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La confédération Nationale du Travail (CNT)
La Confédération Nationale du Travail regroupe des syndicats qui développent un syndicalisme différent. Longtemps ignorée et marginalisée elle émerge aujourd’hui, forte des expériences accumulées, pour dire et montrer bien fort que le pire n’est pas fatal et qu’il n’est pas trop tard pour agir autrement...
Durant des années on nous a bercé d’illusions : développement industriel, progrès social, accès des salariés à la consommation...
Le syndicalisme a pris de mauvaises habitudes : institutionnalisation, cogestion, corporatisme, perte du sens de la solidarité.
Eblouis par le miracle économique, nous avons progressivement laissé des spécialistes de la négociation gérer nos intérêts à notre place. Les employeurs, eux, ne demandaient pas mieux: heureux d’avoir affaire à des professionnels du syndicalisme plutôt qu’à des salariés imprévisibles, regroupés au sein de coordinations “incontrolées” ou de syndicats radicaux et intransigeants...
Et maintenant?
Mais voyons! C’est la crise!
L’idéologie qu’ils appellent “liberalisme” simpose partout. La liberté se réduit selon eux à la liberté de consommer et la solidarité cède la place au caritatif et à l’humanitaire. Avec pour conséquence la coupure de la société entre chômeurs et précaires d’un côté, salariés en sursis de l’autre. Et pour ces derniers: marche forcée à la rentabilité, à la productivité, à la flexibilité, morcellement et attaques contre les acquis sociaux, liquidation de la notion de service public, limitation de la protection sociale, dictature de l’économie, asservissement des corps et de esprits.
Exploitation sanguinaire du Tiers-Monde, destruction de l’environnement par pollution industrielle ou nucléaire, commerce cynique des armes et militarisation de la société, bénéfices monstrueux des financiers et misère sans nom de ceux à qui est refusé même l’indispensable....
EST-LA CE QUE NOUS VOULONS ?
Nous a-t-on jamais demandé ce que nous voulions ?
Ce monde, non seulement on nous l’impose, mais on nous impose également de le construire, à coups d’heures supplémentaires si nécessaire!
Nous avons les moyens de le refuser et d’en proposer d’autres!
Parce que nous fabriquons toutes les marchandises et assurons tous les services, notre pouvoir est immense. Ces marchandises et ces services nous pensons que nous devons les orienter pour le bien de toute la collectivité, et non pour le plus grand profit ou pour l’ambition démesurée de quelques-uns. Le syndicalisme est un moyen de parvenir à cette fin, et rien ne peut faire plus mal aux autoritaires et aux exploiteurs.
Le syndicalisme doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être :
Révolutionnaire, c’est-à-dire porteur d’un projet pour une société juste, égalitaire, libertaire... une société ou les mots liberté, égalité et fraternité ne soient pas des symboles humanistes mais des réalités concrètes.
Dans l’immédiat la CNT propose une pratique syndicale qui refuse la cogestion frileuse de la société telle qu’elle est. Il s’agit, bien entendu, de défendre les intérêts immédiats des salariés, et surtout de concquérir de nouveaux droits, de nouvelles libertées. Il s’agit aussi d’ébaucher dès maintenant un autre futur, en adoptant une pratique syndicale en rupture avec les schémas hiérarchiques qui régissent notre quotidien.
Considérant que ce sont les moyens que nous employons qui déterminent les buts que nous cherchons à atteindre, la CNT se veut une structure de lutte autant qu’un espace ou des idées sont à échanger, à construire, les exprériences à tenter…
La CNT c’est l’effort militant à la place de la bureaucratisation, la solidarité interprofessionnelle à la place du corporatisme, un syndicalisme libre de toute interférence politique.
