,           ,
 /             \ 
((__-^^-,-^^-__))
 `-_---' `---_-'
  `--|o` 'o|--'     CNT . CNTsii
     \  `  /
      ): :(
      :o_o:
       "-"
::: CNTsii > PageAccueil > AcTion > SyntecSii2 > SyntecSii :::
  #Plan :::

CNT-SII
Nouvelles
Revue de web
MettreSurAgenda
La LEN
Brevet Logiciel
SOS Globenet
Sofres

Qui sommes nous?
FaQ
Notre manifeste
NousContacter
Site confédéral
Autre liens

Dossiers
NosDroits
Securité
Logiciels Libres

Action
Documents
Lettre d'info
Détente

Le Syntec Informatique voudrait nous pousser vers la précarité

Le Syntec a annoncé la couleur : il y a 40 000 informaticiens en trop. Il a donc récemment rédigé un "Document de Position", afin de commencer à travailler sur des "améliorations" de notre convention collective, dont le but principal est de trouver de nouveaux moyens pour les entreprises de se débarrasser plus facilement de leurs salariés . Ces ajustements sont en fait des mises en causes fondamentales des quelques protections des travailleurs en informatique, pour faire baisser le coût du travail et améliorer encore leur profit sur le dos des travailleurs. Notre convention collective, qui était déjà particulèrement peu favorable aux travailleurs, deviendrait alors une simple protection ... des patrons.

L’inter-contrat doit disparaître

Dans la chasse à la réduction des coûts, il existe un gibier de taille : l’inter-contrat. Alors qu’il s’agit d’une caractéristique structurelle des SSII, le Syntec veut désormais faire passer l’inter-contrat pour un accident imprévisible, mettant en cause l’avenir de l’entreprise. Quand une entreprise ne pourra user d’aucun moyen à sa disposition pour licencier un collaborateur, ou même quand elle n’aurait aucun intérêt de le faire, il conviendra cependant de faire baisser le coût de cette période « improductive », le mieux étant de la faire payer par d’autres

Brandir l’offshore comme un épouvantail

Selon le Syntec, les entreprises occidentales sont de plus en plus concurrencées par les entreprises du tiers-monde (en réalité, l'offshore concerne actuellement au maximum 1% de l’activité, soit 10 fois moins qu’aux Etats-Unis), ce qui lui permet de dire que "l’offshore constitue un potentiel d’activité non négligeable et dangereux pour l’emploi dans notre secteur". Et donc, pour protéger l’emploi, le Syntec propose de … détériorer les conditions de l’emploi. Nos travailleurs devraient avoir le même degré de précarité qu'un indien. Et bien sûr des conditions de travail aussi mauvaises. Le coût de la main d'oeuvre diminuerait automatiquement car les informaticiens seraient alors prêts à n'importe quoi pour survivre. Un effet secondaire tout à fait appréciable: en créant une épée de Damoclès permanente au dessus de sa tête l'informaticien deviendrait par la force des choses enfin souple et malléable, sachant courber l'échine quand il le faut.

Remise en cause des 35 heures

La loi sur les 35h a été particulièrement difficile à faire appliquer dans notre domaine. Essentiellement parce que la majorité des informaticiens sont des ingénieurs/cadres (59%) et que les cadres ne savent pas ce que c'est que des heures supplémentaires. Leur travail hebdomadaire n'étant pas comptabilisé, il dépasse souvent alègrement les 50h. La loi Aubry n'a donc pu avoir un effet, que sous la forme de jours donnés en ARTT. Le Syntec Informatique a décidé de remettre en question cet accord : "Les SII doivent être libérées de ce carcan étouffant qu'est la loi sur les 35 heures".

Des propositions pour banaliser et multiplier les possibilités de licenciement

Améliorer l'image de marque du licenciement

Le Syntec ne désire pas limiter les licenciements. Ils veut les rendre sexy en "Transformant chaque licenciement (autre que faute grave ou lourde) en opportunité de nouveau départ pour le collaborateur" (Véridique, en toute lettre dans le texte du Syntec). Cette phrase est proprement incroyable tant elle montre le cynisme du Syntec qui ne manipule que des mots sans aucune signification. On est réellement content de savoir que le licenciement de la personne (qui n'a pas commis de faute) est une opportunité d'un nouveau départ pour elle. Mais inutile de chercher en quoi c'est une "opportunité d'un nouveau départ", le Syntec se borne à cette phrase creuse sans l'étayer. En fait il s'agit ici simplement d'un départ forcé point-barre. Autrement dit avec d'autres mots : le travailleur est viré au nom de la sacro-sainte rentabilité, alors qu'il n'a commis aucune faute.

