en l’occurrence les typographes) dans les rédactions. Et bien évidemment, les réflexes corporatistes prennent le dessus. Et, toujours évidemment, les patrons rigolent, jouent de la division, et préparent un grand nettoyage de printemps qui soyons-en sûr, n’oubliera personne tant chez les ouvriers du Livre que chez les plus précaires des journalistes et autres secrétaires de rédaction.

Hélas !, « l’accord de refondation » est aussi porté par des syndicats du Livre qui croient encore que prendre le travail d’autres catégories de salariés leur permettra de survivre et sera (nouvel hélas !) farouchement combattu par des syndicats de journalistes, non au nom de la lutte contre les patrons, mais contre des ouvriers qui doivent rester là où ils sont.

Outre le fait que les ouvriers du Livre (de toutes les branches du métier, prépresse comme imprimerie) doivent demander des comptes à leurs hiérarchies syndicales sur les accords scélérats qu’ils s’apprêtent à ratifier, l’ensemble des salariés de la presse doivent intervenir dans un large processus unitaire pour s’opposer à la fin des métiers (du Livre comme des rédactions) synonyme de précarité et de déconstruction sociale.

L’ennemi reste le SPP et sa gestion libérale d’une presse que nous ne voulons pas soumise aux seules lois du marché.