|
|
Notre FAQ, pour répondre aux questions les plus fréquentes...
Il est de tradition en info d'écrire des FAQ quand des questions reviennent souvent. Voici donc la notre. Pour les questions auquelles cette FAQ ou les présentations du SII et de la CNT, ne répondraient pas, ou de façon incomplète, deux solutions:
La meilleure: venez nous les poser de vive voix.
L'autre: envoyez-les nous: sii.rp@cnt-f.org
Dans les deux cas, nous compléterons notre FAQ.
Sommaire de la FAQ:
Qu'est-ce qu'un anarcho-syndicat?
Un syndicat ce sont des hommes et des femmes qui se regroupent pour défendre et conquérir leur droits dans leur environnement de travail, face à leur employeur.
Une définition formelle dont la plupart des syndicats actuels sont déjà bien éloignés...
Un anarcho-syndicat comme le SII est plus ambitieux.
Un syndicat lutte pour de meilleures conditions de travail, pour la justice et l'égalité entre toutes et tous. Mais ne toujours lutter que ponctuellement, toujours en réaction à ce qui nous est imposé, est voué au perpétuel recommencement.
L'anarcho-syndicat à donc aussi pour pratique de réfléchir, inventer, proposer et se battre pour de nouvelles formes d'organisation du travail, d'organisation sociale. Nos conditions de travail ne sont qu'un des aspects de l'organisation de notre société. Chercher à les améliorer sans remettre fondamentalement en cause les rapports d'autorité et d'exploitation qui régissent notre vie est précaire.
En tant qu'anarquo-syndicalistes, nous ne concevons pas de révolution du travail sans révolution sociale, de partage du travail sans partage des richesses. Or tous les projets existants de changement politique ou économiques ne remettent pas en cause les groupes dominants.
Ainsi, le SII-CNT, premier anarcho-syndicat dans le domaine informatique, lutte au quotidien pour imposer de meilleures conditions de travail et pour inventer et bâtir une société de liberté et de justice sociale.
Pourquoi un Syndicat de l'Industrie Informatique (SII)?
Parce que depuis quelques années les secteurs des services informatiques et de l'édition de logiciels ont pris un essor considérables. Nombre de personnes travaillant dans ces domaines partagent les mêmes préoccupations, travaillent dans les mêmes environnements, sur les mêmes outils, sont soumis aux mêmes pressions.
D'ou la naissance d'un Syndicat de l'Industrie Informatique, fédérateur des salarié-e-s de la nébuleuse dite des nouvelles technologies, de l'industrie informatique.
L'informatique est maintenant un secteur clé de notre société, et nous sommes de plus en plus nombreux à refuser de travailler dans n'importe quelles conditions, à voir nos droits les plus élémentaires bafoués, à voir notre liberté rognée par la religion productiviste, à vouloir un réel partage du temps de travail et des richesses que nous produisons.
Pour nous battre au quotidien, pour imposer des alternatives sociales et ne plus nous laisser faire, le syndicat est le meilleur outil de lutte.
Pourquoi se syndiquer au SII?
Le développement actuel du secteur économique de l'informatique ne relève pas du seul progrès scientifique des microprocesseurs ou des moyens de communication. Il s'agit fondamentalement de formidables progrès de productivité. Cette réalité imposée de part le monde par les structures de domination des systèmes (informatiques ou pas), nous, hommes et femmes de ce secteur, la subissons tous les jours. Que nous soyons en cravate, en talons aiguilles, en bleus ou en jeans... Pour certains d'entre-nous, et dans un premier temps, des avantages salariaux, la possibilité de travailler. Mais en fin de compte : précarité des emplois, flexibilité de notre temps de travail, de nos salaires et de nos droits...
Comme appât, les salaires augmentent - sans proportion avec la croissance des bénéfices - mais ces augmentations profitent surtout au personnel " hautement qualifié " et aux chefs et sous-chefs, laissant aux programmeurs, aux techniciens, aux opérateurs, aux secrétaires et au personnel administratif les miettes du festin.
