ANARCHIE VAINCRA !
La chute des effectifs, la réduction budgétaire, la diminution des moyens ont fini par épuiser le personnel et rendre l'exercice du soin périlleux. La dégradation des conditions de travail et des rémunérations a entrainé une crise de vocation et une désaffection des écoles de formation, tandis que le service public n'offre plus le même attrait. Ce qui était prévisible est arrivé, et mettra des années à se réparer. Or le signal d'alarme était tiré lors des grèves de 1988 et 1991.
L'absence de réponse participe d'une volonté délibérée. Le service public est bafoué ainsi que les valeurs sociales derrière la démagogie de façade. Le culte de l'argent s'étale partout, véritable discours idéologique qui ne dit pas son nom.
Les 35 heures ne créeront pas d'emplois, prises sur la diminutions des pauses et la non-prise en compte des heures de repas. Au bout du compte, on devra travailler plus, être encore plus disponible.
L'objectif est de réduire le budget public, rentabilisation avant privatisation des services publics au nom de la libre concurrence. Cette politique aligne le public sur la logique du privé, et non dans un soucis de soins. c'est le sens des ordonnances Juppé de 1995, poursuivies par le gouvernement Jospin, dans le cadre néo-libéral européen et des tractations en coulisses de l'Organisation Mondiale du Commerce pour la privatisation de tous les services publics. Le capitalisme veut accaparer toute activité et en faire une source de profit (santé, éducation, transport, énergie, culture, communication, sécurité sociale, retraites, etc...) détruisant ainsi la trame sociale.
Quand on nous parle de rigueur, d'austérité, de ne pas vivre au dessus de nos moyens,
on nous ment. Depuis vingt ans, nous n'avons pas cessé de produire des richesses et on veut nous faire croire que nous sommes plus pauvres, et que nous ne pouvons plus nous payer un service de santé publique et de qualité.
Les chiffres fournis par l'ONU, sont éloquents. Nous n'avons jamais autant produit de richesses et il y a de plus en plus de pauvres.
de 40 %, les profits de 500 %. L'argent est allé des salaires aux profits. Les 40 % ne peuvent acheter les 70 %, d'où surproduction-chômage qui aggrave la crise.
Non, la misère n'est pas une fatalité, mais la conséquence d'un système inique.
Le profit ne cesse de croître et grossit le capital dans une guerre de concurrence pour le monopole où le gros mange le petit.
Dans cette logique, on accentue la productivité, la flexibilité, et la précarité et on remet en cause les acquis sociaux, aggravant la crise; crise qui n'en est pas une, mais une crise de croissance. Le capitalisme ne fonctionne que dans la fuite en avant, l'expension à l'infini, y compris à produire l'inutile et le nuisible. Or les ressources de la planète ne sont pas inépuisables et ses possibilités de recyclage sont limitées. La destruction des écosystèmes est suicidaire pour la vie.
Le capitalisme ne définit pas l'économie pour l'homme, mais en fonction de l'argent.
Il parasite et pervertit toutes les activités.
La démocratie est vidée de sa substance. Le vote du citoyen ne définira plus la politique et l'orientation d'un pays, puisque tout se décidera dans les entreprises quand tout sera privatisé. Partout, seuls les actionnaires auront voix au chapitre au prorata de leurs parts. L'argent décidera du droit de parole et achèvera le totalitarisme du capitalisme.
Dans la réalité, nous avons les moyens de produire suffisament pour que tous aient une vie décente. Produire utile, solide, et accessible à tous, supprimer l'inutile et le nuisible, peut permettre de réduire le temps de travail tout en assurant à tous, enfants, malades, retraités, ..., les moyens d'existence.
Pour cela, il faut définir les activités en fonction des besoins réels et non de l'argent, avec le contrôle direct de la production et de la distribution afin de répartir le travail et les richesses. Cela s'appelle l'Autogestion. nous n'avons pas tous les mêmes besoins ou désirs, et chacun doit pouvoir exprimer ses aspirations. Le capitalisme, c'est le riche qui a 3 kilos de riz dans son assiette et qui n'en mange qu'une partie et jette le reste, alors que le pauvre n'a rien. Le socialisme, c'est que chacun mange selon son appétit. Le vrai socialisme suppose la liberté. La vie ne se limitant pas aux biens matériels, la liberté et la justice sociale doivent s'étendre à tous les domaines.
Individus, libres et solidaires, la monde peut changer. Il suffit de vouloir.
Au delà des revendication catégorielles immédiates, pour sauver une profession menacée et indispensable, c'est contre un système qu'il faut lutter. Il faut s'en prendre aux causes, et pas seulement aux effets. A moins de se cantonner au rôle de serpillière réformiste du capitalisme où on éponge, sans fermer le robinet de la baignoire qui déborde. Ça peut durer longtemps !
C'est dans cette optique de transformation que se définit l'action de la CNT :
défendre la santé publique et changer la société.
Neuilly-sur-Marne le 25 janvier 2001,
Section hôpital Ville Evrard du syndicat CNT Santé-Social R.P.