|
|
![]() >> Syndicat CNT santé social & CT région parisienne
Une société qui
enferme sa jeunesse Des bagnes d’enfants aux EPM L’idée
d’enfermer les enfants afin de les éduquer n’est pas nouvelle. Des
établissements ayant cette vocation existent depuis le début du XIXème siècle. Peu à peu, et notamment durant les années 70, les programmes
d'ouverture des centres fermés ont été abandonnés. Il apparaissait à cette
époque que l'enferment des jeunes dans ce type de structures n'avais pas
d'effet bénéfique, bien au contraire. Pourtant,
alors même qu’il a été prouvé qu'il est inutile mais surtout dangereux pour les
jeunes eux mêmes de les enfermer, les pouvoirs publics persistent dans ce sens. Depuis 2002, avec la loi de programmation et
d'orientation de la justice, l'État multiplie l’implantation d'établissements
pénitentiaires pour mineurs (EPM) sur tout le territoire. Les deux premiers ont
ouvert à Meyzieu et à Lavaur en juin 2007. En Ile de France, le premier, situé
à Porcheville (78), a ouvert en avril 2008. Un autre devrait être inauguré prochainement
à Meaux-Chauconin (77). Le péril jeune C’est
à croire que la jeunesse fait peur. Mais n’est-ce pas plus précisément les
jeunes des classes populaires qui sont visés par ces programmes répressifs. Qu’on les nomme « racailles » ou
« sauvageons », n’est on pas en train de réhabiliter le concept de
« classes dangereuses » ?
Cependant, une chose est sûre : c’est encore et toujours les plus pauvres
qui se retrouvent derrière les barreaux. Dans
le but de justifier son projet d’enfermement de la jeunesse, l'État veut faire
croire que les adolescents d’aujourd’hui sont très différents, qu’ils sont plus
précoces voire plus dangereux que ceux d’hier. Il ne s’agit en réalité que
d’une construction politique et, pour étayer cette analyse, les seuls arguments
avancés sont des statistiques auxquelles on fait dire ce que l’on veut et
quelques faits divers relayés de manière sensationnelle pas des médias
entièrement soumis au pouvoir. Pour autant, un adolescent est et sera toujours
un adulte en devenir, et le rôle d’une société est de l’aider à aller dans ce
sens. Ordre sécuritaire contre logique éducative Afin de faire intégrer une idéologie sécuritaire dont le
seul but est de protéger les intérêts de la classe possédante et la bonne
marche de l’ordre capitaliste, les pseudo spécialistes siégeant dans les hautes
sphères du pouvoir martèlent qu’on peut parfaitement éduquer entre quatre murs. Il ne
suffit pourtant pas de créer des postes d’éducateur, comme il y en a à foison
dans les EPM, pour s’inscrire dans une démarche éducative. Surtout quand on
sait que dans ce type d’établissements, ces derniers ont, tout comme les
matons, les clés des cellules et que les activités proposées durant la journée
sont assurées par des intervenants extérieurs. Ils ne reste plus aux « éducateurs »
que les temps de repas (vive la purée, les petits suisse et les coups de
fourchette !!!) et bien sûr le baby-foot. Pour
enfoncer le clou, le rapport Varinard commandité par la garde des Sceaux,
Rachida Dati, vise à réformer la justice des mineurs et à enterrer
définitivement l’ordonnance de 1945 relative à la protection de l’enfance
délinquante. Préconisant entre autre l’enfermement des enfants à partir de
l’age de 12ans, ce rapport a pour objectif de faire passer un message clair à
la société : les mineurs qui commettent des actes délinquants ne doivent
plus être considérés comme des enfants à protéger mais comme des délinquants à
punir. On enferme donc le jeune dans un statut de délinquant et on justifie
ainsi son emprisonnement. Avec des peines qui ne font qu’augmenter avec l’age
et la loi sur la récidive, la boucle est bouclée et l’avenir ne s’envisage plus
que derrière des barreaux. Un choix de société En
