Un vent de panique nous est venu des États-Unis ; les spécialistes gémissent
le lamento des subprimes à longueur de médias. La crise frappe l’Hexagone alors
que, début octobre encore, tout allait « pour le mieux » selon la ministre
Lagarde.
Le modèle américain : l’illusion tombe de haut !
Les États-Unis, ce modèle à suivre selon notre petit Nicolas, cultivent les
plus grandes inégalités sociales. Merveilleux pays où plus de 2,5 millions de
citoyens ont été mis à la rue depuis début 2007, où des centaines de gens tous
les jours sont expulsés de leur logement qui resteront aux banques puisque les
acheteurs éventuels ont difficilement accès aux prêts ! Pendant ce temps-là, les
retraités perdent leurs économies, et la santé des malades est indexée sur la
santé des marchés.
Un « plan Paulson » fait offrande de 700 milliards d’argent public (en plus
des 300 milliards déjà injectés) pour aider Wall-Street à continuer de faire
licencier, d’expulser et d’accroître ses bénéfices. Les groupes
multimilliardaires peuvent dormir tranquilles : la crise les épargnera !
Quand la misère se répand, les revenus des dirigeants, les « parachutes » en
or massif, les profits des banques d’affaires, les magouilles entre initiés,
entre avocats d’affaire (comme le sont Sarkozy, Lagarde et Copé) étouffent le
« petit peuple ».
La France et l’Europe à la traine de leur modèle
En Europe aussi, les banques amortissent leurs pertes sur le matelas
financier de l’État (enveloppe globale de 1700 milliards). En France, l’Etat
(c’est à dire nous) rachète les banqueroutes et distribue des milliards : 15
milliards aux riches (loi TEPA), 360 milliards aux banques, 26 milliards aux
entreprises, 10700 euros aux actionnaires de la bourse... Les deux mains de
l’État et du Capital se servent dans nos poches, et brisent nos vies pour
assurer leur survie !
Ras-le-bol de la spoliation des exploités !
L’arbre ne doit pas cacher la forêt : ce sont toujours les mêmes qui payent.
Et les possédants du Capital continuent leur extorsion multiforme et régulière :
aujourd’hui sous couvert des subprimes, ils prolongent et camouflent le
détournement de fonds publics vers des intérêts particuliers : subventions
diverses, allégements sociaux, évasion fiscale, exonérations fiscales, boucliers
fiscaux, paradis fiscaux...
Non, le capitalisme n’est pas devenu "fou" !
Le capitalisme n’a pas de morale.Il vend tout, il achète tout, de l’armement
aux médicaments, et ponctionne ses profits sur le travail des salariés.
Quand Sarkozy parle de « moralisation du capitalisme financier », c’est son
mensonge qu’il faut retenir. Et son hypocrisie, à lui qui pilote la commission
Coulon sur la dépénalisation du droit des affaires, qui siphonne 22 milliards
aux PEP (Plan d’Epargne Populaire) en cadeau aux Entreprises, qui pompe les
Livrets A pour abreuver les banques d’affaires ! Lui dont la politique est celle
des privilégiés et des grandes fortunes, dans le mépris et le traitement
sécuritaire des classes sociales en difficultés que son idéologie pressure
jusqu’à l’usure.
Car la crise financière permet aujourd’hui au Capital d’accélérer les
régressions sociales, la dégradation des droits à la santé, au logement et à la
retraite, le sabotage des services publics par les privatisations et les
suppressions massives de fonctionnaires, la baisse du pouvoir d’achat par le gel
des salaires et l’inflation, la récession économique, la hausse du chômage et la
généralisation de la précarité, etc.
Vers un autre futur !
Face à l’impasse où nous mène le capitalisme, il est temps de changer de
société, d’associer égalité sociale, solidarité collective et liberté
individuelle. C’est ce que nous appelons communisme libertaire.
Et, pour y parvenir, c’est sur son propre terrain qu’il faut se battre, là où
se fait la production des richesses : l’entreprise. Mais cette lutte doit être
une école pratique de cette autre société que nous voulons construire :
autogestionnaire, émancipatrice, sans hiérarchie ni spécialistes du
commandement.
Il faut alors un syndicalisme qui défende les salariés mais qui s’engage
aussi sur une redistribution des richesses à tous les niveaux de la société
(logement, éducation, santé, retraites, etc.). Un syndicalisme conscient que
toutes les victimes du capitalisme de tous pays et de toutes origines mènent la
même lutte. Un syndicalisme sans frontière. Un syndicalisme qui ose affirmer
qu’il n’y a aucune fatalité et que l’Histoire est faite de révolutions quand le
monde perd la tête.
Tous et toutes en grève le 29 janvier !
Les raison d’une grève
La crise du capitalisme touche durement une grande partie des salariés dans
leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en portent pas la responsabilité,
les salariés, les demandeurs d’emploi et les retraités en sont les premières
victimes. De plus, cette crise menace l’avenir des jeunes ; elle met en péril le
système de solidarité et de protection sociales ; elle accroit les inégalités et
la précarité.
Les raisons de reconduire le mouvement les jours
suivants
Gouvernement et patronat ne lâcheront rien sans un mouvement fort,
interprofessionnel et prolongé. C’est ainsi que les grandes conquêtes sociales
(congés payés, Smic, retraites, etc.) ont toujours été obtenues. En reconduisant
la grève dès le 30 janvier et en bloquant ainsi l’économie, les travailleurs ont
les moyens d’instaurer un rapport de force décisif. Mais attention, la grève
générale reconductible ne se décrète pas en appuyant sur un bouton ! Il s’agit
d’organiser des assemblées générales sur nos lieux de travail (ou par secteur)
et de mettre la grève du 29 janvier et sa possible reconduction à l’ordre du
jour de ces AG. Et là, il y va de la responsabilité de chacune et chacun d’être
de véritables « militants de la grève » ! D’autant plus que certaines
organisations syndicales ne se lanceront dans la bagarre que si leurs dirigeants
se sentent fermement poussés par la « base »...
Faire converger les luttes
La grève du 29 janvier peut aussi être l’occasion de dresser la liste des
revendications propres à chaque entreprise ou branche d’activité et de fédérer
ces revendications à celles des autres entreprises ou branches d’activité. Faire
converger les luttes, c’est renforcer le mouvement et favoriser la mobilisation
de tous et toutes (salariés du privé et du public, chômeurs, retraités,
étudiants, lycéens...).