Faciliter les licenciements

Entre les licenciements pour fautes et les licenciements économiques, le Syntec trouve que la panoplie n'est encore pas assez vaste. Il propose de créer des licenciements pour inadaptation aux conditions du marché. Il s'agit ici de pouvoir licencier sans raisons valables, sans réelle justification, au bon vouloir du patron. Pouvoir licencier un salarié, sans même avoir à justifier une raison économique ni une suppression de poste. Le rêve pour tout patron moderne. Ce n'est même pas la peine d'en discuter tellement cette proposition est révoltante.

Retailler la procédure de licenciement économique

Les SSII , qui détestent recourir aux plans sociaux si néfastes à leur image, souhaitent brouiller la notion de licenciement économique, tout en prétendant le contraire. Dans le paragraphe intitulé « Une procédure de licenciement économique adaptée au secteur » on lit « Meilleure distinction du licenciement pour motif personnel et du licenciement économique » , puis, à la ligne suivante « Utilisation du critère des compétences professionnelles ». Mais d’autre part, elles ont besoin en ce moment d’une arme lourde : « Une procédure réservée aux opérations ponctuelles et plus lourdes pourrait être définie sur notre secteur » D’où des propositions là aussi, pour déréglementer , comme par exemple fixer des seuils de déclenchement des plans sociaux par rapport au pourcentage des effectifs au –delà de 200 salariés.

Possibilité pour les SSII d'envoyer un collaborateur n'importe où, n'importe quand

Toujours pour améliorer notre instabilité. Ici il ne s'agit plus d'instabilité professionnelle mais d'instabilité géographique. Le Syntec voudrait permettre à une SSII de pouvoir envoyer à tout moment à tout endroit un salarié, sans même avoir à modifier son contrat de travail. Autant dire que l'informaticien du futur sera célibataire, sans enfant, mais avec une bonne valise. Il a interêt à aimer les paysages variés, car il lui restera toujours le plaisir de "partir ailleurs pour un nouveau départ" (suivant les termes du Syntec, qui décidément voudrait bien glorifier la précarité). Le texte précise : "L’obligation pour le salarié relèverait donc du statut collectif et non individuel (s’imposant donc au collaborateur, sans passer par le biais d’une modification du contrat de travail et de consentement du salarié)". Sachant que la majorité des salariés ignorent le contenu précis de leur convention collective, il s’agit de retirer de la négociation d’embauche et du contrat de travail, un point qui est toujours délicat, la clause de mobilité. Hormis le fait que cette nouvelle exigence va défavoriser encore plus les femmes, encore majoritairement sollicitées par les charges familiales, on peut facilement imaginer qu’elle ne pourra pas être appliquée en toute rigueur sous peine de tarissement des candidatures. En revanche, elle sera tout à fait efficace pour fournir un motif de licenciement au moment venu, les salariés n’ayant aucun moyen de refuser une mission en France ou pourquoi pas en Europe !

Contrat de chantier

Toujours dans la précarité : le Syntec voudrait complètement déresponsabiliser les patrons. Un nouveau contrat, on embauche. Le contrat est fini, on s'en débarasse. La fonction d'employeur n'est plus d'employer, mais de gérer son parc de matière grise suivant le principe des flux tendus. Le CDD permanent pour les informaticiens. Le salarié ramené à une simple matière première coûteuse. L'informaticien du futur n'est pas simplement célibataire sans enfants, il n'a pas de loyer, pas de traites, etc... car il perd automatiquement son salaire dès que le chantier sur lequel il travail se termine. Il n'y a plus de "grandes gueules" chez les informaticiens du futur, car ils devront en permanence chercher le chantier suivant à faire, derrière celui qui sera bientôt terminé. Et comme ce ne seront plus les employeurs qui seront responsables d'employer, il faudra bien que ça soit l'informaticien qui s'en charge. Bref, tout un travail que font d'habitude les indépendants, et ceci sans en avoir les avantages ni le pouvoir. Sur ce sujet, le Syntec est d'ailleurs très direct: "Dans la pratique, certaines sociétés, …ne relevant pas du code NAF requis, l’appliquent en toute illégalité". Au lieu de faire appliquer la loi, il est préférable de changer la loi : "Ainsi, la mise en œuvre de ce dispositif permettrait de normaliser les pratiques…. Il ne s'agit pas (pour les syndicats) d'accepter de nouvelles contraintes mais de réaliser qu'elles existent déjà". On ne peut être plus clair. Dans un premier temps on ne respecte plus la loi, et dans un deuxième temps on justifie un changement de loi par le fait qu'elle n'est plus respectée. Très fort !

