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Sofres
Echec ou réussite
La grève de décembre des enquêteurs du soir a échoué. Au-delà des
problèmes entre syndicats, les enquêteurs téléphoniques, les superviseurs,
les assistants sont restés dans la confusion pendant toute la durée de la
grève.
Une grève n’arrête pas le travail, mais remplace l’activité normale des
salariés par une autre, celle de la lutte contre la direction : donc une
grève ne permet pas de dormir, bien au contraire elle est souvent bien
plus fatigante que le boulot puisque c’est une lutte ouverte qui peut
prendre de nombreuses formes que les salariés doivent imaginer tandis que
la direction réagit de façon inattendue. Rien foutre pendant une grève,
c’est perdre.
La grève du soir de décembre avait beaucoup de chance de rater car
plusieurs centres d’appel appartiennent à la Sofres en plus de Lyon et
Malakoff. La TNS Sofres a racheté des centres qui ne s’appellent pas
forcément Sofres, par exemple à Paris ou a Rennes. Au moment des grèves,
l’étude de la journée IBM était difficilement remplaçable car elle devait
se terminer rapidement après une longue durée, elle nécessitait un peu
d’expérience avec écoute d’un client très important pour le chiffre
d’affaire de la Sofres (c’est pour ça que la direction a cédé en un
quart d’heure à la première grève de l’après-midi à propos des contrats
CEIGA, la défaite de la direction ne lui coûtant rien, pas comme une
augmentation). Par contre les études du soir pouvaient être simplement
transférées à tous les centres d’appel de la Sofres qui n’étaient pas en
grève. Evidemment, ça ralentit quand même la production, mais pas tant
que ça avec une bonne réserve de vacataires qui, du coup, ont plus de
travail.
C’est le boulot de nos délégués du personnel et au comité d’entreprise
de nous mettre au courant de tous les centres qui appartiennent à la
Sofres, à défaut d’avoir notre propre organisation, ce qui serait
beaucoup plus responsable. .
La grève pouvait donc réussir en gros de 3 façons :
- grève de plusieurs centres d’appel et peut-être pas seulement Paris journée- soir et Lyon et pour ça, la communication maximum entre les centres.
- ou grève des travailleurs du siège de TNS Sofres. Alors là, on gagne direct, plus besoin de se prendre la tête avec les centres puisque la Sofres perd le fonctionnement de son cerveau. Il fallait donc aller les voir puisqu’ils étaient juste à côté à pied, essayer de les convaincre à la participation (en établissant une demande d’augmentation commune des salaires, et puis il y a des vacataires au siège).
- ou bien combinaison de la grève avec d’autres actions
Fonctionnement démocratique
Nous constatons malheureusement qu’il n’y a pas eu de vote des salariés
pour le démarrage de la grève, ni de vote des grévistes pour sa
continuation, son organisation (attitude des grévistes, liaisons avec le
reste de la Sofres, etc…) et pour son arrêt. D’autre part, les assemblées
se faisaient sans tour de parole, c’était à celui qui élevait la voix de
façon la plus ferme ; les superviseurs, par leur autorité habituelle au
boulot, prenant la parole dix fois plus que les autres. C’est évidemment
catastrophique pour la CNT qui demande la démocratie directe à égalité
entre les travailleurs (celle-ci implique rigueur et organisation :
fixation d’un ordre du jour, tours de parole, vigilance sur le temps de
parole pour éviter la monopolisation, mandatements de personnes chargées
d’appliquer les décisions prises). Le rôle des délégués syndicaux, du
personnel et au comité d’entreprise, est de faire circuler l’information à
laquelle ils ont accès et d’obéir aux décisions des assemblées générales
des salariés ou des grévistes, pas le contraire. Le but n’est pas de
particulièrement blâmer les délégués syndicaux ou les superviseurs qui ne
font souvent que remplir un vide, mais de rappeler les règles de la
démocratie. Dans une grève, tout le monde est à égalité : délégué syndical
une voix, superviseur une voix, enquêteur une voix, la hiérarchie de
l’entreprise ne compte plus car l’entreprise ne fonctionne plus. On a
presque l’impression que les enquêteurs se sont mis en grève parce qu’ils
ont l’habitude d’obéir à leurs chefs qui leur proposaient une grève, de
même pour l’arrêt de la grève. Ça ne doit pas se passer comme ça, les
délégués syndicaux proposent, on dispose et on propose. Enfin, le
fonctionnement collectif permet d’être vigilant et réactif sur des
sanctions individuelles décidées par la direction.
Nos revendications
- 10 euros nets pour les enquêteurs en français, 11 pour les enquêteurs autre langue et pour les assistants superviseurs, 12 nets pour les superviseurs. On refuse de s’exprimer en pourcentages d’augmentation car cela permet de cacher les vrais chiffres des salaires, exemple : les enquêteurs de Lyon ont reçu un magnifique 4% d’augmentation pour les calmer alors que cela leur donne un salaire toujours inférieur aux enquêteurs de Paris.
- la possibilité pour les vacataires d’avoir un CDI s’il le veulent, mais un normal, pas un CEIGA, avec un nombre d’heures garanties que le salarié fixe par mois (et pas par an) : exemple : dans mon contrat je travaille 140 heures par mois ou 130, 120… jusqu’à 30…évidemment le salarié touche le chômage s’il est licencié, il n’est pas obligé de démissionner, un CDI quoi! Le salarié signe pour la journée ou (exclusif) pour le soir avec/sans (exclusif) l’après-midi et n’est pas obligé de travailler le samedi après-midi et le dimanche sauf s’il le veut dans son contrat.
- des fiches de paye claires où sont inscrits la paye du mois et le nombres d’heures effectuées dans le mois.
- si la direction prétend qu’elle n’a pas assez d’argent pour accéder à nos revendications pourtant nécessaires pour que les enquêteurs vivent décemment (TNS Sofres a gagné 16,5 millions d’euros net en 2003), alors qu’elle ournisse tous les ans de façon transparente la liste des salaires de TNS Sofres pour que l’on vérifie qu’ils sont fixés d’une démarche égalitaire ou bien qu’elle partage le pouvoir pour qu’on en soit sûr : les décisions de onctionnement de TNS Sofres sont alors prises par les assemblées générales des travailleurs à fonctionnement émocratique.
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