Inutile d'ajouter que cette croissance d'activité induit une augmentation des heures supplémentaires non payées, car les ingénieurs et cadres ont une rémunération forfaitaire (et on n'a pas toujours la possibilité de refuser le statut de cadre) et parce que le " petit personnel " se doit de rester petit !
Les entreprises " créent des richesses " nous martèle-t-on. Nous sommes collectivement les seuls à créer la richesse par notre travail. Et les bénéfices filent directement en bourse et dans les banques d'une minorité; s'ils sont réinvestis dans l'entreprise ce n'est que dans l'optique d'accroître encore et toujours les bénéfices.
Quels sont les buts du SII?
Nos buts sont :
-- De défendre solidairement, sans subventions étatique ou patronales, ni démagogie, les intérêts économiques, professionnels et moraux des salarié-e-s dans le domaine de l'informatique, de l'internet et de la communication numérique.
-- De développer et pratiquer des analyses et des actions pour contrecarrer les méthodes autoritaires et productivistes des décideurs informatiques et de l'Etat.
Au delà de nos seules conditions de travail, il peut par exemple s'agir de promouvoir le logiciel libre, de combattre le fichage généralisé de la société par des moyens informatiques ou de résister à la marchandisation d'internet.
-- De travailler à imaginer et expérimenter des façons différentes de travailler et de vivre, en condamnant les rapports d'autorité (patrons/salarié-e-s, hommes/femmes, cadres/employé-e-s...). Vu que la fin ne justifie pas les moyens, mais qu'au contraire les moyens ne doivent pas contredire les buts, notre objectif est l'élimination du salariat et des nomenclatures, en proposant pour les remplacer... d'en décider nous mêmes !
Nous ne détenons ni la lumière, ni la vérité. Nous sommes des gens qui en ont marre et qui refusent de se résigner : nous voulons lutter, donner un sens à notre vie, à notre société.
Comment fonctionne le SII ?
Notre principe fondamental est la propagande par l'exemple, c'est pourquoi nous sommes organisés de façon fédéraliste, non hiérarchique et réellement démocratique.
Le SII est un syndicat autogéré. Nous refusons d'avoir recours à des permanents, parce que le syndicalisme n'est pas un métier. Et que nous refusons toute distinction entre la " base " et les dirigeants.
Notre seule instance de décision est l'assemblée générale du syndicat. L'assemblée mandate des adhérents pour toute tache : taches administratives de secrétaire, trésorier-e, webmaster, participant à une réunion externe au syndicat... etc Ces mandats sont révocables à tout moment, et le contrôle du syndicat sur ses représentants ponctuel est total.
Nous n'avons aucun " bureau politique " ou comité directeur, et tout-e syndiqué-e à son mot à dire. Nos méthodes visent à ce que nous nous prenions en main. Nous n'avons besoins ni de chefs ni de catéchisme.
Mais pourquoi une logique d'opposition avec les dirigeants?
Avant tout parce qu'il existe une différence très simple et nette entre salarié-e-s et dirigeants: Les salarié-e-s vendent leur énergie de travail. Les dirigeants l'achètent (en nous payant), et en tirent des bénéfices (en revendant des produits ou des services que nous produisons). Et ces bénéfices, outre qu'ils n'ont d'autre logique que d'en susciter de nouveaux, ne reviennent jamais aux salarié-e-s (ou bien sous formes de miettes ou de mirages).
Que les dirigeants fassent des bénéfices sur le travail des salarié-e-s est hélas devenu une pratique admise et systématique. Mais que des salarié-e-s, organisé-e-s en syndicat, remettent en cause cette subordination, surprend parfois.
Dans notre secteur de l'informatique, nous sommes de plus en plus confrontés aux "hiérarchies molles". On tutoie son patron, on se tape dans le dos et la vie est belle. Mais derrière ces simagrées de la "nouvelle économie" qui ne visent qu'à établir une pseudo solidarité entre tous les personnels d'une entreprise pour le bien de la boite, les vrais rapports hiérarchiques subsistent, pernicieusement escamotés: les dirigeants déterminent notre travail, et en vivent. Nous ne pouvons que nous y opposer.
Nous ne pourrons jamais travailler et vivre sereinement pour le profit de quiconque, directeur, Etat, parti. D'autant plus que rien ne justifie leur logique ni leur prédominance.
