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Confederation Nationale du Travail,
Syndicat de l'Industrie Informatique - Région Parisienne
33, Rue des Vignoles,
75020 PARIS
sii.rp@cnt-f.org
http://cnt-f.org/sii/

COMMUNIQUE DE PRESSE DU SII.RP

PARIS le 25 fevrier 2002

Lundi 25 février, des désobeissants, activistes des reseaux de Samizdat, fournisseur d'acces alternatif Globenet, anarcho-syndicalistes de la CNT, etc, ont ete interpeller l'Association des Fournisseurs d'Acces et de service internet (AFA) dans ses locaux a la Defense. En effet, la Loi sur la Securite Quotidienne (LSQ) votee fin novembre a fait des fournisseurs d'acces a Internet (FAI) des auxiliaires de justice.
Au nom de la lutte contre le terrorisme, cette loi contient de nombreuses atteintes graves aux libertes individuelles et a la liberte d'expression et de publication. Elle oblige les fournisseurs a conserver l'ensemble des donnees techniques de connexion de toute communication electronique pendant un an, fournissant ainsi un outil de surveillance des echanges d'une portee sans precedent. Par ailleurs, elle limites les possibilites de protection des donnees personnelles par la cryptographie et legalise les possibilites de perquisition et d'ecoute electronique.
En contrepartie de leur collaboration, les fournisseurs d'acces ont obtenu le droit de commercialiser les donnees de connexion ainsi collectees.
Les desobeissants ont ete rappeler a l'AFA, qui regroupe les principaux FAI francais, qu'ils resteront vigilants.
Ils leur ont demande:

  • d'informer l'ensemble de leur utilisateurs sur les dispositions contenues dans la loi sur la conservation des donnees de connexion,
  • de permettre clairement a leurs utilisateurs de refuser toute exploitation commerciale de ces donnees,
  • d'agir dans la plus grande transparence, en informant les utilisateurs des requisitions a leur encontre, en publiant des statisques regulieres de ces requisition, et en denoncant toute tentative d'abus.
    Cette action entre dans le cadre des 10 jours de desobeissance sociale organises par le Forum de l'Insoumission et de la Desobeissance auquel s'associe le CNT-SII.RP
    En tant que syndicalistes et qu'acteurs des reseaux de communication numerique, nous nous sentons particulierement concernes par les nombreuses mesures liberticides contenues dans la LSQ. Aussi, nous appelons nos adherents et sympathisants a participer aux actions organisees durant ces 10 jours (cf http://forum.samizdat.net)
      texte diffuse pendant l'occupation

      LA LIBERTE N'A PAS DE PRIX

      Les dispositions de la Loi sur la Sécurité Quotidienne (LSQ) concernant l'utilisation de l'Internet et des outils informatiques de publication et de communication représentent une grave atteinte aux libertés individuelles et à la liberté d'expression et de publication.

      Au nom de la « sécurité » sont ainsi étendus les pourvoirs de la police et de la justice pour surveiller les échanges, les sites et services consultés, ; sont aussi limités les possibilités de protection des données personnelle par la cryptographie ; sont légalisées les possibilités de « perquisitions » et d'écoutes électroniques.

      En clair, en France comme dans de nombreux pays, les échanges via l'Internet sont désormais sous haute surveillance.

      Mais ces dispositions vont aussi plus loin puisque la loi impose désormais aux opérateurs de communications électroniques (fournisseurs d'accès et de services en particulier) de se transformer en véritables auxilliaires de police qui conserveront des données sur les activités de tous les internautes et en faciliteront l'accès à la police et la justice.

      Un rôle de « collaborateurs » qui, étrangement, ne semble pas trop déranger les tenants de la prétendue « nouvelle économie » des réseaux pourtant si prompte à parler de la «liberté » et de « l'esprit libertaire » de l'Internet dans leur communication commeciale.

      Dans les semaines précédant l'adoption de la LSQ les fournisseurs d'accès et de services Internet sont intervenus pour obtenir des parlementaires des aménagements de la loi... non pour défendre les libertés des internautes, mais pour obtenir des « compensations » financières pour leur collaboration : l'obligation de conserver pendant un an l'ensemble des données de connexion des internautes ne leur posant visiblement qu'un problème de budget ! On place sa conscience où l'on peut !

      Cette compensation ils l'ont finalement arrachée grace à l'ajout au troisième alinéa de l'article 29 de la loi d'une disposition autorisant « Les opérateurs [à] réaliser un traitement de ces données en vue de commercialiser leurs propres services de télécommunications, si les usagers y consentent expressément et pour une durée déterminée. »

      En d'autre terme, moyennant un vague addendum à des contrats que personne ne lit jamais (et qui leur en donnera formellement notre accord), les « providers » nous ficheront, et financeront cette activité en vendant les données nous concernant.

      Par notre action symbolique de désobéissance sociale d'aujourd'hui nous, activistes des réseaux et militants syndicalistes, entendons dénoncer ces atteintes aux liberté et à l'intimité de chacun, et affirmer avec détermination que nous serons particulierement vigilants quand aux contenus des données conservées et leur exploitation.

      • Nous appelons tout un chacun à se mobiliser contre la la Loi sur la Sécurité Quotidienne (LSQ) par tous les moyens nécessaires : en participant à l'initiative de la Saisine citoyenne du conseil constitutionnel contre la LSQ
      • Nous demandonsaux fournisseurs d'accès et de service qu'ils prennent l'engagement de la plus grande transparence:
        • Offrir le plus clairement possible aux utilisateurs la possibilité de refuser la commercialisation de leurs données.
        • Permettre à celles et ceux qui autoriseraient cette commercialisation de savoir tres précisément quelles données sont conservées et quel usage en est fait.
        • D'informer précisement les utilisateurs et les utilisatrices de toute requisition judiciaire les concernant et donner à tout abus ou tentative pour obtenir des informations supplementaires toute la publicité qui s'impose.
      • Enfin, nous appelons l'ensemble des utilisateurs, concepteurs, intervenants des réseaux de communication à tout mettre en oeuvre pour garantir le respect de la vie privée, de l'intimité, ce qui passe par le developpement, le déploiement et l'utilisation massive de technologies informatiques de protection des données et échanges personnels.