A la CNT, ce qui est fondamental, c’est que nous pensions et décidions pour nous-mêmes. Pamis nos principes et pratiques de fonctionnement, les principaux sont:
la rotation des taches,
des mandats précis, révoquables à tout moment,
le refus des permanents syndicaux,
la transparence absolue,
l’autogestion,
l’action directe,
le respect de la liberté de chacun,
Dans la section, dans le syndicat ou l’union locale, c’est l’assemblée générale qui décide de tout : pas de mots d’ordre parachutés, pas de “ligne” à suivre, pas d’arrière-pensées politiciennes (nous ne prétendons pas être meilleurs que les autres, nous avons seulement conscience des dangers qui guetttent tout groupe humain et essayons de les combattre)...
Et nous appliquons ces pratiques aux luttes. Ce sont nous, les salariés, qui devons décider de la manière de les mener. Assemblées générales souveraines de tout le personnel impliqué, pas d’état-majors, pas d’étiquettes syndicales affichées.
L’exploitation économique n’est qu’une expression particulière des rapports d’autorités qui régissent notre société. Mais c’est la plus répandue, ce qui implique que nous luttions au sein d’un syndicat. Nous sommes cependant conscients de la grande diversité des formes que peuvent prendre l’oppression et l’autorité: sexisme, expulsion des etrangers, fachisme…C’est pourquoi la CNT se dote de commissions, qui luttent sur ces thèmes spécifiques, en coordination avec les syndicats.
Outre les publications d’entreprises ou locales, les brochures, la CNT dispose d’un journal mensuel: Le Combat Syndicaliste.
PUISQUE PERSONNE NE TRAVAILLE POUR TOI,
QUE PERSONNE NE DECIDE A TA PLACE !
La CNT section francaise de
l’Association Internationale des Travailleurs
La CNT ne livre pas son combat antiautoritaire anticapitaliste de façon isolée : elle est adhérente à l’Association Internationale des Travailleurs (AIT), reconstituée en 1922 (la CNT considère son expulsion de l’AIT en 1996 sous l’accusation de réformisme comme étant illégitime). L’AIT regroupe différentes sections nationales qui n’entendent pas agir uniquement dans le cadre local et qui sont unies sur les bases de l’anarcho-syndicalisme. Cette organisation internationale a comme objectif de combattre le capitalisme à l’échelle mondiale. Ceci passe dans l’immédiat par un appui mutuel et par une solidarité internationale dans les luttes :
L’AIT fonctionne sur la base des mêmes principes que la CNT : autogestion, rotation des tâches, refus des permanents syndicaux, et elle applique le fédéralisme qui garantit les droits des sections nationales. Quelques organisations adhérentes à l’AIT :
Grande Bretagne : Solidarity Federation - I.W.A.
Allemagne : Frei Arbeiter Union (FAU)
Espagne : CNT-AIT
Norvège : Norsk Syndikalistik Forbund (NSF)
Pays-Bas : IAAJNL
Italie : Unione Sindacale Italiana (USI)
Japon : Rodosha Rental Undo
Brésil : Confederaçao Obrera Regionale Brasileira (COB)
Argentine : Federacion Obrera Regional Argentina (FORA)
Australie : Anarcho-syndicalist Federation (ASF)
Etats-Unis : Workers Solidarity Alliance (W.S.A.) - I.W.A.
Remarque sur le "Nationale" de CNT:
Le nom de notre confédération nous vient directement de la CNT espagnole, centrale anarcho-syndicaliste tres active pendant la guerre anti-franquiste et la révolution sociale de 1936-1939 en espagne. Au sortir de la guerre en 1946 la CGT-SR (Syndicaliste Révolutionnaire) décide de changer de nom et d'adopter celui de Confédération Nationale du Travail.
Au début du siècle en espagne, les fondateurs de la CNT y ont inclut le terme de "Nationale" pour marquer le fait qu'ils avaient vocation à agir sur toute l'Espagne, de facon unifiée, et à ne plus lutter séparément. Les travailleurs de Catalogne pouvaient par exemple se mettre en grève par solidarité envers leurs camarades andalous.
Les anarcho-syndicalistes argentins sont allés plus loin dans cette logique puisqu'ils ont appelé leur confédération FORA (Federacion Obrera Regional Argentina) marquant ainsi le fait qu'ils refusaient le concept "nations" et considérant judicieusement que l'Argentine n'était pas une nation mais une "région" du monde.
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