Logiquement, les dirigeants ne peuvent être que des adversaires, avec lesquels ils n'est possible de négocier qu'après établissement d'un rapport de force.
Quelles sont les méthodes et moyens d'actions du SII?
L'action directe. Lassés de subir, nous agissons concrètement pour imposer nos revendications et objectifs. Nous refusons les traditionnels intermédiaires du syndicalement correct. Si le directeur abuse, on va le voir dans son bureau.
S'il s'obstine, et que la majorité des salarié-e-s de l'entreprise le désavouent, on occupe les locaux.
S'il faut faire la grève illimitée, on la fait.
La solidarité dans la lutte est un de nos principes fondamentaux : caisse de solidarité pour les conflits, répercussion des revendications de collègues d'autres sites sur les nôtres...
Qu'est-ce que la CNT?
La Confédération Nationale du Travail est l'organisation anarcho-syndicaliste française. Voir la présentation de la CNT pour plus de détails.
Pourquoi appartenir à une confédération, la CNT?
Nous appartenons à une confédération parce que nous refusons tout corporatisme. Parce qu'il ne doit pas y avoir de luttes isolées, que tous les corps de métiers et d'industrie se doivent solidarité. Si nous n'étions pas unis, au delà de nos métiers et de nos lieux de travail, jamais nous ne pourrions nous opposer efficacement aux conseils d'administration, PDG ou autres patrons, qui sont eux parfaitement organisés.
Qu'en est-il au niveau international ?
Nous ne concevons pas de changer de société dans notre seul pays, isolé du reste du monde. C'est pourquoi nous avons des liens avec d'autres syndicats et organisations anarcho-syndicalistes de part le monde. Nous appartenons à l'AIT (l'Association Internationale du Travail, la première internationale). En fait, la CNT en a été exclue il y a quelques années, mais nous ne reconnaissons pas cette exclusion comme valide. Quoi qu'il en soit, et quelle que soient les querelles d'appareil, nous sommes solidaires de tous nos collègues, ou qu'ils soient, et souhaitons développer au plus des luttes internationales, pour faire face aux multinationales.
Quels sont nos principaux axes de lutte?
Nos principaux axes de lutte sont :
Les conditions de travail des salarié-e-s de l'informatique
La lutte contre le surmenage et la précarité dans l'informatique
La réduction du temps de travail (accord Syntec...)
La condition des femmes dans l'informatique
La lutte contre le fichage, de façon générale
La lutte pour la liberté et le contenu non-marchand d'internet
A plus long terme, mais dans notre réalité quotidienne, nous luttons aussi:
Contre toutes les hiérarchies
Pour l'auto-organisation de nos lieux de travail... et de la société
Pour déterminer nous-mêmes le sens de notre travail
Pour la redistribution des richesses
Pour l'abolition du salariat, de l'Etat (comme formes les plus abouties de notre aliénation).
Pourquoi n'avons nous pas de permanents?
La plupart des organisations syndicales salarient des syndicalistes: des responsables syndicaux, des personnels administratifs... etc
Cela nous parait une aberration parce que le syndicalisme ne peut en aucun cas devenir un métier. Le syndicalisme est une activité bénévole, de laquelle on ne doit pas dépendre économiquement. Avoir des permanents pose beaucoup d'autres problèmes: indépendance des responsables syndicaux, rotation des taches difficile, besoin de subventions pour assurer le fonctionnement, détachement des permanents du monde du travail...
A notre sens, un syndicaliste se doit d'être un-e salarié-e comme les autres, le meilleur possible dans son métier. c'est ainsi seulement qu'ils peuvent gagner une légitimité (celle d'être salarié-e comme les autres et celle d'être efficace dans son travail) auprès de ses collègues. Un permanent, se prélassant au siège de sa confédération ne pourra jamais être un syndicaliste au sens ou nous l'entendons.
Qui syndique le SII?
Le SII syndique les salarié-e-s travaillant dans les entreprises dont l'activité relève du domaine informatique, d'internet ou des communications numériques. La seule condition est de ne pas être haut dirigeant, PDG, gérant ou patron.