cette période de « crise » où on nous répète sans cesse qu’il faut
faire des économies, il est très étonnant de constater les deux paradoxes
suivants. Tout d’abord, il coûte plus cher à la collectivité de mettre un jeune
en prison ou en centre fermé (respectivement 1500 et 800 euros/jour) que de le
placer en foyer d’accueil (120 euros/jour). De plus, dans le cadre de sa
politique pénale, le gouvernement fait, plutôt qu’un simple choix économique,
un réel choix de société en prévoyant de sortir du code pénal toutes les
infractions financières et en préférant investir dans les structures d’enfermement
au détriment des lieux d’éducation. Avec d’un coté une politique pénale toujours plus sévère avec les plus jeunes et son programme de construction d’EPM, l’objectif du gouvernement est d’enfermer de plus en plus de jeunes et ceci de plus en plus tôt. Est-ce vraiment cet avenir et cette société que nous voulons ? Ainsi, le syndicat CNT santé social et collectivités territoriales de la région
parisienne exige : • le transfert des moyens alloués aux établissements
répressifs à des structures réellement éducatives • les moyens de mettre en œuvre une
éducation émancipatrice permettant la construction de projets basés sur l'adhésion des jeunes et pas sur la contrainte de l'Etat et
de ses agents. • la fermeture de toutes les structures d'enfermement N'enfermons pas la jeunesse, aidons la à s'émanciper ! C’est quoi un EPM? Les EPM
(Établissements Pénitentiaire pour Mineurs) ont été présentés par le
gouvernement, depuis leur création, comme de nouveaux lieux d'enfermements dans
lesquels l'éducation fait son entrée. Comment peut-on parler d'éducation dans
un lieu où les jeunes ne peuvent pas faire la distinction entre un maton et un
éducateur. A regarder la
plaquette de présentation du ministère de la justice ces prisons pourraient se
confondre avec un collège ou un lycée. Ils ont cependant des murs de 6 mètres
de haut (certains diront que c'est peut-être la seule différence avec une école
!). Les EPM sont prévus pour enfermer chacun 60 détenus. Ils sont constitués de
6 unités de 10 places. Une unité est réservée pour les jeunes filles. Pour
éviter toute discrimination une cellule aménagée pour des détenus handicapés
est également prévu (on appelle cela l'égalité des chances). Le projet des EPM a été surtout élaboré pour que les
enfants enfermés n'aient pas le temps de penser. Le rythme qui leur imposé ne leur laisse ni le temps de se poser ni
celui de réfléchir. Le levé se fait dès 7 heures en commençant par le petit
déjeuner. Ensuite les activités s'enchaînent (sport, scolarité, culture) c'est cela qu'ils appellent introduire de
l'éducatif. A 21 heures tout le monde doit regagner sa cellule sans négociation
possible. Une des autres
priorités des EPM est le renforcement du travail avec les familles des enfants
détenus. Entre celles qui mettent presque deux mois pour avoir le droit de voir
leur enfant et celles qui sont reçues sur le parking de la prison, on est
rassuré sur les priorités de l'administration. Est-il besoin d'en dire davantage pour constater qu'un EPM n'est rien d'autre qu'une prison dont le seul objectif est d'enfermer des personnes afin de les soumettre à l'autorité de l'Etat. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ ---------------------------------------------------- Syndicat CNT santé social & collectivités
territoriales rp 33 rue des Vignoles – 75020 Paris Tel : 06 28 33 42 43 Courriel : sante-social.rp@cnt-f.org Site : www.cnt-f.org/sante-social.rp/ ----------------------------------------------------- |
| Sommaire |
|
|
|
|
Fédération CNT des travailleurs de la santé, du social
et des collectivités territoriales 33 rue des Vignoles 75020 Paris Tel: 06 28 33 42 43 fede.sante-social@cnt-f.org |