Faciliter les CDD

Le Syntec voudrait remplacer tous les CDI par des CDD.Dans le cas où il ne sera pas (encore) possible d’imposer un contrat de chantier, déjà plus souple et moins cher qu’un CDD puisque sa date de fin n’est pas connue et qu’il n’y a pas de prime de précarité versée au bout, le Syntec souhaite avoir recours à un CDD "assoupli" : faire sauter les limitations d’usage et de durée !

L'informaticien du futur: un intermittent pour la vie !

L’ « optimisation » des périodes d’inter-contrat

Faire payer les inter-contrats par l'employé ...

L’idée est de faire financer la période d’inter-contrat par le salarié lui-même, ce qui n’est pas nouveau, mais là aussi, il s’agit maintenant d’y mettre les formes : "Les dispositions législatives et conventionnelles sont actuellement rigides (dates de congés, choix du collaborateur !!,…". Le Syntec propose donc de : Modifier la convention collective pour faire sauter le délai de deux mois dans la fixation des congés payés. Modifier la législation du travail concernant les RTT pour réduire cette fois-ci le délai de fixation des jours de RTT, sept jours c’est encore trop ! - Donner à l’employeur la possibilité de disposer à sa guise des congés payés, des jours de RTT et du Compte Epargne Temps ! "L’entreprise pourra se servir de ce jours, quelle que soit leur nature, afin de gérer en partie des périodes d’inter-contrat". On se demande ce qui va bien pouvoir rester comme possibilité au salarié d’exercer son « droit » aux congés !

... ou par la collectivité

- Il s'agit de faire payer la collectivité (les autres) en créant une sorte de chomage partiel individuel (et non pas collectif comme c'est l'usage), taillé sur mesure pour s'adapter aux cadres majoritaires dans le secteur. Autrement dit, l'informaticien ne serait plus qu'un intermittent payé aléatoirement par le travail des autres. Ont utiliserait le système de solidarité en place pour gérer les intercontrats et donc augmenter les marges ! En plus, cela permettrait de serrer fortement du côté des salaires... "Tu acceptes mes conditions et si t'es pas d'accord, il y en a dix en fin de droits qui attendent..." Bienvenue dans un monde où le Médef est au pouvoir !

Serait-ce la fin des SSII?

Pendant longtemps, le métier des SSII a consisté à revendre très cher des ressources humaines pointues à des clients prêts à payer pour un service qu’ils ne pouvaient pas s’offrir en interne. Leur image reposait sur leur capacité à proposer aux salariés des plans de carrière, des facilités de formation , et elles étaient prêtes à faire de réels efforts pour attirer et garder leurs collaborateurs, dans un secteur qui n’était pas touché par le chômage de masse. Cette époque est désormais révolue. Les SSII se débarrassent, de tous les engagements vis-à-vis de leurs salariés, qui les différenciaient justement des « marchands de viande » ou intérim. A terme dans ce projet : plus de carrière, mais des contrats qui s’ enchaînent , d’une société à une autre, le risque du non emploi assumé et payé par le salarié ou l’état, le licenciement devenu une routine, après chaque contrat. Quelles sont les contreparties proposées par le Syntec pour toutes ces régressions ? Une charte professionnelle , où s’entassent platitudes et âneries : "généraliser les entretiens individuels annuels, …, prendre l’engagement de ne pas laisser un collaborateur ne pas bénéficier d’une formation liée aux techniques de son métier plus de trois ans de suite" (quand on sait que le savoir dans une discipline double tous les 5 ans !), un abondement patronal pour les jours de congés réquisitionnés, (mais on peut se demander à quoi peuvent bien servir des jours supplémentaires quand on ne peut plus disposer de ses congés librement !) En somme, au moment où le MEDEF grandiloque avec son discours sur la refondation sociale et sur l’entreprise future cellule de base de la société, le projet du Syntec, lui, est beaucoup plus pragmatique et cynique. Il est un cliché révélateur de l’irresponsabilité grandissante du patronat "high tech" quant aux conséquences sociales de sa course effrénée vers toujours plus de profits.

Ca, c'était analyse en autonne 2003. Début 2004, nous constatons que rien a vraiement changé dans le fond, car le Syntec revient sérieusement à la charge : SyntecSii2

 


Topic revision 22 Jan 2004 Les patrons compressent, l'état formate...Libérons nous de ce système d'exploitation! Nous écrire