Ces entreprises relèvent le plus souvent des conventions collectives Syntec ou métallurgie.
Comment adhère-t-on au syndicat?
Pour adhérer au syndicat, il n'y a trois conditions :
-- Avoir pris connaissance de nos statuts
-- travailler dans le secteur informatique, internet ou des communications numériques
-- cotiser à raison de 1% du salaire net mensuel
Ca, c'est formellement. Il est évident qu'il vaut mieux venir nous rencontrer avant, s'assurer que nous ne sommes pas une secte ou un groupuscule délirant. L'adhésion au syndicat n'est bien sûr pas définitive, et l'on peut s'y investir activement en y assumant des taches et fonctions, ou n'être qu'un lointain adhérent.
Pourquoi ne participons-nous pas aux élections professionnelles?
Les élections professionnelles ne sont à nos yeux que des instances de " régulation " des conflits sociaux, des soupapes pour contenir la colère des salarié-e-s. Y avoir des élus nous impliquerait dans ce système que nous ne pensons pas pouvoir réformer. Les instances paritaires cautionnent de plus quotidiennement notre exploitation. Notre refus n'est donc pas motivé par des raisons idéologiques, mais nous sommes simplement cohérents avec nous même. Notre organisation du travail ne nous convient fondamentalement pas, et nous voulons en changer. Les instances paritaires n'ont pas vocation à en discuter. Nous n'avons donc rien à y faire. Ces instances (comité d'entreprise, commissions paritaires... etc) accordent de plus des privilèges aux syndicats qui s'y investissent, or nous tenons à conserver notre intégrité, à ne pas nous laisser acheter.
Réduction du temps de travail...?
La réduction du temps de travail est une des revendications fondatrices du syndicalisme des origines. 1936 la semaine de travail passe à 40 heures, 1981 elle passe à 39 heures. Malgré les formidables progrès scientifiques et technologiques de ce siècle, nous sommes toujours soumis à une durée de travail énorme, alors que des millions de gens cherchent à travailler. Pour les dirigeants, l'avantage et double : d'une part les salarié-e-s sont " occupés ", et disposent donc de peu de temps et d'énergie pour remettre en cause l'organisation sociale, économique et politique de notre société. D'autre part, cultiver un vivier de précaires permet de maintenir les salarié-e-s sous pression, de nous contraindre à toujours plus d'efforts.
Dernièrement une loi sur les 35 heures commence à s'appliquer dans l'informatique. Le problème est que cette loi, et les accords qui la précisent (comme l'accord Syntec), sous prétexte de réduire le temps de travail introduit la flexibilité, permet de ne pas embaucher, permet le gel des salaires...
La réduction du temps de travail doit être bien plus massive, doit permettre de résorber le chômage. Surtout, nous ne concevons pas de partage du travail sans partage des richesses : les bénéfices des entreprises sont les nôtres, et c'est à nous et à nous seuls de décider ce qu'il convient d'en faire.
Redistribuer les gains et gérer nous même nos entreprises sont des conditions nécessaires qui doivent accompagner un réduction du temps de travail massive et qui nous soit vraiment favorable.
A quelle société rêvons-nous?
Nous rêvons à une société ou nous soyons libres, égaux, solidaires et créatifs. Nous rêvons à une société dont le moteur ne soit plus l'ambition du pouvoir ou la volonté de faire du profit. Nous ne sommes pas naïfs et ne croyons nullement à une société parfaite qui garantirait le bonheur absolu. De même, nous n'attendons aucun " Grand Soir " qui réglerait soudainement tous nos problèmes. Nous sommes simplement convaincus que notre modèle actuel d'organisation politique et économique est loin d'être le meilleur pour la majorité. Et nous agissons chaque jour à essayer d'en changer.
Historiquement le projet de société auquel aspirent les anarcho-syndicalistes est le communisme libertaire, projet formalisé et couché sur le papier. Mais nous excluons tout dogmatisme, et chaque fois que nous sommes amenés à construire, que ce soit une grève, une façon de travailler ou éventuellement une nouvelle société, c'est du débat et de l'expérience que sortent nos lignes et plans.
|
|