CONFEDERATION NATIONALE DU TRAVAIL

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AP-HP

QUEL AVENIR POUR L’HOPITAL …

DANS LA JUNGLE LIBERALE ?


Aucun acteur de l’hôpital ne peut ignorer désormais sa situation préoccupante et les remèdes « inquiétants » que nous concocte le gouvernement. Alors que l’hôpital public souffre d’un manque structurel de moyens (budgets, effectifs, …) et peine à assurer sa mission de service public (canicule, bronchiolite, infections nosocomiales, réduction de l’offre de soin, …), le gouvernement a entamé une diète financière sans précédent (- 240 Millions d’euros rien que pour l’AP-HP) et démarré un programme de restructurations (pôles, tarification à l’activité, disparitions des services, sous-traitance …) dont l’unique objectif est de dégager des économies sur le fonctionnement des hôpitaux et de soumettre la gestion du service public de santé à une logique exclusivement financière. Ce programme porte un nom : PLAN HOPITAL 2004/2007.

Officiellement ce programme vise rétablir la situation financière déficitaire des hôpitaux (organisée depuis des années par les gouvernements successifs) en injectant dans le service public hospitalier une dose massive de libéralisme économique : recours aux contrat de travail de droit privé (CDD, intérim), sous-traitance accrue (hygiène, restauration, services médico-techniques, …) et gestion des établissements selon des critères calqués sur les entreprises privées. Le PLAN HOPITAL 2007 vise donc un objectif clair : LA PRIVATISATON DU SERVICE PUBLIC HOSPITALIER.


Ce processus mis en route par le gouvernement n’est pas le fruit du hasard ou le passage obligatoire pour « sauver » notre système de santé, mais la traduction dans nos hôpitaux de directives et de décisions prises au plus haut niveau, sans aucune consultation ni contrôle des principaux intéressés : nous, acteurs et usagers du service public, nous, individus constituants les peuples !

La privatisation des services publics résulte en effet de pressions exercées par les institutions internationales (Organisation Mondiale du Commerce, OCDE , FMI,…) chargées de construire la domination de l’économie de marché sur la globalité des activités humaines. Ces pressions sont ensuite relayées et mise en forme par les institutions politiques internationales (Union Européenne) et nationales (états, gouvernement). L’OCDE et l’OMC (clubs internationaux et opaques des représentants des plus riches pour garantir et étendre leurs privilèges) tente d’imposer l’idéologie libérale grâce à l’Accord Général sur le Commerce et les Services (AGCS) : art.19 : toute négociation doit déboucher sur une libéralisation accrue . L’Union Européenne tentant de se doter d’une constitution et d’un pouvoir politique efficace refuse à l’avance de sortir les services publics des logiques de l’économie de marchés qui considèrent les biens collectifs et les dépenses d’intérêt public soit comme un fardeau soit comme un gâteau financier à se partager ( quelque 4000 milliards de dollars au niveau mondial échappent au marché par le biais des services publics : santé, éducation, culture, …) . Au niveau national le gouvernement , sous la dictée des nantis du MEDEF, met en application ces recommandations et remet en cause les notions même des services publics (solidarité, égalité d’accès, …) en les livrant à l’appétit insatiable des tenants de l’intérêt privé et du profit à tout prix. De haut en bas les acteurs de cette chaîne de décision ne représentent qu’eux même : l’élite politique et l’élite financière issues toutes deux des mêmes écoles libérales et de la même classe sociale : celle qui détient 80 % des richesses et compte bien s’approprier les 20 % qui lui échappe…A aucun moment nous ( les 80% qui n’avons que 20% des richesses) n’avons un quelconque contrôle sur ce processus qui nous dépossède de nos moyens de solidarité, des dispositifs qui permettent au moins aisés d’entre nous de bénéficier du minimum vital, d’assurer l’égalité de tous devant les aléas de la vie : retraite par répartition, sécurité sociale pour tous, accès aux soins sans distinction de revenus,


Le PLAN HOPITAL 2007 s’inscrit donc dans un processus global auquel nous nous devons de riposter si nous ne voulons pas nous retrouver avec un système de santé dominé par des logiques mercantiles . Donnons à l’hôpital public les moyens de nos ambitions . Débattons, informons, proposons, pour préserver la mission de service public qui est la nôtre .

Paris le 5 février 2004

section AP-HP Pitié-Salpetrière du syndicat CNT santé-social R.P.
33 rue des vignoles 75020 Paris 06 88 81 26 47 sante-social.rp@cnt-f.org

REPRENONS ENSEMBLE, CE QU'ILS NOUS ONT VOLÉ !


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